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De l'égalité à l'équité

De
268 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296302358
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De l'égalité à l'équité

@ L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3223-9

Gérard da Silva

De l'égalité a l'équité

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Remerciements

Ce livre est une version fort réduite et entièrement refondue d'une thèse d'État soutenue à la Faculté de Nanterre en 1990. Que soient remerciés pour leurs remarques critiques et leur compréhension M.J .M. Gabaude et M.F. Laruelle. Remerciements à Maria da Silva Domingues; Zé, Jo et Gérard Rubi, Emmanuel da Silva, Emmi Coursier et Claude Munch, Alfredo J. Zamora, Udo Baldur Moosburger, Jacques Girod et Jacqueline Becker et, in memoriam, Manuel Batista Domingues et Manuel da Silva. Ce livre est dédié Hagondange-Cité. à l'école de la Ballastière de

6

Introduction

~ous vivons dans la Cité qui regarde le ciel. Le présent

livre, qui souhaite se limiter à la Cité sans oublier le ciel,
.

est composé de trois parties. La première expose d'une part les limites, voire. les impossibilités ou les échecs d'approches logicomathématiques:. .impossibilité faute d'équivalence autre qu'analogique (la notion d'ensemble), échecs quand la supposée formalisation s'attache en fait à des schèmes binaires déjà formalisés (le cas de la logique déontique). Limite aussi du primat accordé au langage qui entend réduire a priori le monde à un. médium spécifique qui le nomme sans pouvoir légitimer lidit a priori. C'est pourquoi le modèle du jeu (de Pascal à Von Neumann) est privilégié et rencontre, surtout grâce à Laplace, le thème éthique (l'immoralité) de la justice qui nous ramène. àla Cité. SiJ'on établit que la condition nécessaire, de tout jeu est l'égalité entre joueurs, on établira qu'un principe d'égalité est en tous les cas structurant. A cet égard (et cela sera un leitmotiv) il supplante celui de liberté qui n'est que "n()n-nullité" (avec Borel). Pour songer à une constante encore faut-il reformulede modèle bien spécifique du jeu. .C'est la raison d'être de la seconde partie où la République de PlatOn verra paradoxalement confirmé le primat .dudit principe, l'Éthique à Nicomaque où il le sera au niveau même des acres humains (échange, amitié), la Théodic4e de Leibniz qui imposera des limites de validité au. dit. principe tout en le confirmant. 7

Trois schèmes logico-conceptuels étant à l'œuvre:: en ces textes de référence (le Plan, la règle, le hasard) il apparaîtra nécessaire de reformuler de tels schèmes dès lors qu'il sera confirmé que la définition d'un thème (la justice) est bien structurée par le schème retenu (ou utilisé et pas nécessairement explicité ou maîtrisé). De cette hypothèse même, à savoir que la définition doit comprendre l'explicitation et la justification du schème structurant pour définir valablement tout phénomène, découle:: une double reformulation (des schèmes philosophiques classiques et du modèle du jeu) sous le nom de gnoséopraxis. Quant à la liberté elle est comprise (en "non nullité") comme l'exception erratique de l'acte créateur qui prouve certes la liberté (de la Lettre VII de Platon à l'enquête de Hadamard sur l'invention en mathématiques). La troisième partie est consacrée à la gnoséopraxis. De manière négative en explicitant les figures de l'utopie, y compris avec des cas historiques précis (ceci reprenant les formes de l'utopie déjà présentes en la République). Puis par une définition de la démocratie symétrique à celle de Kelsen basée sur le principe de liberté. Pour le dire schématiquement le clivage est net entre une approche qui se limite à une définition formelle et une définition nécessairement institutionnelle (ou formelle-matérielle). A terme est exposée la reformulation gnoséopraxique même: déduction et justification d'une constante (celle d'égalité, en l'occurrence) et explicitation d'une série formelle-matérielle jusqu'à une maxime pratique. En
l'espèce c'est le cas, mais le passage à l'acte
~

-

qui échappe

est tout autant le moment crucial où le à la théorie principe initial est .respecté, vécu de fait. C'est alors que l'on va de l'égalité à .l'équité. Faute d'un tel passage la maxime en synthèse est exposée et elle implique la pratique (selon l'impératif de Marc Aurèle

