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L'intervalle

De
185 pages
Morcelant les pensées, les gestes, les actes, l'intervalle est la cause même de la mobilité - sans lui, peut-on s'imaginer toute forme de mouvement, de changement ? Cet espacement est une charnière ; sans lui, peut-on concevoir la modification du moindre itinéraire, la réalisation de contact inattendus, la création de nouveaux rapports physiques, spirituels, sociaux ? L'auteur tente de décrire le rôle décisif joué par l'intervalle dans l'évolution de l'existant, y compris l'être humain et sa société.
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L’intervalle

Vers une théorie
dudynamisme créatif

Questions Contemporaines
Collection dirigée par J.P. Chagnollaud,
B. Péquignotet D. Rolland

Chômage, exclusion, globalisation…Jamais les«questions
contemporaines»n’ontété aussi nombreusesetaussicomplexesà
appréhender. Leparidela collection«Questions Contemporaines»
estd’offrirunespace deréflexionetde débatàtousceux, chercheurs,
militants oupraticiens,qui osent penserautrement, exprimerdes idées
neuveset ouvrirdenouvelles pistesàlaréflexioncollective.

/62(/67 39:6+1/7 4+697

Christian MARION,Participationcitoyenne au projeturbain,2010.
AlbinWAGENER,Identité(s). Essaiàproposd’unfantôme,
2010.
JenniferFUKS,L’anti-américanisme auseindela gauche
socialiste française,2010.
FlorenceSAMSON,La femme :objetdela gent masculine et
desdiktats sociétaux,2010.
ChristianSIMEON(avecla collaborationdePierre
BETBEDER),L’exclusion,une étapeversd’autres mondes,
2010.
MauriceBERNARD,Ombreset lumière. Lesélites
françaises. TomeIII,2010.
MauriceBERNARD,Lamarchevers lepouvoir. Les
élitesfrançaises. TomeII,2010.
MauriceBERNARD,Laméritocratie française. Lesélites
françaises. TomeI,2010.
DanielLAGOT(dir.),Droit internationalhumanitaire :Etats
puissantset mouvementsderésistance,2010.
PierreCOMBARNOUS,Architecture etAltermondialisation,
2010.
BertrandMARICOT,Le RPR et la constructioneuropéenne :
se convertir oudisparaître? (1976-2002),2010.
FrançoisHULBERT,Le Pouvoirauxrégions,lareconstruction
géopolitique duterritoire français,2010.
ThierryFOUCART,Démocratie et libéralismeoules
motivationsd’uncandidatdupartialternativelibérale aux
électionseuropéennesde2009,2010.

EdwardGrinberg

L’intervalle
Versune théorie
dudynamisme créatif

© L’Harmattan,2010
5-7,rue del’Ecolepolytechnique; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN:978-2-296-11846-1
EAN:9782296118461

Tant que les intervalles morcellent la vie individuelle et
collective, ainsi que l’environnement bâti par l’être humain,
celui-ci et la société se différencieront de la machine.
Pourtant, la tendance actuelle est d’éliminer ces espaces
vitaux - d’où, cet ouvrage.

Mes sincères remerciementsaux personnes dont les noms
figurent ci-après, pour leur aide et encouragement à
poursuivre l’exploration de l’intervalle et développer certains
projets inspirés par cette recherche :

Professeur Robert L. Geddes qui, en m’offrant une bourse
de recherche à l’Université de Princeton, me permit
d’approfondir et de développer mon travail.
Kenneth Frampton et Gunter Nitshke, historiens,
professeurs à l’Université deColumbia et celle de Princeton,
guides généreuxde mes explorations.
François Barré, ancien Président duCentre Pompidou, de
la Grande Halle de la Villette, Directeur de la DAP, qui nous
aida, Henia Suchar, ma partenaire, et moi à avancer avec
notre travail de recherche et avec l’une de ses applications,
notamment le projet «Système Domobile, lavoiture intégrée
à laville. »
Bernard Robert, Secrétaire Général duMIIAT, Bassin
Parisien,
Francis Lacloche, Directeur dumécénat de la Caisse de
dépôts et consignations,
ThierryGaudin, Président de la Fondation 2100et ancien
Directeur duCPE duMinistère de la Recherche,
José Chapelle et Manuela Manzini, responsables de
l’exposition «Système Domobile » auCentre Georges
Pompidou, ainsi qu’à ses présentations dansune trentaine de
musées et centres culturels en France et à l’étranger.
Enfin, mais en priorité, Henia Suchar, ma compagne, à qui
je dédicace cet ouvrage.

