La scierie française et la production

De
Publié par

Voici une enquête auprès de cent cinquante scieries entre mai 2007 et novembre 2008 : artisans, semi industriels et industriels, voici une recherche sur l'outil de production employé et la qualification des opérateurs de scierie. Treize fournisseurs européens de matériel de scierie ont apporté leurs témoignages. Un ouvrage de référence en terme d'identification des "forces productives" et des enjeux de développement présents à et à venir des scieries françaises.
Publié le : jeudi 1 octobre 2009
Lecture(s) : 340
EAN13 : 9782296239722
Nombre de pages : 244
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LA SCIERIE FRANÇAISE ET LA PRODUCTION

DU MEME AUTEUR

ROMAN Lefils du vent Editions Actes graphiques 1991 Les promesses du haut pays Editions De Borée 1999 La paix des collines Editions De Borée 2000 Retour à Rochessac Editions Historic'one 2002 Un buisson d'aubépine Editions De Borée 2006 Le secret de Jean Editions De Borée 2008

Etude socioprofessionnelle
La scierie française : un métier d'expert Editions L'Harmattan 2002 La scierie française et ses enjeux Editions L'Harmattan 2005 L'avenir de la scierie française Editions L'Harmattan 2007

Maurice CHALA YER

LA SCIERIE FRANÇAISE ET LA PRODUCTION

L'HARMATTAN

~ L'HARMATTAN, 2009 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.Iibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan I@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-10217-0 EAN: 9782296102170

A la mémoire de Jean-François PIETRI, rédacteur en chef au journal Le Bois International, décédé le lundi de Pâques 2008, et qui fut le premier à soutenir la démarche et les travaux de l'Observatoire du métier de la scierie

INTRODUCTION

GENERALE

L'Observatoire du métier de la scierie a voulu dresser un état des lieux de la scierie française. Dans ce but, un travail de fond a été effectué pendant deux ans, de mai 2007 à mai 2009. De nombreux entretiens ont été réalisés et des enquêtes ont été adressées à plus de 150 scieurs français. Des voyages d'études ont été effectués en Espagne et en Allemagne pour inscrire cette recherche dans une dimension européenne. Des séminaires, des conférences et des chroniques ont permis de tester les synthèses qui, par ailleurs, ont été saluées par les spécialistes ci-dessous.
Je viens de prendre connaissance dans Le Bois International articles suite à votre séminaire du 8 novembre. des

Je les ai particulièrement appréciés pour la qualité de leur présentation et leur clarté. C'est tout à fait intéressant de pouvoir indiquer ainsi les tendances majeures telles que vous les avez recueillies

auprès des scieurs que vous avez pertinemment classés en trois catégories. Merci pour vos articles qui, j'en suis persuadé, serviront concrètement cette industrie qui nous passionne aussi. Très
cordialement à vous. Jean-Pierre Olgiati (Ciris Ingénierie)

J'ai lu avec intérêt le dossier « matériel de scierie» publié dans Le Bois International. J'ai été sensible au constat de la demande de productivité énoncée tout au long du dossier, quelle que soit la taille de l'entreprise. L'amélioration des conditions de travail et la formation apportent une augmentation de la productivité et de la réduction des coûts de production. n peut sembler difficile de pousser les limites d'une unité âgée ou fatiguée, mais toutes ont des possibilités d'évolution. Dans un secteur où les investissements sont lourds, il est important que tout investissement apporte un plus, de manière à réduire le risque financier. Dans un premier temps, tirer parti du matériel en place peut permettre d'améliorer la rentabilité et donner les moyens, par la suite, d'investir sereinement et de proposer des emplois motivants pour recruter des

salariés qualifiés. Luc Batard (Smab Sarl) Extrait dans
la lettre» Le Bois International 08.01.2009

« Au

pied de

7

L'ouvrage La scierie française et la production explicite les résultats sans jamais perdre de vue la mise en perspective des trois secteurs: artisanal, semi-industriel, industriel. Sont abordés les points suivants: - l'histoire du métier et l'existant,

