Existence et valeurs (tome II)

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Cette critique de la raison unique, que propose ici l'auteur, met en lumière les diverses hypothèses d'un positivisme triomphaliste et affirme de manière forte l'urgence de la pression du sens pour une existence qui émerge sans raison et qui doit formuler sa raison d'être. Elle montre l'irrationalité réelle et tendancielle tout à la fois, de la figure dominante de la raison, et ouvre ainsi sur une "raison plurielle", "une raison ouverte" pour que l'Homme soit posé de nouveau, comme valeur, comme absolu de valeur.
Publié le : mercredi 1 juillet 2009
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EAN13 : 9782296229570
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EXISTENCE

ET VALEURS
II

L'irrationnelle

rationalité

@

L'HARMATTAN,

2009 75005 Paris

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

http://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-09128-3 EAN : 9782296091283

Pius Ondoua

EXISTENCE ET VALEURS
II
L'irrationnelle rationalité

Préface de Pierre Meinrad Hebga

L'HARMATTAN

COLLECTION « PENSÉE AFRICAINE»
dirigée par François Manga-Akoa

En ce début du XXIe siècle, les sociétés africaines sont secouées par une crise des fondements. Elle met en cause tous les secteurs de la vie. Les structures économiques, les institutions politiques tels que les Etats et les partis politiques, la cellule fondamentale de la société qu'est la famille, les valeurs et les normes socioculturelles s'effondrent. La crise qui les traverse les met en cause et au défi de rendre compte de leur raison d'être aujourd'hui. L'histoire des civilisations nous fait constater que c'est en période de crise que les peuples donnent et expriment le meilleur d'euxmêmes afin de contrer la disparition, la mort et le néant qui les menacent. Pour relever ce défi dont l'enjeu est la vie et la nécessité d'ouvrir de nouveaux horizons aux peuples africains, la Collection «PENSEE AFRICAINE» participe à la quête et à la création du sens pour fonder de nouveaux espaces institutionnels de vie africaine.

Déjà parus

Pius ONDOUA, Existences et Valeurs. L'urgence de la philosophie, Tome I, 2009. Pius ONDOUA, Technoscience et Humanisme, 2009. Doumbia S. MAJOR, Le manifeste pour l'Afrique. Pourquoi le continent noir souffre-t-il ?, 2009. Abdoul Aziz DIOP, Une succession en démocratie. Les Sénégalais face à l'inattendu, 2009. Manga KUOH, Palabre africaine sur le socialisme, 2009. Basile-Juléat FOUDA, Sur l'esthétique littéraire négroafricaine, 2008. Antoine NGUIDJOL, Repenser l'héritage de Jules Ferry en Afrique noire, 2008. Abdoul Aziz DIOP, Sarkozy au Sénégal. Le rendez-vous manqué avec l'Afrique, 2008. Antoine NGUIDJOL, Platon: le procès de la démocratie africaine, 2008. Arona MOREAU, Pour refaire l'Afrique... par où commencer ?, 2008. Lucien A YISSI, Corruption et gouvernance, 2007. Lucien A YISSI, Corruption et pauvreté, 2007. Simon MOUGNOL, Pour sauver l'Occident, 2007. Marcel BIVEGHE MEZUI, La rencontre des rationalités: cultures négro-africaines et idéal occidental, 2007. Jean-Baptiste KABISA BULAR PA WEN, Singularité des traditions et universalisme de la démocratie, 2007. Joël MYSSE, Mondialisation, cultures et éthique, 2007. Samuel SAME KOLLE, Naissance et paradoxes du discours anthropologique africain, 2007. André Julien MBEM, Mythes et réalités de l'identité culturelle africaine, 2006.

