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Lacaneries

De
298 pages
L'auteur Stoïan Stoïanoff, médecin neuropsychiatre et praticien de la psychanalyse, traite dans cet essai du "corps dans tous ses états", d'un corps "habité par le langage" (Lacan). Dans cet ouvrage, les opinions de deux philosophes (François Baudry et François Jullien) sont mises à l'épreuve sur la base de leurs travaux respectifs sur l'Intime.
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Stoïan Stoïanoff-Nenoff
Lacâneries
Les impliqués É d i t e u r
Lacâneries
© Les impliqués Éditeur, 2014 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-02673-2 EAN : 9782343026732
Stoïan STOÏANOFF-NENOFFLacâneries * Les impliqués Éditeur
Du même auteur :
1992,Transmission de la psychanalyse, Forum de IFRAS/PUN. 1996,Qu’en dira-t-on ? Une lecture du Livre XII du Séminaire de Jacques Lacan, Forum de IFRAS/L’Harmattan. 1998,Pour une clinique du réel, Lacan et ses didacti(c)hiens, L’Harmattan.
À mes Maîtres connus ou inconnus
À André Rondepierre, Claude Conté, Diane Chauvelot et Claude Dumézil In Memoriam
1 : Préambule
Ce livre est le fruit d’un échec et de quelques singularités météorologiques. Côté météorologie : l’hiver 2012-13 a été fort long en Lorraine et faute de mieux j’ai lu et j’ai écrit. Et puis l’été a été très chaud et donc peu propice aux activités autres que de plume. L’échec consiste en un refus : de la part des Éditions de l’Harmattan, d’un livre que je leur avais proposé, et qui n’y ont vu qu’un recueil hétérogène. Que j’avais intitulé»aux pluches « Lacan… , avec pour sous-titre :« Mes Transferts ». Ça couvrait plus d’un demi-siècle siècle de réÀexion et il était évident qu’en vertu du précepte :ce qui« Tout est écrit, voire imprimé depuis plus de 10 ans : est bon à jeter aux orties », mon ‘machin’ n’était pas publiable. Bref Lacan est« mort »aux pluches plutôt qu’au champ d’honneur. On n’y peut rien. En réalité le travail que voici procède d’un changement de perspective. Repérable déjà tout au long des séminaires de Jacques Lacan où certains ont puisé de quoi nourrir leur étonnement. Et parfois leur irritation, pensant, à juste titre, que Lacan adoptait en¿n de parcours des positions quiÀeuraient le reniement. Il est vrai, par ailleurs, que le boute-en-train qui of¿ciait à ses débuts à Sainte-Anne s’était métamorphose en¿n de parcours, à la Fac de'roit à Paris, en un rabat-joie de première grandeur. Il est donc dif¿cile d’apprécier tout le chemin qu’il y a eu entre les leurres, les fables et les anecdotes du conteur, du prince sans rire (on dirait aujourd’hui de l’humoriste) et la froide prise en compte du réel et les dif¿cultés de tous ordres (notamment mathématiques) requises pour l’abord de son enseignement en¿n de parcours. Déclin de la subjectivité fanfaronne et – à la fois – : dévoilement de ses ressorts idéologiques ; puis, promotion d’un point de vue qu’après-coup je quali¿erai d’Anthropogénique; terme que j’emprunte à Henri van Lier. C’est lui qui s’est livré à une présentation du livre de Luc Eranvil intituléZelsa,où il pointe l’émergence d’un point de vue nouveau sur les mutations en
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cours dans les sciences humaines. Changements qui affecteraient la primauté accordée depuis quelques lustres au sujet sur l’objet. Qui irait jusqu’à inverser « la perception gréco-romano-christiano-néoplatonicienne de l’Occident ».À quoi Lacan a largement contribué. « Le texte de Zelsa exprime un référentiel sémantique inverse. Initiative y vient des organes, mieux : de leur anatomie et de leur physiologie. Il ne s’agit plus là d’un regard qui utiliserait des yeux, mais d’yeux qui génèrent un regard ». L’argumentation développée ce faisant, nous oblige à en passer par une révision du biologisme de Freud, et à y inclure les bémols que Lacan a tenté d’y introduire. Ces préalables nous dictent la division en deux parties de ce travail : l’une traitant du corps, l’autre de l’intime. Au cours des travaux préparatoires à l’assemblage des textes ici présenté, c’est avec quelque étonnement que j’ai découvert que j’avais déjà écrit un texte à propos du corps, mais peut-être l’argumentaire de ce texte est quelque chose qui a bavé, a tuilé, sur l’actualité de mes relations aux collègues psy, au point que j’en suis venu à déplorer la fuite du temps, et l’impossibilité dans laquelle se trouvent les plus jeunes d’accéder à ce qui avait été largement débattu