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Avec Foucault Après Foucault
Disséquer la société de contrôle

Olivier Razac

Avec

Foucault

Après Foucault
Disséquer la société de contrôle

Avant-propos d'Alain Brossat

L'Hartna ttan

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05630-5 EAN : 9782296056305

Avant-propos
En bon « foucaldien » qu'il est, Olivier Razac est fasciné par les dispositifs de pouvoir, dans leur dimension la plus pratique, la plus technique. Bien avant de s'interroger sur les bonnes ou mauvaises finalités politiques ou morales de tel ou tel appareil de pouvoir moderne, il a la passion de comprendre deux choses: comment « ça marche» d'une part et en quoi cela discontinue d'avec d'autres machines ou agencements destinés à gouverner le vivant. Les «pourquoi », selon cette démarche, cèdent le pas aux « co1n1i1ent ». Ce qui intéresse l'auteur des études sur le barbelé, sur le zoo qui ont attiré l'attention sur lui, c'est l'économie des dispositifs de pouvoir, l'agencement singulier de chacun d'entre eux, leurs principes propres d'efficience, les régimes d'énoncés qui les soutiennent, les outils techniques et les acteurs spécifiques qu'ils mobilisent, les besoins stratégiques dont ils émanent - bref, tout ce qui défmit l'emplacement et les propriétés de chacun d'entre eux dans ce vaste archipel qu'est « le » pouvoir moderne. A partir de ces prémisses, Razac s'interroge sur les conditions de la gouvernementalité contemporaine. Creusant l'écart produit par Foucault (mais Deleuze aussi) avec une approche institutionnelle des questions politiques reconduites aux logiques étatiques, aux questions de légitimité, aux conditions de citoyenneté, aux normes démocratiques, il pose ce principe: « Gouverner une population, c'est agir sur toutes les variables qui guident son comportement général ». Comment, en pratique, s'élabore, se met en place, fonctionne cette « action sur les variables» ? Le propre de la démarche de notre chercheur, son originalité exigeante, est ici de ne pas se contenter de se mettre à couvert des concepts mis en avant par Foucault ou Deleuze (<< dispositifs de sécurité », « société de contrôle ».. .). Il est bien de tenter de saisir d'un même

regard et les traits constants et le redéploiement inventif des machines de pouvoir contemporaines. On détecte une sorte de passion du concret, de l'efficient, de l'actuel dans cette recherche, une passion qui en rappelle une autre: celle que Foucault, inlassable plongeur au cœur des archives, manifestait pour le matériau le plus trivial de l'enquête historique: règlements de prison, rapports de police, compte rendus d'expertises psychiatriques, etc. Chez Razac, cette passion va se tourner vers l'avant, en prenant la forme d'une investigation sans fin autour de dispositifs émergents, d'objets techniques, de modes d'actualisation des mécanismes de sécurité, des agencements post-disciplinaires, de supports pratiques de la société de contrôle. Les concepts cardinaux doivent, inlassablement, être « nourris », soutenus, prolongés par l'enquête. D'où ces textes d'une méticuleuse précision sur le G.P.S. (Global Positioning System), le bracelet électronique, les tests ADN, les peines dites substitutives, les émissions de téléréalité. .. Au delà de la visible fascination que les aspects technologiques de ces nouveaux « objets» du pouvoir exercent sur notre auteur, revient une interrogation lancinante sur l'enjeu fondamental des sociétés de contrôle: qu'est-ce que l'avènement de celles-ci change, bouscule, transforme, rend irréversible en termes de relations entre gouvernants et gouvernés? Récusant toute approche catastrophiste, de type « orwellien» ou autre, de cette question, Razac voit à l'œuvre, dans ce topos, la rencontre de deux régimes passionnels en conflit: passions de l'assujettissement contre passions de la liberté. Il montre comment ces passions entre en composition avec les nouvelles économies du pouvoir, dans une configuration post-disciplinaire, où toutes les formes disciplinaires sont loin d'avoir disparu. Il met l'accent sur le caractère largement indéterminable d'une économie de pouvoir dans laquelle le désir de localiser rencontre celui d'être localisé, le désir de sécurité celui d'épingler les désirs litigieux, le besoin de contrôle et de surveillance se déploie, dans l'interaction entre gouvernants et gouvernés, sous le signe de toutes les équivoques. Bref,

