Le ftus, une personne ?

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Que l'on pose la question de l'aventure du fœtus, que l'on questionne les nouvelles pratiques, que l'on entende la voix des femmes concernées, que l'on écoute les nouvelles approches médicales, que l'on se situe en tant que personne responsable capable de choisir, que l'on puisse critiquer, proposer, mais que surtout l'on n'oblige jamais. Car c'est à la femme, à la mère, au couple de se positionner, de décider.
Publié le : mardi 1 juin 2010
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EAN13 : 9782296703643
Nombre de pages : 97
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© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12431-8 EAN : 9782296124318

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Depuis de longues années, je partage les réflexions, les questionnements, les doutes, les désirs, les projets d’un certain nombre de femmes handicapées. Les échanges que j’ai eus avec elles, le partage de leur vécu, ma propre réalité face au handicap, m’ont rendue sensible à la confrontation au désir d’enfant, au droit d’une femme handicapée à enfanter, ou à interrompre une grossesse… La peur, l’angoisse de ces futures mamans m’a remise en question. Avons-nous droit au désir ? Désir d’être des mères citoyennes, d’être des mères à part entière, de donner une image positive, constructive de la grossesse et de la maternité d’une femme singulière ? En 2007 nous avons organisé un colloque sur le thème « Etre mère autrement »2 avec le professeur Jacquard qui nous avait

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Psychanalyste, présidente de « Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir ». 2 Coordonné par Maudy Piot, Etre mère autrement - Handicap et maternité, avec Albert Jacquard, généticien, Paris, L’Harmattan 2007.

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dit : « La maternité est quelque chose de tellement étrange qu’on a dit beaucoup de sottises à ce propos. D’Alembert, dans l’encyclopédie, dit : la procréation est un phénomène tellement mystérieux que la science ne pourra jamais l’expliquer. Or on l’explique maintenant, grâce à Mr G. Mendel. Or, c’est la plus grande invention car c’est l’impossibilité de prévoir ce qui sera demain ».

Le handicap se définit par la non-conformité aux normes établies, il est ce caillou brûlant qui dérange, qui vient perturber les choses bien agencées de la vie. Une femme handicapée est regardée comme un monstre, qui risque de donner à la société un enfant difforme. Elle usurpe ses droits en ne comprenant pas qu’elle doit s’abstenir du plaisir, de la sexualité. Une femme handicapée ne devrait pas être mère. Il est bien porté pour un homme handicapé de devenir papa, mais il en est tout autrement de la mère handicapée. La femme est ce continent noir dont parle Freud ; que peut-il sortir de cette obscurité ? Que peut donner au monde la femme handicapée ? Il semble que dans l’inconscient collectif, une maman handicapée ne peut que mettre au monde un enfant mutilé, déformé. Si cette mère est porteuse d’une maladie génétique, elle est criminelle de désirer enfanter. 8

Les préjugés pèsent sur les femmes handicapées perçues comme des personnes fragiles, vulnérables, peu conscientes de leurs responsabilités. A cela s’ajoute le regard de l’Autre qui voit paradoxalement d’un mauvais œil, cette femme mettre au monde un enfant normal, inscrit dans la norme de notre société. C’est impensable. La femme handicapée ne peut que donner un enfant mal fait. De plus cet enfant mal formé va peser sur le corps social, il va coûter cher, il va demander des aménagements, il va susciter soit la compassion, soit le rejet. Ces considérations tellement vécues, tellement vraies, nous ont fait poser la question du : fœtus : une personne ? Le point d’interrogation est essentiel ! Le thème est traité (et maltraité) par beaucoup d’auteurs, de groupes de pression, d’idéologues de tous bords. Il est heureusement débattu par des scientifiques, des praticiens, des citoyens concernés. Mais il est difficile de trouver des repères, de faire un tri raisonnable, de se faire une opinion éclairée. La femme handicapée a-t-elle le droit de désirer un enfant ? A-t-elle le droit de refuser une grossesse si on diagnostique une malformation dans les premières semaines ? A-t-elle le droit de refuser une grossesse en son début et de demander une I.V.G. ?

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