-

Pensées XII,

17) et deux problèmes seront abordés qui peuvent mettre en cause la démocratie: le traité de Maastricht et le travail de nuit des femmes. Il s'agit bien de tester expérimentalement le propos car c'est avec le niveau matériel même et dans la Cité réeIle 8

que se dévoilent la validité et le sens de toute pensée de la Cité. Il çonvient de tirer toutes les çonséquenœs issues de l'égalité première et. de ne pas çaçher le danger destruçteur d'une utopie pragmatique pr&ise: le libéralisme qui ne sait fonder théoriquement le supposé primat de la liberté et dont la maxime inavouable mais aisément constatabledans la réalisation historique et soçiale de ses hypothèses - est la loi du plus fort. Au vrai deux dangers symétriques seront mis en évidenœ: le libéralisme et l'égalitarisme. Mais si les clivages sont d'autant plus nets que justifiés il çonvient d'avoir une orientation théorique positive (la gnoséopraxis aveç la relation çonstante déduite et sa série formelle-matérielle) et une défense .et illustration d'une Cité véritablement démoçratique: par ses institutions et par sa maxime, par l'équité qui peut naître du respect de l'égalité prindpielle (respeÇt et non réalisation sans médiation, selon l'utopie égalitariste). Nonobstant la terminologie (la gnoséopraxis) le propos se çomprend dans une tradition issue des Lumières et qui, si elle çroit à l'objeçtivisme de la raison, se tient à des limites dont le paradoxe de Saint-Pétersbourg (avec sa résolution par l'exéçutabilité).est exemplaire. Ainsi aller du. prindpe à la constante (où perdure l'indépendanœ quant aux conditions matérielles) est le but recherçhé pour une part importante du travail. Mais l'on peut se demander si faœ à la Cité (symbole historique de la sodété humaine) l'horizon ne s'éloigne pas à mesure de l'approche. Pourtant il s'agit d'éviter de songer à une relativité. Quine çonsidère que "l'ontologie est en effet doublement relative. Spéçifier l'univers d'une théorie d'arrière-plan, et ' uniquement par rapport au çhoix d'un manuel de traduçtion d'une théorie dans l'autre" (Quine, Relativité de t'ontologie, p. 67). Mais la résolution proposée par Quine est fondée mathématiquement sans que l'ontologie soit direçtemet çoncernée. Comment traduire alors et éviter la traduçtion à l'infini pour l'ontologie, pour la Cité même (d'arrière plan en arrière plan). Pour éviter leretour des universaux et une 9

telle réduction (d'autant qu'on le verra il n'y a pas de "traductions") on s'en tiendra à la relation constante-série. Mais de reformulation en décantation peut être que tout se résume, non en savoir mais en sagesse, à une maxime pourvu qu'elle soit vécue, une hiérophanie au seuil du silence.

10

Première partie

ÉGALITÉ ET JEU

Chapitre

.1

Logique déontique et limite du formalisme

a) Logique déontique sans objet
Il s'agit d'aller du principe à son respect dans le sensible. En ce sens il n'y a pas de dualisme mais les conditions de la relation au sensible som parties intégrames du problème théorique posé. Ainsi devons nous reconnaître tout d'abord qu'il n'y a pas de mathésis universâlis et que la rigueur théorique devra être atteinte en dépit de ce constat. Il serait loisible de se limiter à un constat historique (depuis Leibniz) qui est indéniable; mais quelle en est la justification théorique? Ainsi l'on pourrait concevoir la relati()n même (égalité-:équité) comme celle d'un ensemble et d'.uh sous-ensemble. Or il suffit de reprendre la définition de Cantor pour concevoir l'impossibilité d'une telle relation: "nous dirons qu'un ensemble Ml est une "partie" del'ensembleM si les éléments de Ml som aussi les éléments de M" (Cantor, Sur. les fondements..., 1 (2». On dira classiquement qu'il existe trois égalités: elle sera réflexive (pour tout ensemble E, on a E = E) ; elle sera symétrique (si E = F, alors E = G) ; elle sera transitive (si E =F et siF = G, alors E = G). Aucune de ces conditions ne peur être envisagée pour la compréhension du procès. Il en est de même pour la notion d'intersection (C à 13

