PEINER, UVRER, TRAVAILLER

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Notre société connaît une crise du travail dont les débats récents sur les moyens de faire reculer le chômage et sur la fin du travail sont une manifestation particulièrement vive. Le présent ouvrage est une contribution philosophique à la réflexion sur le sens du travail. Il montre comment a changé le sens de la condition humaine et la place du travail dans cette condition. Une réflexion en rapport constant avec la conception du travail de H. Arendt et qui s'attache aussi à la définition de travail abstrait de K. Marx.
Publié le : samedi 1 février 2003
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EAN13 : 9782296314252
Nombre de pages : 164
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PEINER, ŒUVRER, TRAVAILLER
Sur le travail et la condition humaine

Collection Questions Contemporaines dirigée par J.P. Chagnollaud, A. Forest, P. Muller, B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisation... Jamais les «questions contemporaines» n'ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines» est d'offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions

Nicole PÉRUISSET -FACHE, Professeures, l'État c'est vous!, 2002. Bernard ROUX, Le département évanoui ?, 2002. Emile USANNAZ, La refondation du lien social, 2002. Joachim de DREUX-BRÉZÉ, Concilier l'homme et le pouvoir, avec Bertrand de Jouvenel, Simone Weil et Henri Laborit, 2002. Jean-Luc BEQUIGNON, Psychologues à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, 2002. Jean-François VENNE, Le lien social dans le modèle de l'individualisme privé. De chair et d'os, 2002. Paul ARlES, Pour sauver la Terre: l'espèce humaine doit-elle disparaître?, 2002. Michel AROUIMI, L'apocalypse sur scène, 2002. Calixte BANIAFOUNA, Vers une éradication du terrorisme universel ?, 2002. Vincent Sosthène FOUDA, Notions de réussite et d'échec dans la filiation adoptive, 2002. Collectif Habitat Alternatif Social, L'insertion durable, pratiques et conceptions, 2002. Robert DECOUT, Chronique d'une élection bouleversante, 2002. Jean-Michel DESMARAIS, Voter Chirac un cas de farce majeure, 2002. Alain REGUILLON, Avenir de l'Europe: une convention pour quoi faire?, 2002. Jacques RENARD, Un pavé dans la culture, 2002. Lionel TACCOEN, Le pari nucléaire français, 2003. André TIANO, La lutte contre l'exclusion dans le languedoc maritime, 1789-2000, 2003. Me Michel PAUTOT, Le sport spectacle, 2003.

Hubert Faes

PEINER, ŒUVRER, TRAVAILLER
Sur le travail et la condition humaine

L'Harmattan 5~ rue de l'École-Polytechnique 7, 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@ L'Harmattan,

2003

ISBN: 2-7475-3972-5

I. INTRODUCTION.

Les débats contemporains et le sens du travail. - Le travail et l'humain. - Trois significations du travail. - Trois compréhensions de la condition humaine. La fin du XXe siècle a été marquée par de vifs débats, liés à la situation économique difficile, sur le statut et l'avenir du travail. Certains n'ont pas hésité à proclamer la fin du travail; sans aller aussi loin, d'autres ont repris une critique déjà ancienne de la trop grande importance donnée au travail dans la société moderne et défendu la nécessité de le relativiser, l'homme ayant à s'accomplir par d'autres activités que le travail. D'autres, par contre, défendent l'idée d'une nécessité par essence du travail dans l'existence humaine comme facteur d'humanisation, d'intégration et de solidarité, cette nécessité ne pouvant se comprendre sans un droit des individus au travail, sans un devoir de donner et de partager le travail. Les débats sur ces questions sont aujourd 'hui quelque peu retombés au moins au niveau du battage médiatique. On peut le regretter.

Sans doute ont-ils eu le plus souvent un caractère quelque peu idéologique parce qu'ils ont négligé de regarder de plus près la situation économique réelle dans laquelle les problèmes relatifs au travail se posent. Peut-on parler de la place du travail dans la vie humaine sans s'interroger sur ce que devient le pouvoir qu'ont certains de faire travailler les autres, et de le faire ici plutôt que là, avec ceux-ci plutôt qu'avec ceux-là, et sur le but qu'ils poursuivent en utilisant le travail des autres? Relativiser l'importance du travail dans la vie, n'est-ce pas risquer de cautionner la formation de sociétés rentières vivant en réalité du travail d'autres sociétés où les droits des travailleurs sont moins protégés? Peut-on décemment soutenir que le travail est essentiel pour être un homme quand tant d 'hommes de par le monde en sont constamment privés, sans interroger la raison d'être d'une rareté trop importante et persistante pour n'être que de circonstance? Il Ya des mécanismes économiques qui règlent l'existence et la répartition du travail et qui font que les idéaux sont le plus souvent en porte-à-faux, à moins qu'ils ne servent effectivement à masquer et à conforter une réalité qui ne correspond pas à ce qu'ils promettent. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'en remettre à l'analyse économique et abandonner toute autre réflexion. Car l'économie à son tour fait souvent preuve de myopie, manque de recul critique et se contente de mettre de I'huile dans les rouages du système sans s'interroger sur son sens. Elle est pourtant une science humaine et même une science morale. À ce titre, tout en ayant un souci de scientificité et d'objectivité, elle ne peut aller sans une réflexion sur le sens de la vie et des activités humaines. C'est pourquoi, nous reprendrons ici la 6

