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Nouvel humanisme et ontologie africaine

De
238 pages
L'africanisme ontologique permet d'appréhender l'Être dans sa totalité en examinant la question du rapport à soi et du rapport à l'autre, à travers la figure du sage africain. Aujourd'hui la rencontre des cultures permet un croisement des rationalités et une pluralité de valeurs qui fondent le nouvel humanisme dont nous nous réclamons. Un humanisme spirituel basé sur le respect et la compréhension de l'autre, par la différence de sa pensée et de ses attributs socio-psychologiques.
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question du rapport à soi, et du rapport à l’autre à travers la figure
des activités pédagogiques auprès des jeunes en grandes difficultés
Etudes africaines
Série Philosophie
Abraham-Peter O-O
Nouvel humanisme et ontologie africaine
Préface de Bruno P
Nouvel humanisme et ontologie africaine
CollectionÉtudes africainesdirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc. Dernières parutions AUDIBERT (Martine) et KONDJI KONDJI (Dominique) dir.,Le développement sanitaire en Afrique francophone. Enjeux et perspectives, 2015. NGAMKAM (Gaston),Le contrat de transport routier de marchandises sous la bannière de l’OHADA et à la lumière de la CMR européenne,2015 SIMBAGOYE (Athanase),Compétences langagières et apprentissage à l’université du Burundi, 2015 WEMBOLUA OTSHUDI KENGE HENRI,Réflexions sur la déclaration universelle des droits de l’homme, valeur, contenu et importance vus d’Afrique, 2015. N’GUETTIA KOUASSI (René),L’Afrique : un géant qui refuse de naître, 2015. EKANI (Serge Christian),Liberté de saisir et exécution forcée dans l’espace OHADA, 2015. KOUAKOU (Jean-Marie) dir.,Penser la réconciliation. Pour panser la Côte d’Ivoire, 2015. WOUAKO TCHALEU (Joseph),Le racisme colonial, Analyse de la destructivité humaine,2015. TOE (Patrice) et SANON (Vincent-Paul),Gouvernance et institutions traditionnelles dans les pêcheries de l’Ouest du Burkina Faso, 2015. OTITA LIKONGO (Marcel),Guerre et viol.Deux faces de fléaux traumatiques en République Démocratique du Congo,2015.MAWANZI MANZENZA (Thomas), L’Université de Kinshasa en quête de repères, 2015.Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentationdu contenu des ouvrages, peut être consultéesur le site www.harmattan.fr
Abraham-Peter Okwa-Ondo
Nouvel humanisme et ontologie africaine
Préface de Bruno Pinchard
A Maëlys, Yannis, Déborah et DelphineA mes sœurs et frères A nos Parents © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02269-7 EAN : 9782343022697
PréfaceChemins de dédoublement:la crise de la Raison vue d’Afrique
Cette Afrique, mon cher Abraham-Peter, je ne la connais pas. Mais nous, nous nous connaissons depuis bien des années, qui furent pour nous chemins d’amitié. Votre travail ne m’a jamais été indifférent. Maintenant qu’il entre, après soutenance universitaire, dans le domaine public, il exige de ma part à la fois estime et reconnaissance.
Estime tout d’abord car, à travers la remémoration des grandes étapes de la philosophie occidentale confrontée à son ethnocentrisme, vous vous êtes montré conscient des ambiguïtés de la raison conquérante. Vous nous placez sans cesse devant la violence qui accompagne le naufrage du monde de la qualité sous la pression du programme gnoséologique et ontologique des grands savoirs. C’est un des acquis de ce livre que de révéler la passion de la destruction qui accompagne le projet scientifique de la Mathesis cartésienne. Après un tel travail, il n’est plus possible de célébrer la raison d’une façon univoque. L’Occident a inventé un mode de rationalité qui n’épuise pas toute la force de la rationalité. Il y avait aussi la raison d’Aristote et même d’Epicure. Mais c’est la raison dualiste, anti-charnelle et efficace qui l’a emporté. Ce culte du mouvement contrôlable a montré, au cours des derniers siècles, ce dont il était capable et certes, ses désastres ne se limitent pas au dessein esclavagiste et colonialiste : il s’est emparé de l’Occident lui-même et a soumis ses peuples à des souffrances qui marquent assez ce que veulent l’ascétisme de la mesure et l’assurance des dogmes expansionnistes.
