Passion: vélo ou vae en ville

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Passion vélo ou vélo à assistance électrique en ville dresse un vaste inventaire des matériels et des dernières innovations qui distinguent ce moyen de locomotion moderne des pénibles antiquités que bien des cyclistes ont encore en mémoire : pneus anticrevaison, boîtes de vitesse efficaces, freins endurants presque sans entretien, vélos pliants... et surtout assistance électrique, formidable et fréquante alternative à la voiture pour aller bien et loin.
Publié le : mercredi 1 juin 2011
Lecture(s) : 280
EAN13 : 9782296809840
Nombre de pages : 417
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PASSION : VÉLO OU VAE EN VILLE
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55056-8 EAN : 9782296550568
Vincent MOUGENOT
PASSION : VÉLO OU VAE EN VILLE
L’Harmattan
Introduction et autobiographie cycliste
Les femmes et les hommes qui font du vélo un outil de base pour leurs déplacements en ville sont des micro-héros du quotidien ; et dans ce livre, je me rends compte que le plaisir pris sur cette machine s’accompagne néanmoins de la permanence d’un grand effort. On pense à l’effort physique, bien sûr, mais qui va aller en s’estompant dans les semaines suivant le début d‘une carrière cycliste. Effort de volonté, car qui n’a pas été tenté par la voix de la paresse ou du laisser-aller susurrant que ce serait plus chaud, ou plus rafraîchissant, ou moins éprouvant, en voiture, en métro, ou avec je ne sais quoi ? Mais effort de domination de soi-même surtout, car personne, à part un inconscient total que je n’ai pas encore rencontré, ne pratique le vélo en ville sans que la peur, plus ou moins refoulée, plus ou moins maîtrisée, plus ou moins importante, ne hante sa conscience de cycliste. Personne ne fait de vélo dans la ville française en toute sérénité, c’est pourquoi les sections de voies cyclables exclusives et protégées, comme les périodes à faible trafic général, sont toujours bienvenues, et il faut vraiment vouloir ce mode de transport pour s’en accommoder. Quand vous claquez la portière en montant dans votre voiture, vous continuez tranquillement le cours de vos pensées ordinaires, cours bien sûr ralenti par l‘attention à porter à la circulation. Quand vous montez en selle sans vous concentrer sur votre sécurité, si vous cultivez votre distraction ordinaire, alors vous êtes à coup sûr un individu à l’intégrité physique menacée, et en sursis sur le long terme. Quelque part, le compte à rebours d’une brutale mise à terre a démarré. Oui, les années de rati ue et le rand cou
d’œil dans le rétroviseur du temps à travers ce livre me font conclure que les cyclistes du quotidien méritent sans forfanterie ce qualificatif de héros modestes du transport. D’autant plus qu’à laisser la place aux autres dans d'autres modes de déplacement moins exigeants, ils soulagent l’engorgement des cités, ils sont la fluidité et l’oxygène du trafic, qui ont rendu la ville plus agréable ces 15 dernières années, rejoints en cela par les motocyclistes et les scootéristes. A contrario, si l’on appliquait rigidement la règle du code de la route quant aux remontées de trafic entre deux files, et que les « deuxroutistes » de toute nature retournaient soudainement à d’autres modes de transport, collectifs ou individuels, alors nul doute que l’on connaîtrait un chaos indescriptible et une paralysie jusque là inconnue sur les grands axes et chaussées de nos villes. Pour toutes les raisons que je viens d‘évoquer, un minimum de passion est nécessaire à la pratique du vélo urbain, passion se traduisant dans toutes les recherches du matériel voulu en imposant sa loi, phénomène connu des vélocistes contre lequel le meilleur argumentaire technique aura toujours une influence limitée. A l‘inverse, je vous lance cet avertissement : si vous n’aimez pas le vélo, n’y allez pas. Si vous vous lancez, laissez-vous envahir, porter par cette liberté simple et physique de la bicyclette, laissez-vous fouetter par la petite claque de l’air frais d’une modeste vitesse, qui accélère rythme cardiaque comme affectif. Si l’automobiliste entend le tintement virtuel et angoissant de ses pièces de monnaie s’engouffrant dans un réservoir à la pompe, nous cyclistes nous lançons à vélo en vivant intensément la prodigalité de la vie, au chant modulé par l‘air d’une brise sifflotant aux oreilles ; que la météo soit favorable ou juste tolérable, le vent du vélo en ville souffle le bonheur.
