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Témoignage d'une petite fille rwandaise

De
162 pages
Une petite fille vit tranquillement avec sa grand-mère dans un village du Rwanda, lorsqu'un jour de 1994 se répand dans le pays la nouvelle de la mort du Président. Tout bascule. Les horreurs s'accumulent. Il n'y a pas moyen de résister à la folie des hommes. Il faut fuir cette violence généralisée. La petite fille et sa grand-mère suivent la colonne des gens effrayés qui s'écoule vers le Zaïre. Mais il va falloir traverser le pays, sous la menace des tueurs de l'armée rwandaise et des rebelles zaïrois, bien décidés à éliminer deux millions de réfugiés.
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Marie-Chantal Nyiraneza
Gérard NetterUne petite fille vit tranquillement avec sa
grandmère dans un village du Rwanda, lorsqu’un jour de
1994 se répand dans le pays la nouvelle de la mort du
Président. Tout bascule. Les horreurs s’accumulent. Il
n’y a pas moyen de résister à la folie des hommes. Il
faut fuir cette violence généralisée. La petite fille et
sa grand-mère suivent la colonne des gens effrayés
qui s’écoule vers le Zaïre.
On ne se doute pas alors qu’il va falloir traverser Témoignage le pays d’est en ouest, à pied, pendant deux-mille
kilomètres, sous la menace des tueurs de l’armée
rwandaise et des rebelles zaïrois, bien décidés d’une petite ille
à éliminer deux millions de réfugiés, considérés
indifféremment comme «  génocidaires  », en les
poursuivant partout, dans les camps de réfugiés, rwandaise
dans la forêt, sur les routes, dans les villages.
De l’exode à l’exil
Marie-Chantal Nyiraneza est cette petite Rwandaise à
l’enfance et à l’adolescence volées. Elle a aujourd’hui une
trentaine d’années, est mariée, mère de trois enfants et vit
en Ile-de-France. Elle exerce la profession d’aide
médicopsychologique auprès des personnes en situation de
handicap. C’est un métier qui la passionne.
Gérard Netter est docteur en Sciences de l’Education,
en psychologie clinique, écrivain. Il a été instituteur,
Maître E, formateur associé à l’IUFM de Paris, enseignant
référent auprès des élèves en situation de handicap.
Illustration de couverture :
© JfJacobsz - Thinkstock
ISBN : 978-2-343-11326-5
9 782343 113265
17 €
Rue des Écoles / Récits
Marie-Chantal Nyiraneza
Témoignage d’une petite ille rwandaise
Gérard Netter
Rue des Écoles / RécitsRue des Écoles

Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux
personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique,
politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction
(romans) et des textes autobiographiques.


Déjà parus
Gaillet (Lydia), En sursis, roman, 2017.
Lallement (Anne-Marie), Une vie travelling, récit, 2017.
Caudron (Hervé), Aux portes de l’oubli, roman, 2017.
Mothes (Patrick), Lieu-dit « Beau-soleil », roman, 2017.
Solvas (Éric), C’est là-bas qu’il faut aller, récit, 2017.
Laclaverie (Marie-Thé), À la septantaine, je te raconte…, récit, 2017.
Cerf-Verny (Catherine), Les ailes de Nathan, roman, 2017.
Jolly (Raymond), Le roi des pêcheurs, récit, 2017.
Benoit (Jean-Louis Gabriel), Rue des rêves, roman, 2017.
Robin (Jean-Paul), Lettres mortes, récit, 2017.
Delécraz (Guy), L’aventure commence à treize ans, récit, 2017.
Harquel (François), La diva ravie, roman, 2017.



Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr





TÉMOIGNAGE D’UNE PETITE FILLE RWANDAISE



















































© L’Harmattan, 2017

5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-11326-5
EAN : 9782343113265 Marie-Chantal Nyiraneza
Gérard Netter





Témoignage d’une petite
fille rwandaise



De l’exode à l’exil






















Du même auteur
Le trouble de l’enseignant face à l’échec scolaire d’un
enfant adopté, Paris, L’Harmattan, 2005.
Dialogue entre elle et lui, Paris, Jets d’encre, 2011.
Le secret de Samuel Liberman, Paris, Complicités, 2014.
Gaston Frappadingue de Foutraque, Paris, Edilivre, 2016.
Ouvrages collectifs
Sous la direction de Jean-Sébastien Morvan :
Espaces éducatifs et thérapeutiques, Paris, Fabert, 2007.
Le sujet handicapé. Evocation du lien psychique et social,
Paris, L’Harmattan, 2013. Remerciements
A mon mari Arsène, pour son amour, sa compréhension et
son écoute,
A mes enfants pour le bonheur et la joie qu’ils me procurent
au quotidien,
A ma grand-mère pour tout ce que les mots ne peuvent
exprimer,
A mon oncle Etienne, qui a tout fait pour me sortir de
l’enfer,
A sa femme, Cécile, pour avoir été la première à tenter de
me reconstruire,
A ma professeure, Mme B., qui a su m’accueillir dans sa
classe et être plus, pour moi, qu’un simple professeur…
A Mme G. pour son écoute, sa gentillesse, son absence de
jugement à mon égard.
A Gérard pour son aide dans l’écriture de ce livre.
Marie-Chantal Nyiraneza
7 Sommaire
Préface .............................................................................. 11
Le Rwanda avec Grand-Mère .......................................... 15
Le jour où tout a basculé ............. 29
Grand-Mère décide que nous devons partir ..................... 37
Le camp de Kashusha ...................................................... 41
L’attaque du camp et la fuite dans la forêt ....................... 49
Arrivée dans un autre camp ............................................. 53
Nouvelle attaque, nouvelle fuite ...................................... 55
Le camp de Tingui-Tingui ............................................... 59
Tingui-Tingui : le camp du malheur ................................ 63
Grand-Mère disparaît ....................................................... 67
Dans la forêt vierge ................ 71
Le camp de Loukoléla, au Congo-Brazzaville ................. 79
Des nouvelles de Grand-Mère ......................................... 85
Tante Isabelle et son nouveau mari .................................. 89
Isabelle et son mari partent à Pokola ............................... 95
En route vers Pokola ........................................................ 99
En route vers Yaoundé ................................................... 103
La vie reprend à Yaoundé .............................................. 107
On part en France ........................................................... 119
L’arrivée en France et la difficile reconstruction ........... 123

9 Je vais au collège dans une classe pour élèves
non francophones ........................................................... 127
Je rencontre mon mari et je deviens une maman ........... 131
Je retrouve Grand-Mère au Mozambique ...................... 135
L’émission de télévision ................................................ 145
Pourquoi je voulais écrire ce livre ................................. 149
Bibliographie .................................................................. 155
10 Préface
Marie-Chantal est âgée aujourd’hui d’une trentaine
d’années. Mariée, mère de trois enfants, elle exerce avec
passion la profession d’aide médico-psychologique auprès
des personnes en situation de handicap.
Je l’ai rencontrée en février 2016 sur le plateau de
1télévision de l’émission « Toute une histoire » . Elle rendait
hommage à sa professeure, Mme B., qui l’avait accueillie
seize ans plus tôt, à son arrivée en France, dans une classe
pour élèves non francophones.
A cette époque, elle revenait de l’enfer, une enfance et
une adolescence volées ; de 1994 à 2000, c’est-à-dire pour
elle de 9 à 15 ans, elle avait vécu le génocide et l’exode des
réfugiés au Zaïre. Pour la première fois depuis si longtemps,
en arrivant dans la classe de Mme B., elle s’était sentie
écoutée, respectée. Quelque chose en elle avait pu s’apaiser.
Un peu plus tard, devenue adulte, elle avait tenté, en
vain, de la retrouver. Elle lui avait écrit au collège, mais
n’avait reçu aucune réponse. Mme B. avait pris sa retraite.
Elle n’avait pas laissé d’adresse.
Marie-Chantal participait à l’émission avec l’intention
de lancer un message comme on jette une bouteille à la
mer : « Si elle écoute, si elle regarde, je veux qu’elle sache
à quel point elle m’a aidée à me reconstruire. Je veux
qu’elle voie l’adulte que je suis devenue un peu grâce à
elle… je veux la remercier… ».

