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La philosophie de Kant et l'éducation

De
234 pages
De l'idée de critique à l'idéal moral et religieux, surgit, particulièrement dans la philosophie de Kant, une interrogation inhérente aux fins de l'homme et à sa destination ultime : il s'agit du problème de l'éducation, notamment de l'éducation physique, de la culture dans tous ses aspects anthropologiques et de l'éducation pratique qui consacre le sujet moral à l'œuvre sans l'accomplissement de l'Etat cosmopolitique universel.
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LE
PHILOSOPHIE DE KANT ET L’ÉDUCATION
Dumême auteur :
Ethique et politique. VeSemaine congolaise de philosophie, Paris, Editions Paari, 2004, 252p. Emmanuel Kant. Introduction à sa Philosophie Critique, Paris, Editions Paari, 2003. Jean-Paul Sartre. Introduction à sa Philosophie de l’Existence, Paris, Editions Paari, 2001.
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55966-0 EAN : 9782296559660
LE
David MAVOUANGUI
PHILOSOPHIE DE KANT ET L’ÉDUCATION
Préface d’Abel Kouvouama
Département de Philosophie Faculté des Lettres et des Sciences humaines Université Marien Ngouabi de Brazzaville (Congo)
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Préface l est un double paradoxe qui préside à cet exercice périlleux que constitue le fait d’écrire une préface pour un ouvrage destiné à être lu par un public avisé et par des néophytes : c’est d’une part, celui qui consiste pour le préfacier à dire de manière autorisée et avec autorité, l’intérêt intellectuel et scientifique que constitue l’ouvrage deDavid Mavouangui sur hilosophie dent et l’éduction; le second paradoxe, c’est d’autre part, rendre raison de ce qui justifie l’intérêt d’une telle entreprise scientifique pour quelqu’un qui n’est pas spécialiste de ant. Pourtant cet exercice n’est pas fortuit.l ramène à la surface, et pour moi et pour l’auteur, des expériences historiques qui conduisent inévitablement au rappel des conditions historiques qui m’ont permis d’entrer en commerce intellectuel avec la philosophie de et deant ; livrer par la suite la pertinence philosophique de l’entreprise de l’auteur. Un rapide détour philosophique et anthropologique s’impose pour la circonstance.Formé dans les années 1970 à l’Université deClermont-Ferrand aux études philosophiques et anthropologiques grâce aux enseignements entre autres, deean-ClaudeBeaune, de Catherinearrère, d’Anne-Marie Moulin, deDemè Goldschmidt et de VictorGoldschmidt, j’ai pu bénéficier d’une solide formation aux philosophies de René Descartes, deean-acques Rousseau et d’Emmanuelant notamment.a question desumières, de l’éducation et celle de la formation de l’individu dans la cité me préoccupaient davantage et continue de me préoccuper. es enseignements de VictorGoldschmidt sur l’anthropologie deean-acques Rousseau et deant m’ont incité plus tard, après une formation et une soutenance de thèse en anthropologie en 1979 à l’Université RenéDescartes (Paris 5), à soutenir une autre
8David Mavouangui
thèse en 1982 à l’Université Paris-Sorbonne (Paris 4) sur la philosophie politique deean-acques Rousseau.a question de l’éducation chez Rousseau et chezant m’a conduit en 1985, trois ans après ma prise de fonction commeDirecteur du département, à inscrire ces deux auteurs parmi d’autres dans le programme d’enseignement de la philosophie au département de philosophie de l’Université Marien Ngouabi deBrazzaville.C’est en 1986 que j’y accueillais comme enseignement permanent quatre collègues spécialistes de la philosophie moderne et contemporaine, dontDavid Mavouangui qui s’est spécialisé dans l’enseignement de la philosophie deant. Ce livre qu’il consacre à la philosophie de l’éducation de ant s’inscrit dans la suite de ses réflexions entamées depuis les années 1980 à l’Université de Poitiers.Ace sujet, deux idées singulières évoquées dans son ouvrage m’interpellent et font signe de sens par rapport à mes champs d’expérience et de savoir : c’est d’une part, l'intérêt qu’il porte à la question de l'humanité en l'homme dans la philosophie pratique et éducative deant ; d’autre part, la question de l’état de nature chez Rousseau dont l’influence a été utile pourant dans l'édification de ses idées sur l'éducation. En premier lieu, ce que le discours critique deean-acques Rousseau valorise sur le monde social, c’est la description de l’homme dans son antériorité sociale ; celui-ci est au fondement de l’hypothèse philosophique de l’existence de l’état de nature à partir duquel il tente de décrire l’homme universel abstrait, à peine certes « sorti des mains de la nature » ; mais qui jouit d’une totale complétude, d’une liberté et d’une indépendance absolues parce qu’ainsi conçues à l’image du divin. Or, dans la tradition philosophique, l’idée de nature, souligne Victor
