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Cours sur la première recherche logique de Husserl

De
92 pages
L'analyse scrupuleuse de la Première Recherche Logique nous fait découvrir la problématique qui est celle de Husserl dans le commencement de son philosopher. Sous l'égide de Bolzano et de Brentano, Husserl commence en effet une critique analytique de la connaissance qui relève d'un certain positivisme tablant sur la notion de signe.
Sa phénoménologie est alors une théorie de la connaissance que Husserl élabore à l'intention du logicien.
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COURS SUR LA PREMIÈRE RECHERCHE
HUSSERL

LOGIQUE DE

Ausdruck und Bedeutung: Expression et signification

Collection "Épistémologie et Philosophie des Sciences"
dirigée par Angèle Kremer Marietti La collection" Épistémologie et Philosophie des sciences" réunit les ouvrages se donnant pour tâche de clarifier les concepts et les théories scientifiques,et offiant le travail de préciser la signification des termes scientifiques utilisés par les chercheurs dans le cadre des connaissances qui sont les leurs, et tels que 'force', 'vitesse', 'accélération', 'particule', 'onde', etc... Elle incorpore alors certains énoncés au bénéfice d'une critériologie capable de répondre, pour tout système scientifique, aux questions qui se posent dans leur contexte conceptuel-historique, de façon à déterminer ce qu'est théoriquement et pratiquement la recherche scientifique considérée: 1) quelles sont les procédures: les conditions théoriques et pratiques des théories invoquées, débouchant sur les résultats ; 2) quel est, pour le système considéré, le statut cognitif des principes, lois et théories,
assurant la validité des concepts.

Déjà parus Angèle KREMER-MARlETTI, Nietzsche: L 'homme et ses labyrinthes, 1999. Angèle KREMER-MARlETTI, L'anthropologie positiviste d'Auguste Comte, 1999. Angèle KREMER-MARlETTI, Le projet anthropologique d'Auguste Comte, 1999. Serge LATOUCHE, Fouad NORRA, Hassan ZAOUAL, Critique de la raison économique, 1999. Jean-Charles SACCHI, Sur le développement des théories scientifllJues, 1999. Yvette CONRY, L'Évolution créatrice d'Henri Bergson. Investigations critiques, 2000. Angèle KREMER-MARlETTI, La symbolicité, 2000. Angèle KREMER MARlETTI (dir.), Éthique et épistémologie autour du livre Impostures intellectuelles de Sokal et Bricmont, 200 I. AbdeIkader BACHTA, L'épistémologie scientifique des Lumières, 2001. Jean CAZENOBE, Technogenèse de la télévision, 2001. Michel BOURDEAU (dir.), Auguste Comte et l'idée de science de l'homme, 2002. Jan SEBESTIK, Antonia SOULEZ, Le Cercle de Vienne, 2002. Jan SEBESTIK, Antonia SOULEZ, Wittgenstein et la philosophie aujourd'hui 2002. Jean-Pierre HUGLO, Approche nominaliste de Saussure, 2002. AbdeIkader BACHTA, L'espace et le temps chez Newton et chez Kant, 2002. Jean-Gérard ROSSI, La philosophie analytique, 2002. Jacques MICHEL, La nécessité de Claude Bernard, 2002. Ignace HAAZ, Le concept du corps chez Ribot et Nietzsche, 2002. Angèle KREMER MARlETTI, La philosophie cognitive, 2002. Jean-Paul JOUARY, Réflexions philosophiques sur l'art paléolithique, 2002. Lucien-Sarnir OULAHBffi, Éthique et Épistémologie du nihilisme. 2002 Anna MANCINI, La sagesse de l'ancienne Égypte pour l'Internet, 2002. Lucien-Samir OULAHBIB, Le nihilismefrançais contemporain, 2003. Annie PETIT (dir.), Auguste Comte. Trajectoires du positivisme, 2003

ANGÈLE KREMER MARlETTI

COURS SUR LA PREMIÈRE RECHERCHE HUSSERL LOGIQUE DE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 ] 026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Jtalia Via Bava, 37 ] 0214 Torino ITALIE