d

Marguerite et Michel, mes parents,

Pour tout ce que vous avez/ait pour moi

PREFACE
Le Professeur Pius Ondoua me fait I'honneur de préfacer le tome II de son volumieux ouvrage Existence et valeurs. Ce tome porte un titre quelque peu provocateur: Irrationnelle rationalité. L'auteur avertit que son centre d'intérêt est « l'examen de la rationalité du point de vue essentiellement comparatiste» et nous indique les trois thématiques étudiées, à savoir: la raison plurielle, les positivismes comme idéologies, et une vie réelle, une mort certaine. Il procède par le dialogue, à la manière de Platon, Pius Ondoua menant sa réflexion d'un pas sûr et son collaborateur, Jean-Bertrand Amougou, lui posant des questions ou indiquant la manière dont il comprend la pensée du maître. Le style dialogué n'est pas facile, mais nous sommes ici devant un texte captivant qui donne l'impression que la réflexion avance. Avec une rigueur implacable, notre auteur relève ce qu'il nomme les hypothèques des divers positivismes, à savoir le monisme absolutiste de l'objet, l' exc1usivisme méthodologique qui fait du modèle positiviste de scientificité le modèle absolu pour toute science possible, l'occultation du caractère idéologique des positivismes, l'auto-affirmation des positivismes comme absolu de la philosophie, l'évacuation de la question du sens et de tout saut libre vers l'inconditionné, enfin, l'occultation des dérives humaines de la rationalité. C'est fort bien vu. Il est surprenant que les positivistes qui prétendent ne s'en tenir qu'aux faits dissimulent ceux qui les embarassent et s'enferment dans des préjugés idéologiques, dans des certitudes invérifiées, dogmatiques, concernant, par exemple, le monisme absolu de la raison et de l'objet, ou encore l'absoluité de leur modèle de scientificité. Toutes ces positions sont aujourd'hui battues en brèche, et pour cause. Les positivistes substituent à l'inconditionné métaphysique un inconditionné idéologique gratuitement affirmé. Renoncer à tout a priori? Illusion! Les positivismes sont construits sur les a priori cidessus relevés. Aucune science d'ailleurs ne peut évacuer tout a priori, même pas les sciences mathématiques. Russell et Whitehead, dans leur ouvrage monumental Principia mathematica (2000 pages), entièrement écrit dans le langage de la formalisation (pas de

Préface

propositions, rien que des symboles mathématiques), établissent que les mathématiques sont incapables de se justifier parfaitement à l'intérieur d'elles-mêmes. Elles s'appuient obligatoirement sur des postulats de départ. Ainsi n'existe-il aucun métalangage ni métalogique, et le rêve positiviste d'une sorte de monde préaprioristique est de l'ordre de la chimère, sinon même de la contradiction flagrante. Soustraire la philosophie à l'empire de l'imagination? Lucien Ayissi, dans sa thèse de Doctorat Le positivisme de Hume. Prolégomènes à l'épistémologie positiviste, ne voit pas que ni lui, ni ses maîtres Hume et Comte, ne parviennent à soustraire la philosophie à l'empire de l'imagination. Tout au contraire, ils font le saut vers l'extra-factuel, vers un idéal rationnel imaginaire construit en dehors des faits. Au reste, pour Pius Ondoua Olinga, la philosophie est une recherche de sagesse, et il ajoute que la sagesse est « possiblement et légitimement liquidation de la seule phénoménalité et postulation ontologique et axiologique de l'altérité. »1 L'auteur s'attaque à la tentative désespérée des positivistes de bannir l'ontologie de la sphère philosophique. Les analyses subtiles et rigoureuses d'Aristote et de son lointain commentateur Pierre Aubenque établissent que l'ontologie, la réflexion sur l'être en tant qu'être, est un canton essentiel de la recherche philosophique. L'une après l'autre, les certitudes prétentieuses des positivistes sont passées au crible: le savant Ilya Prigogine leur assène La fin des certitudes. Dans la même lancée, Edgar Morin démontre la relativité et incertitude de toute connaissance, même et peut-être surtout au niveau de la connaissance de la connaissance. Au nom de la méthode de la complexité, il bat en brèche la simplification outrancière des positivistes qui mène à un réductionnisme irrecevable, «à une résorption de la réalité dans l'idée (idéalisation), à un enfermement de la réalité dans l'ordre de la cohérence d'un système (rationalisation), à l'élimination de l'étrange, du mystère (normalisation) ».2 Il faut lire l'analyse rigoureuse et impitoyable de Pius Ondoua Olinga du modèle
IOp. cil. p. 17. 2 L'irrationnelle rationalité. p. 44.
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Préface positiviste de la scientificité. Pour ma part, je suis décontenancé par l'impertinence des gens qui prônent une théorie aboutissant logiquement à rejeter hors de l'empyrée de la science Pascal, Leibniz ou Descartes, trois créateurs en mathématique et en physique, alors qu'eux-mêmes ne savent de la science, que le mot, répété méncaniquement, par oral et par écrit. Ces mêmes disciples de Hume, de Comte, de John Stuart Mill, devraient déclarer que les trois savants, doublés de théologiens, ne sont point des philosophes puisqu'ils sont infectés du virus de la métaphysique, et surtout que, abomination de la désolation, ils admettent un Dieu transcendant et tiennent, à l'occasion, un discours théologique. Aristote lui-même, le Philosophe, devrait, au gré des positivistes, être exclu de l'académie des philosohes authentiques. N'est-il pas le créateur du terme théologie? Selon le Stagirite, il existe trois sciences théoriques: la mathématique, la physique et la théologie. « Je l'appelle théologie: il n'est pas douteux, en effet, que si le divin est présent quelque part, il est présent dans cette nature immobile et séparée, et que la science la plus haute doit avoir pour objet le genre le plus élevé. »3 Il va sans dire qu'Aristote ne parle pas de la théologie dogmatique, mais de celle qu'on appelle rationnelle, ou encore théodicée. Pareillement, Henri Bergson, dont les ouvrages philosophiques ont connu chacun des centaines d'éditions, ne devrait point être regardé comme philosophe, puisqu'il fut membre de la Société Royale de métapsychie et n'hésitait pas à disserter sur les apparitions de vivants (voir l'énergie spirituelle). Soit dit en passant, c'est la méthode bergsonienne que j'ai adoptée pour ma recherche philosophique: il commence par exposer brièvement la thèse de tel ou tel penseur, par exemple, la théorie du psycho-physicien Fechner selon laquelle il est possible de calculer l'augmentation ou la diminution d'une sensation de douleur ou de plaisir. Bergson fait une critique de la théorie sur le plan épistémologique et l'examine ensuite au niveau de la métaphysique. Tel est son cheminement dans Les données immédiates de la conscience, et dans Durée et simultanéité. Ce dernier livre est bardé de pages entières d'équations différentielles qu'aucun positiviste n'oserait traiter de bouillabaisse...