l'intersection de A etB) et celle, duale, avec l'intersection, de réunion (A U B). Une approche intuitive serait certes envisageable, qui comprendrait la notion d'ensemble comme collection d'objets appelés éléments dudit ensemble. Cette voie qui est celle de l'analogisme est commode (a fortiori avec la notion de "système") mais elle débouche, faute' de rigueur, sur le paradoxe de Russell. Si rigueur il y a, il s'agit de savoir ce qui peut être formalisé en évitant l'ar:tefact par excellence: formaliser ce qui est déjà formalisé en fait. Pour ce qui concerne le procès (de l'égalité à l'équité) le terme n'y est que la réalisation particulière du principe: dès lors une relation qui n'est ni symétrique, ni transitive, ni réflexive. De surcroît dans l'accomplissement du principe s'établit un lien temporel d'irréversibilité: du moment atemporel du principe (de la constante établie) à la réalisation temporelle. Ce qui interdit tout analogisme en termes d'ensembles (de Ml qui serait "partie" de M). Mais n'est ce pas plus généralement une réserve envers l'entreprise même de formaliser? Puisque la démarche consiste d'abord' à définir négativement les limites de validité du projet, c'est ce que nous tenterons de démontrer avec la logique déontique. Certes, il existe des critiques frontales quant à l'incapacité de la logique déontique à posséder quelque signification pour la morale (cf, C. Perelman, Le problème des lacunes en droit). Encore faut-il préciser que c'est bien l'ignorance de la condition première de la méthode déductive qui explique, à terme, l'impuissance justement dite par Perelman. Le plus visible ce sont les. pseudo-problèmes auxquels parvient la logique déontique. Ainsi du paradoxe de Ross à partir de , "Si p, alors p ou q". En substituant "cette lettre est post ée " a "" et " cette Iettre. est b rea '" " q." A terme p ûlé l'impératif (de poster la lettre) serait accompli si la lettre était brûlée. Pour Kalinowski il n'y a là que l'apparence d'un paradoxe qui s'efface "si nousne passons pas - indûmentd'une hypothèse à l'autre au cours de notre raisonnement" (K.a1inowki, La logique des normes, p. 65).

14

Il précise que ce qui peut subsister de paradoxal tient à l'usage de la notion d'alternative (disjonction) utilisée par la logique. Mais le supposé paradoxe du bon Samaritain (sans parler des "paradoxes" vestimentaires de Mac Laughlin sur l'obligation de porter des vêtements) décri~ comme paradoxe de l'obligation dérivée ont les mêmes faiblesses pseudo-problématiques que le pseudo-paradoxe de Ross. D'une part la relation antécédent-conséquent n'est pas plus assurée pour le bon Samaritain par rapport au brigand.

d'autre par la transformation du paradoxe ("" (P A) > "" P
(A & B)) n'est possible qu'après définitions des termes primitifs (ici "défendu"). Au demeurant la réduction des propositions normatives .à cinq facteurs (Kalinowski. op cît. p. 25) n'a que l'apparence de l'évidence. En vérité "devoir" "avoir. droit" "pouvoir" (et en conséquent "faire") ne sont pas des termes primitifs non-définis; la réduction opérée se limite à des oppositions binaires (négation-affirmation. disjonction-conjonction) dont la forme peut donner l'illusion que les facteurs sont neutres (faute d'être nondéfinis). Selon celui que l'on considère comme le fondateur de la logique déontique: "il existe plusieurs concepts de permission et d'obligation et les "paradoxes" de la logique déontique proviennent de leur confusion" (G. Von Wright. Deontic logics. p. 7). N'est-ce pas éluder le problème . ini tial ? Selon Poincaré commentant Peano. l'essentiel du langage symbolique de ce dernier tient à l'usage de signes algébriques pour les conjonctions: si; et. ou. donc. Que la commodité d'un tel usage soit reconnue soit; mais dit Poincaré: "il est difficile d'admettre que le mot si acquiert. quand on. l'écrit a. une vertu qu'il n'avait pas quand on l'écrivait si" (Poincaré. Scîenee et méthode. p. 167). Cette ironique remarque est également profonde. C'est aussi le. principe de la substitution des équivalents comme fondement de la déduction qui est en cause dans .sa généralité. On sait que Leibniz voyait en ce principe la base même de la logique (in Lettre à Plaeeius du 16/1111686); 15

ce qui est compris par Couturat: "toute démonstration consiste à substituer la définition au défini, c'est à dire à remplacer un terme (complexe) par un groupe de termes (plus simples) qui lui est équivalent" (L. Couturat, La logique de Leibniz, p. 206). Ce qui n'est certes pas si aisé puisque Poincaré commentant la définition donnée par Couturat de 0 et 1 en vient à écrire: "Qu'est ce que zéro ? C'est le nombre des éléments de la classe nulle; et qu'estce que la classe nulle? c'est celle qui ne contient aucun élément. Définir zéro par nul et nul par aucun, c'est vraiment abuser d la richesse de la langue française..." (Poincaré, op cit, p. 169). N'est-ce point le type de risque que connaît la logique déontique. Il est certes loisible d'étendre la logique aux quantificateurs : tous, aucun, au moins un, ne...pas, non pas, quelque. Peut-on extrapoler aux modalités entendues comme: nécessaire, impossible, possible, contingent... Et a fortiori aux normes: obligatoire, interdit, permis, facultatif, obligatoire ou interdit, à la fois permis et facultatif (selon J.L. Gardies, Essai sur les fondements, p.57). Or tant que l'on s'en tient au simple (conjonctions, voire certains quantificateurs) le principe de substitution des équivalents peut être respecté. Rien de plus complexe en vérité que les notions d'obligation ou d'impossibilité et de plus relatives. Sans doute l'on peut se référer à l'envi à l'algèbre de Boole et pour signifier: "-Oxv-Ix et que nous pouvons lire: l'obligation de x et l'interdiction de x sont incompatibles" (Gardies, op cit, p. 133). Dans le même ordre de substitution on lit que" F (- x) l g (- x) c'est à dire que l'impossible et l'obligatoire sont incompatibles" (op. cit. p 135). Ou l'on discute ces termes (ils ne sont pas simples mais complexes et relatifs) et la substitution n'est pas acceptable ou on l'accepte passant Outre et il importe alors de savoir ce qui a été au juste l'enjeu de la substitution (et qui n'est ni une norme, ni une modalité). C'est une 16

