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Une jeunesse perdue dans un abattoir d'hommes

De
208 pages
Dans la nuit du 6 au 7 avril 1994 commençait, au Rwanda, le dernier génocide du XXè siècle et le plus rapide de l'histoire qui, en une centaine de jours, a emporté plus d'un million de vies. Cédric Ngoga attendait son tour parmi une foule de Tutsis en train de se faire tuer par les génocidaires lorsqu'il vit ses assassins se sauver. A 16 ans, il rejoint alors l'armée rebelle qui venait de lui sauver la vie... Dix ans après, désormais installé en Belgique, il décide alors de s'asseoir et d'écrire son histoire.
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Une jeunesse perdue dans un abattoir d'hommes

Ephrem INGANJI

Une jeunesse perdue

dans un abattoir d'hommes

L'Harmattan

@L.Harmattan. 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-06864-3 EAN : 9782296068643

A tats

les rni£nl; perdus là tus, A tœs les rescapés de œ gfmide,

A tats œux; qui ont souffert pour œ qu'ils étaimt, A œux; qui souffimt errore pour œ qu'ils sont,
sans patrtant awir choisi de l~. ..

Et puis,
Paro: qu'il y Paro: qu'il y Paro: qu'il y A rmnamie a des rencontres qui ne s 'adiient jarrnis, a des regzrds qui chafWll toot d'une 'lie, a des larrm qui diluent la douleur: Paméla Malempré, sans qui œ lim ne

serait jarrnis écrit.

Pourquoi

ce livre?

Cest devenu le principal sujet de désaccord entre le Rwanda, petit pays pauvre d' Mrique centrale, et la France, l'une des grandes puissances mondiales; les autorités onusiennes, américaines et belges ont pris leur temps pour demander pardon aux concernés; la communauté internationale s'est cotisée pour créer un tribunal international rien que pour ça ; beaucoup de pays comme la Belgique, la Suisse et le Canada ont déboursé des millions pour juger les présumés coupables séjournant sur leur territoire... mais que s'est-il donc passé au Rwanda en 1994 ? Cest presque en train de devenir un genre cinématographique: en l'espace de trois ans, six films de fiction ont été réalisés pour le grand écran avec, comme sujet central, le génocide des Tutsis au Rwanda. Et d'autres projets sont en cours ou annoncés. Il faut ajouter à cela des dizaines de documentaires, des centaines de livres et autres écrits déjà publiés dont certains usent de la désinformation et nient l'existence de ce crime contre l'humanité. Pourtant, malgré cette abondance, tout est toujours loin d'avoir été dit, et toute la réalité loin d'avoir été entièrement révélée. J'étais encore jeune lorsque j'ai compris que l'homme tend à agir par intérêt avant toutes autres considérations. Je sais aussi qu'aujourd'hui l'intérêt du monde extérieur pour le Rwanda est minime. Pire encore, les préoccupations sociopolitiques des Rwandais eux-mêmes s'opposent selon les cas : -Il y a ce million d'innocents tués qui méritent de ne pas être oubliés. -Il ya presque autant, si non plus, de présumés coupables qui préféreraient que cela soit oublié. -Il Y a des rescapés qui ont parfois trop souffert et sont profondément affectés par ce qu'ils ont vécu et par le fait d'avoir assisté à l'assassinat des leurs.

-Il ya ceux qui n'ont pas participé au génocide mais qui sont gênés par le fait d'avoir un proche qui s'y est trop impliqué et qui se sentent parfois mal aimés par ceux qui ont perdu les leurs.

-Il Y a ces autres Rwandais que j'appellerais indirectement concernés, puisque ayant été chassés du pays depuis les années 1959, ils ne sont rentrés de l'exil qu'après le génocide. -Il y a la communauté internationale qui se sent mal à l'aise suite à son attitude d'abandon d'un peuple voué à l'extermination. -Il yale gouvernement actuel au Rwanda qui, en plus d'autres intérêts, doit préserver l'unité du peuple rwandais, ce qui n'est pas gagné d'avance vu que le bourreau doit parfois cohabiter avec ses
victimes. . .