3

Méta, E., 1, 1026, a 10-32. 11

Préface Les élucubrations de Comte sur la Religion de l 'humanité, avec ses dogmes, son culte et ses prêtres, sont d'un tel infantilisme qu'elles méritent à peine d'être mentionnées. Jean Bertrand AMOUGOU a parfaitement raison de n'y voir qu'un travestissement du catholicisme, avec reprise de ses rites, de son calendrier, et remplacement de Dieu par l 'Humanité ou Grand-être.4 Venons-en à l'irrationalité du rationnel. Jean Bertrand Amougou interroge: «N'est-ce pas-là la genèse de l'irrationalité de la rationalisation intégrale posée comme absolu programmatique ? », et Pius Ondoua de répondre: «Que peut-on, en fait, entendre par irrationalité en soi? N'y a-t-il pas, à ce niveau même de notre interrogation, nécessité d'affirmer la relationnalité de l'irrationnel et de la rationalité? »5 L'interlocuteur sursaute: «Parler d'irrationalité du rationnel [...] n'est-ce pas là une contradiction dans les termes? » «Je ne le pense pas, dit Pius Ondoua Olinga [..,] On peut parler d'irrationalité du rationnel, notamment le rationnel logique et instrumental auto-finalisé, réalisant pratiquement l'occultation, voire la négation des autres dimensions de l'être au seul et exc1usifprofit de la rationalité-puissance, incapable de se prendre comme objectif réflexif».6 Comme le montre l'auteur, la rationalité exc1usiviste devient irrationalité. J'oserais insinuer ici qu'il y a même plus. Le rationalisme exacerbé qui finit par hypostasier La Raison, aboutit chez les révolutionnaires français par l'exhibition de la Déesse Raison installée dans la cathédrale de Paris sous les espèces d'une femme en chair et en os. Ainsi le rationnel et l'irrationnel se côtient et même se touchent. Allons plus loin, regardons dans les sciences mathématiques des propositions dont la juxtaposition est bizarre sinon contradictoire! Le tout est plus grand que la partie. Or, l'ensemble de tous les nombres premiers tend vers l'infini. Les ensembles que sont respectivement la série des nombres pairs et celle des nombres impairs tendent aussi chacun vers l'infini. La partie est-elle égale au tout? L'on admet généralement que les nombres négatifs n'ont pas de racines, or, nous pouvons extraire des racines des nombres négatifs, racines dites imaginaires qui servent à l'étude des courants électriques
4 L'irrationnelle rationalité. 5 Op. cit. p. 247. 6 Op. cit. p. 249. 12 p. 64.

Préface alternatifs. Dans un mémoire inédit de Stève Gaston Bobongaud, Rationalité et irrationalité mathématiques, l'auteur se donne comme objectif de «montrer qu'un domaine réputé comme radicalement rationnel comme la mathématique est constitué d'irrationalité.» Affirmation fantastique qu'il n'est pas facile de démontrer. Bobongaud s'y essaie pourtant. Le niveau logico-systémique, dit-il, « c'est le premier niveau de la saisie de la phénoménalité mathématique comme expression de la pure rationalité. Il concerne les mathématiques en tant qu'elles se structurent et se déploient dans la cohérence interne, la rigueur implacable et la non-contradiction formelle... Le niveau pragmatique ensuite: la rationalité des mathématiques peut être aussi déterminée en considérant leur applicabilité et leur fécondité qui font d'elles le moteur aussi de 1'hyper-développement technologique et le modèle par excellence de la science [...] ».7 Il poursuit: «Dans l'histoire de la philosophie, on déchiffre ainsi les traces de l'irrationalité, ou mieux, la quête de la trans-rationalité, d'un fondement des savoirs qui surplombe la rationalité. C'est dans ce sens que nous pouvons lire diverses théories et des concepts légendaires qui garnissent l'espace philosophique à travers les siècles: le Bien chez Platon, l'Un chez Plotin, le Dieu suressentiel chez le Pseudo-Denys, l'Amour chez Kierkegaard, l'Autrui chez Lévinas.» Nous ne poursuivons pas l'analyse de l'auteur qui étudie l'irrationalité des mathématiques au niveau ontologique, au niveau paradigmatique et au niveau architectonique. En guise de conclusion: la raison plurielle. En septembre 2002, Paulin Houtondji fit tenir à Porto Novo (Bénin), un Colloque international quadricontinental sur le thème La rencontre des rationalités. L'auteur de Sur la «philosophie africaine» ne considérait plus la raison comme une sorte d'être divin, apanage de l'Occident, que tous les peuples du monde devaient contempler, auquel ils devaient obligatoirement se conformer sous peine de demeurer hors de l'Universel. Invité à ce colloque, je ne pus que déposer ma communication qui s'intitulait Pour une rationalité ouverte. Dans son présent ouvrage, Pius Ondoua Olinga explique en
7

