Le principe de précaution

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La notion de principe de précaution, qui donne lieu à beaucoup de controverses, nécessite de la part d'un juriste une analyse objective pour écarter ce qu'elle n'est pas et définir son contenu véritable. Après un aperçu des sources philosophiques, l'auteur réalise une synthèse du principe de précaution en droit international, européen, en droit comparé et en droit interne. Il intègre notamment les tout derniers développements de la jurisprudence du Conseil d'État.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336394527
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NorbertCALDERARO
LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION
Au carrefour de la philosophie, du droit et des sciences
Le principe de précaution
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05457-5 EAN : 9782343054575
Norbert CALDERAROLe principe de précaution Au carrefour de la philosophie, du droit et des sciences
L’Harmattan
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ïNoduçîoN
Le prîncîpe de précautîon se sîtue au carreour de a phîoso-phîe, du droît et des scîences. ïssu notamment des rélexîons phî-osophîques d’Hans Jonas et de sonPrîncîpe Responsabîîté, î est devenu peu à peu un mot d’ordre pour es cénaces înternatîonaux, une grîe de ecture pour es chercheurs et es décîdeurs. Maîs î a aussî très vîte acquîs a portée d’un concept de droît posîtî que a jurîsprudence, au i des afaîres, s’eforce d’aIner.
Aucun concept jurîdîque récent n’a donné îeu à autant de controverses que e prîncîpe de précautîon. Tour à tour gavaudée, décrîée ou encore objet d’un vérîtabe cute, cette notîon compexe nécessîte aujourd’huî de a part du jurîste une anayse objectîve pour écarter ce qu’ee n’est pas et déinîr son contenu vérîtabe.
Le prîncîpe de précautîon constîtue non pas un parî sur ’ave-nîr souhaîté, maîs e dénî d’un avenîr înhumaîn et învîvabe. ï ne peut être un prîncîpe parapuîe et î ne peut s’assîmîer à un prîncîpe d’înactîon ou d’înertîe împossîbe à mettre en œuvre de toute açon en raîson de ’évoutîon accéérée des scîences et des technîques. Et cette évoutîon apparat înévîtabe sau à généraîser ’expérîence de a secte des Amîsh et de eur reus de tout progrès technoogîque.
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Le prîncîpe de précautîon s’împose peu à peu dans un monde gobaîsé où des causaîtés compexes s’împosent à a rélexîon hu-maîne, à où auparavant régnaît une raîson mécanîque sîmpe, un geste A produîsant e seu efet B. Et î s’aIrme comme une rège de vîgîance actîve quî împose a nécessîté d’une déinîtîon et de procédures mettant caîrement es acteurs socîaux en ace de eurs responsabîîtés. Concevoîr une bonne appîcatîon du prîncîpe de précautîon demande tout à a oîs de connatre ’esprît quî ’anîme, es textes quî uî donnent une orce jurîdîque et a jurîsprudence quî décîne en des sîtuatîons très varîées son appîcatîon. Le présent ouvrage tentera donc d’anayser : - Les sources phîosophîques du prîncîpe de précautîon ; - Sa naîssance et son déveoppement à étranger, au nîveau înternatîona et européen ; - Enîn son contenu et sa portée en droît înterne de a Répubîque rançaîse.