question

posée dès l'origine à la logique déontique.
~

premières thèses de Von Wright énonçaient:

(P A) > 0

Les

(A> B) qui revient à dire que si A est défendu et A alorsB est obligatoire et OB > O(A> B)qui est censé signifier que si B est obligatoire alors, si A, B est obligatoire. Bien entendu œçÏ nous conduit à un "paradoxe" comme toujours, en l'occurrençe celui du Bon Samaritain: dès lors que Ale brigandage - est défendu et si A alors B - le geste du Bon Samaritain - l'est aussi. N'est-il pas plus économique de songer à une erreur initiale que de se réfugier dans la prétention logique d'un paradoxe (il n'y a au demeurant aucun lien entre B et A). Les deux axiomes de Gardiès sont interdit I obligatoire et impossible I obligatoire (op cit, p. 133). Dans les deux cas on retrouve (comme pour Von Wright) initialement non point normes et modalités mais une structure identique d'opposition terme à terme: A versus B. C'est la relation d'opposition qui importe et est première; l'oxymoron qu'autorise seule la poésie: "le feu brûle dedans la glaçe" de Théophile. Il est loisible par analogie de retrouver des oppositions terme à terme de notions juridiques et morales (ou tout ce que Ton voudra en fait) en vérité complexes: ici l'obligatoire et l'interdit. La relation abstraite d'antinomie a pour fonction de simplifier le complexe jusqu'à l'élémentaire (et de permettre l'énoncé d'un supposé axiome). Mais c'est bien l'illusion native de la logique déontique. Elle procède d'un artefact: croyant symboliser de.s modalités et normes elle ne symbolise que du déjà symbolique (la relation d'antinomie). Dès lors il n'y a aucune substitution et l'impeccable déroulement des démonstrations ne conduit qu'à de supposés paradoxes. Ou comme le dit Kalinowski à propos de la seconde manière de Von Wright : "la logique déontique conditionnelle de G.H. Von Wright ne nous conduit-elle pas dans une çertaine mesure hors du réel" (Kalinowski, op. cit, p. 162). Mais çeci tient à l'artefact originaire. Pour reprendre la formule d'un continuateur de Gardiès il s'agit bien de "... la difficulté de la "descente" de la logique déontique vers le concret". (P. 17

Bailhache, Essai de logique déontique, p. 207). Nous retrouvons le schème initial du procès, mais assurés que la logique déontiqueen son cercle vicieux ne permet pas de réaliser (que l'antinomie initiale formalisée soit du type A versus B ou A et non A). Une autre voie doit être empruntée pour la "descente". Nous n'aurons garde d'oublier qu'il ne faut point mépriser les mots (verba) qui sont des choses (res), selon la leçon de G. Budé à une scolastique visiblement toujours renaissante.

b) Limites du formalisme
Éviter le cercle vicieux n'est-ce point reprendre les termes de Tarski : "et afin d'expliquer, à son tour, le sens de ces expressions, sans entrer dans un cercle vicieux, on doit avoir recours encore à d'autres expressions nouvelles, et ainsi de suite. Nous avons ainsi le début d'un processus qui peut ne jamais parvenir à une limite, processus qui, pour parler par image, peut se caractériser comme une régression
à l'infini

-

un regressus

in infinituml

". Cette

analyse

classique (directement inspirée du Pascal de De l'esprit géométrique et de l'art de persuader) met bien en évidence que le principe de substitution permet d'éviter ce cercle vicieux mais à la condition d'être respecté. S'il ne peut l'être (ou l'est illusoirement comme pour la logique déontique) comment éviter de telles amphibologies (cercle vicieux, régression à l'infini) ou leurs formes dégradées (sophistique ou subjectivisme où le substrat logique même - ou supposé tel est effacé): c'est la. première condition pour restituer le procès, permettre la "descente". Peut-on retenir les tables de vérités proposées par Wittgenstein (Tractatus, 4.31). En ce cas on comprend les valeurs d'une formule sous son COnnecteur principal. De manière classique on note 1 si la colonne de chiffres est une tautologie et 0 s'il s'agit d'une antilogie. Wittgenstein use des signes V (vrai) et F (faux) ce qui donne en premier lieu
."'-

