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Les multinationales socialistes

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176 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296181670
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LES MULTINATIONALES

SOCIALISTES

« Logiques économiques»

Parus dans la même collection:
ZARIFIAN (Philippe), P ALLOIS (Christian). La société post-économique : esquisse d'une société alternative, 148p., 1988. DUMEZ (Hervé) et JEUNEMAÎTRE (Alain), Diriger l'économie : l'État des prix en France (1936-1986), 1989. Du TERTRE (Christian), Technologie, flexibilité, une approche sectorielle du post-taylorisme, 1989. emploi, 328 p.,

Collection « Logiques économiques»

Pierre GROU

Les

multinationales socialistes

avec la collaboration de Philippe BERCOT, Fatima HA TIF, Dominique MERTENS, Liliana OSTOS et Nian WANG

A vant-propos

Carl H. McMILLAN

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

DU MÊME AUTEUR

Monnaie, crise économique, pUG/Maspero, 1977. La structure financière du capitalisme multinational, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1983 ; traduction anglaise, Berg Publishers (G.B.), 1985. L'Aventure économique, L'Harmattan, 1987. L'émergence des géants du tiers monde, Publisud, 1988. L'espace des multinationales, à paraître, Reclus, Documentation française, 1989.

En collaboration:

L'Internationalisation des banques et des groupes financiers, Éditions CNRS, 1981. Grappes technologiques: les nouvelles stratégies d'entreprise, McGraw Hill, 1986.'

@ L'Harmattan, 1989 ISBN: 2-7384-0406-5

AVANT-PROPOS

Une grande attention a été portée aux investissements de l'Ouest à destination des économies socialistes, particulièrement depuis 1985, quand la Tchécoslovaquie, la Pologne et l'Union soviétique ont rejoint les rangs des économies de l'Est ouvrant leurs frontières aux investissements étrangers, sous la forme de sociétés mixtes. Paradoxalement, les investissements en sens inverse, de l'Est vers l'Ouest, ont suscité beaucoup moins d'intérêt, alors qu'ils ont déjà une plus longue histoire et présentent généralement une plus grande importance (en nombre et en montant total de capital). En 1988, plus de 500 sociétés à capital socialiste en provenance des sept pays européens du COMECON étaient implantées dans 21 pays de l'OCDE. Ces installations de sociétés soviétiques et d'Europe de l'Est se sont principalement produites pendant les vingt dernières années. En 1988, plus de 35 070des exportations du COMECON vers les pays de l'OCDE se sont effectuées grâce à ces relais, et pour certains pays, la proportion était bien plus élevée. Tout en servant principalement de support à l'exportation de marchandises en provenance de l'Est, ces investissements ont aussi servi à draîner un important apport complémentaire en devises par le biais de vente de services financiers, de transport, et techniques sur les marchés de l'Ouest. Les investissements directs de l'Est à l'Ouest ont poursuivi leur essor vigoureux pendant les années quatre-vingt malgré l'aggravation de problèmes structurels dans les pays d'origine ainsi que de graves difficultés de balance des paiements. Dans ce contexte, la situation a considérablement varié d'un pays à l'autre. Durant la période 1980-1987, au moins 35 nouvelles firmes hongroises, 15 bulgares, 9 soviétiques et 8 allemandes de l'Est se sont étabies dans l'ensemble OCDE. D'un autre côté, seulement 4 nouvelles sociétés roumaines (tou5

tes avant 1982) et 2 tchèques ont été créées dans le même temps. Ce dynamisme continu, malgré les sévères contraintes de l'investissement interne et des paiements extérieurs semble résulter d'une série de facteurs. Il a d'abord été nécessaire d'élargir les bases de l'exportation face à une plus vive concurrence internationale. L'objectif à long terme d'augmenter le montant de valeur ajoutée des exportations est apparu plus urgent, au moment où l'offre du COMECONen matières premières stagnait. Peut-être que le plus fort mouvement est cependant venu d'une conception des rapports économiques plus souple, moins doctrinale, apparue dans certains pays socialistes, plus spécialement en URSS. L'investissement à l'étranger est encore dans les pays socialistes principalement du ressort du pouvoir étatique bien que cela soit en train de changer sous l'impulsion des réformes. La « nouvelle pensée» dans ce domaine a été exprimée de manière frappante par une intervention de J.D. Ivanov, viceprésident de la Commission d'État chargée des relations économiques avec l'étranger - principal organisme d'État responsable de la politique économique étrangère - devant la chambre de commerce internationale de Paris au mois de décembre 1988. Ivanov souligna que le but ultime de la politique actuelle consistait à pousser les entreprises soviétiques à devenir des acteurs du commerce et de l'investissement international. Il demanda à l'assistance de « nous considérer à partir de maintenant, non seulement comme partenaire commercial, mais aussi comme investisseur international ». Pierre Grou et ses collaborateurs ont apporté pour la première fois en français un travail présentant une étude approfondie de cette dimension négligée des relations entre l'Est et l'Ouest. De plus, en abordant le cas de la France comme pays hôte, ils ont fourni une donnée inédite dans la littérature existante. Ils se sont en même temps servis de leur connaissance de l'ensemble du processus de multinationalisation pour resituer le phénomène dans son contexte global. Cette vision développée dans une large perspective donne un poids particulier à leurs conclusions.