Op. cil. p. 8 et suiv. 13

Préface

quoi sa propre position jouxte celle d'Edgar Morin.8 Il regrette, vers la fin de son livre, que la raison plurielle se soit estompée face à la mondialisation: «La mondialisation n'est-elle pas, a priori, imposition d'une forme unique de rationalité et d'une forme unique d'organisation du social et de l'économique» ?9 L'irrationnelle rationalité est un livre qu'il faut lire. L'auteur y fait montre d'une érudition remarquable, mais nulle part ne prétend imposer son point de vue. Il nous invite à la réflexion et au dialogue.

Pierre Meinrad HEBGA Octobre 2006

8 Op. cil. p. 53. 9 Op. cil. p. 256. 14

AVANT-PROPOS
Existence et valeurs. L'irrationnelle rationalité. Ce second volume de notre série Existence et valeurs se propose, comme l'indique son sous-titre, d'examiner la raison en marche, dans les sciences et technosciences, dans la vie et, d'une manière générale, dans l'histoire, à partir de l'idée, désormais validée, d'une raison plurielle. Il s'agit de trois entretiens avec Jean-Bertrand Amougou, Assistant au Département de philosophie de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Yaoundé I, dont le centre d'intérêt, pour ses recherches, est, à l'image des mIennes, l'examen de la rationalité, d'un point de vue comparatiste. I - Pourquoi des entretiens? Notre objectif est de revenir à une pratique «dialoguée communicationnelle - dialectique» de la philosophie, dans le strict respect de l'héritage et de la tradition socratique et platonicienne. Dans le volume I de la série, nous avions déjà, sur des thématiques diverses, (l'humanisme, les rapports entre philosophie et technosciences, la dialectique de la raison, la philosophie et la religion...), amorcé cette pratique vivante du dialogue philosophique. On le sait, l'exposition des principales idées de Platon telles que la théorie des Idées, la psychologie morale, l'esthétique, la physique, s'est faite dans des dialogues (35 au moins), dans le cadre de cette communication dont l'objectif est la prise en charge, à plusieurs, d'une question d'essence philosophique, à la recherche d'une vérité qui sera commune, et sans aucun doute plus objective parce qu'intersubjective. Et l'on connaît les vertus du dialogue à cet effet. Il faudrait d'ailleurs insister dessus: le dialogue nous apprend à devenir véritablement philosophes, en sortant de nous-mêmes, en prenant progressivement conscience de notre dénuement de connaissance, en déclenchant une quête de connaissance qui est cheminement vers un savoir de plus en plus impérissable et ce cheminement est arrachement purificateur, initiation, dépassement de l'altération possible du réel à travers le sensible, le simplement phénoménal,un dépassement culminant dans

