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L'invention de la crise

De
116 pages
La crise n'est ni une fatalité ni un accident de parcours mais une invention qui permet au capitalisme financier de parfaire sa domination en usurpant tous les pouvoirs. Il s'agit maintenant d'appréhender le système sous tous ses aspects et dans toute la complexité de ses interactions. Le règne de l'exploitation et de la servitude, des séparations guerrières et des arnaques mafieuses paraît se réduire aujourd'hui au scenario d'une catastrophe programmée.
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L’INVENTION DE LA CRISE

Questions Contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot et D. Rolland


Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions
contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes
à appréhender. Le pari de la collection « Questions Contempo-
raines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous
ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser
autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles
pistes à la réflexion collective.


Derniers ouvrages parus

André ORTOLLAND, Rétablir les finances publiques, garantir
la protection sociale, créer des emplois, 2012.
Linda CHAIB, Citoyenneté, droit de vote local et immigration,
Les expériences nord-américaine et française, 2012.
Alain CLUZET, Le climat sauvé par les villes ? Vers une
solution européenne, 2011.
Bernard LEGRAND, Être chômeur aujourd’hui, 2012.
Vivien PERREC, Analyse psychosociale de l’organisation des
Témoins de Jéhovah, 2012.
Mustapha Baba-Ahmed, Le néomonétarisme, nouveau stade
suprême du capitalisme, 2011.
Catarina CAMARINHAS, L’Urbanisme de Lisbonne, 2011.
Marc DELEPOUVE, Une société intoxiquée par les chiffres, 2011.
André ROPERT, La gauche en France. Historique d’un enlise-
ment, 2011.
Kilien STENGEL, Un ministère de la Gastronomie ? Et pourquoi
pas !, 2011.
Gilbert DELAGRANGE, Le citoyen et le système politique, 2011.
Bruno FABRE, L’Université a-t-elle perdu son âme ? Plaidoyer
pour une autre réforme, 2011.
Louise FINES, Les crimes en col blanc, 2011.
Céline HULLO-POUYAT, La restauration monumentale en
question, 2011.
Lukas Stella











L’INVENTION DE LA CRISE
Escroquerie sur un futur en perdition






















































































Du même auteur

Abordages informatiques
Croyances informatisées dans l’ordre des choses marchandes
Éditions du Monde libertaire - Alternative Libertaire 2002.

Stratagèmes du changement
de l’illusion de l’invraisemblable à l’invention des possibles
Éditions Libertaires 2009









































