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LE CHÔMAGE DES JEUNES EN EUROPE

De
176 pages
Deux origines sont souvent avancées pour expliquer le chômage des jeunes : un coût du travail trop élevé et une formation insuffisante ou inadaptée. L'objectif de cet ouvrage est triple : effectuer un constat, définir les politiques de lutte contre le chômage et évaluer ces politiques. L'analyse permet de dissocier deux groupes de pays ayant plus ou moins enrayé le chômage des jeunes.
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Le chômage des jeunes en Europe

Collection Logiques Economiques dirigée par Gérard Duthil
Dernières parutions
KEYNES John MAYNARD, Comment payer la guerre, 1996. ABDELMALKI Lahsen, COURLET Claude, Les nouvelles logiques du développement, 1996. NOEL Michel, Régions canadiennes dans l'économie mondiale, 1996. BELLIVIER Muriel, Le Juste-à-temps, 1996. PARMENTIER J.M., TENCONI R., La zone Franc en Afrique, 1996. REIMAT Anne, Des retraites et l'économie, 1997. BECAR T Alain, Intégration et développement, 1997. HARRIBEY Jean-Marie, L'économie économe. Le développement soutenable par la réduction du temps de travail, 1997. BELKACEM Rachid, L' Institutionalisation du travail intérimaire en France et en Allemagne, 1998. GUÉVORKIAN Kariné, L'économie «non enregistrée», 1998. PICHAUL T, W ARNOTTE, WILKIN, La fonction res.wurces humaines face aux restructurations, 1998. MÉHAUT Philippe, MOSSÉ Philippe (coord.), Les politiques sociales catégorielles, Tomes 1 et 2, 1998.

@ L'Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-7959-6

Gérard DUTHIL
Estelle PAQUET

-V AUL

TIER

Le chômage des jeunes en Europe

Préface de Monsieur le Professeur

William MAROIS

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Ouvrage publié avec le soutien du Centre de Formation Continue de l'Université de Rouen

Eh ! Guillaume, Antoine, j'ai eu un 20/20 à mon devoir ,de mathématiques

~

Ouah ! c'est drôlement bien François-Nicolas C'est la porte ouverte à l'ENA, Polytechnique...!

A moins que ce soit la porte ouverte au chômage... Faut voir!

<.,: -

REMERCIEMENTS

Les auteurs tiennent à remercier Monsieur le professeur William MAROIS pour le temps qu'il a consacré à la lecture de cet ouvrage et ses conseils.

du même auteur, dans la collection « Logiques Economiques »:

- Les entreprises - Les politiques

face à l'encadrement salariales en France:

du crédit 1960

(1990) (1993)

- 1992

et hors collection:

-Les métamorphoses

de l'agriculture française

(1998)

Préface

7

PREFACE

L'année 1974 marque la fin des « trente glorieuses» et un changement profond dans l'évolution du chômage pour les pays occidentaux; même si la période qui court entre cette date et 1999 est souvent considérée globalement comme une période de « crise », celle-ci n'est pas homogène, tant sur le plan temporel que sur le plan spatial. Ainsi, les fins de décennies (1976-78, 1986-90, 1996-99) apparaissent plus favorables à la croissance et au chômage. De la même manière, les évolutions entre pays sont souvent contrastées, notamment entre les Etats-Unis, où les reprises sont généralement plus rapides et plus marquées, et les pays européens. Pour expliquer ces divergences, diverses thèses ont été avancées. Ainsi, à la fin des années 70, les phénomènes de rigidités salariales ( rigidités nominales versus rigidités réelles) ont été mis en avant; d'une manière plus générale au cours des années 80 et 90, c'est la question de la flexibilité du marché du travail dans ses divers aspects (rémunérations mais aussi types de contrats, de négociations collectives, d'ajustements quantitatifs,...) qui a été posée. Plus récemment, a été évoquée l'hypothèse d'une nouvelle ère économique qui aurait débuté aux Etats-Unis dans le milieu des années 90, caractérisée par l'absence de récession, la disparition de l'inflation, un faible chômage, une utilisation élevée des capacités de production et se développant autour de l'innovation, du marché et des technologies de l'information et de la communication

8 (Cf. J. Browning et S. Reiss, 1998)1.