- le matériel - le matériel

employé dans cinquante cinq scieries, proposé par 13 fabricants européens de matériels de scierie,

- la qualification et la formation du personnel de production d'après cent scieries enquêtées soient plus de 800 opérateurs, -la synthèse de deux voyages d'études à l'étranger (Espagne et Allemagne), - les synthèses de séminaires et de conférences, -les chroniques de l'Observatoire du métier de la scierie, - les stratégies de développement des scieries. Globalement, la recherche a été très bien accueillie, tant auprès des scieurs français qu'étrangers. Ce rapprochement a permis de constater que les problématiques sont très proches d'un pays à l'autre. Au final, l'éclairage donné par ces travaux devrait permettre à ceux qui s'interrogent sur le cœur du métier de la scierie de trouver des réponses pertinentes sur les sujets liés à la production.
Nous remercions plus particulièrement: - M. Christian SENEGAS, dirigeant de MFLS, facilitateur de rencontres avec des scieurs espagnols et allemands. - Hélène DUMONT et Patricia CHALA YER, organisatrices des séminaires. - Les adhérents du Club des scieurs développeurs, premiers lecteurs des analyses et correcteurs. - Le journal professionnel Le Bois International, divulgateur des synthèses. - Pierre Lambert, animateur des séminaires de l'Observatoire du métier de la scierie et précieux analyste.
Maurice CHALA YER Président de l'Observatoire

du métier de la scierie.

8

PREMIERE PARTIE HISTOIRE ET ETAT DES LIEUX

FORET ET TRANSFORMATION DU BOIS entre 1955 et 2005 : entre science fiction et réalité Il ne s'agit nullement de parler de science fiction adaptée au bois et à sa transformation mais tout simplement de comparer ce qu'un visionnaire américain! entrevoyait en 1955 comme évolution2 dans les cinquante années à venir. Loin d'être anecdotique, cette analyse prospective montre en tout cas la pertinence des évolutions entrevues même si certaines paraissent aujourd'hui farfelues (comme l'arrachage des arbres par hélicoptère), d'autres comme le traitement des arbres sur le parc à grumes, la détection des défauts par rayons x, ou encore la préfabrication des constructions et l'amélioration des qualités du bois par traitement sont devenues réalité. Reste que les rayons surchauffés, nommés lasers dans les années 60, et qui devaient «reléguer la lame de scie à la ferraille» n'ont pas réussi à remplacer la traditionnelle lame de scie. Sylviculture et foresterie des progrès fulgurants En 1955, en Amérique, on se préoccupait déjà d'équilibrer la croissance de la forêt avec les prélèvements. On sortait à peine des 350 dernières années d'un prélèvement intense, quand les premiers colons se mirent à défricher pour planter du maïs. Un tiers seulement de ce bois a été utilisé pour les besoins de l'homme (charpente, traverse de chemin de fer), le reste détruit par le feu, les

insectes et les maladies.

.

Afin d'équilibrer croissance et prélèvements, l'auteur imagine qu'en 2005 « des forêts entières verront passer les saisons où se déchaînent les incendies de forêt sans subir de pertes importantes. La localisation des incendies par radar, l'utilisation de la télévision par les vigies forestières, l'emploi des hélicoptères pour accéder rapidement aux lieux d'incendie et l'extinction des feux par des moyens chimiques arrêteront net le plus grand ennemi des forêts ».
I

L.J.CARR: Président de la société de recherches sur les produits forestiers et

Président de la western line, association liée à l'industrie du bois 2 «Regardez dans la boule de cristal ce que sera la sylviculture en l'an 2005 » paru en 1955 dans le nOl14 de« Mécanique populaire»