Avant-propos l'accès au vrai, à l'être, aux natures essentielles, aux idées-fondement de ce qui se donne à nous.1O Insistant sur ce «long détour» que constitue le dialogue, François Châtelet peut dire: «Ce que Platon invente, et qui est l'institution même de la philosophie, c'est que le terme médiat grâce auquel doit être révélé ce qu'il en est de l'Etre et ce qu'il en est de l'homme est l'homme même en tant qu'il entre, en sachant ce qu'il fait, dans la nécessité du dialogue. Le dialogue est la relation vraie ».11 Revenir ainsi au dialogue, procédé archéologique de la philosophie, c'est adresser à la philosophie africaine se faisant,12 l'invitation salutaire à la relation dialoguée, communicationnelle, audelà des écueils actuels, à savoir, l'enfermement dans un débat éculé, opposant prétendus philosophes vrais et «Ethnophilosophes» et l'absolutisation de la rationalité instrumentale. A cet égard, les prétendus philosophes vrais se posent comme parlant du point de vue de l'absolu de la philosophie et de l'absolu de la raison unique, au moment même où relativité des philosophies et pluralisme des rationalités sont à l'ordre du jour, au nom du réel (l'histoire) et de la normativité (la tolérance). L'enfermement à l'intérieur d'une rationalité instrumentale absolutisée crée l'assomption idéologique de cette source de puissance, posée désormais en tant que condition transcendantale de la contre-puissance en vue de la libération, alors même que la nature arraisonnante et potentiellement déshumanisante de cette rationalité est connue, critiquée, remise en cause, au nom de la valeur absolue de l'Homme, de l'être humain que nous considérons comme d'essence divine. II - Les thématiques examinées Nous avons organisé nos discussions autour de trois thèmes: (1) la raison plurielle, (2) les positivismes comme idéologies, (3) une vie réelle, une mort certaine.
Il s'agit ici, fondamentalement, de l'arrachement au sensible qui cherche à se constituer comme le tout de l'être par une identification du monde sensible avec le monde réel. Il Platon. Paris. Idées. Gallimard. 1965. p. 136. Souligné par l'auteur. 12C'est-à-dire se développant dans le présent, assumant sa contextualité et aidant à la gestation d'un avenir autre, plutôt que récupérant des vérités absolues de manière dogmatique et incantatoire. 16
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Avant-propos 1. Une raison plurielle L'objectif ici a été d'examiner ce critère distinctif de l'humanité, la raison, pour en observer le déploiement dans le réel (humain, social) et l'histoire, autour de la question essentielle de son unicité ou de la pluralité de ses figures.Cette question aborde non seulement la matière sur laquelle cette raison agit (avec critique de la restriction de l'objet à la seule réalité maîtrisable), mais encore et surtout, l'objectif de ce déploiement, qui est la nécessaire affectation du sens, affectation par un homme (divers) et pour l'homme (dans la pluralité de sa contextualité et de son rapport à soi et à l'avenir). 2. Les positivismes comme idéologies Nous réexaminons ici, dans le sillage de la thèse de Doctorat d'Etat que j'ai soutenue en 198913, et à partir de la thèse de Doctorat d'Etat récemment soutenue par le collègue Lucien Ayissi14, les hypothèques des divers positivismes. Au registre de ces hypothèques, citons: a) - le monisme absolutiste de l'objet, b) - l'exclusivisme méthodologique qui fait du modèle positiviste de scientificité (valable plus ou moins totalement dans les sciences de la nature) le modèle absolu pour toute science possible, c) - l'occultation du caractère idéologique des positivismes, avec: - la fin programmée de la métaphysique, - l'auto-affirmation des positivismes comme absolu de la philosophie, - l'évacuation de la question du sens et de tout saut libre vers l'inconditionné, de même que l'occultation des dérives inhumaines de la rationalité mise au service de la domination simultanée du réel et de l'homme... 3. Une vie réelle, une mort certaine Qu'il y ait vie, que cette vie, qui est un véritable mystère autant sur le plan de son origine que sur le plan de sa destination, se déploie diachroniquement et se dissolve inéluctablement dans la mort, c'est le constat même que fait le sujet humain émergeant à l'existence, mais devant disparaître, du fait de la mort.
13Positivité scientifique et positivisme idéologique. Une analyse épistémo-politique dufétichisme de la science. Université de Toulouse-le-Mirai!. Avril 1989. 14Le positivisme de Hume. Prolégomènes à l'épistémologie positiviste. Université de Yaoundé I. Août 2005. 17

Avant-propos Alors, quel sens, c'est-à-dire, quelle ongme donner à cette émergence à la vie? Quel sens, c'est-à-dire, quelle destination lui affecter, et d'ailleurs, comment mener cette vie, pour qu'elle ait un sens? Et après cette vie, est-ce le néant? Et quel sort, pour cette pression d'éternité qui nous habite, pour cette aspiration à la permanence que nous sentons en nous-même et que nous essayons de traduire, dans ce que nous sommes, dans ce que nous croyons, dans ce que nous faisons? Une réflexion sur la mort ne se constitue-t-elle pas comme dimension nécessaire de la gestion de la vie, une vie qui doit être fondamentalement humaine? III - La transcendance de l'humain

Nous voulons donc, dans cet ouvrage, insister à nouveau sur l'humanisme du présent et de l'avenir. Cet humanisme est essentiellement ethico-axiologique, ce qui signifie qu'il intègre une pluralité de primautés: la primauté de l'être, celle du devoir-être, celle du devoir, celle de l'esprit et de l'homme, c'est-à-dire de la personnefin-en-soi et absolu de valeur, enfin, celle de l'hominisation, c'est-àdire, celle du processus par lequel le sujet advient, dans la plénitude de son authenticité. On peut donc ici reprendre tout en les infléchissant, ces mots suggestifs de Nietzsche: « Il faudra enseigner à I'homme à sentir que l'avenir de l'homme est dans sa volonté, que cet avenir dépend d'un vouloir humain ».15 En réaffirmant ainsi que l'avenir de l'homme sur terre ne tombera pas tout fait du ciel, un tel humanisme se situe résolument dans le sillage de cette métaphysique du sujet-valeur, et c'est elle, avec la pluralité de ses primautés, qui sert de fondement et de finalité à l'ensemble de nos recherches. Yaoundé, Février 2006

15Par-delà le bien et le mal. V 9203. Cette affirmation de Nietzsche, revalorisatrice de la transcendance de l'homme, peut très bien être reprise par ceux qui adoptent, par la foi, la Transcendance divine. C'est l'articulation sens praxis responsabilité de l'homme qu'il s'agit de valoriser. Là est la sagesse. Là est la philosophie.

