L'Amour-refus

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Ce livre fait suite à Exclamations philosophiques, et à Thèmes, publié en 2003. Fondée sur de nombreux récits, il propose l'éthique d'un Amour-Refus dont la devise est « Tu souffres donc je t'aime et je ne tolère pas que tu souffres, donc je prends les moyens de te libérer de ta souffrance. » Cette attitude implique une liberté d'esprit, appelée par les problèmes de notre temps. Allant du conflit entre la Cruauté originelle et l'Aimance fondamentale, pour accéder enfin à la Raison ardente, ce livre développe l'expérience vécue d'un cheminement - vers la "civilisation du corps", qu'un "érotisme du bien" assure dans le Droit, et magnifie dans l'éthique du respect.
Publié le : dimanche 1 mai 2016
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EAN13 : 9782140008184
Nombre de pages : 276
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RenéPASSERON
L’AMOURREFUS
Série Esthétique OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
L’Amour-refus
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Mouchir Basile AOUN,La Cité humaine dans la pensée de Martin Heidegger. Lieu de réconciliation de l’être et du politique, 2016. Nikos FOUFAS, La critique de l’aliénation chez le jeune Marx, 2016. Patrick MBAWA DEKUZU YA BEHAN,Le paradoxe du pardon chez Paul Ricoeur. De la gratuité à la gratitude, 2016. Hélène MICHON, Tamás PAVLOVITS,La sagesse de l’amour chez Pascal, 2016. Philippe FLEURY,Figures du gnosticisme, 2016. Auguste NSONSISSA,La grammaire de la signification.Querelle des fondements de la philosophie contemporaine du langage,2016. Pascal GAUDET,Qu’est-ce que la philosophie ?, Recherche kantienne,2016.Godefroy NOAH ONANA,Tradition et modernité.Rupture ou continuité ?,2016.Benoît BASSE,De la peine de mort en philosophie, Quel fondement pour l’abolition ?,2016. Bruno TRAVERSI,Le corps inconscient. Et l'Ame du monde selon C.G. Jung et W. Pauli,2016. Pierre-André STUCKI,Démocratie et populisme religieux. L’homme est-il un loup pour l’homme ?,2016.
René Passeron
L’Amour-refus
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08417-6 EAN : 9782343084176
L’acquiescement éclaire les visages le refus leur donna la beauté. René Char,Fureur et mystère, Les feuillets d’Hypnos.
DÉFINITIONS
Que l’amour dise non dans les nombreuses circonstances où il serait dégradé, avili, trahi, ou simplement dédaigné, est une banalité qui va de soi. L’amour refuse alors ce qui n’est pas lui. L’amour comme refus est tout autre : il se refuse lui-même, dans telle forme inadmissible, comme la possessivité jalouse, l’hubris° dévorante, la trahison des sentiments, l’esclavage sexuel, la satiété conjugale, les faux partages par trop inégalitaires, voire l’insuffisance philosophique de s’attacher à un être charnel et contingent, alors que la mystique passionnelle a soif d’absolu. On s’est demandé si Tristan et Yseult s’aimaient vraiment. Tristan livre sa maîtresse au roi Marc, selon sa promesse féale, bien que la loi du plus fort, licite dans la chevalerie, lui eût permis de passer outre. C’est que ces amants refusent la possessivité… Ils choisissent « l’amour de l’amour », qu’ils ont éprouvé avant le philtre, — celui-ci les ayant livrés seulement à un bonheur bestial, tenu pour passager et lié à la fatalité de la mort. (1) Remontés à ce « pur amour », leur émerveillement réciproque devient une spiritualité continue, un « insolite permanent », (2) un « amour éternel » entre deux mortels. Quand ce refus exemplaire se généralise, c’est surtout sur l’AUTRE qu’il se polarise. Sa devise est alors :
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— Tu souffres, mais je t’aime, donc je refuse ta souffrance, et je prends les moyens de t’en délivrer. Par une « philosophie du NON », où nous retrouverons Bachelard, nous découvrons alors la dialectique d’une activité positive qui intervient dans le CONTRE. Toute proposition négative, comme je refuse, est positive dans l’acte du Je, qui énonce le prédicat. Même quand ce non est un CRI sur le chemin du OUI de l’orgasme, comme dans un film de Lapoujade… (3) Et l’extension du concept d’amour-refus est immense, elle va des luttes tragiques où la médecine est encore en échec, jusqu’à la caresse douce qui calmera l’inquiétude d’un enfant, ou effacera les larmes d’un chagrin… L’aimance (4) est ici le fond naturel — en concurrence avec la cruauté — d’une capacité venue, selon Jean-Pierre Changeux (5), d’un « espace éthique » propre au cerveau humain. Ce fond naturel est la source de toutes les formes culturelles de l’amour, qui est toujours « à réinventer » (Breton). L’amour-refus, en ce qu’il s’élève contre la souffrance des amants, est une émanation majeure de l’aimance fondamentale. P.S. Les mots marqués du signe ° sont définis pages 295 sq.
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DÉDICACE
Tous les êtres humains, femmes et hommes, peuvent aimer dans le refus salvateur — et même nombre d’animaux, comme la mère chatte qui lèche ses chatons nouveaux-nés. Qu’on pardonne à mon attirance — de me limiter au monde féminin, en ce qu’il a de fascinant par la richesse ancestrale de ses refus protecteurs : dès l’âge des cavernes, si les femmes n’avaient pas sauvé leurs enfants, nous ne serions pas là. Or, la femme, à ne considérer que sa nature hormonale, est double : voluptueuse et féconde. Je vous présente donc mes deux amies : Pia,amorosa puella, et Cory,mater dolorosa. Elles seront, dans ce livre, les deux EROGYNES° symboliques du destin de toutes, l’une et l’autre se disputant la dualité contradictoire de la cruauté et de l’aimance. À petits bruits de pas et murmures incompréhensibles, le cortège de toutes celles dont je vais parler passe dans l’ombre de cette dédicace : la reine de Scala, l’îlienne de Sousse, Sombre souffrante, Erzulie, Fréda, Margaret en croix, Antigone héroïque, Iseult sublime, Gloria prostituée, Io-Isis, Aphrodite, Marie, Lilith, Eve, et quelques autres, trop intimes pour avoir un nom… Je « trempe ma plume dans l’arc-en-ciel. » (1)
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