1 A. Tarski, Introduction à la logique, p. 109

18

pour p(v) et q{v) r(v). Peut-on dire indifféremment 1 etO et V et F (ou sur la premièr ligne III comme VVV). Des notions complexes t.elles que la vérité et la fausseté sontelles concernées; il s'agit dans le premier cas de la valeur de vérité de toute sous-formule d'une formule de logique propositionnelle pour chaque évaluation des variables propositionnelles. On peut passer par convention d'une symbolique à l'autre mais. en demeurant dans le champ de la logique propositionnelle. En ce sens Lorenzen peut dire qu'il n'est pas indispensable "d'ouvrir un débat sur ce qu'est une "proposition" ou sur ce qu'est la "vérité"I, Il yades propositions pour lesquelles il est possible de décider si elles sont vraies ou fausses. Mais lorsque Lorenzen prend comme exemple "il ya des nombres impairs qui sont parfaits", ceci.demande à voir sa vérité .prouvée (Lorenzen propose alors ce qu'il nomme une "adjonction infinie"). Un autre exemple nous ramène à notre problème. Soit la proposition "il y a des planètes qui n'ont pas de satellite" (Lorenzen, op. cit, p. 19) pour lequel "l'examen de tous les cas individuels fournit donc" en principe" le procédé de décision (p. 19). Ce qui est exact et pose deux questions: celle de l'exhaustivité et, d'autre part, qu'en ce cas la vérité est extérieure aux procédés de la logique. Et il importe de différencier acquisition (de la vérité) et simple mise eh forme post festum. Il suffit que la vérité "établie" ne soit qu'illusion pour obtenir la mise en forme parfaite d'une fausseté: soit l'exemple classique du syllogisme sur la proximité des planètes qui ne scintillent pas (Aristote, Seconds Analytiques, 78 a 30). C'est bien entendu le type de risque que l'on court lorsque l'on se doit de rejoindre la Cité: ou une inutile mise en forme post festum .ou une impossibilité de discriminer entre vrai et faux; les phénomènes ne se la.issant réduire à la simplicité, l'unicité constante et la nonrelativité qui pourraient autoriser le principe de substitution.

1 P. Lorenzen, Métamathématique,

p. 15.

19

Aussi c'est bien la non-contradictoire qui prend la place de la vérité. C'est ce que Hilbert propose: le nombre le plus restreint des principes les plus simples; ces principes sont les axiomes que l'on groupe. Il faut qu'ils soient consistants et n'engendrent pas de contradictions. C'est la non-contradiction qui est première et permet la construction d'un système de choses satisfaisant pour tous les axiomes; non contradictoire signifiant alors "qu'il n'est pas possible de déduire logiquement de ces propositions un fait en contradiction avec l'un de ces axiomes "(Hilbert, Les fondements de la géométrie, Ch II, 1). En clair, la non-contradiction est formellement première et en aucun cas la vérité. Certes l'on peut dire qu'une proposition est vraie en vertu de sa forme (nommée alors une tautologie) mais peut-on en déduire que la validité d'une formule symboliquement simple entrai ne celle de la formule complexe (par application du principe de substitution). Soit la substitution du définiendum au bénéfiçe du definiens : nous revenons à la scolastique. Mais qu'est-ce qui autorise la substitution de q > r à (par exemple) "si on donne un coup à ce verre, il se brisera". Tout dépend du coup et du verre, donc d'un niveau qui n'est pas celui de la forme (de la tautologie). Il n'y a ni vérité ni fausseté au niveau de la forme mais non-contradiction (ou contradiction). La vérité est constatable au terme d'un procès et c'est un artefact sans heuristicité que la mise en forme post festum d'une telle vérité; il n'y a pas sur le plan formel production de vérité autre que formelle (et noncontradictoire peut être dit vrai). En ce sens A peut être l'extension du concept de "triangle" et B de "régulier", peut être compris A, B (selon Frege). Est-ce ainsi pour "Caton a tué Caton". Nous revenons alors au calculus philosophiçus (ou ratiocinator) de Leibniz permettant d'élaborer un système de notation conforme aux choses mêmes. Cet exemple (donné par Frege en sa Begrijfschrift) nous ramène à la même difficulté. En cet exemple "se tuer soi-même" est la fonction (la partie invariable) et la proposition est décomposée en fonction et argument. De manière générale Frege pose qu'il y a deux types de symboles: "ceux sous 20