Carl H. McMillan Professeur de Sciences économiques à l'université Carleton d'Ottawa.
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INTRODUCTION LES MULTINATIONALES SOCIALISTES PARTICIPENT DE MANIÈRE SPÉCIFIQUE A L'ÉMERGENCE DE L'ÉCONOMIE MONDIALE

Les multinationales

dans la guerre économique

mondiale

On trouve dès l'Antiquité ou le Moyen Age européen des firmes et banques implantées hors de leur empire ou royaume d'origine. Le développement de l'État-nation qui accompagne la Révolution industrielle du XVIIIesiècle est aussi le point de départ d'un mouvement de multinationalisation ; celui-ci se poursuit au cours du XIXesiècle ainsi que de la première moitié du XXe siècle. Mais c'est depuis le tournant des années 1970 qu'une accélération considérable est constatée: l'accroissement du nombre des firmes et banques multinationales est une des données de la crise économique des années 1970-1980 ; les groupes industriels et bancaires sont les vecteurs privilégiés de la grande bataille économique: de son issue dépend la physionomie de la hiérarchie économique de la fin du xxe siècle; comme lors des crises précédentes, la sortie de crise verra une redistribution du pouvoir économique mondial. Mais les acteurs de la guerre économique sont principalement des firmes et banques originaires de pays capitalistes. Les pays socialistes jouent-ils un rôle dans le conflit entre multinationales? On sait que des firmes et banques originaires de l'Ouest

se sont établies en Europe de l'Est, URSS et Chine populaire.
Ces pays sont-ils à leur tour base de départ d'un processus analogue? La question est posée car le terme de « multinationales rouges» a été employé dans le courant des années 7

1970 ; et d'abord le concept lui-même est-il compatible la conception habituelle d'un système socialiste? Multinationales et système socialiste

avec

Les principaux critères de définition d'une économie socialiste sont la propriété collective des moyens de production et une planification de la production, de la répartition des revenus, de la consommation et de l'investissement, le but global étant celui de la satisfaction des besoins de la société I. Des éléments propres au capitalisme tels le marché comme lieu de régulation, et le profit comme moteur de l'activité, doivent être exclus d'un monde socialiste en construction. Or, on sait que les multinationales, qui sont originaires des pays capitalistes, ont pour caractéristiques d'être possédées majoritairement par des intérêts privés et de développer sur un marché devenu mondial des stratégies dont la logique unique est la recherche du profit. Comment concevoir, dans ce contexte, l'existence de firmes ou banques multinationales originaires de pays se réclamant de la rationalité socialiste? On dénombre pourtant plusieurs centaines de « multinationales socialistes» à la fin des années 1980: notre propos va consister à analyser ce phénomène. Mais auparavant, il faut revenir sur les conditions d'accélération du processus général de multinationalisation. La rupture dans le monde économique Guerre mondiale de l'après-Seconde

A la fin des années 1960, un certain nombre d'indices pouvaient laisser prévoir un phénomène de rupture dans le monde économique de l'après-Seconde Guerre mondiale. La période de grande expansion qu'avait connue le monde industrialisé à partir de 1945 voyait se dessiner un tournant situé vers 1969-1970 et illustré par plusieurs données cohérentes entre elles. D'abord, la montée de l'inflation dans les pays de l'OCDE, depuis 1965, traduisait la dévalorisation des créan8