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ENTRETIEN
HYPOTHEQUES

N° I.

POSITIVISTES

Yaoundé, Octobre 2005

Entretien n° I: Hypothèques positivistes I - CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES Jean-Bertrand Amougou: Réfléchir aujourd'hui sur le positivisme, organiser sur lui débats et colloques, lui consacrer des thèses et des ouvrages, pourquoi? Pius Ondoua Olinga: Il peut être tout à fait intéressant, et même utile, de revenir au positivisme dont nous pouvons par ailleurs affirmer l'actualité. Sans entrer déjà dans le cœur du débat relatif à la paternité du positivisme (autant le terme que la systématique conceptuelle), nous pouvons reprendre, à titre tout à fait provisoire, la signification que Lalande donne de ce concept, après avoir affirmé qu'il est «ensemble des doctrines d'Auguste Comte, telles qu'elles sont exposées essentiellement dans le Cours de philosophie positive (18301842), le Discours sur l'esprit positif (1844), le Catéchisme positiviste (1852), le Système de politique positive (1852-1854) ».16Pour Lalande en effet: «On donne [...] le nom de positivisme à des doctrines [...] qui ont pour thèses communes que seule la connaissance des faits est féconde; que le type de certitude est fourni par les sciences expérimentales; que l'esprit humain, dans la philosophie comme dans la science, n'évite le verbalisme ou l'erreur qu'à la condition de se tenir sans cesse au contact de l'expérience et de renoncer à tout a priori; enfin, que le domaine des « choses en soi» est inaccessible, et que la pensée ne peut atteindre que des relations et des lois ».17 C'est par précaution méthodologique que je n'entre pas ici dans ce problème de la paternité du positivisme, problème déjà répérable dans le texte de Lalande. Jean-Bertrand Amougou : On le sent effectivement au rattachement que Lalande fait de certaines doctrines positivistes (John Stuart Mill, Spencer, Renan, Taine) à la pensée d'Auguste Comte. Pius Olinga Ondoua: Ce n'est pas seulement par rapport à la dérivation ultérieure de certains systèmes vis-à-vis du positivisme dit

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André Lalande. Vocabulaire

technique et critique de la philosophie.

Xièmeédition.

Presses Universitaires de France. Paris. 1968. p. 792. 17Idem. pp. 792-793.
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Entretien n° I: Hypothèques positivistes primitif d'Auguste Comte qu'il faut prendre des précautions ;18 c'est tout d'abord, pour le positivisme, par rapport à sa propre antériorité, à sa propre dérivation que le texte de Lalande me paraît intéressant. Nous allons le revoir tout à l'heure. Quoiqu'il en soit, communes à tous les positivismes, Lalande voit au moins trois thèses: l'articulation connaissance-faits (triomphe du factuel), la paradigmaticité des sciences expérimentales, dont la méthodologie et la postulation négationniste des a priori ou des arrière-mondes deviennent normativité pour toute science possible, et enfin la limitation (et de la pensée et de la connaissance) au seul niveau de la relationalité, fondement de la légalité. Jean-Bertrand Amougou: Vous venez de donner en synthèse préliminaire, les grands axes des positivismes, primitifs ou successifs. Nous allons bien sûr y revenir, mais intéressons-nous, même si nous n'entrons dans aucun détail, à la question de la paternité, autant du concept que de son déploiement. Pius Ondoua Olinga: Tout en constatant que chacune des grandes œuvres d'Auguste Comte reprend en titre le concept de positif ou de positivisme, il est loisible de relever que Lalande rattache à l'école saint-simonienne le premier emploi du concept de positivisme. Ce qui montre évidemment que ce terme (dans ce sens !), était utilisé bien avant Auguste Comte et l'école positiviste, la méthode positive étant, pour Saint-Simon, la vraie méthode scientifique, dans la mesure où Saint-Simon articule deux thèmes importants: le thème de l'unité de la science et le thème de la linéarité de la trajectoire des sciences de la conjecture à la positivité, par dépassement de la théologie et de la métaphysique, conjecturales toutes les deux. Jean-Bertrand Amougou : A y regarder de près, la loi des trois états que formule Auguste Comte n'est rien d'autre que la reprise de cette linéarité! Pius Ondoua Olinga: On peut le dire. Emile Bréhier nous révèle d'ailleurs que même l'expression « politique positive» a été inventée en 1820 par Saint-Simon, Auguste Comte qui a d'ailleurs été son
18 Encore que ce plan ne puisse entraîner aucune conséquence d'intérêt pour J'histoire de la philosophie et de la pensée. 22