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naviguant ici au plus près des côtes deleuziennes, il décrit le monde des disciplines comme un méta-système de pouvoirs sans dehors. Ce qui, par rétroaction, mobilise un questionnement proprement foucaldien : comment maintenir une actualité de la résistance dans une telle configuration de pouvoir non seulement mobile, parfois liquide, en constant réaménagement? A ces questions, l'auteur de l'Histoire du barbelé apporte des réponses nuancées. Il tient à prendre ses distances avec certaines lectures de l'analytique du pouvoir foucaldienne qui en viennent à prôner «une célébration cynique du néolibéralisme », fondée sur une lecture unilatérale de textes comme Naissance de la biopolitique.Mais, d'un autre côté, il insiste sur le fait que les dispositifs de contrôle, contrairement aux disciplines (pour une part, du moins), n'exercent pas des prises externes sur les sujets, leur expansion .est indissolublement liée à celle des nouvelles subjectivités collectives - subjectivité sécuritaire, immunitaire, subjectivité « responsabilisée », « tutelarisée », etc. Observateur méticuleux du système pénitentiaire et des évolutions présentes du régime des pénalités, Razac s'intéresse tout particulièrement aux peines dites «substitutives» probation, bracelet électronique... Il montre très bien le caractère antinomique de ces évolutions: d'une part, bien loin que les «peines substitutives» constituent des alternatives à la prison, elles sont le vecteur de « l'inflation carcérale étendue au dehors ». Il saute aux yeux que, dans un pays comme le nôtre, l'expérimentation du «milieu ouvert », en matière d'exécution des peines, n'a aucunement contribué à vider les prisons - la population carcérale est en augmentation constante. Mais, d'un autre côté, quand bien même ces peines dites de substitution demeureraient tout entières agencées autour du dispositif carcéral central et ne constitueraient pas, à ce titre, l'éclatant « progrès» que l'on dit parfois, il apparaît bien difficile de s'y opposer: quoi de pire, en effet, dans nos sociétés, que la dégradation subie par le détenu? Razac voit se nouer autour de cet enjeu particulier quelque chose comme un paradigme: la critique des dispositifs de contrôle éprouve

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des difficultés constantes à se doter d'un point d'appui solide Qe citoyen ordinaire ne s'offusque guère de la mise en place du passeport biométrique et les tests ADN imposés récemment à certaines catégories d'étrangers ne choquent pas la majorité silencieuse) , quand bien même ces nouvelles technologies de pouvoir seraient propres à susciter de très légitimes inquiétudes. Souvent, le caractère « furtif» des formes de pouvoir qui se mettent là en place va même apparaître aux gouvernés retraités en « usagers» comme moins brutales, moins directes - et donc plus supportables - que les technologies moins sophistiquées qui prévalaient au temps des méthodes «archaïques» de surveillance et de conditionnement disciplinaire. Plutôt que recourir à la rhétorique convenue de « nos libertés en danger », Razac analyse fmement les faux-semblants de ce discours gouvernemental qui met en avant, l'exigence morale de responsabilisation des sujets, les invite à entrer dans le jeu d'une contractualisation infinie, laissant supposer donc une pleine et entière condition de majorité de leur côté - alors même qu'il ne s'agit là que du développement d'une «logique sournoise de domination» constamment réinventée et étrangère à toute dynamique d'accroissement de l'autonomie des sujets gouvernés. Les analyses proposées dans cet essai convergent ici par quelque biais avec celles que proposa il y a quelques années Peter Sloterdijk et qui [trent si grand bruit: là où, notamment, Razac insiste sur cette particularité de la biopolitique contemporaine: son objet est, globalement, « le vivant », ce dont l'effet est que la frontière entre le vivant animal et le vivant humain, en tant que l'un et l'autre sont destinés à être pris en charge, contrôlés, triés et gouvernés tend à devenir floue. Ce qui fait, au fond, le prix d'une recherche en forme de kaléidoscope comme celle que nous propose Razac dans ce volume, c'est l'originalité de son imagination, son inventivité: son art de tirer tout le parti d'une inspiration foucaldienne, deleuzo-guattarienne, mais sans se tenir aucunement tenu à une quelconque orthodoxie; son art de travailler avec ces auteurs et inspirateurs, mais aussi après eux ; et surtout, ce talent rare de se

