Pour en finir avec le loup libéral

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Nul besoin d'inventer "un homme nouveau" pour bâtir une alternative au capitalisme. Nous avons en nous toutes les qualités nécessaires à une société de partage et d'égalité. Le système économique libéral se fonde sur un tout puissant socle idéologique. Il veut apparaître comme un horizon indépassable en s'appuyant sur une prétendue nature humaine qu'il prétend mauvaise et éternelle. Ce livre dénonce de manière claire les préjugés grâce auxquels le capitalisme peut fonctionner. Seule cette prise de conscience de notre immense potentiel nous permettra de sortir de notre passivité. Elle nous donnera l'élan pour construire une société conforme à nos besoins et à nos rêves.
Publié le : lundi 1 février 2016
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EAN13 : 9782140000676
Nombre de pages : 142
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ES
AnnieCOLL ns contemporaines Q POUR EN FINIR AVEC LE LOUP LIBÉRAL
Questions contemporaines
Préface d’Yvon Quiniou
Pour en finir avec le loup libéral
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Louise FINES,Les crimes environnementaux et l’inno-cence persécutrice, 2016. Jean BRILMAN,La démocratie étouffée par l’État. L’étatisme, idéologie dominante en France, 2015. Roland GUILLON,Pour une autre globalisation. Essai de géopolitique des rapports sociaux, 2015. Renaud FABBRI,Eric Voegelin et l’Orient. Millénarisme et religions politiques de l’Antiquité à Daech,2015. Béatrice GRANDORDY,Le médecin devant le juge. Fait-il face à une « menace aggravée » du pénal ?, 2015. Georges KORNHEISER,Le capitalisme, cancer de l’humanité, 2015. Florent VILLARD,Critique de la vie quotidienne en e Chine à l’aube du XXI siècle, 2015. Julien PEQUIGNOT, François-Gabriel ROUSSEL (Dir.), Les métavers, Dispositifs, usages et représentations, 2015. Michelle BERGADAA,Le plagiat académique.Comprendre pour agir,2015.Walter GERBIN,Civilisation. De la fabrique d’un concept à la fabrique d’une guerre,2015. Nicole PERUISSET-FACHE, La bourse ou la vie. Réflexions sur les valeurs contemporaines, 2015. Jean-Marc DA SILVA,Libéralisme et totalitarisme,2015.
Annie COLL
Pour en finir avec le loup libéral
Préface d’Yvon Quiniou
Du même auteur Le très « possible » communisme, Lecture croisée de Marx et Arendt, Éditions MLD
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08264-6 EAN : 9782343082646
PREFACE Ouf ! Enfin une bouffée d’air frais dans la réflexion philosophique actuelle, même si l’auteure entend se situer dans une intention essentiellement pédagogique indispen-sable pour gagner les consciences à des idées justes. Mais cela suppose de la clarté, de la rigueur, de la conviction et pour finir, de l’intelligence capable d’aller à l’encontre de ladoxaidéologique dominante – autant de qualités que ce livre présente. Quatre thèses sous-tendent la réflexion d’Annie Coll, qu’elle va réfuter, soit par de nombreux exemples concrets, sociaux, psychologiques ou économiques, soit par l’appel à des auteurs importants, mais trop souvent passés sous silence ou déformés : l’homme serait un sujet autonome, il est doté d’un libre arbitre métaphysique, il n’y a pas de morale universelle et, enfin, la nature humaine est intrinsèquement mauvaise. Ce sont là « les quatre dents du « loup libéral » grâce auxquelles il peut se justifier de « croquer » l’homme sans scrupules, et inviter ses victimes à l’accepter. Or ces thèses son fausses, et je souscris pleinement à ce diagnostic théorique trop peu partagé, y compris dans l’enseignement philosophique. Voyons donc ce qu’elle leur oppose. L’homme est un être essentiellement relationnel, qui ne serait rien sans les autres, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait point du tout de nature en lui, mais sous la forme de po-tentialités que l’environnement actualisera plus ou moins. L’influence d’anthropologues contemporains qu’elle a lus avec attention (et en se souvenant d’Aristote !) est ici clairement revendiquée. Par ailleurs, il n’est certainement pas libre au sens du libre arbitre, croyance métaphysique « invérifiable » dit-elle et qui sert surtout à accuser les individus du sort que leur fait la société (le chômeur l’a bien voulu…) ou des méfaits qu’il commet (la délin-