Il

Prédiction en partie vraie puisque maîtrisée aujourd'hui comme par exemple dans le massif landais où la lutte contre l'incendie est une priorité avec ses quadrillages coupe-feu, ses tours de guet, ses pompiers en alerte permanente dans les périodes à risque... De plus, l'auteur pense que « la science fera diminuer les maladies du bois ». Les forêts seront mieux exploitées et surtout «le sol recevra des engrais et sera préparé pour une nouvelle plantation». Avec l'aide de la génétique, les arbres de 2005 devraient être plus forts et plus vivaces et « les ouragans les plus furieux ne ravageront plus les forêts ». Une théorie que la tempête de 1999 a balayée au sens propre comme au sens figuré! L'auteur pense que la croissance sera considérablement accélérée par l'épandage d'engrais et une meilleure exploitation forestière mais, ce qu'il ne sait pas c'est qu'elle le sera plutôt du fait des émissions excessives de CO2, résultats des activités humaines, à partir des années 1990. Récolte et 1ère transformation du bois, une vision futuriste mais pas tant que cela! En 1955, on envisageait l'arrachage des arbres par hélicoptère, après avoir fait subir aux racines un traitement de rétractation. Projet farfelu mais tout de même repris en matière de débardage de coupes inaccessibles. Une pratique lancée dans les années 1980 sur le massif alpin mais restée depuis marginale à cause des coûts exorbitants d'exploitation liés en partie au carburant.

12

Dans la scierie «un arbre entier transporté par des machines commandées à distance est amené des lieux de stockage jusqu'à l'usine ». L'auteur imagine « une machine où des brosses et un aspirateur le débarrassent de toutes ses aiguilles, le laissant nu comme un poulet déplumé» avant d'entrer dans la machine à écorcer puis à couper en tronçons. La suite: les branches sont utilisées pour l'extraction de la résine et de la cellulose. L'écorce tombe sur un tapis roulant qui l'emporte vers l'atelier où l'on fabrique les engrais. Dans le hall de sciage «le scieur, haut perché dans sa cabine de contrôle, va avoir à travailler sur une bille en étant aidé par les moyens scientifiques les plus récents. Grâce à la télévision, il inspecte la partie extrême de la bille et les rayons x lui permettront d'en examiner l'intérieur ». Le diagnostic terminé, le scieur est prêt pour le découpage qui« se fera à l'aide de rayons surchauffés d'une grande puissance. Les lames de scie du 20émesiècle ont depuis longtemps déjà été jetées à la ferraille. Il n'y a pas de perte au sciage ». La suite des opérations de sciage « les pièces de bois sont aplanies et lissées comme des miroirs. Les planches ont une teinte marron qui est particulièrement appréciée. Un forestier muni d'un injecteur a, il Ya quelque temps, teinté l'arbre dans la forêt ».

13

Après le sciage, la préfabrication s'imposera Il n'existe plus de système à sécher le bois. En effet, « les arbres sont séchés dans le bois avant même que les câbles de l'hélicoptère ne viennent les en tirer ». Ensuite pour l'utilisation des produits bois, l'auteur entrevoit que « la préfabrication sera une donnée fondamentale de la presque totalité des constructions du siècle prochain ». Sur le thème de l'augmentation des propriétés du bois «des moyens de compression donneront une dureté qui augmentera à la fois résistance aux efforts et à l'usure». En 2008 que reste-t-il ? De cet ensemble de points visionnaires, on peut retenir que l'idée qui prévaut d'un prélèvement et d'un usinage ultra moderne, il reste en exploitation forestière et dans les scieries les plus modernes un système de production assez proche. A savoir la prise en charge des grumes dans un processus de transformation piloté par des ouvriers postés devant des ordinateurs et surveillant des machines où les scies sont encore présentes pour débiter le bois. Le laser, qu'on nommait à l'époque rayons surchauffés, n'a pas encore trouvé son emploi dans le débit du bois rond mais très largement employé pour la découpe du métal! Les rayons x sont remplacés par des systèmes profilométriques, type scanner