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donner les objets d'étude les plus inattendus et qui, à l'usage, s'avèrent les plus appropriés à ses analyses: une émission de télé grand public, un nouvel équipement policier, un signal sonore. . . C'est à cette capacité à faire d'objets et dispositifs des plus prosaïques et brutalement utilitaires de véritables ob~jets de pensée et enjeux de réflexion philosophique que s'identifie la distinction et, si l'on veut, la grâce du vrai chercheur.

Alain Brossat

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Foucault

Qu'est-ce qu'un dispositif?
La pensée de Foucault produit une rupture décisive avec les théories ou les manières habituelles de défmir le pouvoir. Cette rupture tient essentiellement en cinq points. Premièrement, le pouvoir n'est pas une propriété dont certains seraient pourvus et d'autres pas. Le pouvoir est ce qui circule dans les rapports de forces microscopiques et différentiels qui agitent le champ social. Il ne passe pas moins, bien que différemment, par les dominés que par les dominants. Deuxièmement, il n'y a rien en dessous de ces micro-relations de pouvoir. La structure de production économique n'en est qu'une manifestation. La production du savoir en est une autre, pas moins essentielle ou pertinente. Troisièmement, les manifestations du' pouvoir ne s'expliquent pas par les volontés de groupes qui l'utiliseraient, encore moins par celle d'un sujet individuel. Il y a une intelligibilité du fonctionnement du pouvoir qui lui est essentiellement immanente partout où localement il s'exerce. Quatrièmement, le pouvoir n'est pas essentiellement répressif ou trompeur. Il est d'abord producteur de machines et de discours qui cherchent à défmir ce qu'il est possible de faire ou de dire. Comme le dit Deleuze: « Le pouvoir "produit du réel" avant de réprimerl. » Et l'idéologie est un effet des mécanismes de pouvoir pas l'inverse. Cinquièmement, le pouvoir ne se résume pas à la loi qui s'imposerait aux rapports de forces sociaux pour les pacifier. La loi n'est qu'un des éléments qui permet de gérer, de redistribuer les rapports de forces en faveur d'un camp provisoirement dominant. Ainsi, Deleuze a pu affltmer que la philosophie de Foucault est une « pragmatique du multiple », ou encore qu'elle est une « analyse fonctionnelle », un « fonctionnalisme ». Ailleurs, il parlera pour la décrire d'une « philosophie des dispositifs concrets ». C'est que les cinq points de rupture

1 Gilles Deleuze, 36

Foucault, Les éditions

de Minuit,

Collection

« critique

», 1986, p.

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vis-à-vis des théories du pouvoir signifient avant tout que toute réflexion sur le pouvoir consiste à comprendre comment il fonctionne, quelles procédures il met en œuvre, quelles techniques il utilise, et non pas à savoir qui le possède, quelle est sa source, ou à le défmir à partir de sa légalité ou de ce qu'il réprime. Le pouvoir c'est le différentiel entre les forces. C'est la manière dont une force ou un ensemble de forces affectent d'autres forces et comment celles-ci sont affectées. Or, cette lutte perpétuelle passe par des systèmes, des machines sociales dont la fonction est de produire un différentiel particulier, un schéma d'affectation de certaines forces par d'autres forces. Un dispositif de pouvoir apparaît pour fIXer et formaliser l'état historique des rapports de force pour le reconduire et si possible le renforcer et l'affmer. L'analyse fonctionnelle des dispositifs doit donc permettre de saisir ce qui donne sa forme à une société à une époque donnée.