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quance), au lieu d’incriminer le déterminisme social – « les circonstances » dit Marx – qui est cause de toute cette inhumanité. La seule liberté qui soit alors concevable, parce que concrète et avérée, est la liberté politique liée à l’action (celle de voter, par exemple) que les hommes sont capables d’exercer ou d’acquérir. Quant à dire que l’hom-me est mauvais par nature, « qu’il est un loup pour l’homme » (Hobbes), c’est aller vite en besogne. Si l’auteure est un peu rapide selon moi sur le statut de l’agressivité pulsionnelle chez Freud (c’est la seule réserve que je formulerai), elle a parfaitement raison de mettre l’accent, avec E. Fromm par exemple, sur tous les aspects de l’être humain qui vont en sens inverse : la sympathie, l’empathie, la solidarité, le plaisir à faire du bien, etc., dont les sociétés primitives nous ont donné les premiers exemples et que l’on néglige trop souvent, quitte à nier notre propre expérience. Et elle insiste au contraire sur la multitude des causes qui peuvent rendre un homme agressif et la variété des formes de cette agressivité, qui peut être bénigne ou, au contraire, maligne. Il en ressort l’idée importante que celle-ci est d’abordréactive: elle est la conséquence de frustrations aux multiples visages (his-torique, social, psychologique, éducatif). Pourquoi alors ce silence culturel fréquent sur cette dimension ? Annie Coll nous en donne une explication simple mais juste : le capitalisme ambiant a besoin de cette idéologie de la pulsion agressive et concurrentielle pour normaliser ce qu’il fait et pour faire croire qu’il est inévitable : « La pulsion, indique-t-elle, naturalise le mal » et le rend irréformable par la politique. J’ai parlé de « mal » : c’est là une notionmoraleet je tiens à terminer cette présentation en félicitant l’auteur de mettre au premier plan l’idée même de morale et donc celle de moralité, en les réhabilitant fortement contre un relativisme confortable qui ramène la morale à l’éthique –
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deux concepts différents : il n’y a qu’unealors morale, qu’il y a deséthiques;n’engagent à rien en politique  qui et elle procède à cette réhabilitation sans craindre d’être accusée de verser dans la tyrannie de normes universelles, comme on le fait trop souvent avec plus de bêtise que de mauvaise foi. Comment s’y prend-t-elle ? En s’appuyant sur des penseurs sous-estimés comme Hutcheson ou Hume, qui ont pour point commun de voir dans la morale (et la moralité) un phénomènenaturel, reposant sur la sensibilité et donc sur lesentiment, source d’appréciations morales difficilement contestables : ne sommes-nous passponta-némentamenés à condamner la cruauté gratuite et à valoriser un geste de générosité ou d’entraide (le livre fourmille d’exemples récents liés à la crise migratoire) ? Mais elle ne se contente pas de cette approche naturaliste, en quelque sorte fixiste. D’abord parce qu’elle enregistre l’apport de Darwin bien compris à l’aide de P. Tort : la morale a été anticipée chez les animaux qui nous ont précédés, même sous une forme embryonnaire, et, surtout, elle a été sélectionnée par l’évolution elle-même du fait de l’avantage qu’elle a apportée à l’homme, via les instincts sociaux, dans la lutte pour la vie… mais en s’opposant, précisément aux formes sauvages et éliminatoires anté-rieures de celle-ci. Elle doit donc être considérée, ainsi que je le fais moi-même et contre toute tentation idéaliste, en tant que « phénomène matériel », comme un fait d’émer-genceau sein de la nature d’ensemble qui la fait échapper à ses conditions d’apparition et accéder à des vérités morales universelles et définitives. On comprend alors pourquoi l’idéologie dominante au service du libéralisme ne veut pas entendre parler de morale : celle-ci permet de nommer etcondamner commemalce que le capitalisme fait aux hommes. Reste qu’elle est soumise à l’histoireet c’est par là que ce livre se termine en toute cohérence. D’abord parce que