lesquels on peut.se représenter des choses différentes et ceux qui ont un sens tout à fait déterminé" (Frege, Begriffichrift, 1). Les premiers qui nous concernent comprennent les lettres (les seconds les signes. mathématiques) et doivent exprimer l'universalité. Reprenant quelques années plus tard le même problème Frege introduira la différence entre ce que désigne un signe (sa dénotation) et son sens "où est contenu le mode de donation de 1'0bjet"I.La dénotation est "la valeur de vérité" de la propositio.n et ne. doit pas être modifiée" quand on substitue à une partie de proposition une expression de même dénotation, quoique de sens différent" (op. cit, p. 111). A terme il s'agit sinon de retrouver le calculus de Leibniz du moins de constituer une langue logiquement parfaite (une idéographie ou Begriffichrift). Certes mais lorsque Frege commente une proposition concernant la stratégie de Napoléon comparée à une proposition sur l'âge de Napoléon, il doit reconnaître que, à valeur de vérité égale, la substitution n'est pas garantie car. "dès lors qu'une proposition est associée à une autre, elle .exprime plus qu'elle n'exprimerait à elle seule" (op. cit, p. 123). Limitation constante et qui ne permet guère d'augurer de cette langue. Mais, aussi et toujours, la valeur de vérité échappe dans ce cas (ou celui de Kepler mort dans la misère) à la structure de la prQPosition, à son sens et à sa dénotation mais pas à une vérification empirique. Pour reprendre les termes kantiens auxquels se réfèrent Frege, sa langue se limite à l'analytique sans englober le synthétique. Ainsi la démarche formelle universelle est-elle illégitime (la logique déontique) ou limitée: la langue formelle parfaite inaugurée (comme projet) par Frege en lieu et place. du calculus leibnizien. C'est pourquoi le schème classique du procès nous semble perdurer. à la condition d'être reformulé. Puisqu'il est censé se dérouler d'un principe premier au sensible, il doit avoir pour

1 G. Frege, Sens et dénotation, Ecrits, p. 103.

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commencer une définition de ce qui peur être entendu par pnncIpe. Précisons que le but fixé est général et nullement adjugé. Il s'agit bien pour Wittgenstein d'atteindre la réalité et que la proposition atteigne la réalité ("thata proposition "reaches up to rea.lity''''). Mais ceci est dans un cadre précis: "l'idée est d'exprimer dans un symbolisme approprié ce qui, dans le langage ordinaire, conduit à des méprises sans finI" et à terme à l'établissement de tables de vérité: en l'occurrence pour les propositions énonçant que Brown etJones sont assis en ce moment sur la chaise. Dans ce bref texte le projet est limpidement exposé. Mais cette entreprise de purification du langage ne risque+elle pas de s'en tenir à des prolégomènes; soit à la formalisation (problématique en son principe) de propositions supposées atomiques (selon l'expression de Russell) jusqu'à une reconstructiongénéralisa.trice (où se retrouverait Je projet leibnizien) jamais advenue. C'est proba.blement que l'initiale question ne concerne pas l'impureté (supposée) du langage ordinaire. Ceci n'est acceptable qu'en posant a priori les catégories vrai et faux comme fondatrices, puis en constatant les défaillances du langage ordinaire pour atteindre pareil objectif; postuler la nécessité d'un "symbolisme approprié" et parvenir à une table de vérité (vra.i et. faux) comme c'est le cas dans les Quelques
remarques.

comprendre que de classifier (a [ortiorisi la classifica.tion ne génère aucune connaissance). Pour le schème unique vrai
I L. Wittgenstein, Quelques remarques, p.16.

Nerisque-t-on pas de n'appréhender non pas seulement ce qui est appréhendable, ma.is dans les limites et les conditions d'une table de vérité. Une limite plus que sérieuse est la faible heuristicité d'une. procédure de classification post-festUln. Egalement la binarité vrai ou faux; qui ne peut concerner qu'une série limitée de phénomènes; en ce sens le langage ordinaire n'est pas purifié car l'on propose un schème abusif de simplification. , . P our l aspect "r post-restum " l ' on peut d ne: est-ce
..

