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Pour un humanisme durable

De
136 pages
A notre époque, la qualité d'humaniste est constamment revendiquée en particulier par les hommes politiques. Nous sommes surpris lorsque nous découvrons que les prétendants à cette démarche développent des approches très différentes de l'être humain et de sa vie en société. Mais d'où viennent ces conflits entre "humanistes" ? Tout simplement de l'objet de leur préoccupation : de l'homme lui-même. L'homme est au coeur de la cité, bien sûr, mais quel homme ?
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Questions contemporaines
Philippe JourdainQ POUR UN HUMANISME
DURABLE
QuesQuestions conttions contemporemporainesaines
À notre époque, la qualité d’humaniste est constamment revendiquée, QQQ
en particulier par les hommes politiques. Nous sommes surpris
lorsque nous découvrons que les prétendants à cette démarche
développent des approches très différentes de l’être humain et de
sa vie en société. Questionnés, ils répondront que, pour eux, tout
doit être fait pour l’homme et que l’homme doit être au centre
de la société. Si cela était si simple, un large consensus devrait se
dégager et la sérénité politique devrait régner dans la cité. Nous
savons que c’est loin d’être le cas. Mais alors d’où viennent ces POUR UN HUMANISME
con its entre « humanistes » ? Tout simplement de l’objet de leur
préoccupation : de l’homme lui-même. L’homme est au cœur de la DURABLE
cité, bien sûr, mais quel homme ? Ce n’est qu’à partir de la réponse
à cette question que l’on pourra clari er le discours humaniste.
Offi cier, puis acteur de l’économie sociale, Philippe Jourdain
a profi té de son regard d’historien pour mettre en perspective
son expérience des relations entre les hommes. Familier d’une
démarche allant de l’observation à l’action, il a désiré la faire
partager.
Questions contemporaines
ISBN : 978-2-343-06784-1
15 €
Philippe Jourdain
POUR UN HUMANISME DURABLEPOUR UN HUMANISME DURABLE Questions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud

Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions
contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à
appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines »
est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux,
chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement,
exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion
collective.


Dernières parutions

Michel MENEAULT, Jean-Claude AUZOUX, Pour une aide au
développement enfin efficace et durable, 2015.
Arno MUNSTER, Jean Jaurès : un combat pour la laïcité, la
République, la justice sociale et la paix, 2015.
Alain DULOT, Impasse de l’école. Réflexions sur une institution
en panne, 2015.
Cyril BOISNIER, Les sociétés foncières entre finance et ville
durable, 2015.
Michel MANAVELLA, L’individu : raison d’être de l’humanité,
Pour un anarchisme humaniste, 2015.
Steve GADET, Dieu et la race aux Etats-Unis : Le pouvoir
politique de l’Eglise Noire, 2015.
Louise FINES, Le jeu de la collusion, Entre sphères légales et
réseaux illégaux, 2015.
Jean PETIT, La bataille de Notre-Dame-des-Landes, éléments de
langage, 2015.
Thierry CHARLES, Les nouvelles perspectives de la souveraineté,
2015.
Jean-Christophe TORRES, L’école et les valeurs, Variations
sur la difficulté éducative, 2015.
Emilija PUNDZI ŪT Ė, Diplomatie de l’arrogance. Le cas de la
Russie dans les pays baltes, 2015.
Philipppe JOURDDAIN