Premières aventures cyclistes décisives
Je vais commencer mon histoire, qui m’a déterminé à vouloir faire du vélo en ville l’outil le plus performant, le plus confortable et le plus répandu possible, à ma remise en selle cycliste décisive de 2003. Cela se passait à l’orée d’une canicule fameuse. Cette remise en selle est le fait d'un ami généreux -mais si, il en existe ! -, qui me voyant sans job, après moult tribulations, et sans voiture, après un vol, m'avait fait cadeau d'un cadeau dont il ne se servait pas : un VTC homme à 3 plateaux de pédalier et dérailleur 6 vitesses. Voulant donc me remettre sérieusement au vélo, je m'en suis largement servi pour tous mes déplacements utiles dans Lyon, et également pour mes loisirs de promeneur curieux. Ayant pris la décision de quitter Lyon pour m'installer à Paris en juillet, je me suis trouvé envahi par l'idée aussi lumineuse et prometteuse que les levers de soleil d'alors, de faire une belle randonnée d'adieu à cette région, sur le thème de la réalisation d'un circuit de jolies églises romanes du Beaujolais. Et, sans douter un seul instant de mes capacités de rouleur au long court, je suis parti un beau matin avec carte, casse-croûte et 2 litres d'eau, propulsé par des mollets conquérants qui n'avaient nulle peur des 155 km que ma carte prévoyait sur mon itinéraire. Le départ à 7 h et quelques fut confiant, et les 50 premiers km, dans les temps. Les 11 h 30 me voyaient arriver à Beaujeu, et ce que je commençais à réaliser avec douleur, c'est que, oh paradoxe, chemin du Beaujolais pouvait, en cette saison, devenir chemin de la soif ! Après avoir bu dans la matinée environ 3 litres d'eau, j'entamais mon ultime montée d'un col 460 m plus haut, et 8,5 km plus loin. J'appris plus tard que, déjà, en ce mois de début de canicule, la température en pleine journée atteignait les 38° C sous abri. Mais d'abris, au long de ma montée infernale, il n'y en avait pas. Et au lieu de me promener d'église en chapelle, le cheveu au vent, caressé d'une douce brise rafraîchissante, genre « je fais une pub pour un déodorant », e haletais, de saut de uce en saut de
puce misérable, d'une zone d'ombre à l'autre, pilonné par un soleil saharien. Après ce « Tourmalet » personnel, j'ai presque bouclé mon circuit dans des conditions supportables, essuyé une queue d'orage dans une descente de col qui faisait gémir les freins, jusqu'au moment où je me suis retrouvé totalement titubant vers 11 h du soir passés, à une douzaine de km de mon arrivée. Et là, pris d'un instinct d'abandon de mourant, j'avoue avoir regardé la banquette d'herbe du bord de route avec concupiscence, en me disant : « Du repos, tout de suite ! » Je dors là cette nuit, et je finirai le reste demain. Heureusement que la puissance de la bête avait repris le dessus, triomphant d'une volonté chancelante. A l'instar de Charlot dansLes temps modernes, incapable d'arrêter la gestuelle des bras et des mains au sortir d'une usine qui l'avait robotisé, mes jambes, doucement mais sûrement, m'ont véhiculé en « pédalage automatique » jusqu'à bon port. Et les plus de 6 litres d'eau que j'avais absorbés durant tout ce périple ne m'ont pas empêché de très bien dormir. A cette époque, je devais traverser une heureuse période de confiance débordante - très débordante -, car en septembre, j'avais notamment entamé une petite randonnée campagnarde matinale estimée à 85 km. Ayant préalablement informé de cette absence une famille qui voue un vrai culte pour l'horaire exact du déjeuner, je me suis retrouvé vers midi encore loin de mon port d'attache. Je me vois descendre alors de bicyclette, en rase campagne, sur la petite route départementale légèrement vallonnée typique du centre de la France, prévenir avec mon portable, mais surtout examiner mes pneus, mes freins, ma chaîne, chercher la direction d'un hypothétique vent contraire à peine perceptible, pour tenter de comprendre pourquoi, d'évidence, je ne pouvais pas être dans les temps. En effet, j'avais au total plus d'une heure de décalage sur l'horaire planifié. Mais qu'on se le dise, un cycle et un cycliste en bon état de fonctionnement forment un attela e
réglé comme un métronome. Alors, la prochaine fois qu'une telle mésaventure vous arrive, vérifiez la longueur de votre circuit : c'est fou ce que 22 km oubliés dans un décompte trop sommaire peuvent retarder une arrivée... En fait, cette petite balade n'avait pour but que de maintenir mon entraînement, pour donner corps à un projet que je commençais vaguement à caresser. Comment ramener sa bicyclette de la campagne à Paris, soit à 230 km, je vous le demande ? Par le train, c'est tout un tintouin pour transformer sa monture chérie en incompressible de César sous housse, format bagage accepté en compartiment par la SNCF. En voiture, ça prend tout le coffre. Mais oui, bien sûr, 230 km, à une moyenne faiblement soutenue de 17 km/h d'un parcours quasi sans dénivelé, ça nous fait du 13 h et demi au total. Départ 7 h, on arrive à 22 h passés, début septembre, ça fait 90 % du trajet de jour, c'est trrrrèèèèèèès raisonnable, et puis, le soleil est moins violent, et puis, les senteurs de la Sologne au matin, Orléans, la Beauce, la vallée de l'Yerres… J’allais craquer. J'ai craqué, passé la Sologne, Orléans et sa cathédrale, arrêt pique-nique-déjeuner-sieste à 20 km au Nord de la ville. La traversée de la Beauce à vélo en ligne droite, c'est affreusement monotone, mais pas éprouvant. L'irruption de la nuit, à 35 km du but, ça ne vous inquiète pas. Pensez, 35 km, après en avoir fait 200, c'est de la rigolade, de la gnognotte, du pipi de chat, rien qui ne puisse entamer le moral du vainqueur en train de naître. Le calvaire lui-même a vraiment commencé en entrant dans l'Essonne : allez vous repérer en banlieue Sud Est de Paris, de nuit, avec votre seule carte routière standard Michelin, en environnement de superbes autoroutes et rocades interdites aux vélos, de départementales qui vous laissent en panne en début de sens interdit, de rivières à longer qui disparaissent en souterrain, ou traversent un parc fermé, de lignes de chemin de fer qui bifurquent là où vous êtes, et non là où vous vous attendiez, de communes qui sont toutes sur l'Orge, ou à côté, mais as classées sur les anneaux
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