22

ou faux il élimine a priori tout phénomène qui ne lui est pas réductible: ce qui vaut tant pour la thématique que pour l'illusoire dichotomie (disons que seul importe le vrai et que le faux n'a pas un statut d'équivalence). S'en tenir au non~ contradictoire. Sur ce dernier point la République de Platon traite, non de la vérité, mais de la justice: ces deux catégories ne s'égalent certes pas et la seconde est, dans la Cité et pour la sagess~, tout aussi vitale. Toutes ces réserv~s ordonnent (afin d'atteindre la justice, l'équité) de partir d'un principe pour restituer le procès. Pour Granger de la simplicité comme" caractère du principiel1" qui se conçoit sous deux aspects principaux: pure possibilité de contenu et convention opératoire dans un système formel ou quasi formel. De l'échec de Wittgenstein (qui ne parvient à. donner consistance. à son "espace de choses") et celui de Hegel (dont les "lois dialectiques" rie font que constater au lieu de déterminer a priori l'essence des contenus) Granger tire la conclusion qu'il faut conserver l'idée de principe comme simplicité, à conditon d'admettre "qu'un système de significations ne peut être complètement constitué de façon strictement logique" (Granger, op. cit, p. 246). Ce dernier point (où l'on va du logique au transcendantal) est discutable. Afin de préciser, Granger établit la différence (quant aux énoncés principiels) entre le factum et la règle. Le factum est un constat au second degré qui porte sur. des énoncés qui sont d'une langue factuelle "renvoyant à l'expérience" (op. cit, p. 249). Un tel méta~énoncé pourra .être le Cogito. Le factum fonctionne "comme une "régIe" de formation et d'organisation des concepts exprimés dans un langage" (op. cit, p. 250). Les principes sont cùmpris comme "dê~ règles d'interprétation du sens. de l'expérience" (op. cit, p. 251). Et les règles "gouvernent bien aussi des rpanipulations de symboles, mais en tant que pourvuS de contenus vécus déterminés ((Jp. cit, p. 251). Si nous nous sitUons toujours au niveau du descriptif, le cùnstat sans
1 G.G. Granger, Pour la connaissance philosophique, p. 245.

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doute est exact qui est ainsi synthétisé: "les principes philosophiques ne donnent jamais qu'un critère de signification d'énoncés portant sur nos expériences à l'intérieur d'un système, en tant que celui-ci est un projet de les organiser en une totalité vécue" (op. cit, p. 251). C'est une aUtre définition du procès en sa complétude qui va du principe au "vécu", à l'expérience. On peut certes discuter de l'anhypothétique car il n'a pas de justification en soi (seulement négative). Mais les difficultés sont exactement cernées comme est ici manifeste la nécessité du primat d'un énoncé simple fondateur ou principe; ici le principe (ou constante) d'égalité. Ce dernier principe peut être compris comme a + b (sur 2), suivant en fait Huygens, comme le principe d'identité l'est pour a = a. Toutefois il n'est que le premier moment du procès et doit être perçu comme tel. Il convient donc d'en signifier en tant que principe l'invariable (plutôt que la non-symétrie), de le définir en tant que principe (ce que ne saurait être que la notion d'égalité) puis de revenir en la Cité. Il a été dit, commentant Russell, que "tout dépend en définitive de la perception immédiate1 ". Ceci a pour raison que par la voie logique (effacement des contradictions et inconsistances) on peut réfuter les résultats sans pour autant les prouver. La preuve est alors la perception immédiate dès lors que Russell refuse et le formalisme (en maintenant le sens) et le psychologisme (et sa spéculation sur l'esprit).Sans préjuger d'une réponse certaine au terme du procès, il convient en effet d'atteindre une preuve, c'est à dire une adéquate et juste incarnation. Avant cela nous devons nous interroger sur le statut du principe d'égalité. Il ne s'agit pas d'une "loi naturelle" que Pufendorf nomme "loi universelle parce que tout le genre humain est tenu de l'observer". A fortiori il ne peut s'agir de sa propre loi entendue ainsi: "chacun doit être porté à former et à entretenir autant qu'il dépend de lui, une société paisible avec tous les autres, conformément à la
1 D. Venant, La philosophie mathbnatique de Russell, p. 28.

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constitution et au but de tout le genre humain sans exception" . Qr moins qu'une loi nous comprenons là un quasiprogramme ou seraient confondues la loi universelle et sa fin pratique. En fait le principe d'égalité ne peut être réalisé (il s'agirait d'un quasi-progrClmme que l'on pourrait nommer égalitariste), il demeure intangible en ce qu'il ne doit pas être violé. En ce sens n'est requis que son respect et non pas sa connaissance. Ainsi est effacée une difficulté, soulignée par Pufendorf pour sa propre loi, du niveau culturel des groupes humains; cette nécessité de la connaissance et de la conscience annihile de même la proposition Kantienne (de la Critique de la raison pratique). Nous nous limiterons, pour ce qui concerne l'égalité, à reprendre pour l'heure le propos d'un commentateur de Leibniz, dans lequel l'égalité est comprise "comme un droit de l'homme et du citoyen, un droit des personnes, une valeur éthico-axiologique et métajuridique, une normativité immanente au penser" Q.M. Gabaude. in L'égalité, Cahiers n° 8, p. 118). Il est certes loisible de tenter une définition plus précise. Mais il faudra bien en venir aux auteurs qui ont songé à la Cité: de manière emblématique nous dirons Laplace. Si nous définissons l'égalité seule, revenons à Couturat dont la classique mise au point est claire. De l'égalité
a = b, on comprend le sens de la copule

= en

tant que a et b

coïncident, "sont identiques" ; comme par l'équivalence de a et b, leur implication est réciproque et) ce sens que a et b sont "vraies et fausses à la foisl ". Dans les deux cas (identité et équivalence) Couturat marque une juste distinction. A savoir que cela n'implique pas que les concepts a et b aient le même sens : par exemple, pour l'équivalence, la différence de sens de ABC à deux angles égaux et ABC à deux côtés égaux (op. cit, p. 7, note 2). C'est là une limite qui se retrouve dans le principe d'égalité avec une amplification qui tient à son
l L. Couturat, l'Algèbre de la logique, p. 6.