En bref, on subit le désordre causé par cette union peu harmonieuse d'idées et de points de vue. Et rares sont ceux qui s'écartent de ces différentes positions en racontant notre histoire. J'étais là. J'étais jeune mais j'ai vu et entendu. J'ai vécu cette barbarie humaine que l'on appelle le «génocide », qui a emporté pas mal de membres de ma famille, de collègues de classe, de connaissances et d'amis. J'ai trop souffert dans cette partie de ma vie. J'ai tellement souffert que je me crois en droit de dire que j'ai assez vu, parce que j'ai tout vu. J'ai vu la mort en face plus d'une fois, et m&me si je suis encore en vie, le mot bonheur ne fait que rarement partie de mon vocabulaire. Pour dire vrai, la mort n'a fait que rôder autour de mo~ m'infligeant les spectacles horribles de ses exploits, et faisant de ma vie un calvaire épouvantable. J'ai vu des humains tuer d'autres humains comme des b&tes sauvages. J'ai vu des hommes couper les thes des enfants et des femmes comme des poulets atteints d'une épizootie. J'ai vu, vécu et survécu à ce génocide dont tout le monde a maintenant peur de nommer les victimes, les Tutsis, se contentant de parler du «génocide rwandais» ! Révolté par tant d'injustice, choqué par les visions et les cris que j'endurais malgré moi, je suis passé dans les rangs du FPRl, le mouvement rebelle qui combattait le gouvernement des extrémistes génocidaires, et qui venait de me sauver la vie in extremis. Ses opérations ont fini par mettre un terme au génocide, enfin. J'ai alors pu sillonner presque tout le pays. ., comme pour mieux voir. J'ai vu des milliers de cadavres joncher les rues et les sentiers du Rwanda. J'ai vu les chiens et les rats dévorer la chair humaine. J'ai vu les cadavres se décomposer à ciel ouvert. J'ai vu la mort avec son plus
1 Front Patriotique Rwandais.

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laid visage, sous fonne humaine. J'ai vu l'horreur sans nom. Elle s'est enfouie en moi. Elle s'est collée à ma peau. Elle m'a asphyxié. Elle a coulé dans mes veines. Elle a noyé mon esprit et mon corps, comme un oiseau dans du pétrole. J'en ai tellement souffert que d'avril à décembre 1994, j'ai quasi perdu l'usage de la parole. Mon principal moyen d'expression est alors progressivement devenu l'écriture, principalement, la poésie. Au départ, c'était uniquement pour me soulager. Je me sentais plus calme après avoir mis sur papier ce qui me rongeait le cœur. Mais, au fil du temps, j'ai ressenti un sentiment de révolte s'éveiller en moi. Il a grandi rapidement, comme un gosse qui mange ses croûtes... Et puis, il a fait ses recommandations: je veux que le monde découvre notre histoire à nous, rescapés du génocide. L'humanité a été injuste envers nous, Tutsis. Nous devons en avertir les autres. Uœ injustiœfaire à un seul est uœ nwaœ faire à tais (C1Jâœaubriand). Tous les survivants partagent aujourd'hui le même sort: ils se battent pour vivre -ou survivre- dans la dignité, si épuisant que soit ce combat. Nous sommes confrontés à la position stagnante des génocidaires en liberté et au courant négationniste qui soutient leur cause, ou pire, rend leurs crimes légitimes. Ces idées fausses parcourent le monde et sont pour nous et pour le reste de l'humanité une véritable menace. Voilà pourquoi j'ai décidé de m'exprimer autrement qu'à travers la poésie, et dans un autre idiome que ma langue maternelle, afin d'atteindre un public beaucoup plus étendu. J'ai décidé d'écrire pour raconter au monde ce à quoi j'ai assisté, à mes dépends. Ce que NOUS avons vécu. Je le fais dans l'espoir que cela serve de leçon aux générations futures. Afin que plus jamais personne n'endure ce que nous avons dû subir, uniquement à cause de son identité. J'ai réalisé que cette lutte n'est pas, pour nous rescapés, qu'un droit mais aussi un devoir. Que loin de nous être un choix, cela est une sorte d'obligation, la seule raison étant que la vie en a décidé arnst. . .. et quoi de mieux qu'une fiction pour raconter l'indicible?...

PS: Les 100 chapitres symbolisent les 100 jours qu'a duré ce génocide.

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PARTIE I AINSI DEBUTE L'HISTOIRE

J'aurais tout fait pour être ailleurs Mais malgré moi j'étais bien là A regarder les chiens et les rats Qui dévoraient la chair Des êtres qui m'étaient chers... Me voici condamné à raconter aux autres, A ces autres dont certains Auraient bien pu m'éviter Ce supplice si pesant De trouver des mots à mettre Sur l'innommable qu'est cette hotTeur !