I.
1. Tout d'abord, un dispositif de pouvoir est constitué d'éléments, de composants, de parties. Ces éléments sont de natures différentes - de la matière brute, des objets divers, des
machines, des corps, des sensations, des mots ou des pensées. Il peut s'agir de théories scientifiques, d'articles de loi, de techniciens et de collaborateurs, d'instruments technologiques, de bâtiments et de murs. Généralement, un dispositif de pouvoir combine et articule toutes ces sortes d'éléments. Il est donc un ensemble d'éléments hétérogènes qui se regroupent en deux catégories, des discours ou des objets, des choses dites ou des choses vues. Un dispositif est un réseau entre ces éléments hétérogènes, un réseau entre du discursif et du non -discursif. Pourquoi des discours? Parce que pour Foucault, le pouvoir ne réside pas uniquement dans l'ordonnancement des choses, il passe également par les mots, les signes dits, écrits, entendus et déchiffrés. « Le discours n'est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les systèmes de domination, mais ce

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par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche à s'emparer2. » Les discours induisent des effets de pouvoir. Ils peuvent légitimer une action en la reliant à des pôles de légitimité (science, loi, religion). Ils peuvent la relancer en l'associant à d'autres actions passées ou futures. Il s'agit par exemple de produire une relation de cause à effet, de dire que telle action en suppose une autre. Enfm, ils peuvent susciter des actions. Un discours de peur suscite la protection, un discours de plaisir suscite la participation. Ainsi du fait divers comme tactique de discours qui légitime l'enfermement, relance la répression en associant petit délit et grand crime et qui suscite, par la peur ou la terreur, la méfiance et la délation au sein même de la partie la plus opprimée de la société. Bien souvent, le rapport entre les discours est conflictuel. Il dessine une carte d'opposition entre <;lesensembles discursifs qui forment des tactiques - tactiques de légitimation contre tactiques de délégitimation, de relance et de blocage, d'incitation à des actions opposées. Il existe ainsi des contrefaits divers populaires, toute une poésie de l'illégalisme, de valorisation des actes de désobéissance ~a figure du braqueur de banques, effacée aujourd'hui). Ensuite, un dispositif est constitué de matière brute, d'outils et d'individus (collaborateurs) qui, de même que les discours, sont agencés de manière à produire des effets de pouvoir, c'est-à-dire d'agir sur des actions. Ainsi, la matière est agencée en murs et ouvertures, bâtiments et rues, croisements des voies de circulation, villes et campagne etc. Principalement, afm de réguler les déplacements et les stationnements de populations, d'individus, mais aussi d'objets, d'air, d'eau et de lumière. Dans l'hôpital compris comme «machine à guérir », «il faut aménager l'espace intérieur [...]. Il faut supprimer tous les facteurs qui le rende périlleux pour ceux qui y séjournent (problème de la circulation de l'air qui doit être toujours renouvelé sans que ses miasmes ou ses qualités méphitiques soient portés d'un malade
2 Michel Foucault, L'ordre du discours, Gallimard nrf, 1971, p. 12