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c’est bien au sein de celle-ci que la conscience morale de l’homme va progresser et prendre conscience de mieux en mieux des normes morales et de leur champ d’application : on n’a pas d’emblée condamné l’esclavage (au contraire !) et ce n’est qu’en 1789 que les valeurs inhérentes à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, même limitées dans leur traduction sociale, ont fait l’objet d’un conscience et d’une proclamation solennelles ! Ensuite, parce que qui dit histoire dit politique et Annie Coll a raison de terminer son parcours par la référence à Marx et au communisme – à nouveau contre l’air du temps (encore que les choses bougent ces temps-ci). Elle signale à juste titre (contre ladoxamarxiste issue du stalinisme, cette fois-ci) que la morale est « le fil conducteur et l’horizon » de la lecture marxiste de l’histoire, même si Marx n’a pas voulu assumer ou théoriser cette dimension normative de son œuvre et de son projet. C’est dire que le communisme, en dehors de ses autres aspects enracinés dans l’analyse scientifique de l’histoire mais auxquels il ne se résume pas, est aussi « une visée morale qui ne dit pas son nom ». On ne saurait mieux dire, tout en rejoignant Rousseau qui entendait ne pas séparer la morale et la politique! Yvon Quiniou,philosophe, auteur de nombreux ouvrages sur le matérialisme, la morale et la politique. Il a longtemps enseigné en classes préparatoires et il est membre de la rédaction d’Actuel Marx.
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PREAMBULE Il y a quelques risques à prétendre que notre condition humaine n’a rien à voir avec celle dont nous avons conscience. Pourtant, sans annoncer que l’on est sorti de la caverne chère à Platon, avant tout le monde, sans même proclamer l’avènement d’un nouvel homme, il est grand temps de corriger de graves idées fausses. Quelles sont ces représentations erronées, colportées dans le monde d’aujourd’hui, si récurrentes, si ancrées qu’elles passent pour véritables ? D’abord, on nous présente comme des individusauto-nomes, aux prises avec nous-mêmes, responsables de notre vie, tant sociale que privée. Le sentiment de culpabilité va de pair avec cette responsabilité qui pèse lourd sur nos épaules. Trois autres croyances sont encore fortement ancrées, la certitude que nous sommesabsolument libres, que nous vivons librement dans notre démocratie, et la conviction tout aussi fallacieuse quela morale ne peut être que relative, que chacun trouve le bien ou le mal à sa porte. Mais le comble de l’illusion est atteint lorsqu’on invoque une nature humaine irrémédiablement mauvaisepour jus-tifier les égoïsmes qui se déchaînent. Ces quatre préjugés sont entretenus par l’idéologie libérale, ils constituent son socle métaphysique, c’est en ce sens qu’il faut les combattre, montrer leur inanité. A ce portrait fallacieux de l’homme contemporain, oppo-sons une autre réalité si savamment occultée qu’elle en devient invisible. Nous avons besoin de tendresse, d’amour, de complicité, de partage, d’échanges cordiaux. Faire cet aveu frise le ridicule, il convient plutôt de se montrer autonome et combatif ! Nous savons pourtant que la vie sans les autres, sans leur affection, leur bienveillance, ne vaut rien. Nous savons, sans en avoir suffisamment
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