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Le processus.

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L’intervalle et l’être humain

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L’intervalle et l’existant.

Introduction.

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33
53
55
59

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SOMMAIRE

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25
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L’intervalle dans la structure du monde. .
L’intervalle et la création du monde. . .
L’intervalle dans les mythes et les croyances

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69
75
79
83
87

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La « Panne », la « Friction », le « Sas »
Deuxmodèles .. . . . . . . .
L’intervalle, lavocation, le don. . .

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L’intervalle et l’homme. . . . . . . . .
L’intervalle et la femme. . . . . . . . .
L’intervalle et l’enfant. . . . . . . . . .
La montagne russe. . . . . . . . . . .
L’intervalle, l’enfant et le Moi, Moi, Moi. . . .
L’intervalle, le libre-arbitre, le doute, la conscience

Les facteurs

.

Les quatre « pistons » de l’existence : Action, Moyen
d’action, Mobilité, Information. . . . . . . .
Le Janus de l’existence .. . . . . . . . . .
Source d’actions, fabricant de moyens d’action .. .
Une équation. . . . . . . . . . . . . .

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. 183

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Bibliographie.

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L’intervalle et le monde bâti par l’homme

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Les trois cerveaux de l’être humain.
Les solutions possibles .. . . .
Docteur Jekyll et Mister Hy.de .

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. 143
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179

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La ville, la société. . . .
Le bâti. . . . . . . .
La rue. . . . . . . .
Les activités dans la rue. .
Les voitures dans la rue. .
Une société presque parfaite.
Une société bâtarde. . . .

Les choix. . . . . .
Res Mobilis. . . . .
Le Socio-Mobile .. . .
Le Moi auxmillevisages .

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La conjoncture.

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Conclusions

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Introduction

« Rienne surgit du rien», dit un ancien adage. Un autre,
plus précis, constate : « L’aventure est au coin de la rue ».
En d’autres termes : l’inconnu, le nouveau, est enfoui dans
l’existant, parfois, à deuxpas de nous. Il suffit de faire la
jonction, chacun à sa manière. Au: franchir destrement dit
écarts, des espaces entre-deux.
Morcelant les pensées, les gestes, les actes, ces
espacements sont la cause même de la mobilité – sans eux,
peut-on s’imaginer toute forme de mouvement et de
changement ?
Fractionnant l’étoffe dumonde en des innombrables
composants, les intervalles sont des charnières – sans eux,
peut-on concevoir la modification dumoindre itinéraire, la
réalisation les contacts inattendus, la formation de nouveaux
rapports physiques, spirituels, sociaux?
Imaginonsun monde commeune boule compacte, sans
ruptusans terrainsEntre »,res, sans espaces «vagues. Un
monde tel que Parménide levisionna cinq siècles avant notre
ère :un Être Global, inscrit dansune sphère gigantesque
ayantun seul cerveau,un seul esprit,une seule manière
d’exister, d’agir, de rêver même. Ununivers oùle
mouvement et le changement sont des illuTosions. Un «ut »
oùchacun a sa place, communicant avec les autres et
échangeant instantanément les mêmes idées, les mêmes
biens.