Préface

Les explications données au décrochage Etats-Unis / Europe en ce qui concerne l'évolution du chômage ont ainsi conditionné la nature des politiques mises en oeuvre pour favoriser l'emploi dans les pays occidentaux. Malgré les évolutions conjoncturelles qui se sont produites entre 1974 et 1999, le contexte économique global est resté marqué par le chômage et les jeunes ont souvent été parmi les plus touchés, notamment dans les pays européens. Tel est l'objet de l'ouvrage que nous proposent Gérard Duthil et Estelle Paquet-Vaultier. Après avoir décrit le phénomène, les auteurs abordent le débat le plus crucial qui porte sur les causes du chômage des jeunes. Schématiquement, celui-ci relève soit d'un problème de coût de facteur, soit d'une inadéquation de la formation reçue, soit d'une combinaison de ces deux explications. La définition des politiques publiques destinées à lutter spécifiquement contre ce phénomène repose alors sur le poids accordé à chacune d'elles: aide aux entreprises pour baisser le coût d'embauche des jeunes ou actions destinées à améliorer la formation. Les auteurs analysent ainsi les effets des mesures prises en France depuis le milieu des années 70 et les comparent aux politiques menées dans les autres pays européens. Ils notent, comme le font d'autres études parmi les plus récentes, une situation qui nécessite aujourd'hui une attention toute particulière: celle des jeunes les moins qualifiés. L'étude menée par le CEREQ (1999i sur la dynamique d'insertion de 27 000 diplômés en 1992 met en évidence « un écart considérable entre les jeunes sortis aux niveaux les plus bas et tous les autres réunis» ; la fracture se produit ainsi entre d'une part les jeunes d'un niveau inférieur au CAP-BEP
J. Browning et S. Reiss (1998), «Encyclopedia of the New Economy», Wired, mars-avril-mai. 2 CEREQ (1999) «Génération 92 : Profil, parcours et emplois en 1997 », Bref, nOI49,janvier.
I

Préface

9

et d'autre part les titulaires de ces diplômes et au-delà. Les premiers sont, de manière nette, les plus frappés par la précarité et le chômage. Les trois-quarts d'entre eux ont connu le chômage avec pour une durée moyenne de 22 mois contre q mois pour les autres niveaux de 'formation. 15% n'ont jamais occupé d'emploi depuis cinq ans. La moitié était au chômage un an après leur sortie en 1992 et ils étaient encore 38% dans cette situation en 1997 (contre 24% pour les titulaires d'un diplôme de niveau V). Par rapport à des travaux antérieurs, l'écart entre ces deux catégories semble s'accroître confirmant la conclusion du travail de C. Bruno et S. Cazes (1998i, qui montre que se cumulent pour ces jeunes deux handicaps: le coût du travail est considéré comme trop important compte tenu de leur potentiel et il y a insuffisance d'emplois pour eux. C'est donc un double aspect du problème qui doit être traité: - D'abord, par .une mobilisation du système éducatif pour ces jeunes en situation d'échec, au travers par exemple du programme «nouvelles chances» qui met l'accent sur les 8% de jeunes qui chaque année quittent l'école sans qualification (55 à 60 000 jeunes concernés), en proposant des parcours individualisés en partenariat étroit avec le monde du travail car «les jeunes en grande difficulté ont besoin d'une transition entre le monde de l'école et l'entrée dans la vie active y compris sous forme d'emploi aidé». -Ensuite, par une modification des systèmes d'aides à l'emploi, notamment en mettant l'accent sur une baisse du coût du travail pour les bas salaires comme le préconise E. Malinvaud (1998)4. Celui-ci propose «l'introduction, à titre définitif, d'un barème des cotisations patronales comportant de faibles taux en bas de l'échelle» et suggère une baisse des charges sociales sur les salaires allant jusqu'à deux fois le SMIC.
3

C. Bruno et S. Cazes (1998), « French Youth Unemployment: An Overview», Employment and Training Papers, n023, Bureau International du Travail. 4 E. Malinvaud (1998), Rapport au premier ministre, juillet.

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Préface

Sur cette difficile question du chômage des jeunes, et notamment des moins qualifiés, qui reste malheureusement encore d'actualité dans la plupart des pays européens, l'ouvrage de Gérard Duthil et Estelle Paquet- Vaultier trace un tableau complet des situations existantes. Il permet de mieux appréhender les différences entre pays et d'analyser les mesures spécifiques contenues dans les politiques de l'emploi qui mobilisent des sommes particulièrement importantes (162 milliards de francs en 1999 pour le budget de l'emploi en France). C'est un bilan important tant pour la connaissance que pour l'action qui est fourni par les auteurs. Toutefois, en complément des mesures spéciales, il convient aussi de rappeler, comme le font C. Bruno et S. Cazes (1998), que « si les politiques d'emploi peuvent contenir la progression du chômage,... elles ne peuvent se substituer à une politique macroéconomique expansionniste qui est le seul moyen de créer des emplois à une échelle massive ».

