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Aloïs, mon amour !

De
356 pages
Après avoir livré témoignage de l'Alzheimer de sa mère, l'auteur dévoile ici le journal tenu pendant une douzaine d'années d'accompagnement. Il n'est pas question ici uniquement du vieillissement cérébral problématique (ce qu'est vraiment l'Alzheimer), mais plus largement de la maladie psychosociologique dont souffrent nos sociétés malades. Ce journal est donc une chronique d'un monde fini, à la dérive et désorienté, ayant plus que jamais besoin de coeur et d'amour pour le sauver.
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ALOÏS, MON AMOUR ! Journal d’Alzheimer
un essai sociologique détaillant la genèse de ce qu’il qualiîe une soi-
, la maladie psychosociologique, qualiîée d’Alzheimer politique, au sens
Ce journal est donc une chronique d’un monde îni, à la dérive et désorienté
mère, il entend transIgurer la politique en poléthique, avec la conscience actée
ISBN : 978-2-343-10923-7 36
Farhat Othman
Farhat Othman
ALOÏS, MON AMOUR !
Journal d’Alzheimer
Journal d’Alzheimer ALOÏS, MON AMOUR !
Aloïs, mon amour !
Journal d'Alzheimer
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com ISBN : 978-2-343-10923-7 EAN :9782343109237
Farhat OTHMAN
Aloïs, mon amour !
Journal d'Alzheimer
Du même auteur Chez L'Harmattan(Paris) Les accords franco-arabes. Des origines des relations bilatérales à nos jours, 2002 Guérir l’Alzheimer ! Manifeste hors poncifs, 2012 Ces tabous qui défigurent l'islam. T 1 : L'alcool, 2015 Ces tabous qui défigurent l'islam. T 2 : L’apostasie et l'homosexualité, 2015 Ces tabous qui défigurent l'islam. T 3 : La nudité, le sexe et le voile, 2015 Chez Afrique Orient(Casablanca) Pour le renouvellement du Lien indéfectible 1 : L’apostasie en islam, 2014 2014ΏغاϡإايفΓداةققح:1ىقثاΓوعاجتيف Pour le renouvellement du Lien indéfectible 2 : L’homosexualité en islam, 2014 2014ΏغاϡإايفطاϠاةققح:2ىقثاΓوعاجتيف Aux origines de l’islam. Succession du prophète. Ombres et lumières, 2015 2015ضمهΒشΓرألحΎھزانميفΎعا Chez Le Courrier du Maghreb et de l'Orient(Bruxelles) Érosensualité arabe. Sociologie de la libido maghrébine, Tunisie en exemple, 2016 Ihsane Jarfi : Je suis Ihsane et je réclame justice !Message spirituel pour l’abolition de l’homophobie en islam, 2016 Tunisie re-belle. Opéra Tunisie Nouvelle en 17 scènes, 2016 2016،ام17يفΓجاستΓΎغم.ةϠجاΓراستChez Arabesques(Tunis) L'Exception Tunisie. T. 1 : Jeu du je : imaginaire en jeu, méditerranéen enjeu, 2016 L'Exception Tunisie. T. 2 : I-slam : Islam postmoderne vs tradition judéo-chrétienne, 2016 L'Exception Tunisie. T. 3 : Postdémocratie : De la daimoncratie à la démoarchie, 2016Chez Karthala – IRMC(Paris - Tunis)Être homosexuel au Maghreb (sous la direction de Monia Lachheb), 2016
Du fou à sa maman
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines Et j'ai vu désormais le monde à ta façon J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines Comme au passant qui chante on reprend sa chanson J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson
Aragon Que serais-je sans toi  Le Roman inachevé
PRÉFACELe faux miroir de la vie  Commençant cette préface, je dois avouer que ce ne sont plus mes doigts qui écrivent ; depuis quelque temps déjà, j'use d'encre blanche ; ma plume comme les paupières y trempant, dessinant mots et visions ; nul besoin de papier pour cette encre sympathique, en mon cœur aux aguets est son ancre. Car à mon regard, tout s'envole, visible comme invisible ; et voyant désormais avec le cœur, mes visions y mouillent l'ancre de mes visions et mots, autant de et maux.  À l'horizon, il y a un vautour qui ne cesse de me hanter ; mais ce n'est pas seulement l'image persistante du rapace. Entre réalité et réminiscence, ce serait plutôt un signe hiéroglyphique, le vautour étant à la fois chez les anciens d'Égypte la « mère » et la « mort ». Est-ce la symbolique du passage par la mort initiatique pour retrouver la mère céleste qui s'impose à moi ?  Au vrai, quasiment pharaonique est devenue ma vision des choses grâce à mon expérience auprès de ma mère, un accompagnement où c'était elle qui, finalement, me guidait vers une vérité pourtant en moi, encore muette, et ce malgré son Alzheimer déclaré qui était aussi le mien, bien que non déclaré, absent de la nosologie. Au pouvoir temporel, elle m'a appris de choisir plutôt la puissance spirituelle et à la force terrestre d’un lion, privilégier celle plus aérienne de l’aigle. Car, une fois aux airs, on apprend à se détacher des contingences, avoir une vue d’ensemble des choses ; c’est se libérer de la terre, ne plus avoir de prise sur ses êtres tout en les embrassant tous d’un seul regard que j'en suis. Être en syntonie, vibrer au diapason du monde. Autant l’élévation est grande, autant le détachement est poussé, autant la vue est plus globale, autant l’on se sent fort sans besoin de force à déployer, de pouvoir à exercer, la puissance étant en soi, de cette énergie sombre qui forme l'essentiel de l'univers avec la matière noire.
