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Eveil à l'esprit philosophique

De
283 pages
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? L'univers est-il infini, éternel ? Quel sens donner à l'amour, à la justice, à la vie... ? Autant de questions qui hantent l'humanité depuis ses premiers balbutiements. Mais pouvons-nous, aujourd'hui, aborder ces questions sans prendre en compte les acquis de la cosmologie, l'indéterminisme quantique, la psychanalyse ou la génétique ? Ce livre propose un panormama des idées philosophiques et de leur histoire.
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«Ève», Lucien Lévy-Dhurmer, 1896
« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. » Nicolas Boileau
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Sommaire
Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1 LES GRANDES QUESTIONS PHILOSOPHIQUES
D’où venons-nous ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Connais-toi toi-même. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Poussières d’étoiles25. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chronos rêve31. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pourquoi l’univers ? Et la vie ? Et moi… ?37. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La liberté de l’automate. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 Du « né en » au néant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 Fiction et réalité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 Que c’est beau !63. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Je t’aime !71. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Éros ou Bouddha ?79. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . er Art 1 :« Tout être humain a droit au bonheur »87. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . C’est pas juste !. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93 De la lutte à mort à l’art de vivre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Boulimie et aboulie111. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La raison du plus fou. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 Mort, où est ta victoire ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123 La fin de l’homme131. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ô dieux odieux !137. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Une note de poésie pour finir ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
2 PANORAMA HISTORIQUE DE LA PHILOSOPHIE
Avertissement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147 Des Upanishads à une théorie du Tout149. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Modeste ébauche de conclusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269 Bibliographie273. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Index277. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Introduction
Que périssent, en première ligne, d’éventuelles appréhensions : non, la démarche philosophique n’est pas nécessairement hermétique, ennuyeuse, poussiéreuse ou réservée à une quelconque élite intellectuelle. Aucun être cons-cient de son identité ne peut totalement esquiver les questions existentielles, le besoin de réfléchir au sens de sa vie. Depuis maintenant plus d’un siècle, la psychanalyse, les théories quantiques et relativistes, les modèles cosmologiques ou, encore, la génétique bousculent les concepts les plus fondamentaux qui étayent toute réflexion sur le monde et la destinée humaine : le temps et l’espace, la conscience, l’intelligence, l’indétermi-nisme et la causalité, les valeurs éthiques, notre rapport à une réalité objective... Pour une trop large part, l’enseignement pré-uni-versitaire fonctionne dans l’ignorance de ces bou-leversements et les jeunes générations ne sont guère préparées pour affronter d’aussi radicales remises en question. Que dire du mode de vie inculqué, axé sur la croyance en un progrès et une croissance illimités, menant à de redoutables impasses si est délibéré-ment négligé le développement d’une sagesse, d’une certaine frugalité que devrait engendrer la méditation philosophique ? Alors que le langage binaire a totalement boule-versé l’accumulation et la transmission du savoir, Folon J.-M., «What? », 1973, © Adagp, Paris 2009. nombre de professeurs demeurent obnubilés par l’orthographe traditionnelle et ne comprennent pas le manque d’intérêt de leurs élèves pour tant de matières qui saturent l’esprit plus qu’elles ne l’éveillent. L’enfant s’étonne de tout. Ne devrions-nous pas mieux préserver cette capa-cité de nous émerveiller, de poser les questions les plus essentielles ?
9
«Un philosophe, c’est quelqu’un qui n’a jamais vraiment pu s’habituer au monde. Pour le philosophe, homme ou femme, le monde reste quelque chose d’inexplicable, de mystérieux et d’énigmatique. Les philosophes et les petits enfants ont, par conséquent, une grande qualité en commun.» J. Gaarder (1)
Lorsqu’une vérité apparaîtra trop évidente, nous chercherons régulièrement à en prendre le contre-pied ; ce sera une façon de nous méfier des habitudes con-fortables. Prenons-nous immédiatement au mot et réagissons, ainsi, à l’extrait cité : si le philosophe est celui qui a conservé la capacité de s’interroger, n’est-ce pas le pro-pre du scientifique confronté quotidiennement à l’inexpliqué ? Qui, mieux que le chercheur dans son laboratoire, sait qu’une nouvelle découverte soulève généra-lement plus de questions qu’elle n’apporte de réponses ? Faut-il, dès lors, s’éton-ner de constater que tant de problèmes « philosophiques » soient tombés dans le domaine de la science et que les plus grands physiciens en arrivent à soulever des questions métaphysiques ? Et si notre curiosité est à ce point précieuse, n’est-il pas tout aussi important d’apprendre à vivre en harmonie avec cet univers qui nous a engendrés, d’en savourer les mystères et de « cultiver notre jardin » ? (2) Être philosophe, ne serait-ce pas cultiver, également, la faculté de « considérer la vie avec philosophie », de relativiser les problèmes en nous rappe-lant que, d’ici à peine une centaine d’années, tous les êtres humains qui peuplent aujourd’hui la terre auront disparu ? Nous négligerons, dès lors, d’approfondir les grandes théories, peu accessi-bles aux non initiés, qui prétendent offrir une explication globale, voire défini-tive, et qui monopoliseraient pour elles-mêmes notre effort de réflexion : «… une inversion de sens a donc fait que les philosophes ne nous invitent plus à comprendre que leur propre système. Or un système philosophique n’est pas fait pour être compris : il est fait pour faire comprendre.» J-F Revel (3)
… ce qui rejoint la boutade :« Le philosophe naît dans un monde qu’il ne comprend pas et meurt dans un monde qui ne le comprend pas ! » Les premiers « amis de la sagesse » (philos-sophosen grec) furent, à la fois, savants, métaphysiciens et moralistes : l’acquisition de connaissances allait de e e pair avec le souci d’améliorer le comportement social. Aux XVII et XVIII siècles encore, de grands penseurs comme Descartes, Pascal, Voltaire ou Diderot accor-dèrent autant d’attention à la réflexion morale que à la recherche scientifique. Mais, tandis que les religions monothéistes prétendaient régenter la dimen-sion éthique, les sciences affinaient leurs instruments d’investigation et monopo-lisaient l’édification d’un savoir « objectif ». La philosophie « pure » se retrancha dans des domaines qui échappent à l’expérimentation et à la démonstration, et qui ne passionnent guère le non-spécialiste : la métaphysique, la théologie, l’épis-témologie, l’ontologie, l’esthétique…
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