William MAROIS
Université d'Orléans

Introduction

générale

11

SOMMAIRE

Partie I : Le chômage des jeunes en Europe: un terrible constat

Chapitre I : La précarisation du statut des jeunes en France Chapitre II : Le chômage des jeunes dans les autres pays européens Partie II : Les politiques de lutte contre le chômage des jeunes Chapitre I : Les principales origines du chômage des jeunes et la politique européenne Chapitre II : Les politiques nationales de lutte contre le chômage des jeunes Partie III : L'efficacité des politiques publiques d'insertion des jeunes Chapitre I : L'évaluation des politiques publiques en faveur de l'emploi des jeunes Chapitre II : L'impact bénéficiaires des différents dispositifs sur leurs

Introduction

générale

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INTRODUCTION

Le chômage des jeunes est aujourd'hui au coeur des préoccupations des hommes politiques, des économistes et de chacun d'entre nous. Pour les hommes politiques tout d'abord, la marginalisation des jeunes dans la société s'effectue par le marché du travail qui les intègre avec difficultés et de plus en plus tard. Cette exclusion peut pousser certains jeunes à remettre en cause les fondements même de notre société. Pour les économistes ensuite, aucune politique, keynésienne ou libérale, ne semble remettre nos économies sur les voies de la croissance et de la diminution du chômage. On s'interroge également sur les instruments de politique de l'emploi à mettre en oeuvre pour faciliter l'intégration des jeunes sur le marché du travail et sur l'efficacité réelle de ces instruments. Pour chacun d'entre nous enfin, il apparaît de plus en plus intolérable qu'une partie croissante de la jeunesse ne puisse trouver un emploi dans les mêmes conditions, ou dans des conditions moins favorables, que les générations d'hier. Beaucoup de parents et d'adolescents se posent des questions sur l'utilité des investissements en capital humain tant le chômage touche tous les niveaux de qualification. Dans l'Europe des quinze, ce sont 80 millions de jeunes âgés de 15 à 29 ans (50 millions de 15 à 24 ans), représentant aujourd'hui 22% de la population totale, qui subissent le fléau du chômage. Cette population est confrontée à des problèmes graves et récurrents d'insertion sur le marché du travail. En France, plus de 700 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire, et leur intégration dans la vie active n'est pas facile, passant généralement par une phase plus ou moins longue de tâtonnement. Ces périodes répétées

14

Introduction

générale

de recherche d'emploi expliquent pourquoi, dans la plupart des pays industrialisés, le taux de chômage des jeunes est beaucoup plus élevé que celui des adultes. Cependant, si cette période de transition engendre une vulnérabilité plus importante des jeunes, elle correspond en revanche à des durées de chômage en moyenne plus brèves, et donc à une employabilité plus élevée de ces jeunes. Cette catégorie supporterait le poids des ajustements de l'emploi face aux variations conjoncturelles de la demande. L'allongement des phases de chômage pour cette classe d'âge indiquerait alors l'existence de difficultés croissantes dans le processus d'intégration de l'école au travail. Il convient de se poser alors plusieurs questions: Le système éducatif est-il adapté aux besoins en qualifications du système productif? Doit-il y avoir une adaptation des jeunes aux nouvelles conditions d'un marché du travail plus « libéral» dans ses fondements? La discrimination par l'âge est-elle viable à long terme ou n'est-elle que la clé d'une adaptation conjoncturelle? De nombreuses politiques visant à résorber, ou tout simplement à stabiliser, le chômage des jeunes ont été mises en oeuvre. Elles sont à la fois larges par leur contenu et pourtant extrêmement ciblées, s'attaquant parfois à des populations dont les caractéristiques spécifiques sont définies par le dispositif. Mais, le problème reste entier, prenant une ampleur catastrophique dans certaines villes ou certains bassins d'emploi. Le chômage, parfois massif des jeunes, est alors source de troubles sociaux aggravés. Le marché du travail tend aujourd'hui à exclure et marginaliser, alors qu'il était dans le passé intégrateur. Il est clair, qu'au travers des différentes politiques menées dans les différents pays européens, le chômage des jeunes a deux origines: un coût salarial trop élevé dans une économie mondialisée et de plus en plus concurrentielle, et une formation encore insuffisante dans un contexte de développement technologique intense.

Introduction générale

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Diverses questions viennent alors à l'esprit: Quels types de formation doit-on offrir pour garder une avance en terme de développement sur d'autres pays émergents? Les pays à fort taux de chômage juvénile doivent-ils restructurer leurs systèmes de formation axés sur des des formations formations générales au détriment professionnelles? Peut-on anticiper un développement de nouveaux métiers et des fonctions d'encadrement? Une tendance à l'homogénéisation des politiques de l'emploi apparaît-elle au niveau européen? En France, les autorités publiques ont cherché à appréhender l'efficacité des politiques d'emploi. Il apparaît que chaque dispositif a ses avantages et ses inconvénients et qu'il est à l'origine de nombreux effets qui sont difficilement évaluables, tant ils sont imbriqués. Là encore de multiples questions apparaissent: Les politiques menées sont-elles économiquement ou socialement efficaces? Quels critères permettent d'établir clairement leur efficacité? Sont-elles menées au détriment d'autres classes d'âges ou aboutissent-elles à des effets d'éviction entre catégories de travailleurs?

Partie I

LE CHOMAGE DES JEUNES EN EUROPE: Un terrible constat

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