14

capables de « lire» conformité et aspect de surface afin d'assister l'opérateur et de décider même à sa place pour le pilotage d'un outil de production (déligneuse par exemple). Mais l'idée de « voir l'intérieur du bois» fait son chemin. Ce sera certainement l'outil de demain en matière de classement du bois et de caractérisation mécanique incontestable de la matière bois. L'utilisation du bois sous toutes ses formes (massif, reconstitué) dans la préfabrication est plus que jamais d'actualité. La filière sèche aujourd'hui valorise la fabrication des agencements de l'habitat mais aussi des fermes industrielles en atelier qui consomment à elles seules plus de un million de m3 de sciage (malheureusement essentiellement importés d'Allemagne et des pays nordiques), ainsi que le taillage des charpentes avec les centres de taille à commandes numériques (quelques centres de taille dans les années 1990 à quelque 300 aujourd'hui en France, plus de 600 en Allemagne). Même évolution avec la fabrication des maisons à ossature bois dont le leader français Ossabois à Saint Julien-Ia-Vêtre dans la Loire produit sur ses chaînes plus de 400 unités par an. Le traitement du bois a lui aussi fait son chemin avec le chauffage à haute température, les nouveaux apprêts (peinture, lasure) et les nouveaux produits d'imprégnation plus écologiques, à base d'huile végétale, qui augmentent la durabilité des produits mis en œuvre.

15

LA SCIERIE FRANÇAISE EN 2008 Ancrées dans les massifs forestiers, les 2 106 scieries ftançaises imposent leur présence et leur pratique experte3 du sciage. La variété des entreprises et de leurs stratégies en fait un objet d'observation4 pertinent ainsi que les opportunités présentes et les défis à relever pour rester dans la course mondiale à la compétitivité.

Etat comparatif

de l'évolution

des scieries françaises

entre 1980 et 2005
Source Agreste: enquête annuelle de branche

1980

2005

Evolution en 25 ans

%

Nombre de scieries
Nombre de salariés

5241

2106

-3 135

- 60
- 49 2

25 824

13 300

-12524

Volume en m3 sciés

9 737 100

9931 980

+ 194880

- par salarié
-par scierie

377

747

+370

98

1857

4716

+2859

154

3
4

« La scierie ftançaise, un métier d'expert », Maurice Chalayer, L'Harmattan 2001

Etude réalisée par l'Observatoire du métier de la scierie, associationloi 1901.

Créé en 2003, il est associé à un club d'entrepreneurs qui se sont donnés pour objectif de réfléchir aux évolutions techniques, économiques et socioprofessionnelles de leur métier. Ses différents travaux: études, séminaires sont en ligne sur : http// scierie-chalayer.chez-alice.ft

16

La scierie française implantée au cœur ou à proximité de la ressource L'implantation des 2 106 scieries en 2005, d'origine familiale pour la plupart, reflète celle des massifs forestiers. Cela s'explique par un secteur professionnel ancré par tradition sur un territoire où la ressource forestière est proche. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les deux tiers des scieries ont aussi une activité d'exploitation forestière. Une seconde activité de plus en plus extemalisée se centre sur la transformation et la commercialisation des produits. La moitié de la production est localisée dans treize départements situés sur un axe qui relie l'Aquitaine à l'Alsace. Production inégale selon les régions La région Rhône-Alpes est en tête en nombre de scieries (346), suivie par l'Aquitaine (203) et l'Auvergne (198). La région qui compte le moins de scieries est I'lIe de France avec seulement 6 unités.