question générale et philosophique de la place du travail dans l'existence humaine. Même s'il semble difficile de faire autrement que de travailler ou de chercher du travail, même si le travail est une routine immémoriale dans la vie des hommes, chacun rencontre un jour ou l'autre cette question: pourquoi travailler? Les réponses immédiates sont nombreuses, précises, pertinentes, péremptoires. Elles montrent la nécessité de travailler, non le sens du travail. La question qui nous intéresse est celle du sens du travail dans la vie humaine. C'est à partir de cette question qui concerne chacun dans l'expérience qu'il a de la vie et du travail qu'un certain recul critique est possible par rapport à une approche exclusivement technique au plan économique. Nous reprendrons cette question sans pour autant perdre de vue les réalités économiques de notre temps. Une façon d'y parvenir peut-être est de ne pas en ignorer l'histoire. La compréhension de la place du travail dans la vie humaine a beaucoup varié au cours du temps et ce sans doute en rapport avec l'évolution des systèmes techniques, économiques et sociaux. S' efforcer de déterminer le sens actuel du travail dans la vie humaine en comprenant les sens qui furent antérieurement donnés au travail permettrait peut-être d'aboutir à une compréhension plus pertinente et plus éclairante relativement à la donne économique et sociale actuelle, celle d'une économie mondiale régie par le capitalisme. Le traitement de toute question suppose l'établissement d'une problématique, c'est-à-dire d'un agencement de concepts et de propositions déterminant le cadre de la question. Mais quand il s'agit d'une question philosophique, la problématique est elle-même problématique. La question ne 7

peut présupposer une problématique dont les concepts ou au moins certains d'entre eux ne seraient pas en question. Une question philosophique est telle, que les concepts qui permettent de la poser sont eux-mêmes en question. La problématique est donc elle-même instable et objet du travail de la réflexion. Ses contours sont incertains. Des concepts sont susceptibles d'y entrer ou d'en sortir; ils peuvent aussi changer de signification ou se déterminer dans des sens différents. Dans une problématique, on peut aussi repérer des lieux où le problème devient sensible et se manifeste sous la forme d'une contradiction ou d'un paradoxe. La manifestation du problème en tel ou tel lieu de la problématique pensée à une époque donnée peut être la manifestation d'une crise qui affecte la vie même de la société. Ainsi en va-t-il de la question que nous voulons poser. Essayons de détailler quelque peu la problématique qui la concerne. Cette problématique articule les concepts du travail et de 1'humain. La conception moderne du travail et de sa place dans l'existence humaine est ébranlée: tel est le point sensible de la question, qui permet de parler d'une crise du travail dans les sociétés contemporaines. Mais la perception de cette crise est biaisée. On y a vu la fin du travail; le travail semble devenir moins nécessaire. Ainsi se réaliserait ce qui était en fait une ambition de la modernité qui faisait travailler les hommes à la diminution de la nécessité de travailler. Il ne s'agit pas en réalité de la raréfaction ou de la disparition du travail, mais de la [m du travail comme fin de la vie humaine. La conception moderne veut que I'homme soit fait pour travailler. Elle dit aussi que le travail est l'essence de I'homme. :Ëtre homme, c'est être travailleur. Le devenir des 8

sociétés contemporaines et les difficultés économiques rencontrées remettent en question cette conception humaniste des rapports du travail et de 1'humain. Il y a en fait un grand décalage entre les représentations qui exaltent l' œuvre du travail à laquelle tous les hommes sont censés participer et dans laquelle ils sont censés se réaliser eux-mêmes et la réalité vécue du travail que l'on vend et que l'on fait pour obtenir de quoi vivre et si possible de quoi vivre autre chose que le travail. Quand on arrive à vendre son travail, on dit qu'on a trouvé du travail. Avoir vendu son travail, c'est avoir un emploi. Inversement, quand on ne peut plus vendre son travail, on l'a perdu. Nos contemporains vivent très concrètement ces deux côtés du travail moderne: ils participent peu ou prou aux grandes réalisations de la civilisation moderne ou peuvent caresser l'espoir d'y participer et ils vivent de près les aléas du marché du travail. Cette incohérence ne peut pas, à certains moments de crise, ne pas faire entrevoir la caducité de la conception humaniste du travail et susciter le besoin de repenser le sens du travail dans l'existence humaine. Mais pour comprendre de quoi il retourne, il est nécessaire de reconsidérer la définition du travail comme tel. Nous venons de distinguer l'œuvre du travail et le travailmarchandise. "Travail" peut donc s'entendre en plusieurs sens et a pu prendre tel sens plutôt que tel autre selon les époques et les situations. Nous ne pouvons espérer définir la place du travail dans la vie sans comprendre les diverses significations du terme et leurs rapports. Il faut d'autre part comprendre les rapports du travail et de 1'humain au-delà d'une conception humaniste moderne du travail. L'idée que le travail est 9

