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Une théorie du fonctionnement et du développement morphosyntaxique

De
230 pages
L'impasse théorique dans laquelle se trouvent les sciences du langage quant à la morphosyntaxe - ce qu'on appelle parfois la grammaire -, tient largement à l'incapacité chronique de distinguer clairement entre ce qui est du domaine de la description des langues et ce qui est du ressort du fonctionnement langagier.
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Une théorie dU fonctionnem et dU développement morphosyntaxiqUe
Jean-Adolphe Rondal
langue & Parole
Une théorie du fonctionnement et du développement morphosyntaxique
Langue et Parole. Recherches en Sciences du langage Collection dirigée par Henri Boyer (Université de Montpellier 3) Conseil scientifique : C. Alén Garabato (Univ. de Montpellier 3, France), M. Billières (Univ. de Toulouse-Le Mirail, France), P. Charaudeau (Univ. de Paris 13, France), N. Dittmar (Univ. de Berlin, Allemagne), V. Dospinescu (Univ. "Stefan cel Mare"de Suceava, Roumanie), F. Fernández Rei (Univ. de Santiago de Compostela, Espagne), A. Lodge (St Andrews University, Royaume Uni), I.-L. Machado(Univ. Federal de Minas Gerais, Brésil), M.-A. Paveau (Univ. de Paris 13, France), P. Sauzet (Univ. de Toulouse-Le-Mirail), G. Siouffi (Univ. de Montpellier 3, France). La collectionLangue et Parole. Recherches en Sciences du langagese donne pour objectif la publication de travaux, individuels ou collectifs, réalisés au sein d'un champ qui n'a cessé d'évoluer et de s'affirmer au cours des dernières décennies, dans sa diversification (théorique et méthodologique), dans ses débats et polémiques également. Le titre retenu, qui associe deux concepts clés (et controversés) duCours de Linguistique Généralede Ferdinand de Saussure, veut signifier que la collection diffusera des études concernant l'ensemble des domaines de la linguistique contemporaine : descriptions de telle ou telle langue, parlure ou variété dialectale, dans telle ou telle de ses/ leurs composantes; recherches en linguistique générale mais aussi en linguistique appliquée et en linguistique historique; approches des pratiques langagières selon les perspectives ouvertes par la pragmatique ou l'analyse conversationnelle, sans oublier les diverses tendances de l'analyse de discours. Elle est également ouverte aux travaux concernant la didactologie des langues-cultures.  LacollectionLangue et Parolesouhaite ainsi contribuer à faire connaître les développements les plus actuels d'un champ disciplinaire qui cherche à éclairer l'activité de langage sous tous ses angles. Rappelons que par ailleurs la CollectionSociolinguistiquede L'Harmattan intéresse les recherches orientées spécifiquement vers les rapports entre langue/langage et société. Dernières parutions Virginia GARIN, Guillaume ROUX et Maude VADOT,Enjeux méthodologiques en sciences du langage. Orientations, matériaux, contraintes, 2013.Patrick CHARAUDEAU,La conquête du pouvoir. Opinion, persuasion, valeurs. Les discours d’une nouvelle donne politique, 2013. Jean Louis SOUS,Prendre langue avec Jacques Lacan, Hybridations, 2013.
Jean-Adolphe RondalUne théorie du fonctionnement et du développement morphosyntaxique
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02444-8 EAN : 9782343024448
Sommaire
AVANT-PROPOS ................................................................ 71. LANGUE ET LANGAGE .............................................11 1.1.AMBIGUÏTES POST-SAUSSURIENNES............... 12 1.2. PROLEGOMENES A UNE THEORIE PSYCHOLOGIQUE DU LANGAGE .............................222. SOUBASSEMENTS MORPHOSYNTAXIQUES ......49 2.1. CATEGORIES LINGUISTIQUES ET INNEISME REPRESENTATIONNEL ............................................... 49 2.2 INNEISME NEUROLANGAGIER...........................613. FONCTIONNEMENT LANGAGIER......................... 71 3.1 SYSTEMES MNESIQUES IMPLIQUES .................71 3.2 PRODUCTION DU LANGAGE............................... 73 3.3 RECEPTION-COMPREHENSION DU LANGAGE ........................................................................................ 1434. ONTOGENESE MORPHOSYNTAXIQUE..............147 4.1. SENSIBILITE DISTRIBUTIONNELLE ...............148 4.2. DEVELOPPEMENT COGNITIF........................... 154 4.3. INPUT ET FEEDBACK LANGAGIERS...............161 4.4. APPRENTISSAGE IMPLICITE ............................1685. CONCLUSION.............................................................185BIBLIOGRAPHIE ........................................................... 187Table des matières............................................................ 221
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AVANT-PROPOS
