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De la signification du monde et du devenir de l'existence

De
167 pages
Notre univers naturel et l'orientation de notre existence ne sont maîtrisables ni par une philosophie idéaliste ni par le spiritualisme religieux. Déterminé par la science, le monde est devenu un construit humain au sein duquel l'homme fonde une existence libre. Or, l'humanité étant une "humanité environnementale", on ne peut pas la restructurer. Il importe de reconnaître qu'il y a une continuité entre la nature environnementale et la vie de l'homme.
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Issoufou Soulé MOUCHILINJIMOM
DE LA SIGNIFICATION DU MONDE ET DU DEVENIR DE L’EXISTENCE
Préface de Lucien Ayissi
ÉTHIQUE, POLITIQUE ET SCIENCE
De la signification
du monde et du devenir de l’existence
Éthique, Politique et Science Collection dirigée par Lucien Ayissi Cette collection offre une plage intellectuelle à tous ceux qui sont déterminés à soumettre à la sanction philosophique les questions relatives à l’éthique, à la politique et à la science. En prenant, à travers des publications, part aux divers débats relatifsau devenir des valeurs, au sens du pouvoir politique et au rapport de la science à l’aventure existentielle de l’homme dans le temps et dans l’espace, ils pourront ainsi contribuer au renouvellement d’une infrastructure conceptuelle qui risque de se pétrifier si elle n’est pas constamment revisitée. Déjà parus Lucien AYISSI,Le positivisme de David Hume, 2017. Lucien AYISSI,Hume et la question du sujet de la connaissance, 2015. Roger MONDOUÉ et Philippe NGUEMETA,Vérificationnisme et falsificationnisme. Wittgenstein vainqueur de Popper ?, 2014. Joseph NZOMO-MOLÉ,Penser avec Descartes, 2013. Charles BIWOLE ATANGANA,Cameroun. Amorçage raté d’une démocratie promise, 2013. Ciriac OLOUM,Max Stirner, contestataire et affranchi, 2012. Serge-Christian MBOUDOU,L’heuristique de la peur chez Hans Jonas. Pour une éthique de la responsabilité à l’âge de la technoscience,2010.
Issoufou Soulé MOUCHILINJIMOMDe la signification du monde et du devenir de l’existence
Préface de Lucien Ayissi
Du même auteur, chez L’Harmattan Penser la philosophie à l’ère des technosciences, 2012. Philosophie et développement. De la philosophie de questionnement de développement aux perspectives de l’émergence, en codirection avec Antoine Manga Bihina, 2015.Qu’est-ce que l’humanisme aujourd’hui ? Vers une tentative « bio-centrique » ?,2016. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12117-8 EAN : 9782343121178
PRÉFACE
Dans son essai philosophique fort bien intitulé :De la signification du monde et du devenir de l’existence, M. Issoufou Soulé Mouchili Njimom articule les questions d’ordre métaphysique aux questions d’ordre épistémologique. Il s’agit précisément pour lui de s’interroger sur le niveau de pertinence des problématiques ontologiques qui soustraient l’être et le monde au devenir.
En concevant le monde comme ce qui relève de la rature du temporel ou en niant son historicité, il se pose le problème de sa lecture scientifique qui s’intéresse précisément à la question de ses origines ou de ses fondements ainsi que celle de son évolution dans le temps. Si on accorde à la science que le monde a une genèse déterminable, que l’existence est nécessairement régie par la loi du devenir, de quelle pertinence peuvent encore être les cosmologies et les philosophies plutôt gouvernées par le principe d’identité et qui, par conséquent, défendent la thèse de l’immutabilité du monde ?