l'essence de I'homme n'est plus recevable comme telle. Prétendre d'une part que l'essence de l'homme est définissable ou que l'on possède cette définition est discutable. Il est d'autre part de toute façon nécessaire de préciser à quel titre ou à quel point de vue le travail relève de l'essence de l'homme, comment le travail s'inscrit dans l'essence de l'homme et dans quels rapports avec d'autres traits de cette essence. D'autres concepts sont nécessaires pour articuler une compréhension de I'humain. Dans le travail, ce n'est pas son essence que l'homme réalise. Le travail n'est pas son but: il ne travaille pas pour travailler, pour améliorer son propre travail voire pour le supprimer. Le travail est la condition de I'homme ou fait partie de la condition humaine. La question du sens du travail nous conduit aujourd'hui à un sens renouvelé de la condition humaine que nous saisissons en réfléchissant les transformations du sens que les hommes ont pu avoir de leur condition au cours de I'histoire. Notre démarche aura un caractère archéologique. Elle distinguera les significations principales du travail tel que nous le comprenons aujourd 'hui en montrant comment elles ont été acquises et se sont superposées historiquement. Nous distinguerons le travail au sens de la peine que l'on a à faire quelque chose, le travail comme emploi ou fonction qui produit un bien ou un service concrets et le travail abstrait qui produit de la valeur. Le sens que nos contemporains ont du travail inclut ces trois dimensions, c'est-à-dire qu'il inclut la compréhension d'une histoire qui est discontinue, sans être pour autant le sens de cette histoire puisqu'il est le sens que l'on a aujourd'hui de cette histoire. 10

Au fil de cette analyse, nous nous interrogerons sur la place du travail dans la vie humaine. En fonction de la signification du travail qui prévaut, on peut avoir des visions bien différentes de sa place dans l'existence humaine. De manière générale, le travail relève de la condition humaine, mais on peut discerner trois compréhensions différentes de la condition humaine: celle qui comprend cette condition à partir de l'ordre du monde et de la place de I'homme dans celui-ci; celle qui comprend la condition à partir de l'essence de l'homme en tant que sujet s'opposant à la nature, au monde matériel et objectif, et celle qui comprend cette condition à partir d'elle-même c'est-à-dire comme une configuration des conditions dans laquelle I'homme existe pour lui-même. Une telle analyse conduit à voir dans la crise actuelle relative au sens du travail, un signe du passage d'une conception humaniste du travail et de la condition humaine à une compréhension nouvelle de la nécessité du travail dans la condition humaine dont nous chercherons à préciser les implications concrètes en fin de parcours.

Il

II. LE TRA VAIL ET LA PEINE.

La peine du corps au travail. - Dolor et labor. - Le physique, le vital et le vécu. - Le travail et l'œuvre. - Ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas: servitude et liberté. Le travail a toujours aujourd 'hui le sens de la peine que nous nous donnons quand nous faisons quelque chose. Il est jugé selon son degré de pénibilité. Quand quelque chose nous donne du travail, nous disons qu'elle nous donne de la peine. La peine n'est plus la caractéristique dominante du travail, mais elle demeure présente dans l'idée que nous nous en faisons et dans le sens que nous lui donnons. Ce n'est pas seulement du temps que nous passons à travailler, que nous exigeons la contrepartie, mais bien aussi de la peine que nous avons à travailler. Ce sens de "travail", -le travail comme peine- est sans doute le sens originaire du terme dans la tradition de pensée occidentale. Les termes "0 1tovœ" en grec et "labor" en latin ont le sens de peine; ils visent la peine que l'on se donne, l'effort, la fatigue du corps. Le mot "travail" a sans 13

