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Recherches d'esthétique transculturelle 2

De
314 pages
Depuis une dizaine d'années, la philosophie s'est saisie du phénomène transculturel. Accompagnant la mondialisation économique et l'accélération des mouvements de populations, un dialogue s'est mis en place, où chaque culture propose de faire exister ses valeurs auprès des autres cultures. Le second tome des Recherches d'esthétique transculturelle approfondit les différences et les complicités des mouvements d'influence réciproques, notamment entre l'Afrique et la France ou l'Afrique et le Brésil, voire sur le plan intracommunautaire, comme en Amérique latine.
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Accompagnant la mondialisation économique et l’accélération des mou vements de populations, un dialogue transculturel s’est mis en place, où chaque culture propose de faire exister ses valeurs auprès des autres cultures. Dans ce dialogue, arts et esthétique opposent une résistance au capitalisme mondial, qui tente d’imposer sa réduction à l’économique et à la rentabilité. Ces recherches d’esthétique transculturelle refusent, elles aussi, de réduire l’art et la culture à n’être que des biens de consommation et entendent réactualiser la « valeur esprit » et la créativité qui y est en œuvre.
L’anthropologie contemporaine du langage a découvert qu’une dynamique transculturelle de dialogue était à la source de l’imagination et des arts. Elle nous apprend donc que la créativité est inentamée par la dynamique de concurrence économique et la guerre des cultures que déclenche cette dernière. Encore s’imposetil de pouvoir affronter la destruction de la raison imposée par l’absolutisation de l’économique et du politique dans ses effets les plus nocifs : la destruction de l’aisthesis, l’insensibilisation aux phénomènes du monde, d’autrui et de nousmêmes.
Cette confrontation s’est produite de nos jours à travers les tentatives de réexion des artistes et des créateurs qui se sentaient asphyxiés par des cultures ellesmêmes réduites à des volontés de régulation arbitraire d’inLduuenccoemsp roértceipmreonqt.ueL’sé,mpaanrciepxaetimonpledeelnatrseenlsiAbfilriitqéudeeecth laacuFnraanéceainsi à nouveau rendue accessible par une émancipation intellectuelle de ces artistes et créateurs à l’égard de ces effets d’anesthésie culturelle.
Ce sont ces mouvements d’émancipation esthétique et intellectuelle qui sont retracés ici à travers une analyse des œuvres de Nietzsche, Artaud, Deleuze, Lyotard, Castoriadis, Flusser, Gehlen et Foucault. Cette reconstruction transculturelle conditionne en effet la réouverture de la sensibilité humaine à ses propres aspirations tout autant qu’à la perception de ce qui l’entrave encore.
Nelson Hurtado, Diego Bernal, Laura Moscarelli, Antoine Mérieau, Anne Bouillon, Erica Ruck, Charles Feitosa, Mounirou Diallo et Ingrid Arriaga ont mené ces analyses en 2012-2013 dans le séminaire : « Anthropologie et esthétique transculturelles » tenu à l’Université de Paris 8 dans le cadre du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie.
PERSPECTIVES TRANSCULTURELLES Collection dirigée par J. Poulain, H.J. Sandkühler et F. Triki
PERSPECTIVES-TRANSCULTURELLES_PF_CANY-POULAIN_RECHERCHES-ESTHETIQUE-TRANSCULTURELLE.indd 1
Bruno Cany et Jacques Poulain (Éd.)
RECHERCHES D’ESTHÉTIQUE TRANSCULTURELLE
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Notes d’esthétique anthropologique
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RECHERCHES D’ESTHÉTIQUE TRANSCULTURELLE2 NOTES D’ESTHÉTIQUE ANTHROPOLOGIQUE
Collection Perspectives transculturelles dirigée par J. Poulain, H.-J. Sandkühler et F. Triki
La réduction de la mondialisation à la globalisation économique ne fait pas justice au développement des diverses cultures du monde. Ce développement ne saurait en effet être réduit à ce que désire en faire le Fonds Monétaire International : une affaire négociable en termes purement économiques. Il exige en effet un véritable dialogue interculturel qui ne se contente pas de laisser cohabiter les cultures comme des traditions fermées, qui ne désirent s’affirmer qu’aux dépens des autres. Ce dialogue doit pouvoir faire appel aux formes les plus évoluées et les plus réfléchies des diverses cultures qui constituent le patrimoine mondial. Cette collection entend participer à ce dialogue en mobilisant tout le potentiel critique des sciences humaines et des philosophies contemporaines pour dégager ce qu’il y a de véritablement universel dans ces différentes cultures, pour mettre en lumière ce qui résiste en elles à la critique mutuelle qu’elles exercent les unes à l’égard des autres, et pour valider ce que découvre l’expérimentation mutuelle inédite qui se propage ainsi. L’universalisation effective qu’elles parviennent à effectuer d’elles-mêmes doit pouvoir distinguer ses propres résultats des effets polémiques de la guerre des cultures qu’engendre le désir qu’a chacune d’étendre son hégémonie sur les autres. Elle ne forge un être humain capable d’intégrer en lui leurs multiples richesses qu’en laissant advenir à la parole cette autocritique transculturelle, par laquelle advient à l’existence le monde commun auquel elles aspirent. Dernières parutions B. Cany et J. Poulain (dir.),Recherches d’esthétique transculturelle. Tome 1 : Notes d’anthropologie esthétique, 2014. J. Poulain, H.J. Sandkühler et F. Triki (dir.),reconstruction La transculturelle de la justice, 2013. J. Poulain, H.J. Sandkühler et F. Triki (dir.),Vers une démocratie transculturelle, 2010. J. Poulain, F. Triki et C. Wulf (dir.),Violence, religion et dialogue transculturel, 2010. J. Poulain, H.J. Sandkühler et F. Triki (dir.),L’agir philosophique dans le dialogue transculturel, 2006.
