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Michel Deveaux
De
C É LI NE
Histoire d’une thèse
Cet ouvrage rassemble l’histoire de ces deux médecins.
- L ’Histoire d’une thèse, est celle de Louis Destouches, de à
sa jeunesse jusqu’au début de sa carrière médicale. Elle
constitue déjà une aventure exceptionnelle. On y découvrira SE MME L WE I S
les événements ainsi que les personnages qui inspirèrent Histoire d’une œuvre
Céline dans ses premiers ouvrages littéraires.
- L’Histoire d’une œuvre, celle d’Ignace Semmelweis, consacrée
principalement à sa carrière médicale, et surtout à la
résolution qu’il apporta au problème de la fèvre puerpérale.
Elle est aussi celle de son combat mené face à la communauté
médicale bien trop longtemps résistante à ses idées.
Michel Deveaux, médecin psychiatre, auteur de
Camille Claudel. Histoire d’un internement a voulu,
par cet ouvrage, rendre hommage à ce « bienfaiteur
de l’humanité », Ignace Semmelweis, qui passa sa vie
à essayer d’imposer la technique de l’asepsie.
Illustrations de couverture : (de gauche à droite)
Collection Gibault-Destouches/Fonds
Louis-Ferdinand Céline/IMEC
Semmelweis Museum, Budapest.
ISBN : 978-2-343-06807-7 9 782343 068077
19 €
Michel Deveaux
De Céline à Semmelweis




De
CÉLINE
histoire d’une thèse
à
SEMMELWEIS
histoire d’une œuvre


Michel Deveaux








DE
CÉLINE
HISTOIRE D’UNE THÈSE
À
SEMMELWEIS
HISTOIRE D’UNE OEUVRE










L’Harmattan











DU MÊME AUTEUR

Camille Claudel à Montdevergues.
Histoire d’un internement. L’Harmattan, 2013.





















© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06807-7
EAN : 9782343068077










Remerciements.

Ce modeste ouvrage a été rédigé en hommage à ce bienfaiteur de
l’humanité, trop longtemps méconnu, que fut Ignace Semmelweis.

L’auteur remercie vivement son épouse, Evelyne, pour sa lecture
attentive, ses conseils judicieux, sa connaissance de la langue
allemande, et surtout sa présence encourageante, qui ont beaucoup
participés à la réalisation de cette étude.
Merci également à mes amis Benoit Cherrel, pour son aide à la fois
technique et artistique, à Georges et Martha Reminyi pour leur
connaissance du hongrois.

SOMMAIRE


Avant-propos 11

PREMIÈRE PARTIE
Louis-Ferdinand CÉLINE
Histoire d'une thèse


Préface 17
Chap. I. La thèse 23
Chap. II. La famille Destouches 27
Chap. III. De l’Armée à la Médecine 39
Chap. IV. Commentaires sur les écrits médicaux 63


DEUXIÈME PARTIE
Ignace, Philippe SEMMELWEIS.
Histoire d’une œuvre

Introduction 81
Chap. I. Enfance et années de jeunesse 85
eChap. II. La Médecine au XIX siècle. 93
Chap. III. La période viennoise (1841-1850) 101
- Dans le service du Pr Klein 103
- Les infections hospitalières 104
- La fièvre puerpérale 107
- Première période d’assistanat 111
- Seconde période d’assistanat 119
- La Révolution de 1848 132
- Fin de la carrière viennoise 134
Chap. IV. La carrière hongroise (1850-1865) 139
- L’Hôpital Saint-Roch 140
- Professeur à l’Université 143
- La fin de Semmelweis 154

Épilogue 159
- Situation actuelle 161
Bibliographie 165

ANNEXES.

Annexe I. Repères chronologiques 169
Annexe II. Tableaux 171
Annexe III. Ordre aux étudiants 175






AVANT PROPOS



erLe 1 mai 1924, à Paris, un étudiant en médecine présenta
une thèse consacrée à la vie et à l’œuvre d’Ignace Philippe
Semmelweis. Qu’avait donc de si particulier ce médecin
hongrois pratiquement inconnu en France ?

En 1847, le médecin obstétricien Semmelweis avait résolu le
grave problème de l’origine de la fièvre puerpérale qui avait
tenu le monde médical en échec durant des siècles. Il s’agissait
d’un état infectieux à point de départ utérin, apparaissant chez
les accouchées, source d’un fléau terrible qui ravageait tous les
hôpitaux et maternités d’Europe en tuant un nombre
considérable de femmes et d’enfants. Un mal dont on ignorait la
cause car, à cette époque, on ne connaissait pas encore
l’existence des agents responsables de cette infection, les
microbes. Ils ne seront découverts que plusieurs années plus
tard par Louis Pasteur.
Procédant à une observation attentive des cas qui se
présentaient à l’hôpital autrichien de Vienne, Semmelweis
arriva à la conclusion suivante : c’était les soignants eux-mêmes
qui lors des examens des parturientes, leur transmettaient la
maladie. C’est à partir de cette constatation qu’il proposera
dans les maternités un lavage minutieux des mains avant tout
examen ce qui constitua la première mesure d’asepsie en milieu
hospitalier.
Mais cette mesure fut très mal accueillie et même vécue par
certains comme vexatoire. L’origine hongroise de son initiateur
ainsi que son manque de diplomatie envers les mandarins
viennois, firent que ses idées furent rejetées par la communauté
11 médicale. Semmelweis finit par être renvoyé de Vienne et
termina sa vie dans la démence.