doute été choisi, lui aussi, pour signifier l'activité pénible. Le terme qui pourrait signifier en général l'emploi, la profession ou la fonction n'existe pas encore même si l'idée d'une division fonctionnelle des activités au sein de la société est déjà présente. Enfin ces termes ne peuvent avoir le sens de travail abstrait, c'est-à-dire d'activité productive de valeur, car il faut penser le travail comme fonction et pas seulement comme effort pour pouvoir l'envisager comme productif de valeur. Dans les traditions, les plus anciennes, le travail n'est pas associé seulement à l'idée de peine. Il est étroitement lié à la nature, à la vie et à leur fécondité. Le corps qui travaille est un corps vivant qui travaille pour entretenir la vie, qui entoure de ses soins des processus vivants. Comme tel il peut être heureux. Il l'est par les fruits qu'il obtient et qu'il donne. L'idée d'un bonheur du travail ne contredit pas l'idée qu'il est pénible. Le bonheur est la contrepartie de la peine que l'on s'est donnée dans l'alternance du travail et du repos, des semailles et de la récolte. À la racine de la peine qu'est le travail, il y a l'engagement nécessaire du corps dans l'activité qui demande effort et coûte une fatigue du corps, même si c'est pour entretenir et régénérer la vie du corps. Il n'y a pas travail s'il n'y a pas présence physique de celui qui travaille. Les travaux de surveillance ou de gardiennage qui n'exigent que la présence physique de ceux qui travaillent et qui consistent pratiquement à ne rien faire s'avèrent, eux aussi, pénibles et fatigants, ce qui montre l'importance de cette condition. Dans le travail comme peine, l'activité est considérée non du côté de l'objet sur lequel on travaille ni du côté de la société qui organise le travail, mais du côté du sujet qui se met au travail 14

et qui supporte la peine du travail. Le travail n'est pas compris comme subjectif pour autant. Le corps est sujet au sens ancien du terme, non au sens moderne. Il supporte le travail et nous le fait ressentir mais n'est pas le sujet conscient et libre qui assume le travail. Le corps est sujet qui subit et fait subir le travail lequel est perçu comme asservissant et négatif pour le sujet vraiment libre. H. Arendt rapproche le travail en tant que peine de la douleur: il fait perdre le monde et contraint l'individu à rester concentré sur sa propre existence. En rappelant que le terme s'emploie aussi pour parler de l'accouchement, elle voit dans le travail d'abord «cet effort douloureux qu'exige la reproduction de la vie individuelle et de la vie de l'espèce» 1 qui retient hors de la sphère publique. Cependant tout en reconnaissant le voisinage du travail et de la douleur, Cicéron fait une différence entre douleur et labeur, sans doute mieux marquée par les latins que par les grecs. Il indique aussi que l'effort est le fait soit de l'âme soit du corps. « Il y a, écrit Cicéron, une différence entre l'effort et la douleur. Ce sont choses tout à fait voisines, mais il y a néanmoins une distinction à faire: l'effort est une fonction déterminée soit de l'âme soit du corps qui comporte une activité physique et morale relativement pénible,. la douleur, elle, est un mouvement rude qui se produit dans le corps et répugne à nos sens. Pour ces deux notions, les grecs dont la langue est plus riche que la nôtre, n'ont qu'un seul terme. Aussi appellent-ils les gens actifs gens qui ont le goût ou même la passion de la douleur, tandis que nous disons avec
1

H. ARENDT: La condition de l'homme moderne. Paris, 1961, Calmann15

Lévy, p 130.

plus de justesse ces gens laborieux: en effet, faire effort est une chose et souffrir en est une autre (aliud est enim laborare, aliud dolere)... Marius souffrait quand on l'opérait de ses varices,. quand il marchait à la tête d'une colonne par la grande chaleur, il faisait effort» 2. Les premières traductions grecques et latines de la Bible corroborent cette remarque. Pour traduire la Genèse, la Bible des Septantes emploie le même terme grec "11Â,uml", le chagrin, la peine, pour parler des douleurs de l'accouchement et de la peine du travail, alors que la Vulgate emploie les termes latins différents "dolor" et "labor"3. Compris comme la peine et la fatigue propre au corps, le travail est à la fois naturel et vécu, objectif et ressenti. Mais la distinction entre les deux aspects n'est pas vraiment faite dans la pensée antique relative au travail. Il n'y a pas encore de sens à distinguer dans la douleur ou dans le labeur, ce qui relèverait d'un corps-chose et ce qui relèverait d'un corps propre. Mais ultérieurement cette distinction a lieu d'être faite et implique certaines modifications dans la compréhension de la peine qu'est toujours le travail. D'un côté donc, que le travail soit le fait du corps implique qu'il est un processus purement physique ce qui veut dire non seulement qu'il est naturel pour un corps humain ou qu'il est dans la nature d'un corps humain, mais même qu'il relève de ce qui est nature dans le corps. Penser le travail comme relevant de la condition physique de I'homme suppose en effet que l'on en soit venu à reconnaître non seulement
2 CICERON : Tusculanes. Paris, Les belles Lettres. 1.35. 3 Septuaginta. Deutsche Bibelgesellschaft, Stuttgart. 1979. Nova vulgata Bibliorum Sacrorum editio. Libreria editrice vaticana. Rome 1986. 16

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