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chapitre préliminaire És souçÉs îosoîquÉs du îNçîÉ dÉ çàuîoN : É PîNçîÉ RÉsoNsàbîî d’HàNs JoNàs
1 Né en Bavîère en 1903 et îssu de a grande bourgeoîsîe juîve îbérae, Hans Jonas, a suîvî de près, de par son propre parcours e personne, es vîcîssîtudes de ’hîstoîre du XX sîèce. Dîscîpe de Heîdegger, î quîtte ’Aemagne en 1933 pour a Grande Bretagne, puîs pour Jérusaem. Servant tour à tour dans ’armée brîtannîque (1940-1945), puîs îsraéîenne (1948-1949), î enseîgne ensuîte à New York à a New Schoo or Socîa Research, maîs aussî à Jérusaem, au Canada et à Munîch. Décédé en 1993, son œuvre majeure est « Le prîncîpe responsabîîté- Une éthîque pour a cîvîîsatîon technoogîque « pubîé, dans sa versîon orîgînae, en angue aemande à Francort en 1979. 2 Énorme succès de îbraîrîe surtout en Aemagne, cet ou-vrage constîtue une tentatîve orîgînae de onder une nouvee
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conceptîon éthîque sur e Prîncîpe Responsabîîté. Anîmé par une vaste ambîtîon, î tente de reonder es conceptîons de a morae et de a justîce quî ont jusqu’à présent régî es socîétés occîdentaes. 3 Hans Jonas part du postuat que ’évoutîon des scîences et des technîques, quî a créé un vérîtabe pouvoîr technoogîque, rend a nature ee-même manîpuabe et de pus en pus atérabe à voonté. Fragîe et menacée, ee devîent comme n’împorte que être humaîn un objet de responsabîîté. Ce qu’î s’agît de protéger et de préserver, c’est a vîe de tout ce quî à ’avenîr apparat ra-gîe et menacé, que ce soîent es génératîons utures, non encore nées, ou a nature ee-même. Pour e phîosophe, « e Prométhée déînîtîvement déchané, auque a scîence conère des orcesja-maîs encore connues et ’économîe son împusîon efrénée, récame une éthîque quî, par des entraes îbrement consentîes, empêche e pouoîr de ’ homme de deenîr une maédîctîon pour uî ».Or « nue éthîque tradîtîonnee ne nous înstruît sur es normes du « bîen » et du « ma » auxquees doîvent être soumîses es modaîtés entîèrement nouvees du pouvoîr et de ses créatîons possîbes ». Dans ce vîde, seue peut servîr de boussoe ’antîcîpa-tîon de a menace ee-même.
§1 : ’îquÉ àdîîoNNÉÉ É sÉs îîÉs
4 Dans e passé, e savoîr et e pouvoîr étaîent trop îmîtés pour încorporer ’avenîr dans a prévîsîon comme pour încure a pa-nète entîère dans e champ de a conscîence éthîque. C’étaîent seuement es vîvants actues, et eurs reatîons avec moî, quî constîtuaîent ’horîzon de a voonté morae. Cette éthîque tra-dîtîonnee occîdentae quî engobe es înteractîons entre êtres
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humaîns actues excut es reatîons avec es anîmaux et e mîîeu nature. Nous n’avons de devoîrs qu’à ’égard de nos sembabes et ce, à ’întérîeur de a bue spatîo-temporee au seîn de aquee se déroue a vîe humaîne. Une tee conceptîon se onde aussî sur e postuat suîvant : ’être humaîn seraît toujours e même à travers e temps et a technîque, de par ses efets îmîtés jusqu’au e XX sîèce, seraît însusceptîbe de transormer sa nature et son comportement. 5 En eet, magré a grandeur d’une îngénîosîté îîmîtée, ’homme, comparé aux ééments, restaît petît. Même sî, année après année, î accabe a terre avec sa charrue, î se pîe à son cy-ce. De même a mer sembe sans âge, ses ressources haîeutîques înépuîsabes et es déchets humaîns însusceptîbes de a souîer vraîment. Avant ’époque contemporaîne, es înterventîons de ’homme sur a nature sont essentîeement supericîees et în-susceptîbes d’en perturber es équîîbres. 6 La nature n’étaît pas objet de a responsabîîté humaîne : ee prenaît soîn d’ee-même et, en y mettant a persuasîon et ’însîs-tance nécessaîres, ee prenaît égaement soîn de ’homme. 7 Léthîque tradîtîonnee en Occîdent, est anthropocentrîque. Ce sont es vîvants actues et quî, d’une açon ou d’une autre, ont commerce avec moî quî înteragîssent sur mes comportements de aîre ou d’omîssîon. «L’unîers mora se compose de contemporaîns et son horîzon d’aenîr se îmîte à eur durée de îe préîsîbe ».
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