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Devant Dieu

De
184 pages
Les textes ici rassemblés ont tous été rédigés pour répondre à diverses demandes de colloques, conférences ou articles de revues: Etudes, Lumière et Vie, Théophilyon, entre autres. En fil conducteur, une interrogation sur le lieu de la proximité de Dieu et de l'homme. S'attacher à comprendre cette proximité de l'homme et de son Dieu est, tout à la fois, s'interroger sur l'un comme sur l'autre. Au point central, une question non pas théorique mais existentielle.
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François CHIRPAZ
Devant Dieu
Devant Dieu
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03755-4 EAN : 9782343037554
François CHIRPAZ Devant Dieu
DU MÊME AUTEUR
re e Le corps,éd., Paris, Klinck-1 éd., Paris, PUF, 1963, 4 sieck, 1988 (traduit en polonais). Enjeux de la violence (Essai sur René Girard),Paris, Cerf, 1980. Difficile rencontre,Paris, Cerf, 1982. L’homme dans son histoire (Essai sur J.-J. Rousseau),Ge-nève, Labor et Fides, 1984. Parole risquée,Paris, Klincksieck, 1989. Hume et le procès de la métaphysique,Paris, Beauchesne, 1989. Le tragique,Paris, PUF, 1998. Nouvelle édition 2014, Édi-tion du Relief. Raison et déraison de l’utopie,Paris, L’Harmattan, 1999. Enjeux de la modernité,Centre de l’histoire de la culture, Lisbonne, 2000. Pascal. La condition de l’homme,Paris, Michalon, 2000. Job. La force d’espérance,Paris, Cerf, 2001 (traduit en polonais). L’homme précaire,Paris, PUF, 2001. La subjectivité revisitée. Essai sur Husserl, Binswanger et Lévinas,Cahiers de l’Institut catholique de Lyon, 2008. Chemins de pensée,livre d'entretiens, à paraître.
AVANT-PROPOS
« Tu nous as faits orientés vers toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi » (saint Augustin,Confessions,I, 1).
Devant Dieu,l’homme. En donnant ce titre au recueil de textes ici rassemblés, j’indique la tonalité de l’ensemble et de chacun. Ils ont tous été rédigés pour répondre à diverses demandes de colloques, séminaires, conférences ou articles de revues, mais ce qui les unit est le même fil conducteur, une interrogation sur le lieu de la proximité de Dieu et de l’homme, là où l’homme vit dans la foi et porté par son es-pérance.
La foi relève de la croyance, insertion concrète et ancrage dans le monde et dans la vie. Jamais simple croyance, pour-tant, parce que toujours invite à se tenir devant Dieu. Quant à l’espérance, elle n’est autre que la tension même de la foi, pourtant toujours habitée par cette « in-quiétude », ce non-repos du cœur qu’évoque Augustin, dès la première page de sesConfessions.
Dans la proximité donc et, tout à la fois, dans ce non-repos car nulle preuve de la raison ne parvient à délivrer l’être humain de son inassurance. La « nuit obscure » qu’évoque Jean de la Croix dans son poème, ou encore « le ravin d’ombre et de mort » dont parle le psalmiste demeurent
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comme une épreuve pour l’homme que la fermeté de son es-pérance ne garantit pas contre les vacillements de l’épreuve de la précarité de sa condition. Une nuit dont le mystique n’a pas l’apanage. Elle est le lot de chacun dans la vie, ja-mais assuré d’être épargné par le malheur et, en fin de compte, se sachant voué à la mort. L’espérance est affirma-tion que cette même mort n’est pas le dernier mot du destin du vivant humain, sans parvenir, pour autant, à faire taire, en lui, le doute qui met son assurance à l’épreuve.
C’est pourquoi s’attacher à comprendre cette proximité de l’homme et de son Dieu est, tout à la fois, façon de s’in-terroger sur l’un comme l’autre. Qui est-il donc ce Dieu à qui, sous des noms divers, ne cessent de se rapporter les hommes et plus particulièrement dans le sillage de la tradi-tion biblique ? Et qui est-il donc ce vivant humain contraint, par sa confrontation au malheur comme à l’épreuve ultime de la mort, à ne pouvoir habiter sa propre vie sans se poser la question de son sens ? C’est à l’entrecroisement de l’une comme de l’autre de ces interrogations que chacun de ces textes a été écrit. Au point central, donc, une question non pas théorique mais existentielle.
Les entrées sont différentes car les textes étaient destinés à des publics eux-mêmes différents. De là, quelques répéti-tions qui ne pouvaient être gommées pour retrouver, chaque fois, le centre de l’interrogation de l’homme sur lui-même dans le temps où il s’attache à scruter sa proximité avec son Dieu.
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DEVANT DIEU, L’HOMME
À la mémoire du P. Fraisse A braham, Jacob, Job. Autant de figures de notre réalité humaine, ainsi que nous invite à la comprendre l'inspiration du texte biblique. Il en est, certes, bien d'autres auxquelles on pourrait se rapporter. Celles-là, toutefois, peuvent être rete-nues et privilégiées car elles expriment, avec davantage de relief parce que d’une manière plus singulière, notre condi-tion d'homme dans la vie et devant Dieu. Chacune à sa façon, figure de témoin d'une vie qui se comprend elle-même dans la proximité du Dieu qui, le premier, s'est an-noncé à l'homme comme « Me voici ! ». Et, de chacune, je privilégie un des moments de leur vie. Abraham lorsqu'il intercède pour la ville de Sodome. Jacob dans la longue lutte au cœur des ténèbres au gué du Yabboq. Job quand, au plus fort de sa détresse, il se dresse contre la face du Seigneur dont il ne peut supporter le silence. En cha-cune, on peut reconnaître l’expression de la conscience que l’être humain prend de lui-même, tout à la fois, se recon-naissant comme serviteur mais conscient de sa singularité dans cette dépendance librement consentie. Une dépen-dance, certes, mais non pas n’importe laquelle.
Poussière et cendre
« Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur, moi qui suis
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