Le livre traverse ses arguments et rencontre la réalité d’une Afrique blessée, mais riche de relations qu’on pourrait dire supra-naturaliste, qui n’ont été retenues en Europe que chez les poètes et les artistes, non sans d’ailleurs y trouver un bénéfice de reconnaissance et de valorisation individuelles qui a sa part suspecte. Mais les peuples européens ne pouvaient pas vivre plus longtemps dans cet acharnement contre eux-mêmes, il leur fallait demander aux peuples soumis des lumières qui échappaient à leur inventaire prétendument clarifié des états de choses.
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L’analyse dévoile ainsi de nouveaux territoires traditionnels, certes réduits à des fragments dans l’état présent du monde, mais assez significatifs pour donner lieu dans la récente pensée africaine à des recensements et des tentatives fortes de réhabilitation. Nul ne peut prédire ce que l’activisme capitaliste laissera de vivant dans cette étonnante relation aux objets, dans ce sens de la responsabilité intersubjective, dans cette pratique amoureuse du mystère. Mais le témoignage est là, la thèse joue son rôle, d’autant plus fort qu’elle étend son domaine expressif au-delà de la sphère muséologique dont les vitrines unissent assez l’ennui de l’exposition et la menace du répertoire pour cacher plus longtemps leur dessein crépusculaire. Il est bon que les territoires vivants paraissent pour que l’idée d’une ontologie africaine ne soit pas contenue dans le seul registre d’une alternative aux ontologies dominantes, mais paraisse avec une évidence qui ne se réduise pas aux prétendus horizons de l’archivage automatique.
La thèse vaut ici par la force et la précision de son témoignage. Il reste qu’une théorie du capitalisme en Afrique, qu’il soit américain ou chinois, ne serait pas inutile car elle permettrait de mesurer à quel prix humain, historique et politique les possessions païennes ici revendiquées pourraient apparaître comme de réels partenaires dans un nouveau partage mondial des influences. Le thème facile de la pauvreté de l’Afrique ne peut plus épuiser l’argument car chacun peut observer quelle part croissante l’Afrique joue dans le développement mondial, avec les possibilités de rachat d’unités entières de la production européenne en crise qui en découlent. Mais avec cette entrée de l’Afrique fantôme dans le jeu de l’argent, nul ne peut prédire quelles conséquences en matière de mœurs et de perception, d’éducation et de religion vont être rendues inévitables. Aussitôt c’est l’intégrité de l’ontologie traditionnelle qui est mise en cause, comme elle l’est désormais en Inde ou en Chine. A l’Afrique chantée par Peter-Abraham de montrer alors quelle puissance d’innovation et de résistance elle incarne dans ce nouveau jeu des forces.
Mais je ne peux quitter cette préface sans exprimer ma reconnaissance à l’égard d’un chercheur qui a pris la peine de lire mes livres, de les citer et de les faire servir à son dessein de réhabilitation des forces vives de ce pays. Si mon travail sur ledédoublement de la raison était d’abord destiné à mettre en lumière les limites des choix de développement que j’ai pu observer dès la fin des années 80, je suis
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émerveillé de constater qu’un chercheur jeune et plein d’initiative se montre capable de réinvestir ces hypothèses somme toute locales, et limitées par l’obligation de parler la langue de la culture, dans des enjeux de globalisation que je ne suis parvenu à définir que dans mes derniers travaux sur la Métaphysique de la destruction et la relecture d’un Marx sans révolution. Même si la différence entre mes positions et les tenants d’un renouveau simple de l’imaginaire n’est pas toujours rigoureusement construite, je demeure très intéressé par ce développement de mon travail qui, loin d’être un simple prolongement, pourrait demain devenir un site de renouveau, capable surtout de prendre son indépendance à l’égard de son point de départ. Un philosophe ne peut qu’être reconnaissant à l’égard d’un tel débordement de ses acquis, toujours historiquement datés et tenus à des positions de départ extrêmement précises. Mais finalement, ce n’était peut-être pas si mal d’être à ce point contraint à la concentration dans les débuts si, par l’effet du travail d’étudiants généreux, le propos a pu gagner graduellement en universalité et en puissance historique de conviction.
Bruno Pinchard Professeur des Universités à Lyon III, chercheur au CNRSS, directeur de l’école doctorale de philosophie de la Région Rhône-Alpes, responsable de l’équipe « Recherche sur la circulation des idées. »
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