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Perspectives africaines d'un nouvel humanisme

De
156 pages
Si les sciences ont incontestablement imposé un modèle de rationalité universelle, il ne s'ensuit pas que la société occidentale et ses valeurs puissent servir de normes uniques. La mondialisation actuelle et l'histoire ancienne des hommes manifestent la pluralité des modes socioculturels et des règnes éthiques. La Rationalité ne peut désormais advenir que par la participation de tous et par une convergence des rationalités plurielles. L'Afrique est donc nécessairement incluse dans ce débat.
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Moussa HAMIDOUTALIBI
Perspectives africaines d’un nouvel humanisme
Convergence des rationalités et émancipation humaine
Convergence des rationalités et émancipation humaine
Préface de J. D. Pénel
Perspectives africaines d’un nouvel humanismeConvergence des rationalités et émancipation humaine
Moussa HAMIDOU TALIBI Perspectives africainesd’un nouvel humanisme
Convergence des rationalités et émancipation humaine Préface de J.D. Pénel *
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06028-6 EAN : 9782343060286
À mes parents décédés,
À feu Pr. Sémou Pathé Gueye,
À mon frère Morou,
À mon épouse Ramatou,
À mes garçons Hassane, Abdourahmane, Omar et
À ma fille, ma princesse Aicha-Myriem
Remerciements
Ce travail n’aurait pas pu voir le jour sans les encouragements et le soutien du Professeur Cyrille Koné de l’Université de Ouagadou-gou. Il nous a gratifié autant de ses conseils avisés que de son amitié, toutes choses qui ont été le stimulant efficace pour accom-plir ce travail. Nous n’avons pas suffisamment de mots pour le remercier. Nos remerciements vont également aux Professeurs Jean-Dominique Pénel, Mahamadé Savadogo, Yao Edmond Kouassi, C. Thierry Armand Ezoua, Jacques Nanema, nos Aînés, qui nous ont également encouragé et conseillé dans l’affinement de notre problématique. Nous remercions aussi l’Administration Rectorale, celle Décanale de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey ; les Collègues du Département de Philosophie et de l’Université en général, le Personnel Administratif et Technique, les étudiants et tous ceux - innombrables que nous ne pouvons malheureusement pas citer ici - qui ont créé pour nous les conditions humaines et scientifiques de la réalisation de ce travail. Mais comment oublier de mentionner le frère, l’épouse et les amis Abdoulaye Sounaye, Abdo Serki, Ag Arya Moussa, Naballa Adaré, Daouda Hamani, pour leurs encouragements et leurs conseils qui ont considérable-ment enrichi ce travail. Enfin, notre gratitude à Madame Coly Aissatou Kane et à M. Amadou Saïbou qui ont corrigé et apporté une touche littéraire au texte manuscrit.
Préface
Moussa Hamidou Talibi me propose d’introduire son es-sai intituléConvergence des rationalités et émancipation humaine : perspectives africaines d’un nouvel humanismeet je me demande qui est le plus touché dans cette affaire ; je pense que c’est pro-bablement moi, voici pourquoi.