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Il est presque 10h00 à Liège lorsque le jeune artiste entre dans les locaux des Territoiresde !a M énvire. C est devenu une petite habitude depuis quatre jours: il commence par saluer la jolie brune de l'accueil et lui demande si aucun des éventuels visiteurs de l'exposition de ses toiles n'est reparti avec une question sans réponse. Cest, en réalité,
une façon comme une autre d'engager la conversation

- chaque

tableau est accompagné d'un texte explicatif assez précis. Une tasse de café dans une main, l'autre y tournant soigneusement une petite cuillère en plastique blanc, il se dirige vers la salle où sont exposés, à côté des images représentatives du génocide des Tutsis, différents autres objets: vêtements, cartes d'identité, chaussures, lunettes... Toutes sortes de biens personnels qui n'appartiennent maintenant plus à personne. Il dépose la boisson encore trop chaude sur la table et fait un tour complet de la salle. Peut-être quelque chose a-t-il changé, d'hier à aujourd'hui, dans ce décor. Il s'arrête devant le livre d'or destiné aux messages des visiteurs. Ils sont pour la plupart émus par la triste réalité que dégagent ces œuvres d'art et par l'atrocité avec laquelle plus d'un million de gens furent massacrés, d'avril à juillet 1994, en un peu moins de cent jours, hommes, femmes et enfants. . . En feuilletant le livre, il reste captivé par un paragraphe. Au départ, c'est la forme qui l'attire: une belle écriture d'une innocence juvénile. Probablement l'œuvre d'une femme, déduit-t-il. Et tout en lisant le message, il se sent l'envie de verser une lanne. Seulement, il ne pleure plus. De tout ce qui touche sa sensibilité, rien ne peut se mesurer à ce qu'il a déjà vécu. Il referme le livre en réalisant que depuis lors, il n'a plus eu l'occasion de pleurer une seule fois. Et puis, dit-on au Rwanda, « les !arms d'un homrœ mdent W'5 l'intérieur» ! Cédric doit être une véritable cuve. Sans savoir vraiment pourquoi, il eut envie de connaître l'auteur de ce message. L'odeur du café lui fait abandonner ses réflexions vaines. De toute façon, il est impossible de le retrouver, alors. . .

Des questions sans réponses, il en a des milliers. Il n'aura aucun mal à oublier celle-là. Du bout des lèvres, il estime la température du liquide noir surmonté d'une mare luisante. Le filet de vapeur qui s'en échappe est troublé par la respiration du go-ttteur. Il n'y a plus de danger. Alors, il en avale une gorgée puis redépose la tasse sur le cercle mouillé dessiné sur la table à l'endroit même où il l'a prise. Il se plonge sans conviction dans la lecture du roman qu'il a commencé la veille. Cest ainsi qu'il occupe ses journées, toujours à disposition des visiteurs, . ~ _L' pret a reponure a 1 eurs questions. " Trente minutes plus tard, un groupe de six personnes quitte le bâtiment en saluant l'hôtesse à l'accueil. Celle ci les interpelle: - Si vous voulez, l'auteur des tableaux exposés dans la salle que vous avez visitée tout à l'heure vient d'arriver... Au cas où vous auriez des questions à lui poser. . . En effet, ce groupe avait jeté un œil sur ces tableaux, quelques minutes avant de continuer leur visite sur un parcours qui raconte l'exportation des Juifs et autres victimes du nazisme durant la seconde guerre mondiale. Cest un véritable musée vivant, avec des images à l'appui et une voix qui accompagne le visiteur dans un décor quasi identique à la réalité de l'époque. Revenons à nos moutons! L'annonce de la demoiselle est prise comme une bonne nouvelle. Attendaient-ils Cédric tout à l'heure? Ils font demi-tour et se dirigent vers l'artiste. Deux garçons, trois filles et une femme plus âgée. Probablement des élèves en compagnie de leur professeur. En les voyant arriver, il s'est levé pour leur témoigner poliment de sa disponibilité. Son livre ne le passionne de toute façon pas, il en choisira un autre en rentrant. Après avoir posé un regard insistant sur chaque membre du groupe, une façon à lui de se faire une idée du genre de personnes à qui il a à faire, il les salue et les met à l'aise en leur offrant un joli SOurire. Pourtant, les jeunes ont l'air surpris. Ils s'attendaient probablement à voir une autre personne que ce jeune garçon, si charmant et si calme, au milieu de ces objets qui rappellent l'horreur vécue par son peuple. Après quelques questions auxquelles Cédric répond clairement, le groupe reste perplexe. Ils sont ébahis d'avoir devant eux un homme qui a assisté à tant de choses et qui les raconte avec cette apparente sérénité. Peu de gens savent relater des faits aussi poignants après les avoir vécus. Et il lui arrive même de sourire! Pourtant, le décor qui