L’étudiant qui présenta d’une manière si passionnelle et fort
peu conventionnelle le combat de cet homme contre la bêtise,
se nommait Louis Destouches.
Son parcours était assez original. Jeune apprenti joailler, il
s’était engagé dans l’armée à 18 ans, devint un héros à la guerre
de 1914-1918, puis partit travailler en Afrique gérer une
plantation de cacao, revint en France où il fit des conférences
pour lutter contre la tuberculose avant de se lancer dans des
études médicales. Docteur en médecine il travaillera quatre
années à la Société des Nations avant d’ouvrir un cabinet de
médecine générale qui connut peu de succès.
Mais c’est surtout par l’écriture que ce médecin se sentira le
plus attiré. Il publiera en 1932, sous le pseudonyme de
LouisFerdinand Céline, son premier roman, « Voyage au bout de la
nuit ». Ce fut un succès et il reçut le prix Renaudot.

Il me parut intéressant de rassembler l’histoire de ces deux
médecins.
- L’Histoire d’une thèse, est celle de Louis Destouches, de sa
jeunesse jusqu’au début de sa carrière médicale. Elle constitue
déjà une aventure exceptionnelle. On y découvrira les
événements ainsi que les personnages qui inspirèrent Céline
dans ses premiers ouvrages.
- L’Histoire d’une œuvre, celle d’Ignace Semmelweis,
consacrée principalement à sa carrière médicale, et surtout à la
résolution qu’il apporta au problème de la fièvre puerpérale.
Elle est aussi celle de son combat mené face à la communauté
médicale bien trop longtemps résistante à ses idées.

Louis Destouches, lorsqu’il rédigeait sa thèse sur
Semmelweis, ne manqua certainement pas de s’identifier au
génie du médecin hongrois dont les idées ne furent jamais
acceptées par ses confrères de son vivant. Il fut au contraire
méprisé puis rejeté par la fine fleur de la médecine autrichienne
et cependant l’histoire montrera qu’il avait parfaitement raison,
seul contre tous. On imagine quelle devait être la révolte
12 intérieure du jeune Destouches devant tant d’incompréhension
et d’injustice de la part d’une profession censée apporter le
progrès en matière de santé. On comprendra l’ardeur qu’il mit à
la rédaction de cette thèse consacrée à la réhabilitation de celui
qui fut considéré comme ’’le paria du Danube’’ et qui termina
ses jours dans la démence.
Mais le jeune Destouches ne pouvait toutefois pas entrevoir
que son destin, tout comme celui de Semmelweis, allait être
également semé d’embuches. Le médecin-écrivain deviendra
lui aussi un paria. Un antisémitisme délirant et une
complaisance à l’égard des occupants allemands durant la
seconde guerre mondiale, conduisirent à établir un mandat
d’arrêt contre lui sous l’inculpation de trahison. Contraint à
l’exil, poursuivi, emprisonné, il échappera de peu à la peine de
mort, et finira sa vie de façon assez lamentable tout en restant
persuadé de son génie et de la justesse de ses idées. Jusqu’à la
fin de sa vie il se présentera comme un ardent pacifiste
persécuté victime de l’incompréhension de ses contemporains.







13



PREMIÈRE PARTIE


LOUIS-FERDINAND. CÉLINE




















HISTOIRE D’UNE THÈSE










PRÉFACE



LE JOUR
OÙ J’AI RENCONTRÉ CÉLINE…


C’était en juin (ou en juillet ?) 1959.
Je venais d’être affecté à la Base Aérienne de Compiègne,
une drôle de base où il n’y avait pas d’avions…Les bâtiments
avaient, durant la dernière guerre, servi de transit pour les
déportés en destination de l’Allemagne. J’arrivais de Caen, du
centre de formation des officiers de Réserve de l’Armée de
l’Air. J’y avais rencontré des copains qui portaient des noms
célèbres comme Joxe, François-Poncet, de Clermont-Tonnerre,
tous plus âgés que moi, qui avais vingt ans et rêvais de devenir
pilote de chasse. C’était la guerre en Algérie. C’est peut-être
pour ça que j’ai été recruté. Mais voilà, vu mon caractère
indiscipliné l’armée n’a pas voulu de moi…on m’a viré…En
punition on m’avait donc affecté à cette caserne…Sergent
instructeur qu’on m’avait mis…Là encore j’ai pas donné
satisfaction. Alors on m’a placé comme auxiliaire du
vaguemestre, un adjudant aussi débile que vicelard… Quand
même une vraie planque…
Comme sous-off, je partageais une chambre avec une bande
de copains. Il y avait là Collet, un intellectuel qui écrira plus
tard un bel ouvrage sur Jean-Luc Godard. Chollet, un
17