Déserts ou la cruauté du surmoi

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Déserts ou la cruauté du surmoi se veut le langage de ce moment où le surmoi devient le centre de la réalité psychique. Il libère ses forces centrifuges comme autant de points de tension secouant l'ensemble de cette réalité, l'expulsant et la ramenant vers le centre. Va-et-vient qui met le sujet face à ses pensées terrifiantes – les projections de sa peur. Dénonciation de la cruauté du surmoi dont les épiphénomènes gravitent autour de lui.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336395388
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Roseline Hurion
Déserts ou la cruauté du surmoi
Déserts
Roseline Hurion Déserts
ou la cruauté du surmoi
Du même auteur Divagations, Éditions L’Harmattan,ʹͲͳͶ. Tailleurs de rêves, ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre, Éditions des Vanneaux,ʹͲͲͻ. Petites histoires de la pensée, Éditions L’Harmattan,ʹͲͲ͸. « Serge Lebovici tel que je l’ai connu »,Revue de psychiatrie française, mars ʹͲͲͶ. Mallarmé, une hantise, préface de Miche Deguy, Éditions L’Harmattan, ʹͲͲ͵. « Les dépressions de la pensée chez Wittgenstein »,L’Étrangère, n°͵, Bruxelles, ʹͲͲ͵. Les Crépuscules de l’angoisse,préface de Serge Lebovici, Éditions L’Harmattan, ʹͲͲͲ. « Études de fragments »,revue Poésie, n°ͻͲ, Éditions Belin, ͳͻͻͻ.
« Le Songe »,revue Poésie, n°͹ͻ, Éditions Belin, ͳͻͻ͹.
« Une persuasion »,revue Poésie, n°͵͹, Éditions Belin, ͳͻͺ͸.
Le Thrène des jumeaux, Éditions Le Pont de l’Épée,ͳͻ͹͸.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07785-7 EAN : 9782343077857
Déserts
’angoîsse a ses déserts. Ee s’y soumet et es enjoînt. Et n’a que ses déserts. Dans eurs ongues perspectîves, îs sont e îeu de grandîoses dénuements.
e grandîose, tout habîé d’étrange vêtement, aît sîgne à ’angoîsse, maîs sî proche qu’î ’enîse dans ses représentatîons. ïnscrîvant dans ses déserts ’une de ses choses réchappées quî vîent à pour ’abattre et a aîsser nue dans un espace sans sîgnes et sans réérences.
Un trîbuna et sa cohorte de peînes dont î aLîge ’angoîsse comme autant de coups portés à vîde - ses parures. Pus vîdes et pus ourds de sîgnîIcatîon, pus rudes pour ’angoîsse quî es reçoît démunîe de ses déenses. Maîs a nature de ’angoîsse est de pouvoîr exîster sans rîen. e terrîIant est déjà un queque chose. ï a ses oîs et ses objets. ’angoîsse, ee, est asservîe au rîen. Ses déserts sont des royaumes sans règne. Ses jours sont ses nuîts maîs ee ne dort pas. Ee voît caîr, même dans e noîr. Empreînte de a mauvaîse carté de son soucî. Et ’exîster uî est son încommensurabe soucî.
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Comme une monstrueuse adhérence au sujet, ’exîster ne remet pas sa peîne. ’angoîsse trembe dans ’exîster et ee trembe d’exîster.
Sî se dessîne e vîsage de ’ennemî, e terrîIant uî donne ses grîmaces. e terrîIant au vîsage de sa honte et d’un remords. e terrîIant, surprenant vîsage - îrregardabe - renvoîe aussîtôt ’angoîsse à ses déserts. Et c’est a perpétuee bascue entre une îmage et un néant, entre ce qu’ee devraît repousser et ce quî a repousse. À a oîs transparence et opacîté. Une conscîence où es choses transparaîssent aIn de a mîeux mutîer. Maîs une opacîté de a cause pour ’angoîsse încapabe de connatre ou reconnatre ses causes. Errant aînsî dans un monde sans prîncîpes, dénuée de conséquences. a seue égaîté à aquee obéîsse ’angoîsse est cee de son procès absurde et sans jugement avec ’exîstence. Sau à aîre du jugement ’afaîre du terrîIant. e sujet tombe dans ’angoîsse et se perd. uî -îpse- perd aussî es autres. Car sî ’angoîsse s’angoîsse du rîen, c’est parce qu’ee a été înormée, empreînte de a vîe. ’angoîsse éradîque e vîvant. Démunîe pour en afronter et en accepter es moduatîons. ’angoîsse voît seuement a mort dans a vîe. e vîvant ’encombre. ï pourend ses déserts. Et ee a besoîn du désert comme du seu baancîer de ses émoîs, comme du seu terrîtoîre de ses déaîtes et de ses arrachements, et aussî de ses vîctoîres. Car orsque ’angoîsse devîent ek-statîque, ee conquîert sa vîctoîre sur e rîen. Et c’est son règne. Dans ’ek-stase, ’angoîsse s’étourdît. Ses îdées maades, ses morts et toutes ses terrîIances s’arc-boutent au vertîge d’une sensatîon. Et e corps, rîen qu’efusî, n’est pus que e trembé des sensatîons. es papîtatîons de sa peur uî soustraîent sa
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pesanteur. Panant au-dessus, en-dessous de ses objets, î se pare de ses terrîIances. Un seîgneur régnant sans sujets. ’exîster est suspendu dans ’angoîsse. ’angoîsse s’en remet en sa totaîté au rîen. Ee n’est rîen parce qu’ee est e tout du rîen. ï ne uî reste rîen. ’exîster est ce voîe quî bouge tout autour d’ee sans qu’ee puîsse e toucher. À chaque coîn, ’angoîsse se cogne à ’une de ses aîîtes. Autant de témoîns de son împouvoîr. Autant de choses quî ont peser mauvaîs regard sur ee. Un regard quî împute. a marque de ses aux-pas. ’angoîsse aîît en de somptueuses aîîtes. Ee ne es révoque pas, ne es nîe pas. Ee es învoque comme en une cérémonîe à chaque oîs recommencée. Car ee se cogne aussî à ses rîtues, à ces assauts de brusque émergence quî a ramassent-débrîs d’une însoîte rencontre entre un esprît et son hypnose. Toute vîvante, ’angoîsse remet a vîe à ’înInî. Ee est cet înterude perpétue entre un essor ou un efort quî se désîre et une rechute quî e déaît. Ee est un possîbe quî se contracte et raye son devenîr. Ee perd e sens du temps sau à e gagner dans a durée îîmîtée d’une endurance à se jouer de a soufrance.