1 Emission diffusée le 16/02/2016, intitulée : « Stéphanie, elle n’a
jamais oublié son instituteur… / Marie-Chantal, sa prof lui a sauvé la
vie »
11 Et puis, peut-être, aurait-elle voulu lui dire ce qu’elle ne
pouvait pas raconter à l’époque et ce qu’elle évoquait là, à
la télévision, devant les téléspectateurs.
Son cauchemar avait duré cinq ans ! A neuf ans elle avait
vu des horreurs. Orpheline, elle avait dû fuir son pays, le
Rwanda, à cause de la guerre, avec sa grand-mère, âgée
alors de quatre-vingts ans. Elles avaient traversé le Zaïre à
pied, poursuivies comme tous les réfugiés par les tueurs du
2FPR et de l’armée rebelle zaïroise. Si les camps de réfugiés
3du HCR permettaient de souffler un peu, ils étaient
régulièrement attaqués, bombardés obligeant à s’enfuir à
travers la forêt jusqu’au prochain camp. Marie-Chantal
avait connu la faim, la soif, les maladies. Elle s’était
retrouvée un jour seule dans la forêt. Sa grand-mère avait
disparu. Il avait fallu continuer la route sans elle jusqu’au
Congo-Brazzaville.
Ce jour de février 2016, Marie-Chantal s’exprimait sur
le plateau de télévision. Elle ignorait la présence Mme B.
dans les coulisses. Celle-ci écoutait. Quand elle est arrivée
sur le plateau, l’émotion était à son comble. Parler pour les
téléspectateurs n’était pas évident.
« Quand je l’ai connue, Marie-Chantal était une jeune
fille timide, attentive à tout. Oui, je me souviens, elle
m’accompagnait dans la cour lorsque j’allais dans la salle
des professeurs, pendant l’interclasse. Je savais qu’elle était
2 FPR : Le Front Patriotique Rwandais est le parti politique qui a pris le
pouvoir à Kigali, après le génocide de 1994, et dont l’armée, selon
l’ONU, a commis de nombreuses exactions contre les populations
rwandaises pendant la guerre civile qui débuta en 1990, lorsqu'il prit le
contrôle du pays en juillet 1994, puis au cours des années qui suivirent,
en traquant les réfugiés au Zaïre.
3 Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR
ou HCR dans l'espace francophone), basé à Genève, est un programme
de l'ONU. Il a pour but originel de protéger les réfugiés, de trouver une
solution durable à leurs problèmes et de veiller à l'application de la
Convention de Genève avec les réfugiés (1951).
12 orpheline. Je voyais bien qu’elle avait besoin de parler, que
sa vie ne devait pas être bien rose. Mais je ne me doutais
pas qu’elle avait connu tout ça. »
Peu après l’émission, Marie-Chantal m’a contacté :
« J’ai vu que vous écriviez des livres. Pourriez-vous
m’aider à écrire mon histoire ? Il faudra que j’en parle un
jour à mes enfants. Je ne sais pas comment leur en parler.
J’aimerais laisser une trace de ce que j’ai enduré, de ce que
j’ai vécu ».
Son histoire terrible m’avait ému. Je n’ai pas hésité.
Nous nous sommes revus. Marie-Chantal enregistrait des
bribes de récits et me les envoyait par internet. Parfois elle
m’envoyait des fragments écrits. J’écoutais, je lisais et je
transcrivais.
C’est ainsi que nous avons pu mettre en forme son récit.
Ce texte restitue, à travers les yeux d’une petite fille de
9 à 15 ans, les évènements tragiques survenus au Rwanda
4en 1994, le génocide des Tutsis , la prise du pouvoir par le
FPR, et l’exode qui s’ensuivit pour une bonne partie de la
population, la traversée du Zaïre, à pied, d’est en ouest
pendant deux mille kilomètres, sous la menace des tueurs
des armées rwandaises et des rebelles zaïrois, en échappant
à la maladie, à la faim, à la soif, jusqu’au
CongoBrazzaville, avant l’échappée vers Yaoundé et, enfin,
l’arrivée en France, avec la difficile réadaptation à la vie
ordinaire.
Je connaissais l’effroyable génocide subi par les Tutsis,
mais j’étais totalement ignorant de la continuation de la
guerre à l’extérieur du Rwanda, notamment au Zaïre, et de
la volonté du nouveau pouvoir en place à Kigali d’éliminer
plus de deux millions de réfugiés, Hutus, mais pas
seulement, considérés indifféremment comme