Evolution de la productivité moyenne des scieries entre 1967 et 2005 Source Observatoire métier scierie

800 600

5000 4000 3000 2000 1000

400 200

o
1967
~ 1980 1992 1998 2002
2005

o
Volume annuel m3 sciage I salarié Volume annuel m3 sciage I scierie

17

En terme de productivité par sClene, c'est l'Alsace qui remporte la palme avec 13 652 m3, suivie de l'Aquitaine avec ses 8 080 m3 et la Franche-Comté avec 6 297 m3. Six régions sur vingt-deux sont au-dessus de la moyenne nationale de 4 716 m3 alors que les seize autres sont en-dessous de cette moyenne. En queue de classement, on remarque la région PACA avec seulement 1 291 m3. La productivité très inégale s'explique par le degré de technicité très élevé de certaines scieries, surtout dans le domaine du résineux, alors que d'autres sont restées très artisanales avec des moyens de production peu automatisés. La scierie française à la traîne en Europe? La France est, grâce à la notoriété de ses essences, le leader européen en matière de sciages feuillus, chêne 850000 m3, hêtre 400000 m3, peuplier 360000 m3 et divers soit un total de 1 818000 m3. Ce qui ne doit pas masquer le recul très sévère de la production des essences feuillues. En effet, elle était proche de 3 millions de m3 de 1985 au début des années 1990. Toutes les essences sont touchées, faiblement pour le chêne et le peuplier et fortement pour le hêtre qui a vu sa production divisée par deux. Pour le secteur du sciage résineux, la France n'est en Europe que le cinquième producteur malgré une production qui atteint les 7756000 m3, alors qu'elle n'était que de 5 500 000 m3 dans la période 1980-1984. Une production qui a augmenté de 2 millions de m3 mais qui ne suffit pas pour « coller» aux productions des leaders européens qui depuis 2000 sont dans des courbes ascendantes: Allemagne 18 Mm3, Suède 17 Mm3, Finlande 13 Mm3, Autriche 11 Mm3.

Place de la scierie française en volume millier de m3 et essences en 2005 Source Agreste. Enquête annuelle de branche France 9.932 7.800 I 78% 2.132 I 22% Europe 101 90 I 90% lO I lO% Monde 450 328 I 73 122 T 27

Volume en m3 - Conifères - Feuillus

18

Des structures différentes mais complémentaires Il n'y a pas un type de scieries en France mais trois qui se distinguent par leurs capacités volumétriques de sciage et par leurs spécificités propres. Elles sont donc le plus souvent complémentaires, bien que concurrentes sur des marchés exigus qu'il faut se partager. On trouve: 1- La scierie artisanale (- de 2 000 m3 sciés) qui représente 58% de l'effectif pour 8% de la production. 2- La scierie semi-industrieIle (de 2 000 à 6 000 m3 sciés) qui représente 24% de l'effectif pour 18% de la production. 3- La scierie industrielle (de 6 000 à 20 000 m3 et +) qui représente 18% de l'effectif pour 74% de la production.

CLASSIFICATION DES 2106 scieries françaises selon volume production 2005 (source Agreste)

6 000 à 20 000 m3 et

Volume sciage par an
Nombre entreprises en%

- 2000m3
58

2000à6000m3

+ 20 000 m3

24

14+4

Production de sciage en% Types scieries (classement de l'Observatoire scierie)

8

18

31 + 43

Petites scieries Scieries moyennes « semi«artisanales» industrielles»

Grosses scieries « industrielles»

19

On constate que presque 20% des entreprises du secteur industriel, assurent 74% de la production. Le milieu des scieries artisanales et semi-industrielles est encore bien vivace en France puisque c'est plus de 80% des entreprises, mais qui réalisent moins de 30% de la production.
Classification
65 60 55 50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 o

en % des françaises (source

2 106 scieries

en 2005 Agreste)

Scierie artisanale (-2000m3)

Scierie semiindustrielle (2000 à 6000 m3)

Scierie industrielle (6 000 à 20 000 m3)

Scierie industrielle (+20 000 m3)

Des spécificités selon la structure des scieries: - Pour la scierie artisanale, soit 1 221 unités (58% de l'effectif), essentiellement fixes et mobiles pour une centaine d'entre elles, le travail est local et sur mesure en direction des artisans, agriculteurs et particuliers. La proximité avec la clientèle et les fournisseurs ainsi que des contacts privilégiés font de cette scierie le «passeur» idéal des petits lots, des gros bois et des essences variées. C'est la scierie de services par excellence. Elle se veut souple pour réaliser sciage à façon et/ou débit« sur liste» dans les bois résineux comme feuillus. La transformation s'organise autour d'une scie de premier débit (ruban ou alternative) et d'une scie de reprise (ruban ou déligneuse). Mécanisations, chariot élévateur, palan servent à manutentionner les produits par le dirigeant souvent seul ou avec quelques salariés.