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statut. Ce que l'on va approcher plus directement avec Laplace dont la leçon sera retenue avec cependant une sérieuse limite de validité où nous retrouverons confirmé le procès. En suivant Couturat, nous retenons que l'égalité entre concepts n'implique pas celle du sens (de a et b) mais leur identité, leur équivalence (avec implication de réciprocité, de symétrie). Or le principe d'égalité retient cette distinction (qui renonce ipsofacto à tout formalisme si elle ne le révoque pas) : la raison d'être de la "descente", du procès est de maintenir le sens, du principe premier (l'égalité comme constante) à son respect incarné où le sens, conservé, se retrouve et se réalise.

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Chapitre 2 Égalité morale et liberté

a) Laplace et les" sciences morales", acquis et limites
.

Nous. nous référerons (avant les synthèses.récentes de P. Suppes et J. Bonitzer) à l'œuvre fondatrice deP. S. Laplace: "la méthodologie systématique que. Laplace a déga.gé à la fin du dix huitième siècle demeul."e la .méthode la plus puissante pour entreprendre l'investigation de la nature des phénomènesempiriquesl". On la reconnaît telle également comme. expression paradigmatique du déterminisme absolu: "une intelligence qui pour un insta.nt .donné connaîtrait toute$lesfotces dont la nature est animée et la situation effective des êtres quila composent, !ii d'ailleurs elle était. assez vaste pour soumettre .ces .données à l'analyse, embrasserait dans la même forroule les mouvements des plus grands.corps de 1'1.lniverset ceux du plus léger atome : rien ne sel."ait incertain pour elle, et l'avenir comme le passé. serait présent à ses yeux2". Dans ce cadre le hasard est égal à l'ignorance. SeIonLaplace cette ignorance se remarque par référence. aux causes finales dès 1()l."s qu'une régularité est constatable (pour
1 P. Suppes, Logique du probable, p. 120; 2 P.F. Laplace, Essai philosophiquesurlesprobabilit!s

l,p. 3.

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tels événements) ou au hasard si l'on ne constate pas "d'ordre apparent" : explications qui désignent seulement l'ignorance "où nous sommes des véritables causes" (Laplace, Essai I, p. 2). Laplace, en "saine philosophie", expose les principes généraux du calcul des probabilités qui nous serons un modèle justifié. Le premier principe définit la probabilité comme "le rapport du nombre de cas favorables à celui de tous les cas possibles" (Laplace, Essai 1, p. 9). Le second principe, thèse majeure nécessaire, tire la conséquence logique qui rend possible le premier: "mais cela suppose les divers cas également possibles" (Laplace, Essai 1, p. 9). Difficulté immédiatement effacée par la définition: "alors la probabilité sera la somme des possibilités de chaque cas favorable" (Laplace, Essai 1, p. 10). Le troisième principe permet de différencier les sciences physiques des morales, selon que les conséquences "éloignées" sont sûres pour les premières, alors que"... l'erreur croit avec leur nombre" pour les secondes (Essai 1, p. 12). Quant au quatrième principe il expose que, pour deux événements dépendants, "...la probabilité de l'événement composé est le produit de la probabilité du premier événement, par la probabilité que cet événement étant arrivé l'autre_ arrivera" (Laplace, Essai 1, p. 12). Ce sont là (troisième et quatrième principe) d'importantes réserves qui rendent douteuse l'application des probabilités aux "sciences morales". Et nous retournerions à l'ignorance: hasard ou causes finales qui sont bien là comme notions centrales conçues négativement (les causes finales se synthétisant en plan). En lieu et place il y a bien compréhension selon les probabilités (contre le hasard) et la causalité déterministe (contre le plan). Ce n'est pas à dire que Laplace croit atteindre la vérité (de l'intelligence absolué réduite à une "même formule") : pour l'esprit humain "...tous ces efforts dans la recherche de la vérité rendent à le rapprocher sans cesse de l'intelligence que nous venons de concevoir, mais dont il restera toujours éloigné (Laplace, Essai 1, pages 3-4). Restent, dans une acception positive, les "lois générales" dont on tentera la réduction (l'unification) au plus petit nombre possible. 28