Bruno CANY et Jacques POULAIN (Éd.) RECHERCHES D’ESTHÉTIQUE TRANSCULTURELLE2 NOTES D’ESTHÉTIQUE ANTHROPOLOGIQUE
Publié avec le soutiendu Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie (LLCP) de l’Université de Paris 8. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09850-0 EAN : 9782343098500
Préface Depuis une dizaine d’années, sous l’impulsion de Jacques Poulain, la philosophie s’est saisie du phénomène transculturel. Accompagnant la mondialisation économique et l’accélération des mouvements de populations, un dialogue transculturel s’est mis en place, où chaque culture propose de faire exister ses valeurs auprès des autres cultures. L’idée de la transculturalité est que les arts et l’esthétique opposent une résistance au capitalisme mondial, qui tente d’imposer sa réduction à l’économique et à la rentabilité, en refusant la réduction de l’art et de la culture à n’être que des biens de consommation et en actualisant la « valeur esprit », et en mettant au premier plan la créativité. L’université contemporaine s’est ouverte, depuis la fin des années 80, à la mobilité. Malgré la pression libérale de son intégration au marché, l’université a trouvé là un lieu de réflexion critique et de discussion où la liberté de penser peut se déployer. Face à la rationalité comptable, la mobilité offre à la discussion internationale un cadre nomade : ici, un jour ; là, un autre. Les résultats des rencontres se trouvent ensuite rendus publics quasi immédiatement grâce aux moyens informatiques, qui permettent à chacun une mobilité de s’informer tout en restant immobile. Le séminaire : « Anthropologie et esthétique transculturelles» est un lieu de rencontre entre nos doctorants et des doctorants et enseignants venus d’autres départements, d’autres universités, d’autres pays…, mais dont les enjeux des recherches recoupent les nôtres.
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Le projet de ce séminaire est de mettre en discussion les différentes réponses données au sein de ces dialogues transculturels. Aussi bien sur le plan conceptuel et théorique, d’une esthétique et d’une anthropologie transculturelles, que sur le plan interculturel des mouvements d’influences réciproques, par exemple entre l’Afrique et la France ou l’Afrique et le Brésil… Voire sur le plan intra-communautaire, comme en Amérique latine, entre les cultures européennes et les cultures autochtones… L’une des clefs de cette mobilité généralisée, qui a vu le jour e e au tournant des XIX et XX siècles, est le philosophe-artiste, lequel permet à cette réflexion collective de s’ancrer dans des pratiques artistiques individuelles. Il est en effet essentiel que les réflexions sur l’art et la culture ne soient pas déconnectées des pratiques artistiques qui, par leur accès à la créativité, garantissent à l’esthétique de ne jamais basculer dans l’histoire scolastique des différentes conceptions de l’art et de la culture. Le séminaire « Anthropologie et esthétique transculturelles » maintient ainsi, offerte à chacun, la possibilité que la culture philosophique, artistique, anthropologique soit toujours mise au service de la créativité de la pensée. Bruno Cany
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Trois images de l’homme
par Sebastian Agudelo, Université de Paris 8 Tous les textes de quelque valeur consacrés, à cette époque ou ultérieurement à l’anthropologie philosophique dépendaient de ce livre 1 sur des points centraux, et les choses demeureront ainsi. Max Scheler a esquissé les fondements d’une « Anthropologie philosophique » dans un tout petit et incontournable livre,La situation de l’homme dans le monde (« Die Stellung des Menschen im Kosmos »), envoyé à l’imprimerie quelques semaines avant sa mort prématurée, en 1928. Dans cet ouvrage et dans d’autres textes, il annonçait les thématiques qu’il voulait développer plus soigneusement dans un vaste travail, qui n’a jamais vu la lumière. Grâce à son esprit synthétique et à la conscience qu’il avait de son époque, ce livre a réussi à établir un dialogue productif entre sciences humaines, biologie et philosophie, où certaines questions classiques de la pensée formelle trouvaient une actualisation et un rapprochement empirique, à une époque où l’Europe cherchait un nouveau commencement sur des bases plus stables. On sait maintenant qu’une telle stabilité a pris du temps à être trouvée, car la guerre allait à nouveau se produire avec une ampleur technologique qui validerait les craintes que Scheler avait manifestées à propos de la rationalité instrumentale et bureaucratique. On peut discuter longuement des difficultés thématiques d’une anthropologie philosophique, mais sa validité
1 . Gehlen A., « Retour sur l’anthropologie de Max Scheler »,Essais d’anthropologie philosophique(trad. O. Mannoni), Paris, MSH, 2009, pp. 133-146, ici p. 146.
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