ces sur les économies; l'hypothèse explicative d'une limite dans les gains de productivité obtenus jusqu'alors par les nations industrialisées se trouvait confortée par la baisse de rentabilité moyenne constatée dans leurs entreprises. Le début d'une révolution technologique et sa vague d'innovations jouait alors son rôle, apte à dépasser les limites atteintes; en effet, comme lors des précédentes crises économiques - par exemple la grande dépression de la fin du XIXe ou la crise des années 1930 -, c'est une forte poussée d'innovations qui, en restructurant l'ensemble du monde économique, permet de franchir le blocage de productivité; il suffit de constater l'explosion de nouvelles technologies dans le monde industrialisé depuis 1970 pour s'en convaincre. En conséquence, le commerce mondial se restructure autour de nouveaux produits à composante électronique par exemple - ; les nouvelles formes de production par le niveau d'investissement qu'elles commandent entraînent dès les années 1970 un nouveau degré de concentration du capital, et une accélération de la multinationalisation des firmes et banques. Avec ce tournant débute le bouleversement qui se traduit par la crise économique des années 1970-1980 accompagnée de sa caractéristique dramatique, le chômage. Ces événements, exprimant tous la rupture d'avec le monde précédent, se constataient entre 1965 et 1969 et étaient confirmés en 1971 d'abord par la fin du système monétaire international mis en place en 1944 à Brettpn Woods; ensuite en 1973 par la vulnérabilité économique générale mise en relief par le premier choc pétrolier. Les années 1970 et 1980 ne feront qu'illustrer l'approfondissement de la crise économique entamée lors de ce tournant, chocs pétroliers, financiers, et boursiers rythmant le déroulement du processus. La donnée qu'il faut souligner du monde nouveau qui se met en place à ce moment est l'émergence d'un espace multinational. La mise en œuvre des technologies développées et leur rentabilisation présupposent un degré de concentration de capital plus élevé - la firme multinationale - et un espace de vente plus large, l'espace multinational. Ce qui permet de conclure à la naissance d'une économie mondiale, 2 car le nouveau monde économique transcende les frontières nationales, et forme un tout analysable à un niveau mondial.

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Si l'on entend par firme multinationale une firme qui possède au moins une implantation hors de son territoire d'origine - définition donnée par le centre de l'ONU sur les firmes multinationales - on assiste dans les années 1970-1980 à une multiplication du nombre des firmes obéissant à ce critère : plus de 10 000 en 1973, et probablement le double dans les années 1980. Un phénomène d'une ampleur analogue est constaté pour les banques multinationales. Mais l'espace multinational créé par les implantations de ces firmes et banques, s'il est le champ d'ancrage de l'économie mondiale, ne recouvre pas strictement, loin de là, l'ensemble géographique mondial. On constate qu'il est schématiquement composé de : - l'espace des pays industrialisés, espace trilatéral « triade» Amérique du Nord - Europe - Japon; ou

- l'espace des Nouveaux pays industriels, Brésil, Mexique, Inde, Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Hongkong, pour ne citer que les principaux; l'espace formé par les pays socialistes.

Car les multinationales des pays industrialisés de l'Ouest s'implantent aux trois quarts dans les pays industrialisés de la « triade» ; le quart restant se situe dans les Nouveaux pays industriels ou à l'Est. Les Nouveaux pays industriels se multinationalisent eux aussi et leur champ d'implantation se situe principalement dans les pays industrialisés. Quant aux pays socialistes, ils possèdent aussi, on l'a dit, leurs implantations hors nation d'origine, les « multinationales rouges ». L'objet du présent ouvrage consiste à insister sur les principaux aspects du développement des multinationales socialistes: le mouvement lui-même, la nature de ces multinationales, et leur contrôle. DynamiqGe des multinationales socialistes

Dans un premier temps on prendra en compte l'échantillon le plus large constitué jusqu'alors, des firmes et banques implantées à l'étranger par les pays socialistes 3. On s'intéres10

sera aux multinationales soviétiques, polonaises, hongroises, est-allemandes, tchécoslovaques, roumaines, bulgares et chinoises. A partir de là, on vérifiera que l'accélération de la multinationalisation étudiée correspond bien au même moment que celui de l'accélération constatée à l'Ouest développé, et dans le tiers monde industrialisé, à savoir celui du tournant de la fin des années 1960 et du début des années 1970 ; qu'il a aussi principalement les pays industrialisés pour espace d'implantation. On soulignera ensuite que les multinationales socialistes implantées à l'Ouest sont - pour le moment - surtout des firmes commerciales ou des banques; et qu'enfin celles qui opèrent dans le COMECONont leur propre spécificité, par exemple d'être des firmes industrielles à statut particulier; qu'au total commence à apparaître l'idée qui sera reprise plus loin, que les multinationales socialistes appartiennent au mouvement de naissance d'une économie mondiale. Après cette première série d'éléments, on tentera de dégager trois modèles de multinationalisation applicables aux pays en question et établis à partir du rapport nombre de firmes

par PNB pour chaque pays; on proposera:
un modèle de forte multinationalisation ; un modèle de faible multinationalisation ; un modèle de multinationalisation intermédiaire. socialistes

