Réflexions sur la réalité en philosophie

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Ces réflexions sont un geste inaugural pour aller au fondement de l'empirique, ce que l'auteur nomme la pensée empiricale. Et, a contrario, on peut constater que l'attitude transcendantale, omniprésente, est-elle à bout de souffle, dans son obstination à être la seule approche du réel. L'ouvrage montre donc qu'il est possible de se dégager de cette impasse philosophique.
Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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EAN13 : 9782336392929
Nombre de pages : 164
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JeanPierre Jameux
RÉFLEXIONS SUR LA RÉALITÉ EN PHILOSOPHIELa pensée empiricale versus la pensée transcendentale
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
RÉFLEXIONS SUR LA RÉALITÉ EN PHILOSOPHIE
La pensée empiricale versus la pensée transcendantale
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06889-3 EAN : 9782343068893
JEAN-PIERRE JAMEUX
RÉFLEXIONS SUR LA RÉALITÉ EN PHILOSOPHIE
La pensée empiricale versus la pensée transcendantale
L’Harmattan
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot
Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques.
Dernières parutions
Michel J.F. DUBOIS,La métaphore et l’improbable. Émergence de l’esprit post-scientifique ?,2015. Ado-Dieumerci BONYANGA,Émancipation et révolution biologique selon Habermas, 2015. Olivier LAHBIB,Phénoménisme et empiriocriticisme, 2015. Camille LACAU ST GUILY,Henri Bergson en Espagne. Une histoire contrariée (1875-1930), 2015. Guylain BERNIER,La Vidéo de soi sur Internet : rendre visible sa différence. Au-delà de la technologie, les fondements sociaux, 2015. Jean PIWNICA,Le temps des philosophes,2015. Robert PUJADE,Fantastique et Photographie, Essai sur les limites de la représentation photographique, 2015. Nassim EL KABLI,La Rupture. Philosophie d’une expérience ordinaire, 2015. Laurent CHERLONNEIX,De la volonté de vérité à la Mort de dieu, 2015. Paul DUBOUCHET,De Georg Wilhem Friedrich Hegel à René Girard. Violence du droit, religion et science, 2015. Oscar BRENIFIER,Apologie de la métaphysique. Ou l’art de la conversion, 2015. Reza ROKOEE,L’attitude phénoménologique comparée, de Husserl à Avicenne, 2015.
PRÉȬRÉFLEXION
En philosophie on oppose classiquement le rationalisme et le réalisme. Veut-on de nouveau les associer qu’on creuse entre ces deux points de vue un fossé paradoxalement infranchissable. C’est ce que nous révèle particulièrement l’attitude épistémologique de Gaston Bachelard : « Depuis William James, on a souvent répété que tout homme cultivé suivait fatalement une métaphysique. Il nous paraît plus exact de dire que tout homme, dans son effort de culture scientifique, s’appuie non pas sur une, mais bien sur deux métaphysiques et que ces deux métaphysiques naturelles et convaincantes, implicites et tenaces, sont contradictoires. Pour leur donner rapidement un nom provisoire, désignons ces deux attitudes philosophiques fondamentales, tranquillement associées dans un esprit scientifique moderne, sous les 1 étiquettes classiques de rationalisme et de réalisme » . Le mariage artificiel de ces deux positions philosophiques, même sous un mode qui se dit pacifique, celle décrite par Gaston Bachelard, ne fait que dévoiler de façon plus tragique ce tiraillement conceptuel que notre culture philosophique nous inflige. Et, que ce qu’il appelle l’« esprit scientifique moderne » veuille à tout prix les mettre ensemble, face à une tradition qui ne fait que les disjoindre, ne change rien, car même dans ce nouvel état pacificateur, nous sommes toujours incapable de choisir entre d’un côté notre pensée et de l’autre côté le monde. De cette situation provient toute l’étrangeté que revêtent nos réflexions sur la réalité.
1 Gaston Bachelard,Le nouvel esprit scientifique, PUF, 1934, p. 5.
En fait, que devons-nous penser de cette opposition ? Et finalement existe-t-elle vraiment ? Si on persiste à imaginer deux substances distinctes que sont la pensée et l’étendue, et c’est la position radicale de Descartes, on se trouve alors devant le péril bien plus grand encore de ne plus pouvoir comprendre le monde. Au-delà de ce que nous venons de dire, n’y aurait-il pas une identité ou un originaire plus profond entre le rationalisme moderne transcendantal et le réalisme classique d’une chose en soi donnée soit par les idées ou soit par la quiddité ? Car comment, si on persiste toujours dans la position cartésienne que l’on dit moderne, faire correspondre nos idées avec les objets du monde extérieur ? Comment, aussi, retrouver une certitude dans l’existence du monde, surtout si celle-ci n’a à voir qu’avec la découverte du cogito. Etre sûr du cogito est une chose, mais être sûr des choses du monde que notre cogito appréhende, en est une autre. La folie est assurément une pensée, mais est-elle une analyse exacte de la réalité ? Il est bien sûr raisonnable dans douter. Donc, la séparation qu’on entrevoit entre le rationalisme et le réalisme, même si on tente vainement de les faire cohabiter est hautement problématique, et nous verrons au cours de nos réflexions si toutes ces tentatives philosophiques ne sont pas encore tout bonnement une création de l’esprit. En science, l’objectivité ne peut provenir uniquement d’une pensée qui se suffit à elle-même, surtout si celle-ci n’a rien à voir dans son essence avec les objets qu’elle vise. Et au-delà, si l’esprit est comme étranger au monde, le monde peut-il exister pour nous ? Par contre, dans le criticisme, le monde pour Kant est une apparition sous la souveraineté de l’entendement, mais pour que ce dernier s’exerce positivement, il n’est pas nécessaire que le sujet transcendantal existe, mais que ce soit justement le donné qui existe. Car, même en considérant que ce sujet
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transcendantal puisse avoir une permanence, il le doit très certainement au donné, dans una posteriori et sûrement pas una priori, c’est-à-dire dans un originaire primordial, toujours actuel, et apodictique. Nous constatons qu’il est impossible, de prime abord, de fonder à la fois un réalisme de la pensée pure et un réalisme dufait pur, ou ce qu’on pourrait définir comme un réalisme pur. Il n’y a qu’un seul réalisme où il n’y en a pas. Ainsi, l’aporie de notre questionnement résidera dans le fait que la philosophie suit aujourd’hui l’influence d’un réalisme que l’on pourrait qualifié de transcendantal, où l’objet subit la loi de l’esprit, et où selon ce cadre nous pensons toujours abusivement le monde selon notre point de vue, un angle conceptuel finalement totalement détaché de celui-ci. Mais, nous oublions bien souvent en posant un sujet transcendantal, que la pensée peut venir elle aussi primordialement, dans le sens d’a posteriori, du donné sur lequel elle fondea prioriprincipes. Il faudrait, alors, ses plus exactement envisager que le réalisme de la pensée ne puisse sans doute pas se fonder sur la seule subjectivité de notre raison, même si elle est transcendantale, car si tel était le cas, la réalité ne serait pas une pure réalité, mais bien au contraire elle serait encore chargée des impuretés de l’ego : une réalité non réelle dans son attitude faite de présuppositions. Une nouvelle voie sera, donc, à caractériser dans ses fondements, ce que pas à pas je propose que nous consolidions ensemble, au fil des réflexions qui vont suivre.
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PREMIÈRERÉFLEXION
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