Entretien n° I: Hypothèques positivistes secrétaire de 1817 à 1824 se contentant de la reprendre une trentaine d'années plus tard. Si le problème du premier emploi du terme positivisme peut paraître intéressant où même important, en histoire de la philosophie comme en philosophie des sciences, le problème de sa dérivation génétique me paraît plus important encore. Certes, il faut prendre acte de l'importance de la pensée d'Auguste Comte dont l'objectif, la réforme de la société par une action pratique directe, ne relève ni de la réforme des sciences, ni même de la réforme de l'entendement, cet objectif, télos ou finalité, «n'a [...] d'autre transcendance que celle que lui offre I'humanité [...] réorganiser la société », problème simultanément politique et technique/scientifique. Vous me permettez de citer ici Angèle Kremer-Marietti : « Ce que nous retenons, c'est le télos que le positivisme maintient dans l'action éthico-politique. Ainsi, dans son principe, une fin pratique motive l'élaboration d'une systématisation encyclopédique qui se tient séparée du scientisme et que l'on peut qualifier, suivant les étapes de son développement, soit de politique [...] soit de sociologique [...] soit d'anthropologique. Les disciplines de la politique, de la sociologie et de l'anthropologie, que Comte pense sous la catégorie d'une science positive humaine totale, demeurent nécessairement liées dans un vaste projet de réorganisation totale de la société ».19 Il convient néanmoins de rattacher le positivisme dans son esprit, dans son essence, à un bouillonnement intellectuel immédiatement ou lointainement antérieur, un bouillonnement intensif et décisif, observable notamment avec les Lumières (XVmièmesiècle). Jean-Bertrand Amougou: Il y aurait lieu à notre avis d'être plus détaillé sur ce point, le problème de la paternité thématique du positivisme restant actuel. Pius Ondoua Olinga : Je ne vois pas quel serait d'ailleurs l'intérêt de ce problème. Au registre des prédécesseurs, on a toujours cité de grands noms: Bacon, Descartes, Galilée, Copernic, Saint-Simon. Pour Lucien Ayissi par exemple, «Le positivisme est [...] la nouvelle
Le concept de science positive. Ses tenants et ses aboutissants dans les structures anthropologiques du positivisme. Paris. Klincksieck. 1983. p. 9. 23
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Entretien n° I: Hypothèques positivistes philosophie qui est consécutive à la révolution intellectuelle qui a subverti l'ancien régime mental. Cette subversion théorique prend une tournure décisive avec des Encyclopédistes comme Jean le Rond d'Alembert (1717-1783) et Condorcet (1743-1794)>>20. Selon lui, le positivisme, qui émerge décisivement au XIXièmesiècle avec comme précurseurs les grands noms ci-dessus évoqués, dériverait plus directement qu'on ne l'a souvent affirmé en histoire de la philosophie, de l'empirisme/phénoménisme de Hume. Jean- Bertrand Amougou : C'est cela qui justifierait alors le titre de sa thèse, l'affirmation du « positivisme de Hume» paraissant tout à fait curieuse. Pius On doua Olinga: Je le crois. Non seulement Hume serait prépositiviste, son empirisme ne s'opposant pas radicalement au positivisme, mais même entre Hume et Comte, entre l'empirisme et le positivisme, il y aurait de nombreuses similitudes d'ordre philosophique21. L'auteur de la thèse l'affirme dans l'introduction même de son travail: «Ce sont surtout les similitudes d'ordre méthodologique, conceptuel et téléologique qu'entretiennent les philosophies de Hume et de Comte qui nous amènent à penser qu'il est possible de relativiser, à défaut de la résorber, l'opposition [...] entre l'empirisme, notamment de Hume, et le positivisme »22, et dans nombre de ses développements ultérieurs, il s'attarde à démontrer que Hume comme Comte, veut « rectifier le métaphysique, c'est-à-dire la nature humaine »23, «procéder à une profonde réforme de la philosophie »,24 « soustraire la philosophie à l'empire de l'imagination »25, cette ambition commune culminant dans l'évacuation de toute réflexion sur l'essence des choses, l'au-delà de leur apparaître, la chose en-soi, la finalité même des choses... Pour Hume comme pour Comte, « il n'est plus question pour l'esprit d'aller
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Le positivisme de Hume. Prolégomènes à l'épistémologie positiviste. Thèse de Doctorat d'Etat en philosophie. Université de Yaoundé I. 2005.
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Au registre des similitudes, la critique de la métaphysiqueet de la théologie, le

dépassement de la « paléo-philosophie », le bridage de l'imagination, la critique du saut vers l'extra-factuel...
22 Op. CÎt. p. 6. 23 Idem. p. 8. 24 Ibidem. p. 8. 25 Ibidem. p. 8. 24