jadis et dont je me sens tenu de témoigner. Ce que j’ai développé au titre de l’Intime me plonge dans une époque e e largement révolue (la¿siècle) et permet de mesureret le début du 20 n du 19 les décalages sociétaux qui se sont instaurés entretemps. La question dufreudien »« Biologisme est traitée par Yvon Brès dans un numéro de laRevue Philosophique(n°3, juillet-septembre 1965, pp.303-325), où sa contribution est en quelque sorte encadrée par deux autres. L’une que l’on doit à Raymond Ruyer et qui traite de« La Quasi-information », où il se montre égal à lui-même et donc exigent, et dont je ne retiendrai que cette incise (o.c., p.295) « /…/ la morphogénèse que l’on voit, dans l’embryogénèse des multicellulaires, refaire le trajet de la cellule à l’organisme adulte, n’exclut pas, bien au contraire, le trajet morphogénétique plus dif¿cile à percevoir, mais déjà bien repéré, de la molécule à la cellule, ou aux éléments cellulaires. » Il est fort à parier que déjà en 1965 (l’année de mon entrée en analyse chez Jacques Lacan) ce dernier en avait pris de la graine et deux ans plus tard il est venu à Nancy discuter avec Raymond Ruyer, probablement des modalités de cette perspective inversée. De mes rencontres avec François Forestier, professeur de néonatologie, j’ai retenu que Lacan aurait assisté pendant près de six mois à sa consultation, e et que, par ailleurs les fœtus mâles ont des érections dès la 18 semaine de gestation. Probablement en relation avec les modi¿cations hormonales se produisant dans l’organisme maternel, m’a-t-il dit. Perspectives qui,
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aujourd’hui, induisent l’hilarité des philosophes dont le scepticisme n’a d’égal que celui qui fut opposé aux premières recherches de Freud sur la sexualité infantile. Sans compter l’élargissement de l’empan des faits susceptibles d’être mis au compte d’un inconscient. Il se trouve que l’autre article – encadrant celui de Brès – s’intitule« Sur la théorie de l’organisme dans l’Opus postumum de Kant »où l’auteur, Walter Riese, rend compte (prudemment, vu l’âge vénérable de Kant à l’époque où il à écrit les 1000 pages de sonOpus) de la sorte de ‘renversement copernicien’ (p.331) auquel se livre Kant déjà dans la ‘Préface’ de la deuxième édition de laCritique de la raison pure, et qui se trouve réitéré dans l’Opus: « L’évolution de la pensée kantienne se manifeste d’abord : 1° Dans l’œuvre posthume, l’exposé de la nature de l’idée d’organisme à l’intérieur de l’ensemble du système rationnel ; on pourrait parler d’une évolution d’ordre architectonique. /…/ ». Architecture traduisible aujourd’hui en termes de structure, voire de topologie. « La deuxième évolution de la pensée kantienne concerne la dé¿nition mrme de l’organisme. Dans la Critique… l’organisme est dé¿ni comme un produit dont toutes les parties se rapportent au tout /…/ Or, si chaque partie est dépositaire du tout, elle exerce une inÀuence organogène sur toutes les autres. » Se pourrait-il que Kant ait pris un tournant matérialiste ? Pas tout à fait, puisqu’il est dit :il est aussi question d’une ‘intelligence’, d’un« Cependant principe ‘immatériel’, d’une ‘archée’, c’est-à-dire d’une force productrice de l’unité de l’organisme, force que Kant appelle dans un passage surprenant : la vie. » Or, ce principe uni¿cateur, dont il ne serait pas dif¿cile de voir où Lacan en reproduit le modèle, avec toute l’ambigüité voulue, Kant en donne d’autres formulations. Il s’agit de l’éther, en tant qu’il n’est pas« dérivé de l’expérience, mais il est conçu dans le seul but de rendre possible l’unité de l’expérience (o.c., p.330) ». À cette page Walther Riese (par ailleurs auteur d’uneThéorie de l’organisme) nous en donne la dé¿nition. Il y a lieu de mentionner que mon acquisition de ce volume deLa Revue Philosophiqueest le fruit du hasard et que je n’ai daigné découper exclusivementqueles pages des trois articles que je viens de citer. Faut-il attribuer aussi au hasard le fait que j’ai pu assister à une conférence donnée par Giuseppe Longo (auteur que je cite plus loin) au séminaire s’épistémologie qui se tenait salle ‘Dieudonné’ à la faculté des sciences de Nice, une fois par mois, et que j’ai fréquenté de 2007 à 2009 ? En une certaine occasion, était assis à mes côtés, Jean-Jacques Levy-Leblond, auteur d’un article – d’une facture assez nouvelle pour l’époque – dans le second numéro de
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