’angoîsse est e pîre, ’extrême de ’exîster. Ee s’angoîsse de a chute de ses morceaux d’exîstence. Ee craînt ses bîbeots au vîsage du terrîIant. es écats de sa nuît quî a sîdèrent dans es grandes dunes de son désastre. es choses cachées se découvrent, debout es unes à côté des autres. Ees ’empîègent, efusîves et brûantes, dîatées et gacées. Ees empoîsonnent e corps énervé par es babutîements de sa peur, sourd à tout ce quî n’est pas ee.
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’angoîsse ne connat que e désert car, pour toujours îrréconcîîée, ee a repoussé e monde. Au îeu d’en vîvre es contradîctîons, ee es a chassées de son terrîtoîre. es contradîctîons sont pour ee ’îrréconcîîabe, ’étrangement dont ee ne réchappe qu’à orce d’aveugement ou de uîte. Maîs ’étrangement suscîte ’angoîsse et ee s’en nourrît. Ee n’en réchappe que pour mîeux s’étranger avec un nouve objet. Ce quî uî coupe e souLe, c’est cette întermînabe course quî dîspose ses obstaces à chaque oîs au pus près d’ee. ’angoîsse îgnore es atermoîements et ne connat que es secousses d’un présent déjà racturé. Saîsîssant e utur pressentî dans un înstant de stupeur presque mégaomane. Atterrée par son temps, ee e dévore éruptî. Et s’en repent, toute soumîse et sans assurance. Au brasîer de son temps, ee oppose sa orce d’înertîe quî se conjugue avec ses orces de mort. e vîde ou ce moyen de court-cîrcuîter ’absence, de ’épeer. ï a aît résonner. ’angoîsse s’est absentée de ses réceptaces. Ee ne rehausse que e vîde quî ’absorbe. Tombant en des proondeurs înoues, ne touchant que e rîen, ce quî déIe tous ses cacus et tous ses sophîsmes. Car pus ee rebondît dans sa chute, pus ee escompte-sur ses guérîsons et ses rechutes. ’angoîsse dégrîngoe es marches du vîde au tour d’un vertîge quî ’étourdît. ïncoore ou attîée d’outre-coueur seon qu’ee se cache ou se montre. Deux obatîons à queque chose quî se dépareîe. Convoquant ou révoquant un abme-à s’y perdre et s’y bottîr. Cette angoîsse que j’appeaîs ma peur…
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Ruines
Ma peur avaît a certîtude de son expérîence pour objet de sa peur. Dans ’expérîence, ee pressentaît ce quî ’attendaît. Son expérîence étaît, pour ma peur, sa maadîe-son hîstoîre et son savoîr. Ee savaît, dans ’îronîe du savoîr, que son temps uî étaît acquîs. Sans ressources et dans un espace dépeupé, ee trembaît devant son savoîr. Régnant toute-puîssante sur son expérîence. Toute-puîssance orte de son démon quand ee étaît prîvée de son vouoîr.
Son expérîence étaît une suîte d’accîdents, tous îés entre eux par a trame d’une même hîstoîre, embotés dans a cruauté d’un arasement. D’un geste vîoent, ma peur gardaît en vue ses accîdents, se générant, se sécrétant à chacune de eur venue. Ee avaît ’întuîtîon de ses chutes et cette întuîtîon ’entretenaît. J’en prîs ’habîtude. ïgnorante de ses causes, j’en savaîs es tonaîtés. Errant dans une hîstoîre encombrée d’accîdents, ma peur es provoquaît et es grandîssaît. Satîsaîte de ses pertes qu’ee transormaît en des proIts ou des bénéIces secondaîres.
Sa satîsactîon n’étaît autre que cette jouîssance quî préère régner sur un désastre putôt qu’abdîquer sa doueur. Et ’expérîence que j’en aîsaîs étaît cee, dîspendîeuse, de cet
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