Ce qui paraît simple est souvent difficile à expliquer et propice à des conceptualisations douteuses prenant aisément valeur de dogmes. Le langage est dans ce cas en raison, principalement, d’une assimilation aussi indue que pérenne avec la ou les langues. Or, il s’agit de deux registres différents. Leur intersection d’ensembles (le fait que toute langue ne peut être actualisée que grâce à un fonctionnement langagier et, réciproquement, que la fonction de langage implique un code) a nourri et nourrit encore une considérable confusion. S’il s’agissait seulement de terminologie, elle serait sans conséquence, mais l’assimilation en question continue de faire obstacle à une explication plausible et testable du fonctionnement et du développement morphosyntaxique. Or, la morphosyntaxe est l’intermédiaire obligé entre la conception du message et sa réalisation sous forme d’énoncé. Aucune théorie du langage n’est possible sans un compte rendu psychologiquement pertinent de l’intermédiaire morphosyntaxique. C’est ce que j’ai cherché à faire dans les pages qui suivent en défiant un «axiome »consistant à penser qu’en 1 dehors des catégories formelles et fonctionnellesdes linguistes il ne peut y avoir de salut. Le problème historique de la psychologie du langage, encore nommée psycholinguistique, jusqu’à aujourd’hui, réside dans le paradoxe suivant. La terminologie, et donc les catégories conceptuelles de la linguistique conviennent bien pour décrire les faits de langue. Cela n’est pas particulièrement surprenant. Elles ont été inventées et modelées avec le temps dans ce but bien précis. 1  Jereviendrai plus loin en détail sur ces catégories, fondements des analyses structurales en linguistique. A ce stade, on dira simplement que les catégories formelles sont celles qui font intervenir les notions de nom, verbe, adjectif, préposition, adverbe, pronom, conjonction, etc.; tandis que celles dites fonctionnelles concernent les relations grammaticales: sujet grammatical de, attribut de, complément de, etc. 7
De là à penser que ces mêmes catégories sont automatiquement pertinentes pour rendre compte des faits de langage, c’est-à-dire de la façon dont les sujets parlants utilisent la langue pour communiquer et se représenter la réalité, il n’y a qu’un pas, vite franchi. Nous y sommes toujours. Si les représentations catégorielles de la linguistique étaient celles utilisées par les locuteurs-récepteurs dans leur pratique du langage, il ne devrait y avoir aucune difficulté pour ces personnes à verbaliser ces représentations. Or, c’est très loin d’être le cas. On peut affirmer sans risque de se tromper que le locuteur-récepteur «commun » (sans bagage théorique en linguistique) n’a guère de connaissance des catégories linguistiques et donc, à moins de supposer l’existence d’une sorte d’inconscient grammatical (qu’il me paraît préférable d’éviter, mais qui n’est pas éloigné, comme on le verra plus avant, de la façon de penser de certains tenants de la linguistique générative et de certains exégètes psycholinguistes de cette mouvance théorique), qu’il ne s’en sert pas dans son fonctionnement langagier.
Il convient dès lors de proposer et de justifier une approche plausible et empiriquement testable du fonctionnement langagier, particulièrement dans ses aspects morphosyntaxiques.
L’ouvrage est organisé de la façon suivante. Un premier chapitre intitulé «Langue et langage» analyse les diverses facettes de la confusion entre les deux entités en linguistique structurale et en psycholinguistique depuis l’apparition de cette dernière dans les années 1950. Il spécifie également un certain nombre de prolégomènes à une théorie psychologique du langage. Le chapitre 2 «Soubassements morphosyntaxiques» répond à la question de savoir de quelles ressources disposent les locuteurs-récepteurs habituels dans leur fonctionnement morphosyntaxique. Le chapitre 3 porte sur le «Fonctionnement langagier », principalement productif (la réception- compréhension étant considérée comme le cheminement inverse de la production avec, et la précision est d’importance, la possibilité de raccourcis à partir du sens, du contexte linguistique et extralinguistique, et des
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connaissances générales et personnelles disponibles). Les modèles de production du langage proposés ces dernières années dans la littérature spécialisée sont utilisés et mis en perspective avec l’orientation théorique de l’ouvrage. Enfin, le chapitre 4, sur «L’ontogenèse morphosyntaxique» met en correspondance l’analyse fonctionnelle précédente avec les principales données disponibles en matière de développement morphosyntaxique chez l’enfant. Le modèle théorique de l’apprentissage implicite, qui a reçu beaucoup d’attention ces dernières années en psychologie de l’apprentissage, paraît convenir parfaitement de façon à rendre compte des acquisitions grammaticales dans le cours du développement psycholinguistique. La Figure 3-1 est reprise de mon ouvrage de 2006 avec l’aimable permission des Editions Mardaga.
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