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56906-5
EAN : 9782296569065
Du mêm e aut eur
AbordAg Es informA tiqu Es
Cr oyances inform atisées dans l’or dr e des choses mar chandes
Éditions du Monde libertaire - Alternative Libertaire 2002.
strA tA gèmEs du ChAngE mEnt
de l’il lusio n de l’in vraise mblabl e à l’in vent ion des possibl es
Édit ions Libe rtai res 2009
À Claire et à ma flle.
Pour tous les inventeurs d'incr oyances
que n'arr ête pas l'invraisem blable.GUER RE OUVERTE
« nous sommes la pr oie de gestionnair es de faillit e, avides
d’engranger des derniers pr ofts à court terme en sur exploitant
des citoyens, invités à combler , au prix d’une vie de plus en plus
précair e, le gouffr e sans fond du défcit cr eusé par les malversa-
tions bancair es. »
R aoulV aneigem, L’Étatn’est pLus rien , soyons to ut
L’ escroqu erie du temps décompté se précipite, l’espace se
res treint aux marchandage s et aux spé culations, notre survie
s’a me nu ise da ns la re str ic ti on . Cr ev er d’ un e le nt e ag on ie ou
s’insur ger sans savoi r où l’on va, il sembl e qu’il n’y aura it plus
d’aut re choi x.
Si le tem ps n’est que le déroul eme nt d’un flm dont la réa-
lisation serait programmée par le scénario d’une catastrophe
annoncée, tout libre choix ne serait qu’illusio n. Si le temps coule
librement, dérivant au gré des situations , où chaque moment
contient toutes les éventualités concevables de choix, alors il
peut y avoir un nombre infni de mondes réalisable s.
Quand tout va mal, c’est la faute à la crise, à la fatalit é de mau-
vaises conditions qu’on espère temporaire s, la faute à la techno-
structure, aux vices cachés d’un système toujours perfectibl e. Il
n’y a plus de coupables, car plus personne n’est responsable de
quoi que ce soit. On voudrait nous faire croire que ceux qui ont
9pris les décisions qui nous ont amenés à cette situation n’auraient
pas eu le choix, que tout cela était inévitabl e. Personne ne croit
plus à un avenir accepta ble. Et comme le prédisaient les punks, il
n’y a plus de futur sinon catastrophique.
En état de crise, on nous dit que c’est la faute aux banques si
tout va mal, mais qu’il faut absolument le s sauver sinon tout
s’éc roulera , et qu’il ne faut absol ume nt pas le s régule r si l’on
veut qu’elles restent compétit ives. Les banques sont devenues de
grands groupes fnanciers, machines de guerre de première ligne,
centre d’un système fnancier hypertrophié extrêmem ent opaque,
dont personne ne connaît précisément l’ampleur.
«J amais un gr oupe d’intérêt aussi puissant que celui qui
s’est constitué autour de la fnance ne re noncera de lui-même
au moindr e de ses privilèges, seule peut le mettr e à bas la for ce
d’un mouvement insurr ectionnel – puisqu’il est bien clair par
ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement, nulle part, n’a le
réel désir de l’attaquer.»
F RédéRicl oRdon
Les gouvern ants tent ent de sauver les appare nces en ruina nt un
peu plus l’ave nir . Ils voudrai ent nous faire croire qu’il s peuven t
encor e tout sau ver, alors que tout semble déjà compr omis.
Ta xer les transactions fnancières ne servirait à rien, car cela les
ferait disparaître dans l’illéga lité. La plupart des fux fnanciers
internati onaux sont invisibles, non taxables, non imposables, non
contrôlables . Ils transitent de gré à gré par des paradis fscaux .
To ut au long de la cris e, plus de 14 000 millia rds de dollars
ont ét é em prunté s au futur , et devront êt re rem boursé s par les
populations.
Aucune mesure effcace n’a été prise pour contrôler les fonds
spécu lat ifs, ni pour régul er l’év asion fisca le. Les puissa nces
fnanc ière s dict ent leur loi et impo sent aux popul ati ons touj ours
plus d’aust érit é et de régre ssion, afn d’augm ente r sans fn leur s
profts démesurés. Av ec la mondialisation et l’informatis ation
générale du système, l’aristocratie fnancière s’est emparée, avec
l’aid e des Ét ats, de tou s les po uv oir s su r un e soci été dev enue
planétai re.
10 11Il y aurait actuell ement plusieurs millions de millia rds de
dollars de trans actio ns financière s spé cula tive s sur le mar-
ché des changes et produits dérivés de gré à gré. Un trou
noir de dettes sans fin qui représentent des volumes entre
vingt et cinquante fois le PIB mondial, et peut-être bien plus,
car la grande majorité de ces transactions s’ef fectuent par
l’intermédiair e de plusieur s paradis fiscaux et judiciaires,
re nd ue s ai nsi , ind ét ect ables. Ce s spé culat ions dém esuré es
échappent de la sorte à tout contrôle et à toute comptabilité.
Les ultrariches , trafquan ts mondiaux de la haute fnance toute
pu is sa nte, utilis ent la cr is e qu ’ils ont pr ov oq uée po ur dés in-
dustrialiser l’occident , détruire l’Europe pour se l’approprier,
appauvrir les classes moyennes et prolétariser toutes les couches
de populat ion, excepté leur peti te cast e de quelques cent aines
d'usurpateurs qui proftent du trouble pour rafer tout ce qui peut-
être ramassé. Ils appellent ça la révolution fnale. Ils ne veulent
ni st abi li té ni prosp éri té ni aut osuffis an ce, mais un cont rôle
généralis é des populations appauvries . Ils veulent que vous
soyez enti èrem ent occu pés à trav ail ler pour les plus puissa ntes
des multinat ionales, et complète ment préoccupés à essayer de
surviv re sans jam ais défer leur pouvoi r absol u sur le monde.
Barack Obama compare la situation actuelle à un «A rmagedo n
fnanc ier » , terme biblique mentionné dans le livre de l’Apoca-
lypse, c’est un lieu symbolique du combat fnal entre le bien et
le mal, batailles catastroph iques d’ampleur planétaire. La crise
c’est la guerre ouverte de la haute bour geoisie, seul maître de la
fnance mondiale, contre toutes les autres couches de la popula-
tion, y compris la petite bour geoisie qui paye déjà le prix de la
récessio n économique, qui n’en est pourtant qu’à ses débuts.
Cette aristocrat ie fnancière ne se laissera pas contrôler par des
États esclaves de leurs dettes, emprunts dont elle est elle-même
la créditrice, et se battra jusqu’ au bout pour défendre ses privi-
lèges sans limi tes, car elle en a les moyens, tant que le système
fonctionn e encore, un tant soit peu.
10 11