Coeurs et blessures

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Une petite fille est martyrisée par ses parents et meurt. La France entière s'en émeut. Au-delà des articles à sensation, ne doit-on pas toutefois sonder les ressorts de pareilles tragédies familiales et humaines ? Quatre voix se font entendre : l'enfant, la mère, le père et l'aumônier qui accompagne ce dernier dans sa détresse intime, son autolagellation, sa quête de sens. Amour et crime se côtoient dans un entrelacs indémêlable. Si chacun de nous est partie prenante de la soufrance du monde, les hauts murs des prisons nous protègent-ils vraiment de l'ombre qui nous habite ?
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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EAN13 : 9782296536999
Nombre de pages : 92
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Louîse hunîn
Cœurs et Blessures Dans l’intimité d’une tragédie familiale
Cœurs et Bessures
Préace de MattHîeu Gosztoa
Cœurs et Blessures
Louise Thunin
Cœurs et Blessures
Préface de Matthieu Gosztola
DUMÊMEAUTEUR
Gadji, roman, QWIP, 2002 (prix Benjamin Franklin, 2003). Writing the Book of Esther, roman, QWIP, 2003.
Chats with le Chat gourmet, humour, avec Susan Marx, Lulu, 2006. Mariam’s Wedding Gift and Other Offerings, nouvelles, Lulu, 2007. La Nokriyah, roman,Amalthée, 2007. Les archanges n’ont pas le sens de l’orientation, fable, Xlibris, 2009.
© L'Harmattan, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00188-3 EAN:9782343001883
Préface
L’intensité aimante d’une écoute faisant advenir sur le papier la réalité des cœurs et de leur lumière. Christian Bobin écrit dansRessusciter: « Je ne sais plus qui j’ai rencontré hier. Nous avons échangé quelques mots comme on soulève son chapeau devant un convoi funéraire puis nous nous sommes quittés. La plupart des rencontres que je fais ne laissent aucune trace dans ma mémoire. C’est donc qu’elles n’ont eu lieu qu’en apparence. Nos images se sont parlé mais pas nos cœurs. » Louise Thunin a parlé à des cœurs. Elle a rencontré un cœur. En tant qu’aumônier, elle a rendu régulièrement visite à un « père menteur », à un « père tortionnaire ». Mais là où chacun voyait le « monstre », elle voit l’homme. Derrière la carapace des actes. Qui rend d’emblée tout vrai regard impossible, tant ces actes-là dépassent l’entendement, en termes de tragédie. Et, dans l’homme, c’est l’humain qu’elle écoute. Patiemment. Constamment. Le battement affolé du cœur de l’humain. Battement affolé dans le noir de la détresse et de la culpabilité, de la haine de soi, et au plus profond et plus désolé et plus froid de la nuit. Une nuit qu’elle apprend, peu à peu, à scruter. Une nuit dont elle sort peu à peu cet homme, par son écoute. Même pour un temps bref. Mais la Grâce n’est jamais assignée à résidence. Elle volette, imprévisible. Et quand Elle quitte un cœur, c’est pour ne jamais vraiment le quitter, mais lui donner cette illusion du départ, pour qu’il trouve en soi la force de reconnaître qu’Elle est toujours présente en lui, pour qu’il ait la candeur de comprendre que Son feu brûle doucement sans douleur pour éclairer, quand bien même tout crie à l’intérieur. Quand bien même tout semble délaissé. Dévasté. Quand bien même
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tout se désole. Et grelotte. Et se crispe. Quand bien même la moindre issue semble bouchée. Cette écoute si particulière que module Louise Thunin est main tendue. Sans impératif. Une main tendue comme l’est la lumière dans le grand ballet du vivre immobile que font les arbres. Une main tendue comme est présente la lumière. À jamais présence. Cette main tendue que fait l’écoute, qui est celle que fait la lumière dans le branchage des arbres, si on ne la saisit pas maintenant, on pourra la saisir demain. Ce sont les mots que prononce silencieusement l’écoute de l’auteur. Qui colore de son empreinte jusqu’à la parole des larmes. Ses larmes qui sont elles aussi une façon de « recueillir l’oiseau blessé de [l]a souffrance. » Car elles se découvrent un geste de l’empathie, mot magnifique que l’allemand rend encore mieux :Einfühlung, ce que l’on ressent (fühlen)einde l’intérieur , « », comme l’écrit Jean-François Vincent. Et cette écoute, sans distraction de son cours, avec laquelle Louise Thunin finit par se confondre, au sein de laquelle le chant de son être se fond, pour resplendir, et cette écoute la bouleverse. Et nous sommes, à notre tour, bouleversés par elle. Car du bouleversement initial, auquel nous n’avons pas directement accès, est né ce très beau livre, qui en a porté la trace, dans sa chair, dans chacune de ses cellules. Et qui nous frappe de plein fouet. Ce livre nous porte. Nous emporte comme un fleuve. Il nous emporte à sa suite. Sans ménagement. Nous bouscule. Malmène nos idées reçues (et c’est en cela qu’il nous « porte » véritablement). Nous pousse, par la force du chant et de la réflexion mêlés, se reconnaissant deux courants d’un même fleuve, à déshabiller notre regard. Inlassablement. À voir au-delà des apparences. Au-delà de ce que nous croyons. De ce que nous pressentons. Au-delà des jugements hâtifs que nous posons sur les êtres et les choses. À voir l’humain. Et à y déceler, jusque dans l’obscurité la
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