20

Les matériels sont plus ou moins anciens5, acquis dans des « faillites» ou par l'intermédiaire de revendeurs. Ils sont remontés par le nouvel acquéreur devant en assurer la mise en conformité. - Pour la scierie semi-industrielle, soit 506 unités (24% de l'effectif), ce sont le plus souvent des scieries issues du secteur artisanal qui, au fil des années et des générations, ont acquis une culture de la production spécialisée délaissant peu à peu le service et la multi-activité. L'équipe de salariés de plus ou moins dix personnes est dirigée par un «patron ouvrier» qui est plus un homme de terrain que de bureau. Il est souvent obligé par la force des choses d'occuper à la production des postes de travail6. Il fait confiance à son instinct et à son expérience plus qu'à une réelle démarche de gestionnaire stricto sensu. L'entreprise s'est centrée vers une production volumétrique. Des outils de production adaptés à partir d'un process élaboré marquent cette organisation. En amont, on trouve le plus souvent un chariot découpeur et une écorceuse à couteaux (type rotor) pour la scierie de résineux ou à fraise pour la scierie de feuillus. Le hall de transformation s'articule à partir de la scie à grume de grand diamètre, 140 à 160 cm, pour le premier débit, d'un centre de reprise circulaire, d'un trimmer et d'une chaîne de tri. Les produits sont empilés manuellement ou, de plus en plus, par le biais d'une empileuse automatique. Les produits sur mesure restent l'activité phare avec en complément les produits standardisés. Les produits, à la demande des clients, sont revalorisés par traitement et/ou rabotage. Le sciage à façon et/ou un produit de niche complètent les produits classiques proposés, bardage, lambris, parquet, emballage (palette, caisse)... La clientèle régionale de professionnels du bâtiment, du meuble, de l'emballage complète celle du négoce et de la grande distribution.

5 Du matériel ancien pour lequel plus aucune subvention publique (Etat, Région) n'est possible depuis 2000 6 Ce qui est de plus en plus ftéquent devant la difficulté de recruter des salariés permanents et surtout qualifiés. Le patron doit gérer le turnover de salariés intérimaires

21

- Pour la scierie industrielle, soit 379 unités (18% de l'effectif), c'est le passage incontournable vers une production massifiée et standardisée de produits essentiellement dirigés vers la charpente et l'emballage ainsi que l'industrie du meuble et de la construction. Les processus de transformation tendent à être semblables à ceux de leurs homologues scandinaves et allemands bien que de taille « à l'échelle française ». Des canters? circulaires simples avec retour des noyaux ou doubles dits «en ligne» font le standard tandis qu'en parallèle une ou plusieurs lignes de scies à ruban de grand diamètre entre 160 et 200 cm assurent« le spécial» : grosse pièce, grande longueur... Des centres de reprise circulaires, intégrant obligatoirement l'optimisation en temps masqué, puis trimmer suivi de chaîne de tri de grande capacité de stockage et empileuse intégrée complètent les unités industrielles. La clientèle, négoce et grande distribution, est essentiellement nationale et à l' export. Dans l'entreprise industrielle, il est obligatoire d'avoir des produits normés et caractérisés et bientôt marqués CE pour les sciages dits de structure destinés à la charpente et à la construction de maison à ossature bois. Ces produits concurrencent les produits d'importation qu'ils côtoient au quotidien sur les marchés nationaux. Les scieries industrielles valorisent mieux leurs produits qu'il y a quelques années (fermette, usinage de charpente traditionnelle, fabrication de bardage, de platelage, de palettes mais aussi de mobilier d'extérieur, de bois reconstitué type BMR, de produits aboutés ou contrecollés, type panneaux) malgré la faiblesse récurrente de l'offre très insuffisante en bois séché, 7,5 % du volume scié sur la France entière en 2005. Deux régions cependant, Pays de Loire et Aquitaine, sèchent respectivement 38,5% et 17%