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les entoure crée une ambiance macabre. Les peintures engendrent, sans avoir besoin d'écrire ou de dire un seul mot, un respect fait d'abord de pitié, puis de compassion, ensuite de révolte et enfin, pour certains de culpabilité. Le public est entraîné au cœur des moments de supplices d'un peuple abandonné par le monde. Ils n'étaient accusés d'aucune faute, d'aucun crime, si ce n'est celui d'être Tutsis. - 0>mment peut-on garder le sourire et continuer à vivre après avoir tant souffert ? 0>mment répondre à cette question? Elle est posée par une jeune fille d'une beauté assez remarquable, au milieu du groupe. Le jeune artiste tente de ne pas la décevoir : -Pour être franc, je dois vous avouer que l'on ne vit pas vraiment. La demoiselle a un sourire gêné. S'en voudrait-elle de vivre, elle, de connaître le bonheur? Cédric poursuit: - Après avoir tant côtoyé la mort, à la voir si proche de nous, on finit par croire qu'on ne peut rien faire d'autre que l'attendre. 0>mme si chaque respiration, chaque seconde était un cadeau, un don de la vie ou un sursis accordé par la mort. .. Elle était presque palpable, on pouvait l'entendre, la sentir... Alors on attendait qu'elle se décide... Seulement voilà, dix ans après, on est toujours là ! Personnellement, il n'y a pas longtemps que je me suis rendu compte qu'on existe malgré tout. J'ai moi-même décidé de vivre, de ne pas me contenter d'exister. Cest pour beaucoup un devoir, car nous, les rescapés, nous devons être là comme témoins vivants de l'existence du génocide, de l'existence de ceux qui sont partis, aussi. Et puis nous sommes comme un encouragement pour ceux qui restent mais qui ont perdu leurs capacités tant physiques que psychiques. Et enfin vivre comme des messagers, pour avertir les autres que s'ils ne restent pas vigilants ce qui nous est arrivé peut se reproduire n'importe où, que personne n'est à l'abri. Dans cette tranche de vie présente qui nous a été ajoutée, puisque la vie s'est arrêtée pour nous en 1994, nous avons finalement beaucoup plus de raisons de vivre que l'on ne puisse se l'imaginer. Et croyez-moi, s'il faut vivre, mieux vaut le faire avec un sourire aux lèvres qu'avec un visage crispé. Ce qui nous est difficile mais pas impossible. En disant ces mots, Cédric ne se rend pas compte qu'il sourit, que son visage s'illumine. Les autres, attentifs, l'ont remarqué. Il poursuit: - Si les assassins ont voulu détruire tout ce qui nous appartenait, ce à quoi ils sont presque arrivés, il y a une partie qu'ils n'ont pas

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réussi à anéantir complètement: nos cœurs, même blessés, continuent à battre malgré tout. Cest gclce à ça, je crois, que s'affiche encore de temps en temps un sourire sur les lèvres de gens comme mOl. - Cela fait donc dix ans ! poursuit un des garçons du groupe. Vous devez alors préparer quelque chose de conséquent pour ce dixième anniversaire? Un peu surpris par cette question, probablement du fait qu'il s'attend toujours à une question de la même trempe que celle qui la précède, Cédric Ngoga met du temps avant de répondre : - Dommage que la langue n'ait pas trouvé un autre mot moins festif pour remplacer « anniversaire» dans ce genre de circonstances! Tout le monde sourit à cette remarque et une douce complicité s'installe entre le groupe et l'artiste. - En effet, beaucoup de choses sont prévues durant trois mois, à partir du 7 avril, date officielle du début du génocide. Au Rwanda et même ici en Belgique comme partout dans le monde, là où les gens arrivent à avoir le courage de nous écouter, beaucoup d'activités de commémoration sont organisées. Cest dans ce cadre qu'ici à Liège cette exposition sera clôturée par une journée commémorative ce samedi. Si vous avez du temps, vous pouvez venir nous soutenir. . . - Savez-vous s'il yale témoignage d'un rescapé au programme de ce samedi? demande la jolie fille aux cheveux dorés coupés courts, particulièrement intéressée. - Il yen aura un. Vous voulez venir ? - Oui mais je ne sais pas si je vais pouvoir tenir le coup ! Vous
serez là vous ? - Bien sûr que je serai là !

- Alors, moi aussi je serai là. Le jeune homme, sans comprendre pourquoi sa présence semble être une condition pour la venue de la jeune fille, est touché par le fait d'avoir trouvé un public particulièrement attentif à son histoire. Alors qu'ils s'apprêtent déjà à partir, il veut les retenir un peu plus : - J'ai oublié de vous dire qu'il ya un livre prévu pour que ceux qui

à nous dire puissent l'écrire dedans ! - Moi j'ai déjà écrit dedans ce matin, répond celle qui est déjà sa petite préférée. Allez, on se voit samedi! tennine-t-elle par lui dire tout en rejoignant le reste du groupe qui est déjà en train de franchir la porte. Cédric les accompagne du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent au coin de la me. Il retourne vers le livre d'or pour réexaminer les
ont quelque chose

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