Nature des multinationales

Les études en langue française relatives aux firmes et banques multinationales ayant pour origine les pays socialistes d'Europe ou d'Asie - sont encore peu nombreuses dans les années 19804. Le sujet a pourtant été abordé en langue anglaise et à partir de là, un débat s'est développe. Le principal aspect de la controverse sur la nature des « multinationales rouges» est le suivant: ces firmes et banques en provenance des pays socialistes appartiennent-elles à un mouvement général de multinationalisation que l'on peut constater aussi bien dans le monde capitaliste que dans le camp socialiste, ou ne sont-elles que des « harengs saurs », excroisIl

sances spécifiques, « leurres », négligeables dans une analyse globale de la réalité mondiale 6? Cette question doit être posée à partir de deux opinions opposées, celles d'auteurs anglo-saxons: G. Hamilton et C. McMillan. S'appuyant sur des arguments comme celui de la faible taille des sociétés, celui de leur nature essentiellement commerciale ou de leur actionnariat public, G. Hamilton conclut que l'on n'a pas affaire à de vraies multinationales. Par contre, C. McMillan replace le phénomène observé dans un contexte général de multinationalisation et, malgré ses spécificités, ne l'exclut pas de la globalité du mouvement 7. Pour notre part, c'est en nous plaçant dans ce second courant que nous apporterons notre contribution: pour nous les multinationales socialistes participent bien à l'émergence d'une économie mondiale. Une seconde partie sera ainsi consacrée à la nature des multinationales socialistes. Implantations des multinationales socialistes en France

Pour confirmer notre jugement sur la nature des multinationales socialistes, on se placera du côté des pays d'implantation ; les ouvrages cités de G. Hamilton et C. McMillan ont déjà apporté des informations sur les principaux pays industrialisés d'accueil. G. Hamilton a présenté les cas des implantations soviétiques et d'Europe de l'Est au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède, en Allemagne de l'Ouest, en Autriche. C. McMillan a étudié les exemples des États-Unis et du Canada. Les deux ouvrages donnent aussi des exemples de pays hôtes en voie de développement. L'étude du cas français n'ayant pas encore été effectuée, nous l'entreprendrons ici, en insistant sur quatre aspects: les dates et lieux d'implantation des firmes et banques, la nature de leurs activités, leur profil financier et leurs stratégies. Cette étape complètera la démarche de la deuxième partie. Les acteurs et leur structure financière

Pour approfondir la connaissance des acteurs économiques, une étude en termes de structure financière est nécessaire: on 12

se demandera qui contrôle le capital des firmes et banques en question, quels sont les actionnaires des multinationales

socialistes 8 ?
On pourrait d'emblée répondre: les États socialistes; mais la réponse est insuffisante car on découvre parfois une multiplicité d'actionnaires pour une seule firme; ceux-ci représentent toujours du capital public, mais par leur variété ils nous renseignent sur la logique du sous-ensemble économique auquel ils appartiennent. On verra comment. Une troisième partie de l'étude sera donc consacrée au contrôle des multinationales socialistes. Dynamique des structures financières de contrôle

La logique du système en question se caractérise d'abord par une planification économique centralisée où les ministères jouent un rôle moteur. Les actionnaires des multinationales socialistes sont principalement des centrales, organes ministériels du commerce extérieur. Le cadre des rapports avec l'étranger est régi par la règle du monopole étatique du commerce extérieur, principe proclamé jusqu'aux réformes de la fin des années 1980. L'étude de la dynamique des structureS du capital des multinationales socialistes permet de constater entre les années 1970 et les années 1980 une multiplication des centrales du commerce extérieur et un assouplissement du système du monopole étatique. On remarquera aussi que les structures financières des multinationales socialistes prennent un aspect spécifique au sein du COMECON, proche en particulier de la forme consortiale. Enfin, à partir de cette série d'informations, on tentera, comme lors de la première étape, de proposer trois modèles d'évolution des structures financières; on effectuera une mesure de la déconcentration et de la décentralisation du contrôle de chaque État sur les multinationales. On proposera cette fois: un modèle à forte évolution; un modèle à faible évolution;