(Ç)L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-4624-1

1. La problématique husserlienne
Dès l'époque de sa Philosophie de l'Arithmétique (1891), Edmund Husserl (1859-1938) ressentait une double exigence: d'une part, l'exigence de distinguer l'activité fondatrice du sujet constituant l'objectivité et les relations mathématiques ainsi que, d'autre part, l'exigence d'approcher l'objectivité mathématique ellemême et les relations mathématiques elles-mêmes. Ce qui indique bien que, même alors, l'objet mathématique en tant que tel ne se résolvait pas pour lui nécessairement dans l'activité psychologique du sujet. L'idée de base dont Husserl allait se détacher - et que, par ailleurs, de nombreux milieux philosophiques du moment semblaient implicitement reconnaître - était que la psychologie devait éclairer la logique: d'où, il est vrai, la place importante des recherches psychologiques dans le premier tome de l'ouvrage de 1891 dont il n'y eut pas de second tome. Cependant il n'en demeure pas moins qu'à cette époque Husserl manifeste pour les mathématiques un intérêt philosophique qui va bien au-delà des mathématiques elles-mêmes vers un certain type de connaissance présentant les caractères de la nécessité idéale, en même temps que vers la fondation et la justification d'un certain type de vérité. Dès lors, on peut déjà

repérer un souci qui ira se conf11111ant hez Husserl, c visant à atteindre les identités idéales des objectivités catégoriales. Le souci de l'unité logique du contenu de pensée (ou encore celui de l'unité de la théorie) devait, à partir de 1894 après la critique de Fregel, mettre en difficulté la recherche d'une fondation psychologique du logique. Et c'est bien aussi ce que Husserl signale en 1900 dans la préface de la première édition des Recherches logiques (Logische Untersuchungen) : « Mais dès qu'on passait du déroulement psychologique de la pensée à l'unité logique du contenu de pensée (c'est-à-dire à l'unité de la théorie), nulle continuité ni clarté véritable ne paraissaient pouvoir se manifester» 2. La philosophie était sous l'effet de l'avancée des sciences positives qui étaient considérées comme épuisant la totalité de la réalité. Elle allait subir désormais une sorte de contrecoup, d'abord avec la publication de la Philosophie de l'arithmétique et
Dans son compte rendu de 1894 concernant le livre de Husserl sur la philosophie de l'arithmétique, Frege avait insisté sur ce qu'il considérait comme le «psychologisme» de Husserl qu'il avait donc critiqué. Voir «Rezension von E. Husserl, Philosophie der Arithmetik », Zeitschrift für Philosophie und phi/osophische Kritik, 103 [1894] : 313-332. 2 Recherches logiques, traduit de l'allemand par Hubert Elie, Arion L. Kelkel et René Scherer, Tome premier, 2è éd. entièrement refondue, Paris: PUF, 1969, p. IX. 6
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surtout ensuite avec celle des Recherches logiques. L'objet propre de la philosophie semblait jusqu'alors inexistant. En effet, qu'elle ait été identifiée soit par les uns avec la psychologie expérimentale, soit par les autres avec une théorie de la connaissance ayant pour ambition de renouveler le criticisme kantien, la philosophie semblait devoir se résoudre en une simple réflexion sur la science. On était fmalement unanime à faire de la philosophie ni plus ni moins qu'une théorie de la connaissance et de la science. En effet, les « psychologistes », d'un côté, ambitionnaient d'atteindre, par la méthode, à une science de la nature, mais les « antispychologistes », de l'autre, voulaient faire, de ce qu'ils appelaient la « philosophie transcendantale », une discipline supérieure aux sciences de la nature. Le point de vue épistémologique dominait partout, et on peut dire qu'il en a été ainsi même pour Husserl dont l'effort original sera, avec ces deux publications, de problématiser au sein de la théorie de la science les idées même de théorie et de science.

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1.1 Une critique analytique de la connaissance Dans le tome 1er du livre qui parut en allemand sous le titre Logische Untersuchungen, c'est-à-dire dans les « Prolégomènes à la logique pure » qu'il conçoit comme une « critique analytique de la connaissance », Husserl s'en prend autant aux antipsychologistes qu'aux psychologistes : aux premiers parce qu'ils ont pris la régulation de la connaissance pour l'essence des lois logiques, aux seconds parce qu'ils ont cru que les prescriptions logiques étaient psychologiquement fondées. Contre les antipsychologistes (Drobisch, Erdmann, Hamilton, Lotze, N atorp), Husserl, qui reconnaît avoir été influencé par Lotze tout comme Frege, avance qu'il existe une différence entre le contenu propre des propositions de la syllogistique traditionnelle et leur fonction ou leur application pratique: les «principes logiques» ne sont pas des normes mais servent simplement de normes. D'ailleurs, on peut remarquer l'intérêt de la position de Natorp qui s'opposa à l'assimilation des mathématiques à la logique, défendue par Frege et par Dedekind, alors que Natorp séparait nettement les mathématiques de la logique. Contre les psychologistes (Herbart, Lipps, John Stuart Mill, Spencer, Sigwart, Wundt), Husserl étudie le fond des préjugés qui les rallient, en commençant par leur préjugé de base: à savoir que le logique relève du fait 9