13

Cette conception effrayante fut et elle l’est toujours,
quelque peumodérée,un modèle,un pilier philosophique.
Elle forma lavision de Platon en essayant de définir la
République idéale ; depuis, elle est la base indirecte de
nombreusesvisions philosophiques, politiques, théologiques.
Constituerune société qui estun ensemble homogène, ayant
une mentalitéunique,une seule manière de se comporter, de
juger, d’évoluer, n’est pasuneutopie.
L’histoire ancienne et récente nous fournit des
exemples abondants: l’Empire hellène, celui de Rome, le
Saint-Empire, les puissances coloniales, le communisme, le
nazisme et aujourd’hui, les blocs religieux, lesunions
économiques, politiques, étatiques…
Ils sont de loin moins achevés que la boule de Parménide
oula République de Platon. Mais, si certaines idéologies et
systèmes socio-politiques actuels continuent à dominer et
même à croître, ce modèle peut devenirune réalité.
Il ne serait donc point exagéré devoir dans la discontinuité
dumonde et en particulier, dans les intervalles,une donnée
décisive à tout ce qui estvivant.
Depuis l’apparition de l’homo sapiens jusqu’à l’homme
contemporain, ces espaces entre-deuxforgent son évolution,
son aptitude à surmonter des impasses, à survivre.
La présence des intervalles détermine aussi bien la nature
dumonde bâti par l’homme, notamment, le cadreurbain et
social. Insérés dans leur structure particulière, ils
transforment ces deuxcadres en des générateurs d’activités et
de créativité nouvelles. C’est leur absence ouleur
rétrécissement qui les rend semblables à des machines.
Or, avec la découverte des moyens de production en
masse, l’homme tend à rétrécir de plus en plus les intervalles.
En amplifiant les données «Vitesse » et« Efficacité » deses
occupations, il renonce auxbrèches apportées par ces espaces
– jugés comme étant d’accidents, d’entraves - et s’enferme
dans l’établi.

14

De même avec l’organisation de lavie collective,
autrement dit, les idéologies et les systèmes socio-politiques
qui en découlent. Conditionné par ces derniers, l’individuest
façonné quasiment parun et seul moule. Déterminant les
itinéraires qui mènentvers ce qui est estimé comme
nécessaire et souhaitable pour tous, il n’ya que très peu
d’espacements libres pour ceuxqui désirent tenter d’autres
voies, d’autres modes devie. Imposée ouagréée
volontairement, l’idéologie régnante et l’uniformité
accablante qu’elle apporte dans tous les domaines, sont tôt ou
tard, déformées ourepoussées.
Car la nature humaine est dotée des deuxaspects
fortement conflictuels. Nous nous balançons entre deuxpôles
qui existent depuis l’émergence dupremier homme et
peutêtre, de la première algue. Ils agissent comme les deuxforces
physiques bien connues : la force centripète et la force
centrifuge. L’une concentre, l’autre disperse ; l’une construit,
l’autre détruit l’établi, afin qu’éventuellement, le différent et
le nouveausurgissent.
Qu’il soitun petit groupe des gens, tel qu’une famille, ou
d’un plus large -une tribu,un peuple - la force centripète est
due à l’attirance de ses membres parune entité centralevers
laquelle convergent leur héritage formatif commun, leurs
besoins d’appartenance, de sécurité. Les règles de jeuqui
structurentun tel ensemble sont définies par l’entité centrale,
autrement dit l’Autorité, personnifiée par le Père, le Chef, la
Majorité.
Cependant, le système constitué par ces règles n’est jamais
permanent, car la force centrifuge rentreen jeu. Le système
est modifié par l’alternance de ceuxqui gouvernent, des
crises internes et externes, prévues et imprévues.
Il suit que touIdéologie »,te «tout «Sysont desstème »,
notions qui ne concernent que des réalités passagères. Dans
les annales de l’histoire humaine, aucu»n «Modèle social
n’a jamais réussi à transformer des strates mouvantes sur

15

lesquelles sont fondées les sociétés en une base solide et
permanente, empêchant ainsi la force centrifuge d’agir.
Cet échec est certainement, notre chance. Libérés des
carcans d’unoGlobale »,ne idéologie «us retrouvons notre
nature proprement humaine et heureusement instable. Ceci,
malgré la conviction de ceuxquivoient dans la fin de la
Guerre froide, lavDémocratie »ictoire de la «et du
« Libéralisme »sur les autres idéologies politiques et par là,
le début d’une nouvelle ère et la fin de l’histoire telle que
l’humanité l’avait connue auparavant. Quel mirage !
En effet, la période que nousvivons devrait être
considérée comme étant à l’opposé à cettevision. L'ère des
idéologies qui gouvernent lavie des larges sections de la
population planétaire touche, apparemment, à sa fin. Malgré
les tentatives dusystème démocratique et celui du
mondialisme-libéralisme de sauvegarder leurs raisons d’être
originales, fondées sur le principe «Le plus grand bonheur
pour le plus grand nombre », ils sont loin d’yréussir.
Les causes principales : perte de l’essence même du
système démocratique étouffé par le cadre étatique toujours
grandissant ; la montée dupouvoir défectueuxet abusif du
sy; la déception dstème financier
planétaireumondialismelibéralisme hautement sélectif.
Face à ces faits, les questions se posent :
Que peut-il survenir après la fin de l’ère des idéologies
« Globales » ?
La société pourrait-elle s’organiser sans idéologie de
masse, sans la philosophie, les slogans et les promesses qui
l’accompagnent ?
Le problème évoqué exigeune riposteurgente, car des
signes avant-coureurs sont déjà envue : l’espèce humaine est
en train de muter régressivement. Elle glisse sur les pentes du
déclin,variées d’aspect et situées dans divers coins duglobe,
mais essentiellement analogues.