Lorsque je suis arrivé à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université du Niger (qui ne s’appelait pas encore « Abdou Moumouni ») à Niamey en septembre 1983, la philosophie n’avait pas de département spécifique, elle était regroupée avec la psychologie et la sociologie. C’est l’année académique suivante, 1984-1985, que ces trois disci-plines se sont autonomisées et qu’un département de philo-sophie a été créé. Au fur et à mesure des années, il y eut un DEUG, puis une licence. A mon départ, en 1992, il n’y avait pas encore de maîtrise, qui fut intégrée un peu plus tard, ce qui obligeait les étudiants nigériens à partir dans les pays environnants pour poursuivre leurs études et obtenir les diplômes plus élevés (maîtrise, DEA, doctorat), comme ce fut justement le cas pour Moussa Hamidou Talibi. Au-jourd’hui, il est possible de suivre un cursus complet, jusqu’au doctorat, sur place au Niger, puisque le départe-ment de philosophie dispose de toutes les compétences aca-démiques requises au sein du corps enseignant.  Durant les premières années de mise en place du dépar-tement, l’urgence était de donner aux étudiants nigériens les bases de la philosophie et de son histoire pour qu’ils s’en approprient la méthode et les concepts. Mais déjà, à cette époque, définir la philosophie engendrait bien des discus-sions, parfois orageuses et acharnées, les positions étant véritablement antagonistes : fallait-il inclure dans la philoso-phie l’ensemble des modes de pensées locaux ou devait-on la restreindre à l’expression purement rationnelle, abstraite et
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discursive ? Quand on arrivait de France, où cette question faisait à peine sourciller quelques étudiants – sauf, peut-être ceux qui s’en prenaient aux « chiens de garde de la philoso-phie » et qui défendaient des principes marxistes –, on se ren-dait compte que l’Afrique prenait sérieusement à cœur ce problème initial et cette définition qui, finalement, n’allait pas de soi. Ce n’était donc pas un combat d’arrière-garde ou une simple crise de revendication de reconnaissance post coloniale (du genre : « nous aussi, nous avons de la philosophie »), mais un vrai débat sur ce qu’on appellephilosophie, tant dans le con-tenu que dans la forme – puisque, à côté de la discursivité et son déroulement argumentatif à la manière aristotélicienne, il y avait bien eu auparavant - et même plus tard -, lespoèmesdes présocratiques, de Lucrèce ou de Nietzsche et lesdialoguestransmis par Platon. Quant à la question de la langue, dans laquelle il fallait philosopher - débat à peine amorcé locale-ment -, il était bon de rappeler l’effort considérable des pen-seurs arabes pour créer un vocabulaire philosophique en arabe, suivis quelques siècles plus tard par les Européens lors-qu’ils voulurent philosopher dans leurs langues nationales : le mérite duDiscours de la Méthoden’étant pas seulement d’être un manifeste de la raison mais un discoursen français, et non pas en latin,où il est affirmé que même les Bas Bretons (les sauvages de l’époque) pouvaient philosopher dans leur langue. Cette question de la langue de la philosophie s’entrouvre à peine au Niger, mais l’histoire de cette discipline prouve qu’il n’y a aucun obstacle de fond qui empêcherait la raison de s’exprimer en quelque langue que ce soit.  Au milieu des années quatre-vingts, l’organisation des programmes posait donc un certain nombre de questions aux responsables du département. D’une part, étant donné que le cycle universitaire n’était pas encore complet, il était nécessaire de se focaliser sur les auteurs classiques plutôt que de se référer aux penseurs contemporains, bien que ce soit par ces derniers que la philosophie vive et progresse au pré-
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sent. D’autre part, il importait d’ancrer déjà la philosophie dans l’espace nigérien pour éviter d’en faire un exercice sco-laire enfermé sur lui-même etétrangerla réalité où il à s’exerçait. Cela s’est traduit partiellement (il ne pouvait pas en être autrement) à l’époque avec : - un cours d’épistémologie qui s’interrogeait sur les savoirs locaux pour évaluer le statut de l’empirique ainsi que sa valeur relative et qui étudiait les systèmes de numération d’Afrique de l’ouest sous l’angle de leur diversité et de leur évolution ; - et un cours de « philosophie en islam » – là encore, il s’agissait de donner accès aux grands philosophes (Ibn Rochd, Ibn Sina, Ghazali…) sans aller jusqu’à entrer dans le monde musulmannigérien lui-même, mais tout en donnant déjà sa place à une nécessaire réflexion sur l’islam d’un point de vue philosophique.  On en était aux balbutiements du département de philoso-phie et, bien sûr, il importait que par la suite des philosophes nigériens s’accaparent ces programmes, les jugent et pallient leurs insuffisances en introduisant l’étude des philosophes contemporains et en donnant une place de plus en plus large au réel nigérien comme objet principal et multiforme de la réflexion philosophique.  C’est donc, pour un enseignant, une expérience particulière de se voir, deux décennies plus tard, prolongé, puis dépassé par ses anciens étudiants, désormais ses collègues. En effet, plu-sieurs d’entre eux sont devenus « docteur d’Etat » ou « Habilité à diriger des travaux de recherche ». Ils ont donc gravi tous les échelons du cadre universitaire, mais surtout, et c’est le plus important, ils se sont investis dans la pensée du domaine afri-cain et, plus spécifiquement, nigérien – ce sans quoi la philoso-phie n’a pas de véritable raison d’être ou reste une simple disci-pline scolaire et universitaire comme n’importe quelle autre matière d’enseignement, car on peut avoir de bonnes notes en philosophie et n’être pas philosophe.
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