Entretien n° I: Hypothèques positivistes au-delà de ce qui n'est plus observable, sous prétexte de vouloir discourir sur la nature intime des faits, de remonter à leurs causes premières ou d'établir leur finalité ultime ».26 Jean-Bertand Amougou: ici ? En fait, quoi de véritablement nouveau

Pius Ondoua Olinga: Je me le demande aussi, car dire de l'empirisme de Hume qu'il préfigure, sur le plan théorique, le positivisme d'Auguste Comte, vu la similitude des impératifs méthodologiques, n'a rien de nouveau, ni afortiori de révolutionnaire. En effet ce que l'on peut appeler « dissipation de l'impératif métaphysique »27 dérive clairement de l'évolution qu'enregistre la philosophie, dans son intentionnalité comme dans sa méthodologie et sa pratique; ce que Jean-François Revel peut montrer en ces termes: « Pour connaître le détail du monde, il n'y a plus lieu de posséder au départ une théorie de l'être en tant qu'être, et il n'y a pas non plus obligation de la dégager à l'arrivée ».28 Une telle dissipation de l'impératif métaphysique, nous le verrons, produit un décrochage entre les diverses sciences et la métaphysique, entrevue désormais comme pseudo-impératif, la libération de chaque domaine d'investigation scientifique, qui «cesse d'être contingente [...], n'a plus à payer de droit de douane à l'ontologie [...] et [...] peut profiter [. ..] de son droit , , . 29 a l auto-gestIOn ».
Le positivisme aurait donc récupéré cet «existentialisme scientifique »30 dont parle Jean-François Revel et qui caractérise le

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Ibidem. p. 13. Jean-François Revel. Histoire de la philosophie. de Thalès à Kant. Paris. NIL

Editions. 1994. p. 487. 28Idem. p. 487. 29Idem. p. 487. Jean-François Revel insiste d'ailleurs ici sur le fait que dans chaque domaine scientifique, « chaque chercheur est délivré, intérieurement du moins, du tribunal de l'ontologie, il acquiert le droit de trouver, et n'a plus le devoir d'y renoncer s'il ne peut prévoir comment se situera sa découverte dans PEtre ou par rapport à Dieu ». Ibidem. p. 488. 30Idem. p. 488.
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Entretien n° I: Hypothèques positivistes xvmième siècle3l, avec suppression de tous les obstacles à la pensée (obstacle métaphysique, croyances et opinions non fondées, peurs et institutions sociales, cautions de tous les impérialismes idéologiques, obstacles psychologiques et moraux...), la thèse dominante de ce xvmième siècle étant «qu'il n'existe pas d'objet métaphysique, et donc que la connaissance métaphysique est une pseudo-connaissance, du moins dans le sens de connaissance d'une réalité absolue située audelà de l'expérience... ».32 Jean-Bertrand Amougou: On pourrait remonter d'ailleurs, dans cette perspective d'investigation historique diachronique, aux périodes antérieures aux Lumières, pour faire dériver autant l'empirismelprépositivisme de Hume que le positivisme de Comte. Pius Ondoua Amougou: Bien sûr. Nous avons déjà mentionné quelques grands noms plus haut, relevant pour certains du XVIième siècle, même si l'apport de cette tranche historique à l'élaboration du positivisme peut être contrasté, ambivalent et seulement par contraposition.33 Jean-Bertrand Amougou : Qu'entendez-vous par là ?

Pius Ondoua Olinga : Ce que je veux dire, c'est que la dissipation de l'impératif métaphysique, au xvmième siècle, bat en brèche l'ambition universaliste que nourrissait la philosophie au xvnième siècle, de s'instituer «Cour Suprême de la science », en tant que totalité et fondement des sciences, « méthode de pensée, règle de conduite, école de sagesse, école de bonheur, connaissance de la réalité et des réalitésainsi que de la réalité des réalités: la substance ou la cause radicale, l'Être en soi, identifiés ou non en dernière analyse à la divinité ».34Il reste néanmoins de ce siècle des éléments importants possiblement récupérables/récupérés par le positivisme, notamment chez Descartes (les travaux touchant la raison universelle), chez Bacon et chez
31 « Dans la conception et la pratique de la connaissance, l'existence précède l'essence, le fait marche devant la théorie, tandis que c'est l'inverse dans les périodes dogmatiques ». Idem. p. 488. 32Op. cÎt. p. 492. 33 On peut lire avantageusement la troisième partie de l'ouvrage cité plus haut de Jean-François Revel, intitulée: Triomphe et mort de la philosophie. 34J. F. Revel. Op. cÎt. p. 485.
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