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Elles la mènentvers ce qui définit aumieuxle
comportement des autres espèces,une singularité à laquelle
jusque-là, l’être humain semble échapper et que l’on pourrait
désigner par le terme « Mono-mentalité ».
Cette caractéristique de la biosphère est due probablement
aufait que la moindre modification de la nature des animaux,
des plantes, des insectes, est provoquée par des causes
externes, notamment les radiations cosmiques et les calamités
naturelles, qui modifient leur bagage génétique et leur
comportement.
Or, chezl’homme, le changement qui se produit le long de
son évolution, est la plupart dutemps le résultat de son
activité propre. C’est justement ce donunique permettant de
dévoiler constamment le nouveauet le différent, de le
cultiver et ainsi, se diversifier, que l’homme contemporain,
individuellement ouen groupe, est probablement, en train de
perdre. Avec la tendance actuelle de rendre les activités
quasiment instantanées, les intervalles, ces ouvertures
primordiales et irremplaçables de lavéritable innovation et
diversification, sont rétrécis et même, totalement évincés.
Suite à cette perte, l’homme et la société chutent, malgré
leur productivité et les moyens de mobilité prodigieux, dans
le cerclevicieuxd’une mono-mentalité croissante, piégés
dans l’emprise de l’établi et duprédéterminé.
Guidés par cette conviction, notre essai tentera d’analyser
cette situation paradoxale à la lumière d’une investigation de
la nature des intervalles, situés ausein des composants
majeurs dumonde connu.
Ainsi, l’enquête englobera sa partie la plusvaste,
l’Univers, suivi par la plus petite, la particule élémentaire, et
finalement celle qui est entre les deux: le monde de l’être
humain et la société. Dans ce dernier, l’attention est portée
sur le rôle joué par les intervalles insérés dans lavie de
l’homme, de la femme et de l’enfant, ainsi que les rapports de
ces espaces particuliers avec les notions d’État, de Nation,

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des Frontières. Les aperçus - certains brefs, d’autres, plus
élaborés - qui accompagnent ce survol ne seront pas
techniques niformels ;ils auront plutôt le caractère des
esquisses prises en traversant ces régions.
L’envolée sera guidée par les prémisses suivantes :
- L’Homme est doté d’une nature double : il est
simultanément un être Ciblé et Etendu. Leu:r distinction principale
chezle premier, les intervalles qui découpent ses activités
sont éliminés ourétrécis aumaximum afin qu’il atteigne le
plusvite et le plus efficacement ses objectifs. Chezle
deuxième, les intervalles demeurent abondants et importants,
permettant ainsi le dévoilement d’autres buts que l’originel.
- De même avec laville et la société, les deuxcadres
principauxde l’activité humaine. En sauvegardant et
cultivent les intervalles insérés dans leur structure, ces cadres
offrent la possibilité à chacun de modifier ses itinéraires et
objectifs, d’emprunter d’autres pistes que celles
prédéterminées. La société et laville qui sont incapables de
fournir cette liberté, fonctionnent dans maints aspects,
comme des machines.
Conjointement à cette enquête, notre essai examinera les
rôles que jouent les intervalles concernant les problèmes
affrontés actu: troellement par notre espèceubles sociaux,
guerres, inégalités galopantes, spoliation, pollution de son
habitat naturel, des problèmes qui se caractérisent parun seul
terme : autodestruction.
L’investigation se terminera avec la tentative d’identifier
lesvoies qui pourraient prémunir l’être humain contre cette
tendance suicidaire et écarter les failles majeures de la société
contemporaine. Desvoies ouvertes grâce auxintervalles,
propres à l’individuet à la société.

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