4 Ce que nous avons l’habitude d’appeler génocide des Tutsis ne doit
pas occulter les assassinats dont furent victimes, dans le même
mouvement, les Hutus soupçonnés de sympathie envers les Tutsis.
13 « génocidaires », en les poursuivant partout : dans les
camps du HCR, dans la forêt, sur les routes, dans les
villages, sur tout le territoire d’un pays, lui-même aux prises
5avec une guerre civile , avec la volonté de massacrer, de
terroriser, d’éradiquer.
Avec son émouvant témoignage, Marie-Chantal a ouvert
la voie à une quête historique, obligeant à une nouvelle
compréhension de la tragédie. J’ai pu accéder à des
6documents élaborés par des organismes internationaux ou
7des associations humanitaires et à de nombreux
témoignages. Le génocide de 1994 ne pouvait occulter, ni
justifier, la traque et l’acharnement meurtrier contre une
population civile (femmes, enfants, vieillards) réfugiée au
Zaïre.
Mais ce qui frappe surtout dans le récit de
MarieChantal, c’est la capacité de résilience. Devant cette
tragédie qui emporte tout sur son passage, elle résiste,
entretient l’espérance et nous permet, malgré la bêtise et la
cruauté des hommes, de croire encore et d’aimer la part
d’humanité enfouie en nous.
Gérard Netter
5 L’aide militaire apportée par Kigali à la rébellion zaïroise permit à
l’armée rwandaise d’intervenir directement et de bénéficier de l’appui
de l’armée rebelle pour faire la chasse aux réfugiés
6 L’Onu, Amnesty International, Human Rights Watch, Physicians for
Human Rights
7 Médecins sans frontières
14 Le Rwanda avec Grand-Mère
Je suis née au Rwanda dans le petit village de Nyange,
qui dépend de la préfecture de Kibuye.
Le Rwanda, surnommé « le pays des mille collines », est
un pays d'Afrique centrale de la région des Grands lacs. Il
partage des frontières avec l'Ouganda au nord, la Tanzanie
à l'est, le Burundi au sud et à l'ouest, la République
démocratique du Congo. Sa capitale, Kigali, est située au
centre du pays.
J'ai été confiée très vite par ma mère à la garde de ma
grand-mère. Je vous dirai plus loin pourquoi. Cette
grandmère, Anita, était la personne la plus généreuse, la plus
gentille que je n'aie jamais connue. Elle était respectée par
tous, au village.
Pour donner un exemple de ce respect, il me revient un
souvenir. Je devais avoir neuf ans. Ma tante m’avait chargé
d’aller porter à ma grand-mère une enveloppe avec de
l’argent. Le trajet était assez long et il faisait chaud. En
chemin je me suis arrêtée à une source pour boire un peu
d’eau fraîche. J’avais mis l’enveloppe entre mes jambes
pour boire et pour me rafraîchir en me mouillant les mains
et le visage. Et puis j’ai continué mon chemin. Au bout d’un
moment, je me suis aperçue que je n’avais plus l’enveloppe.
Elle avait dû glisser de mes genoux au moment où je
m’étais penchée pour boire. Je suis retournée sur mes pas
en courant vers l’endroit où je m’étais arrêtée. Il y avait
toujours beaucoup de monde autour de ce point d’eau. Je
demandai si quelqu’un n’avait pas trouvé une enveloppe.
Un homme l’avait ramassée au vu et au su de tous, mais
chacun répondit qu’il ne l’avait pas vue, jusqu’à ce qu’une
femme me demande :
— Tu ne serais pas la petite-fille d’Anita, toi ?
15

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