Si M. Mouchili Njimom ne réactualise pas la vieille querelle des ontologies qui a opposé Parménide d’Elée à Héraclite d’Ephèse, la dynamique réflexive qu’il conduit dans le cadre de cet essai met surtout en relief l’opposition qui existe entre le créationnisme et l’évolutionnisme, la métaphysique et la science : si le monde relève des choses créées une fois pour toutes, la question du devenir s’inscrit alors dans l’ordre des problématiques tout à fait dépourvues de sens. Toutefois, si le monde et l’existence procèdent de ce dont la temporalité et la téléologie sont déterminables, il y a lieu de penser que l’homme participe, au moyen de la science, à leur dynamique, notamment par la possibilité qu’il a de s’approprier théoriquement les lois du réel et d’agir sur
la constitution de ce dernier en fonction de son aspiration au bien-être et au bonheur. Il serait tout à fait erroné de subordonner la réflexion qui domine philosophiquement cet essai à la promotion du positivisme ou de l’épistémologisme – qui n’est, en réalité, qu’une modalité idéologique du premier. Si M. Mouchili Njimom reconnaît à la science la possibilité de permettre un meilleur accès à l’intelligibilité du réel, compte tenu du fait qu’elle est « fiable parce que ses résultats et sa démarche sont vérifiables », il ne partage pas tout à fait l’optimisme épistémologique de l’auteur duDiscours de la méthode, dans la mesure où la transformation du monde par la science, à des fins d’accroissement de la causalité humaine, fait souvent l’impasse non seulement sur la vulnérabilité de la nature humaine, mais aussi sur la relation interactive que l’homme entretient avec son environnement. Si la réalisation de l’aspiration de l’homme au bien-être voire au bonheur s’accompagne inévitablement d’effets pervers, c’est à cause de sa représentation anthropocentriste du cosmos. C’est cet anthropocentrisme qui le prédispose à croire qu’il ne fait pas partie de l’environnement ou qu’il est un empire dans cet empire. Pour M. Mouchili Njimom, la science ne peut être éthiquement déterminée, c’est-à-dire humainement fondée que si elle s’inscrit dans une axiologie qui intègre, en plus des valeurs d’efficacité, celles d’humanité qui ne peuvent prospérer que si la catégorie « environnement » est sérieusement prise en compte. Cela n’est possible que grâce à l’ « auto-critique » de la science que l’auteur de cet essai appelle de tous ses vœux, de telle sorte que l’instrumentalisation de la science et de la technique, dont la nécessité est avérée, promeuve toujours l’humain. Professeur Lucien AYISSI
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INTRODUCTION
Les questions fondamentales de la philosophie, à l’instar du problème de la signification du monde et du devenir de l’existence, sont débattues aujourd’hui au cœur de la physique et des autres sciences « dures ». On a l’impression que la philosophie, dans sa forme classique, pourrait ne plus avoir de pertinence si elle ne tient pas compte des informations que nous livrent les sciences sur le réel. Et comme on peut le remarquer aujourd’hui, elle est en train de réussir, de l’intérieur, à faire sa propre mutation épistémologique. En philosophie, on ne peut plus fonder sa pensée sur des principesa priori affirmés par une raison autosuffisante. Il est impérieux de savoir que la réflexion philosophique de notre temps ne relève pas des inclinations ou des penchants mentaux d’un individu. Aujourd’hui, la philosophie doit être l’aventure d’un homme dont la réflexion l’engage dans un débat qui le situe au centre de la compréhension et de la construction du monde et du devenir. Désormais, il s’agit de nuancer avec l’intuition intellectuelle pour être capable de voir le réel autrement. Car, « en vérité, il ne semble pas abusif d’estimer que si la nature -au sens le plus large possible du terme – refuse de nous dire explicitement ce qu’elle est, elle paraît consentir parfois, après sollicitations pressantes de notre part, à nous confier un 1 peu de ce qu’elle n’est pas » . Il est question de sortir d’une attitude d’ignorance de la vraie nature de l’être dans laquelle nous a plongé la métaphysique classique. Cette méprise s’est confortée parce qu’on a voulu penser l’être en en faisant une chose atemporelle. Or, si l’être est atemporel, il n’y a pas de raison qu’il soit sujet au devenir. Cette position est celle de la 1 Bernard d’Espagnat,Traité de physique et de philosophie,Fayard, Paris, 2002, p. 7.
science qui comprend le monde à partir des déterminants physiques, c’est-à-dire la possibilité de remonter le temps en utilisant la lumière comme principe de datation à rebours. Heidegger faisait déjà état de l’exigence de ne pouvoir parler de l’être si on ne peut le définir sur la base du principe de la temporalité de toute existence.