 hilosophie dent et l’éduction9
Goldschmidt1, recèle un double sens positif et négatif. Dans son sens négatif, elle signifie, absence d’industrie et du commerce des hommes ; dans son sens positif, elle se confond avec la raison et qualifie l’état de nature dans son opposition à la condition animale.Et la raison rend l’homme apte à recevoir la loi naturelle par ce que faisant aussi partie de la nature humaine.Ainsi ce qui est affirmé derrière l’idée de nature, c’est noteGolds,chdmti «’existence d’un ordre universel, nécessire et spont»2. Pourean-acques Rousseau, c’est par le biais du principe de perfectibilité que l’homme prend conscience et réalise la possibilité de constituer une communauté d’intérêts à partir de cette double appartenance, à savoir celle d’appartenir à une même espèce et celle de partager les mêmes misères et les mêmes souffrances.Et si l’homme culturel est pourean-acques Rousseau un être dénaturé, c’est parce que cette dénaturation est inscrite dans sa nature d’être perfectible ; Cà ses yeux, l’une des tâches de l’éducation’est pourquoi de l’individu consiste, dans la communauté politique d’individus liés par le fait contractuel, à promouvoir dans un progrès continu, une éducation du corps et de l’esprit. C’est entre autre cette idée de perfectibilité queant prend en compte dans l’éducation qui devient ainsi pour lui, comme le souligne ici parfaitementDavid Mavouangui, «un problème pour l'homme ; elle doit réliser cet idél d'humnité, ce progrès indéfini que ne cesse de poursuivre l'être risonnble». En second lieu, la voie de la morale qu’emprunteant pour penser également l’universalité de l’humain lui permet de poser ainsi la question de l’éducation en termes de contraintes ; je dirai même en termes desens prtique
1VictorGoldschmidt,Anthropologie et politique, les principes du système de ousseu, Paris, Vrin, 1974, p. 226. 2bid.p. 226.
10David Mavouangui
dont la morale en général se trouve au centre du rapport entre la théorie et la pratique ; c’est-à-dire : dans la morale appréhendée du point de vue du bien de chaque homme ; dans la morale politique en rapport avec le bien desEtats ; et dans une perspective cosmopolite du point de vue du bien de l’espèce humaine dans son ensemble.3 Assurément, cette humanité queant convoque à travers sa réflexion sur l’éducation – et queDavid Mavouangui s’est employé à en explorer plusieurs facettes – reste une question d’actualité ; d’une actualité si discursive qu’elle oblige philosophiquement à l’appréhender comme « surface d’émergence de la propre actualité de la philosophie », selon l’expression de MichelFoucault ; c’est-à-dire, comme discours de la modernité, comme discours sur la modernité.Et l’on conviendra ici avec lui pour dire que, ce qui caractérise la philosophie comme discours de la modernité, comme discours sur la modernité, c’est qu’elle est à la fois, la surface d’émergence d’une actualité ; l’interrogation sur le sens philosophique de l’actualité à laquelle le philosophe appartient ; enfin, l’interrogation par la philosophie de ce « nous » dont le philosophe fait partie et par rapport auquel il a à se situer4. Par ce détour philosophique dans l’univers foucaldien qui poursuit également la réflexion critique sur l’immense œuvre deant, on mesure à la fois l’universalité et la singularité de la réflexion philosophique et pédagogique dont la tâche continuelle consiste en l’apprentissage de la liberté par l’exercice de la réflexion.EtDavid Mavouangui a raison de conclure son essai sur
3Emmanuelant,héorie et prtique.D’un prétendu droit de mentir pr humnité.fin de toutes choses, Paris,F .48lammarion, 1994, p (ntroduction, traduction, note, bibliographie et chronologie parFrançoise Proust). 4MichelFoucault,e gouvernement de soi et desutres.CoursuCollège de Frnce. 1982-1983, Paris,Gallimard/ Seuil, 2008, p.14.