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à l'autre; problème du renouvellement du linge, de son lavage, de son transport)3. » Les outils techniques servent principalement à mesurer, à surveiller et à influencer. Toutes sortes de capteurs permettent de prélever des informations quantitatives sur l'objet géré par le dispositif ainsi que sur le fonctionnement du dispositif lui-même. Dans l'hôpital, par exemple, on aurait d'une part les outils médicaux de mesure (thermomètre, stéthoscope) et, d'autre part, les systèmes d'information sur le fonctionnement de l'hôpital, principalement grâce à un système de fichiers aujourd'hui informatisés qui mesurent les entrées, les sorties, les durées d'occupation des lits etc. D'autres outils permettent de surveiller « qualitativement» le comportement des individus ou des masses gérées. Ce rôle, souvent dévolu aux collaborateurs, peut aujourd'hui être relayé par des circuits de vidéosurveillance dans les couloirs d'une prison, dans la rue ou sur les routes pour surveiller le trafic. Enfm, des outils particuliers sont utilisés pour influencer plus ou moins

directement
directement,

le comportement
dans le cas d'une
-

des éléments gérés
camisole

-

très

de force ou d'une

clôture

de barbelés

plus fmement,

dans le cas d'un

neuroleptique ou d'une zone tampon qui ne ferme pas un lieu mais dissuade d'y accéder. Les collaborateurs - médecins, gardiens, contremaîtres, professeurs, agents d'accueil, surveillants divers - relaient les discours et recueillent les informations. En appliquant des programmes d'activité, en administrant les punitions et les gratifications, en distribuant les individus dans le temps et dans l'espace, ils assurent le dressage effectif des sujets. En surveillant les comportements, en en mesurant les variables biologiques, psychologiques et sociales, ils alimentent un savoir disciplinaire propre au dispositif auquel ils collaborent. Enfm, font également partie d'un dispositif, les objets sur lesquels il agit. Les prisonniers sont une partie intégrante de la prison, les malades de l'hôpital, les ouvriers de l'usine,
3 Michel Foucault, « La politique de la santé au XVIIIe siècle », dans Dits et écrits, tome III, Gallimard, Bibliothèques des Sciences I--Iumaines, 1994, p. 13

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les animaux du zoo. Il ne faut pas oublier que la « matière» sur laquelle agit le dispositif fait pleinement partie de ses éléments et qu'elle participe toujours, d'une manière ou d'une autre, à son fonctionnement. Tout dispositif hiérarchise les éléments sur lesquels il s'applique. Il y a une hiérarchie à l'école, dans l'usine, dans la prison même. Cette hiérarchie assure le bon fonctionnement des récompenses et des punitions qui peuvent être appliquées à tous les niveaux sur le niveau inférieur. Un individu pris dans un dispositif est toujours collaborateur. Il est à la fois chef d'un inférieur et subalterne d'un supérieur, bourreau et victime. 2. En deuxième lieu, si un dispositif est un ensemble d'éléments connectés, il est également l'ensemble des relations entre ces éléments. Les discours d'origines différentes s'influencent les uns les autres. Par exemple un énoncé «scientifique» peut s'insinuer dans du juridique. Il peut travailler de l'intérieur les textes de loi et la façon dont ils s'appliquent. L'influence progressive de l'expertise psychiatrique sur les jugements des tribunaux a ainsi contribué à un déplacement de l'objet jugé qui n'est plus tant l'infraction que la personnalité du « délinquant ». En partant du constat général suivant: « dans toute société la production du discours est à la fois contrôlée, sélectionnée, organisée et redistribuée par un certain nombre de procédures qui ont pour rôle d'en conjurer les pouvoirs et les dangers, d'en maîtriser l'événement aléatoire, d'en esquiver la lourde matérialité4. » On peut dégager trois types d'influences ou d'effets réciproques entre des discours internes à un dispositif: Une série de discours peut justifier ou disqualifier une autre série. Elle peut provoquer son inclusion ou son exclusion du dicible, par le biais des systèmes d'interdit ~e tabou) de rejet ~a folie) ou d'opposition du vrai et du faux ~a science). Ces procédures visent surtout à fiXer ce que l'on peut dire en fixant ce que l'on ne peut pas dire. L'intensité et la précision
4 Michel Foucault, L'ordre du discours, p. 11

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