POUR UN HUMANISME DURABLE

















© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06 784- 1
EAN : 978234306 7841« L’esprit d’abstraction tue l’homme »
Simone Weill PRESENTATION
Deux perceptions anthropologiques, diamétralement
opposées, apparaissent dans notre société lors de débats de
plus en plus crispés. L’une, qui voudrait devenir
dominante, est apparue récemment dans notre histoire en
s’inscrivant dans une logique de rupture et l’autre qui se
décline depuis des millénaires, dans une démarche de
transmission.
Le droit, les relations entre les individus, la gestion de
la cité doivent, pour permettre une vie juste et paisible,
être établis sur une approche anthropologique commune,
le contraire ne peut conduire qu’à l’éclatement de la
société. Il est ainsi indispensable de clarifier ces
différentes perceptions.
En approfondissant notre observation, nous constatons
qu’elles se sont constituées à partir d’un tronc commun
nourri par les apports successifs des civilisations grecque,
latine et chrétienne sur lequel s’est greffée une branche de
plus en plus ramifiée depuis la Renaissance.
Mais avant d’engager notre réflexion, surfons sur notre
écran internet pour savoir ce que nous racontent nos
contemporains. Avec surprise, nous découvrons qu’il
existe encore des admirateurs béats du progrès technique
et l’on apprend que l’avoir mécanique rend intelligent,
comme l’illustre Michel Serres dans un entretien à propos
de son dernier ouvrage « Petite Poucette », en parlant de
son petit fils : « …il avait une pièce qu’il ne savait pas où
remettre. Il m’a demandé mon téléphone portable et, hop,
il a trouvé la solution à son problème ».Heureux enfant qui
trouvera toujours une réponse à ses questions.
9A l’opposé, le psychologue Didier Pleux analysant la
1personnalité des jeunes assassins de l’affaire d’Echirolles
conclut son propos en considérant qu’ « ils sont
l’aboutissement d’une société individualiste et
consumériste qui stimule constamment leur principe de
plaisir ». Progrès technique rédempteur, recherche
permanente du plaisir, sommes-nous à proximité de notre
tronc anthropologique où sommes-nous dans les branches
de la greffe ?
Pour tenter de construire une réponse à cette
interrogation nous retournerons interroger notre écran pour
étudier la perception anthropologique de nos
contemporains. Nous nous poserons ensuite cette
question : la greffe qui s’est épanouie au Siècle des
Lumières et développa son feuillage en 1968 fait-elle de
l’ombre ou de la lumière ?
Nous consacrerons, ensuite, notre travail à
l’observation de notre tronc anthropologique, de ses
racines et de l’état de ses branches.
Il nous apparaîtra que la greffe des Lumières a été faite,
en réalité, au XVème siècle et que sa croissance est en
train d’aspirer la sève du tronc historique.
Enfin, après avoir posé un diagnostic, nous proposerons
un traitement pour que notre arbre commun retrouve sa
vigueur en confortant ses racines et en favorisant la pousse
de jeunes branches attirées par ce qui les dépasse.
1 Assassinat de deux jeunes hommes par une bande armée le 28
septembre 2012.
10LA PENSEE COMMUNE CONTEMPORAINE
Nos contemporains expriment leurs pensées par
l’intermédiaire des réseaux sociaux presque autant qu’ils
s’imprègnent des messages véhiculés par tous les supports
de communication possibles et imaginables.
Virtualité des supports, vie réelle, espace imaginaire et
territoire concret se télescopent et génèrent souvent une
incapacité à identifier les frontières entre expression
conceptuelle et appréhension du monde réel. Cette
incapacité se traduit par des souffrances et de grandes
difficultés à faire des choix : le possible n’est plus objectif
quand il n’est plus défini que par sa potentialité à être
virtualisé.
Ainsi dans un univers entre rêve et réalité nos
contemporains, et en particulier les jeunes, vont établir
eux-mêmes leurs critères de discernement pour atteindre
un objectif qui est la première constante à apparaître dans
notre propos : le bonheur. Ce mot qui catalyse tous les
espoirs de l’humanité depuis le premier homme se décline,
par contre, très différemment à travers les siècles. En
allant très vite et pour revenir à l’idéal véhiculé par les
réseaux sociaux nous pourrions considérer que le
personnage qui caractérise le mieux cet idéal, en lui
donnant une incarnation virtuelle, est Mickaël Jackson.
Cette incarnation se définissant sous forme d’archétype
négatif : no race, no sexe, no âge. On aura l’occasion de
voir que la nouvelle théorie du « gender » ne fait que
conceptualiser cet idéal pour adolescent afin de lui donner
une version acceptable pour les adultes.
11Car l’on s’aperçoit d’une osmose permanente entre des
aspirations restées au stade de l’enfance, c'est-à-dire
refusant l’expérience des adultes en s’opposant à toute
forme de contrainte, et un désir de les justifier par une
démarche se disant scientifique. Afin de compléter l’indice
brutal du PIB, par exemple, ont été élaborés des
2indicateurs de bien être totalement arbitraires qui
permettent de faire émerger les pays du nord de l’Europe
champions de la neutralité sexuelle et générationnelle.
Conceptualiser des désirs immatures est une chose : le
plaisir se déclinera sous toutes ses formes et la lutte contre
les contraintes sera le cheminement proposé, encore faut-il
générer un minimum d’énergie pour mobiliser une
population manifestement peu encline, d’après nos
premières observations, à se prendre en mains. Cette
énergie semble être l’envie. Pascal Bruckner nous donne
3quelques pistes pour analyser ce moteur contemporain .
L’envie, c’est autant le désir d’obtenir ce qui appartient
aux autres que de les dépouiller de leurs privilèges. Il
rajoute par ailleurs en citant Jules Renard qu’il ne suffit
pas d’être heureux : encore faut-il savoir que les autres ne
le sont pas.
De façon plus dramatique il relève que la Seconde
Guerre mondiale a ouvert un nouveau chapitre dans
l’histoire de l’envie : la victimologie. Tous les peuples, les
minorités rêvent de s’installer dans la position imprenable
du réprouvé : pouvoir se dire l’objet d’une persécution,
d’un génocide, c’est bénéficier d’une rente morale qui
2 Synthèse de Annick Seta dans la Revue des deux mondes de février
2009.
3 Propos recueillis par Jean Sévilla dans le Figaro magazine du 12 août
2011.
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