-

un modèle intermédiaire.
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Mutation

du système socialiste et économie mondiale

En conclusion, après avoir dressé un bilan de l'étude, son insertion dans une vision de l'évolution du sous-ensemble socialiste nous informera sur les transformations économiques survenues dans ce type de société. Mutation et complexification de ce système pendant la crise économique des années 1970-1980 sont les principales conclusions observées. Elles apparaissent comme conditions nécessaires à l'appartenance du sous-ensemble socialiste à l'économie mondiale. Soulignons maintenant que, lors de ce travail, effectué en collaboration, Philippe Bercot s'est particulièrement attaché aux multinationales hongroises, Fatima Hatif aux multinationales intra-cOMEcON, Dominique Mertens aux multinationales est-allemandes et bulgares, Liliana Ostos aux roumaines, et Nian Wang, aux tchécoslovaques et chinoises originaires de Chine populaire. Les cartes ont été réalisées par Joëlle Cicchini et JeanPierre Garnier du Laboratoire de Géographie Reclus. Nous les en remercions ainsi que Roger Brunet, directeur du GIP Reclus. L'étude n'aurait pas été possible sans le recueil de données unique et aisément accessible, réalisé pendant la période de référence par Carl McMillan; qu'il en soit remercié, ainsi que B. Chambre, F. Hania, P. Gutman et A. Tiraspolski, pour les aides et remarques qu'ils nous ont apportées.

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NOTES DE L'INTRODUCTION
1. M. LAVIGNE, Les économies socialistes, Armand Colin, 1983. 2. C.A. MICHALET : Le Capitalisme Mondial, 2e édition, PUF, 1985. P. GROU, L'aventure économique de l'Australopithèque aux Multinationales, L'Harmattan, 1987. 3. Les données utilisées sont celles de C. McMILLAN, The East - West Business Directory Duncan Publishing - Londres, l'ouvrage du même auteur « Multinationals from the second world », MacMillan Press, London, 1987, celles du CEDUCEE, et celles de Nian Wang pour la Chine populaire. 4. E. ZALESKI, « Les multinationales des pays de l'Est» dans Les multinationales en mutation, PUF IRM, Paris, 1983. D. MARTIN, Les sociétés anonymes sous contrôle soviétique implantées dans les pays de l'OCDE, Thèse Paris X, 1986. M. LAVIGNE, Economie internationale des pays socialistes, Armand Colin, 1985 et « Problématique de l'entreprise multinationale socialiste », dans Economies et Sociétés, série P, n° 24, 1977. 5. J. WILCZYNSKI,The multinationals and East- West relations, London Mac Millan Press, 1976. - L. ZURAWICKI,Multinational Enterprises in East and West, Alphen aan den Rijn, Netherlands, Sijthoff and Noordhoff, 1979. - G. HAMILTON, Red multinationals or red herrings?, Frances Pinter, London, 1986. - C. McMILLAN, Multinationals from the second world, Op.c. 6. Il convient de noter que les principaux intéressés, à savoir les responsables des pays socialistes, refusent le terme de multinationales socialistes. Lors de l'élaboration d'un code de bonne conduite des firmes multinationales effectuée vers 1980 dans le cadre de l'Organisation des nations unies, il a été souligné par les représentants des pays socialistes que les firmes et banques implantées à l'étranger et originaires de ces pays, n'obéissent pas à une logique de recherche du profit; le fait qu'on veuille classer ces firmes et banques dans la catégorie des « multinationales» a été vivement critiqué. 7. Voir la présentation de l'ouvrage de C. McMILLAN et un énoncé du débat par Patrick GUTMAN dans son compte-rendu de « Multinationals from the second World », Revue d'Etudes Comparatives Est-Ouest, Vol. 19, n° I, 1988. 8. Le présent travail représente le troisième volet d'une démarche consacrée aux structures financières des grands acteurs de l'économie mondiale. En même temps que les multinationales capitalistes, et que les « géants du tiers monde », il convient de prendre en compte l'extraversion du monde socialiste dans sa contribution à la structuration de l'espace multinational, 15

ce, malgré la part encore faible qu'il occupe dans le commerce mondial. Ajoutons qu'un volet supplémentaire, L'aventure économique, déjà cité, présente l'espace multinational et ses acteurs comme l'aboutissement, à la fin du XXe siècle, d'un mouvement d'évolution économique possédant ses propres caractéristiques. Cf. La structure financière du capitalisme multinational, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1983. L'émergence des Géants du tiers monde, Publisud, 1988. L'aventure économique, O.p.C., l'Harmattan, 1987.

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PREMIÈRE

PARTIE

LE MOUVEMENT DE MUL TINA TIONALISA TION