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Le regard en-péché

De
252 pages
Ferme les yeux et regarde à travers les paupières. Tout au fond de nous, une voix nous suggère cela face au corps de la femme. Sans être dévêtue : la femme est toujours nue, elle est 'awra. Ce terme arabe désigne ce qu'il faut cacher et définit la femme. Quelle est cette créature exhibée par nature, au point de devoir la cacher ? Quels sont les liens entre cette créature et la femme mais aussi l'homme ? Cette réflexion propose de s'y intéresser en naviguant entre orient et occident.
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Lilia BACHA
LE REGARD ENPÉCHÉ
Réflexion sur le regard porté sur le corps féminin
Préface de Youssef Seddik Avantpropos de Michel Sicard
Série Arts Vivants OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
Le Regard en-péché
Réflexion sur le regard porté sur le corps féminin
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Andreas WILMES, Johan-Antoine MALLET (eds),Figures philosophiques du conflit, 2015. Adrien DIAKIODI,Le combat philosophique de Maurice Blondel contre la double ignorance des masses,2015. Samir MESTIRI,L’ironie de Socrate. Essai sur l’ironie philosophique, 2015. Paul DUBOUCHET,? De la guerre auDemain, l’apocalypse terrorisme… Les véritables causes, 2015. Etienne PIERRE,Le boudoir de la mort ou l’imposture de Sade, 2015. Gérald ANTONI,Le Saint Nom de Jésus. Mystère et révélation, 2015. Stéphane MOURAD,L’unité de l’intellect. Histoire d’une controverse, 2015. Jean-Louis BISCHOFF,Corps et pop culture, 2015. André DOZ,La voie de l’être, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le procès d’effectuation. Des figures abstraites de la conscience aux figures de l’esprit, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le principe d’effectuation. La dialectique des figures de la conscience dans laPhénoménologie de l’esprit, 2015. Michel J.F. DUBOIS,La métaphore et l’improbable. Émergence de l’esprit post-scientifique ?,2015.
Lilia BACHA
Le Regard en-péché
Réflexion sur le regard porté sur le corps féminin
Avant-propos : Michel Sicard Préface : Youssef Seddik
D’après la Thèse de Doctorat soutenue en janvier 2012 Sous la direction de M. Michel Sicard Université Paris 1, Panthéon Sorbonne
© L'HARM ATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-0588-EAN : 97823430588
Remerciements
A mes parents, ma sœur et Etienne.
Je remercie mon Directeur de recherche M. Michel Sicard pour son soutien sans faille. Je remercie Youssef Seddik pour le souffle d’éternelle jeunesse qu’il m’a transmis. Je remercie toute ma famille et toute personne qui a cru en moi.
AVANT-PROPOSPar Michel Sicard La Scène et l’Obscène Si la différence entre les sexes est pour les humains un fait de nature, leur conjonction reste tributaire non d’un habitus social, mais d’une ontologie. C’est elle que les morales et les religions transmettent, qui prétendent normer les corps, leur appréhension comme leurs copulations. La différence des sexes recouvre une unité qui se rattache, tel l’amour, à la quête de l’Un, du ne-faire-qu’un. C’est ce corps offert à l’autre, ou offert pour l’Un, qui est l’enjeu de la polarité des rôles, et de tout rapprochement ou préhension, assurant les jeux du plaisir ou de la descendance. La présente tentative d’explicitation de l’offrande des corps à l’Autre, au regard de l’Autre, est à la croisée de trois perspectives quant au corps : 1°) le corps humain est tributaire d’un interdit majeur portant sur la nudité (qui est pourtant une des caractéristiques essentielles de l’humain) ; 2°) Cette nudité est liée différemment selon les deux sexes, le corps masculin n’étant que peu interdit, dans les traditions judéo-chrétiennes et islamiques ; 3°) Cette oblitération majeure est un épaississement de l’interdit qui transforme le corps féminin en tabou et l’obscurcit, ou le réfracte. Cette dernière caractéristique débouche en terre d’Islam sur la visibilité de la femme barrée par le noir, le voile, qui est la marque même de l’interdit, son épaisseur et sa trace. Mais le travail de Lilia Bacha est trop archéologique pour s’en tenir au vêtement, il cherche sous l’invisible ce que le visible a caché : il ne se contente pas de détourer, il fouille l’origine même de la vision détournée, empêchée, renvoyée à son opacité originelle. Le regard dardé sur le corps de l’Autre correspond toujours à une sorte d’effraction et de sacrilège porté au corps divin. C’est ce point précis qu’interroge Lilia Bacha. Pourquoi dérange-t-il, ce regard, la religion ou ses succédanés ? Son analyse recoupe aussi le devenir des femmes et de leur libération, le féminisme qui s’implique récemment en milieu
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