 On a pu déjà dire de l'humain être de l'énergie assemblée en perpétuel mouvement ou inertielle. Ne sommes-nous pas aussi de l'énergie désassemblée par une mort factice qui ne fait qu'actionner le pendant de la loi de la gravitation ? N'est-ce pas à cela que se résume le phénomène d'expansion de l'univers que notre conception de la vie et de la mort et notre pensée ainsi conditionnée entretient et aggrave ? Ne suffirait-il pas de penser le mort vivant et de le traiter en tant que tel, mais juste invisible, pour que la gravitation l'emporte sur l'expansion de l'univers ?  Chez les Pharaons, le dieu Horus pose un doigt sur sa bouche pour symboliser le silence, et il sait qu'il faut être silencieux pour entendre la parole divine. Il faut donc comprendre que l'on se doit de bien écouter le silence pour témoigner, répercuter autour de soi sa parole.  Il n'est pas besoin pour cela d'avoir à traverser le faux miroir de la vie, juste cesser de se tenir devant la glace sans tain, car alors a lieu l'irrésistible pas permettant de passer à travers, retrouver la vraie vie, quittant l'illusion dans laquelle l'on mire et qui se déroule derrière soi sans que l'on s'en doute.  Cette préface y servira peut-être. Avant de prétendre se désunir et se déstructurer pour se libérer de la gangue héritée et non voulue d'une identité apparente, mais non essentielle, réelle, mais non vraie, faut-il aboutir à l'unité de sa personne, assembles ses composantes jusqu'aux plus opposées, sans fuir le moindre antagonisme, opposition, y compris dans ce qui peut apparaître comme l'antithèse de soi, un ennemi.  Notre ennemi n'est-il pas en nous avant de se projeter sur autrui, cet autre soi-même ? N'est-ce pas cette antithèse de la force qui est en soi et qui en fait faiblesse ou négation ? Que sommes-nous sans projection par et sur notre prochain ? Une telle si banale sagesse n'a-t-elle pas besoin d'être épiphaniser par des sacrifices, de la part de soi ou d'autrui, le plus qui cher qui soit ? Si le grain ne meurt, pousse-t-il fruit ? N'est-ce pas le sens de ce qui aura été un sacrifice de maman pour une solidarité familiale retrouvée, l'amour réinventé et célébré ?  Être à la hauteur du sacrifice de maman est désormais ma motivation, étant arrivé à en être plus que convaincu, y voyant une certitude, une évidence même, la clef autorisant la bonne compréhension de mon parcours erratique et de la situation des miens.
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 Interprétant de la sorte les événements vécus, notamment la tournure finale dont il est trop tôt pour parler, et en m'aidant des enseignements du spiritisme, j'en ai conclu à l'impératif absolu de veiller à relayer l'œuvre de ma mère au foyer en étant présent auprès de la famille pour aider à resserrer les liens entre ses membres et y faire durer la tendresse et l'amour qui y sont sujets à éclipses.  Aussi ai-je commencé par un court séjour de dix jours à l'occasion de la fête du sacrifice, mû à peine par des considérations de respect de la tradition, étant la première fête majeure après le décès. C’était bien plutôt par la poursuite de mes tentatives de contact avec l'au-delà à cette occasion et l'appréciation de ce que pourrait être la nouvelle orientation de ma vie en termes pratiques, examinant la possibilité de publication de certains de mes travaux sur place ainsi que de collaboration avec un journal régional où j'avais fait mes premières armes de journaliste débutant.  Outre qu'il m'a fait avancer dans l'appréhension du contact avec l'au-delà et de la présence de maman près de moi, ce séjour au pays m'a confirmé dans la validité de ma décision d'y être à l'avenir plus souvent et plus longtemps. Ne serait-ce que pour rendre service à la famille dont l'équilibre semble avoir été sérieusement affecté par la disparition de ma mère qui, malgré la maladie, demeurait un facteur éminent de stabilisation au foyer eu égard aux caractères assez tranchés et souvent conflictuels de ses membres.  Tout en faisant le choix de continuer l'œuvre interrompue de maman et honorer ainsi sa mémoire, ce projet supposant pour moi le sacrifice d'une orientation longtemps suivie et d'une conception de la vie n'en demeurera pour moins en étroite relation avec mes profondes motivations intimes. Celles d'être utile et ce à travers un investissent nouveau consistant à diffuser la doctrine spirite en arabe et à la porter aux masses musulmanes tout en la refondant sur certains de ses aspects par trop connotés religieusement du fait du poids de l'histoire et de la forte présence de la tradition chrétienne. En effet, je trouve de plus en plus, en relation avec mes travaux parallèles sur l'exégèse coranique, qu'il pourrait y avoir une merveilleuse adéquation entre la doctrine spirite et l'islam encore plus féconde que les liens cultivés par certains spirites entre leur doctrine et l'Évangile et la geste du Christ.  Certes, le choix de solution extrême d'oser sacrifier mes intérêts propres pour ceux de la famille, en conformité avec ce qui me semble avoir été le souhait de ma mère, est aussi dû ou facilité par le fait
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