Le devenir comme question philosophique doit déterminer l’arrimage de l’existence à la temporalité. On ne peut parler de l’existence en niant la nécessité du temps. Dans sa volonté de maîtriser la totalité, la philosophie tente toujours d’être une projection dans le temps et fondamentalement dans le futur. En fait, la connaissance actuelle du monde est la suite d’une évolution d’au moins 15 milliards d’années-lumière. Nous, vivants, sommes issus de cette évolution. Notre univers actuel s’est structuré au cours d’une histoire marquée par de collisions des galaxies, des explosions d’étoiles et des chocs d’astéroïdes. Et le cerveau avec lequel nous essayons de comprendre cette marche du cosmos dans l’histoire est constitué de molécules formées à l’intérieur d’étoiles depuis longtemps défuntes. Apparemment, le corps en lequel Descartes ne voyait qu’une machine semble être aujourd’hui l’essentiel de l’homme et du processus de compréhension de la nature.
Comprendre le monde, c’est vouloir se fixer sur ses origines, savoir comment conduire son existence en dominant la fatalité et les accidents. En fait, c’est réfléchir sur la possibilité d’exorciser la mort. L’homme d’aujourd’hui a cette forte tendance à croire que savoir d’où il vient le rassure et lui donne nécessairement les clés de l’avenir. Et pourtant la connaissance de l’origine ne semble pas toujours nous donner le pouvoir de savoir où nous allons. On peut se demander quel espoir on peut nourrir en connaissant notre origine. Même s’il est difficile de répondre à cette question, l’homme sait qu’il a au moins la chance d’être doté d’une conscience qui s’éveille lentement et progressivement dès l’enfance. Cet
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éveil va le conduire à la prise de conscience de son moi personnel et de son existence qui se fait pour la mort. En fait, l’homme semble être anxieux face à un destin dont il ne maîtrise pas encore tous les contours.
Le désir de comprendre ce que nous sommes, d’où nous venons et où nous allons est, de toutes les époques, une préoccupation essentielle en philosophie. C’est chaque époque qui invente ses moyens de compréhension et d’explication du sens à donner à l’univers. Aujourd’hui, les sciences penchent pour une explication technique de l’origine de l’univers. Le principe platonicien ou aristotélicien d’un monde atemporel ne résiste à aucun test scientifique. La réponse de la science démontrant que le Big Bang serait à l’origine de notre univers semble progressivement s’imposer comme une vérité presque irréfutable. Les sciences le disent, tout en reconnaissant que le Big Bang est perçu, au plan théorique, comme un gros morceau dur à évaluer et pas très digeste pour l’entendement même du savant. On peut donc se demander comment se positionner entre une science pleine d’incertitudes et toutes ces mythologies qui semblent avoir trouvé le code rendant possible l’appréhension de l’origine du monde.
Beaucoup de contes de fée sont agités comme moyen de prise de conscience de l’origine et du sens du monde. On se demande s’il faut prendre ces légendes au sérieux. Or, les incertitudes de la science se justifient et se corrigent au fur et à mesure que les techniques d’expérimentation progressent au gré de l’aptitude croissante de notre intelligence. La démarche scientifique est lente, mais, elle est progressive, discursive et surtout dialectique. C’est pourquoi la science suscite un grand espoir, puisqu’elle rassure et ne nous condamne pas à des croyances béates. Penser l’origine du monde pour savoir où nous allons, c’est s’investir dans un type de connaissance qui va au-delà de l’explication théorique, afin de trouver dans les entrailles de la nature ce
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