Les fournisseurs de canter sont le plus souvent Allemands mais, ces dernières années, le marché a été investi par les fabricants français qui s'emploient ardemment à rattraper leur retard technologique dans le domaine du sciage des bois ronds avec l'outil circulaire

7

22

de leur production8 alors que les autres régions sont en valeur maximum autour de 8% et de 1,5% au minimum. Les dirigeants de scieries industrielles sont devenus des gestionnaires à part entière qui délèguent les fonctions management, achat, transformation, vente en se réservant la part de la gestion et de la veille économique et technique pour positionner au mieux leur affaire sur le temps présent comme sur l'avenir. Une ligne de conduite est commune aux dirigeants des moyennes et grosses scieries: il s'agit pour faire face à l'augmentation des prix du bois rentrant en scierie d'optimiser la production de l'amont à l'aval de la chaîne de transformation. La recherche de gain de productivité est du ressort des dirigeants9 qui s'emploient à améliorer les vitesses de sciage, la rapidité des chargements de bois sur les machines, l'optimisation des alignements, le triage et l'empilage mécanisés. ..

Volume de sciages séchés en m3 hors bois tropicaux, merrains, sous rails (Source: Agreste EAR 2005)
Sciages feuillus France Pays de Loire Aquitaine Bretagne Rhône Alpes Dont séchés arti. 238000 (13%) Sciages résineux Dont séchés arti. 429000 (5,5%) Total

bois

1 818000

7 756 000

9574 000 285 776 1640 303 229 350 1235 675

Dont séchés artificielle ment et % 717000 (7,5 %) )) 0 094 (28,5 %) 271 932 (16,6%) 18034 (7,9%) 18668 (1,5%)

8 Des données connues depuis seulement 2005 9 Une priorité confirmée dans une enquête produite par l'Observatoire du bois géré par le salon Expobois.Source: Le Bois Internationaldu 5janvier 2008

23

BILAN ET AVENIR Menaces: Sur l'approvisionnement en matière première: les massifs n'étant pas extensibles et les capacités de production augmentant, les producteurs élargissent leur rayon d'approvisionnement. Le résultat est une raréfaction de la matière mais surtout une élévation des prix d'achat du bois en grume et de fortes tensions à l'achat. Sur la formation et le recrutement des compétences pour un métier encore synonyme de pénibilité, qui n'a pas su communiquer sur les changements opérés: modernisation des process, protection collective plus pertinente grâce au travail en cabine... Les quelques centres de formation initiale en alternance CFA ou temps plein Lycée professionnel, moins de huit éparpillés sur le territoire, sont menacés de fermeture faute d'effectifs suffisants. Concentration du milieu par arrêt des scieries (dépôt de bilan, retraite, absence de repreneur. ..) Importation des sciages résineuxlO nordiques et allemands Bois massif reconstitué qui risque de prendre de plus en plus de part de marché au bois massif Du produit standard, normé, caractérisé, marqué, sur le produit sur mesure Judiciarisation des problèmes liés au bois dans la construction (déformation, retrait...) L'esprit individualiste des producteurs des petites et moyennes scieries peu enclins à se grouper sur des actions de commercialisation, d'achat de matière première, de partage d'outils de production, bien qu'il existe des groupements mais trop souvent dans l'ombre

Selon le service central des enquêtes et études statistiques du ministère de l'Agriculture et de la Pêche, «les importations de sciages résineux s'approchent du seuil de 900 millions d'euros pour 2007 alors que les exportations ne sont que de 144 millions d'euros. Par rapport à 2006, la progression des importations s'accentue de + 22% alors que les importations reculent de 5%»

10

24

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.