Sans queue ni tête

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Chacun se voue aujourd'hui aux exhibitions publiques en tenant secrètes ses souffrances intimes. La pratique compulsive des rites individualistes de savoir et de réussite se confronte à terme à l'horreur nue d'être seulement soi. Dans cet ouvrage, il n'y a aucune thèse démonstrative. Il peut être lu dans le désordre, la seule nécessité qui a prévalue, c'est de se donner le langage suffisant pour partager ses impressions, ses ressentis et définir sa position.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140002069
Nombre de pages : 290
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Ge or ge s BO T E TPR A DE I L L E S
Sansqueue ni tê te
U n m o n d e a c t u e l e n p e r t e d e s e n s ?
P r é f a c e d’A n n e  L i s e D i e t
Sans queue ni tête
Nomino ergo sum « Je nomme donc je suis » Dirigée par Alain Coïaniz et Marcienne Martin La collection « Nomino ergo sum » est dédiée aux études lexico-sémantiques et onomastiques, sans exclure, de manière plus large, celles qui prennent comme objet le fonctionnement et la construction de la signification, aux plans discursif, interactionnel et cognitif. Tous les champs de l’humain sont concernés : histoire, géographie, droit, économie, arts, psychologie, sociolinguistique, mathématiques… pour autant que l’articulation épistémologique se fasse autour des lignes de force de l’intelligibilisation linguistique du monde. Comité scientifique Victor Allouche (Université de Montpellier) ; Gérard Bodé (Institut français de l'éducation — École normale supérieure de Lyon) ; Georges Botet (Président honoraire de l’Institut Psychanalyse et Management — Membre de l’Association européenne de psychanalyse Nicolas Abraham et Maria Torok) ; Kurt Brenner (Université de Heidelberg , Allemagne) ; Vlad Cojocaru (Institut de Filologie Română, Iai, Roumanie) ; José Do Nascimento (IUT Orsay — Université Paris Sud) ; Claude Féral (Université de la Réunion) ; Laurent Gautier (Université de Bourgogne) ; Sergey Gorajev ( Université Gorky – Ekaterinburg, Russie) ; Julia Kuhn (Université de Vienne, Autriche) ; Judith Patouma (Université Sainte Anne, Canada) ; Jean-Marie Prieur (Université de Montpellier) ; Dominique Tiana Razafindratsimba (Université d'Antananarivo, Madagascar) ; Michel Tamine (Université de Reims-Champagne-Ardenne) ; Diane Vincent (Université Laval, Canada).
Georges BOTET-PRADEILLESSans queue ni tête Un monde actuel en perte de sens ?
Préface d’Anne-Lise Diet Ouvrage réalisé avec la contribution d’Omar Aktouf et les participations de Jean-Claude Casalegno, Anne-Laure Galtier et Valérie Weidmann
Du même auteur Livres : Le temps est au jeu de dupes,L’Harmattan, Paris, 2015.Apologie de la névrose,», L’Harmattan, Paris, 2014Collection « Nomino ergo sum (avec Martienne Martin).Aphorismes à usage intime,Edilivre, Paris, 2013.Pourquoi encore la psychanalyse ?Dédicaces, Montréal, 2012.Fallait-il tuer Socrate ou l’assassinat collectif de la vertu,Dédicaces, Montréal, 2011.Nouveaux propos sur le bonheur,Dédicaces, Montréal, 2011.Quelques articles : -Institut Psychanalyse et Management, Série éditoriale N°1, Articuler intelligence et compétence dans les organisations, 2013 : Cum grano salis. L’intelligence : un don commun souvent gâché. -Institut Psychanalyse et Management, Série éditoriale N°3, Dissi-mulation, mensonge, dénégation, déni et oubli, 2014 :Les dessous cachés de la réussite professionnelle. Manœuvres conscientes et inconscientes au service de sa promotion dans les Organisations entre les sexes. -Revue Internationale de Psychosociologie et de gestion des compor-tements organisationnels, L’interstitiel, vol. XVII - N°43, hiver 2011 :Le Moi subverti par le sujet s’autorisant parfois à être malicieux ; D’Ulysse à Scapin en passant par Machiavel. -Revue Internationale de Psychosociologie et de gestion des compor-tements organisationnels, L’irrationnel, vol. XIX - N° 48, été 2013 :Quand la conduite des hommes regorge de trop de raisons, elle finit par manquer d’esprit. Le meneur d’hommes aujourd’hui. De l’aliénation à l’indépendance d’esprit. Une possible « clinique » psychanalytique du management ?-Revue Internationale de Psychosociologie et de gestion des compor-tements organisationnels, La fiabilité organisationnelle, vol. XXI – N° 51, printemps 2015 :La dangerosité publique est-elle inhérente au social, au management ou aux deux ? © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08351-3 EAN : 9782343083513
SOMMAIRE
Préface ............................................................................................................ 9 Introduction................................................................................................... 13 Note de l’auteur ............................................................................................ 15 Désobéir................................................................................................... 19 Une limite extrême au bord du vide : l’Île de Pâques.............................. 29 Follement ................................................................................................. 31 Entre responsabilité et insoumission ....................................................... 35 Parler d’amour ......................................................................................... 43 Une soirée onirique avec Ferenczi........................................................... 49 L’accompagnement d’autrui ? ................................................................. 51 Un usage intelligent de la liberté inconditionnelle – Réflexion sur le troisième Congrès de Philosophie du Management (Metz, mai 2015) : « Management, civilisation et barbarie »................................................. 55 Accompagner ? Pourquoi .Comment ? .................................................... 61 Faire face : une compétence sans école mais pas sans esprit................... 65 De l’oblativité sacrificielle à l’emprise prédatrice................................... 83 S’adapter, une nécessité permanente ....................................................... 87 Commercer .............................................................................................. 95 Hiérarchisation implicite et abusive des groupes .................................. 101 Réussir ................................................................................................... 107 Un petit pas vers Socrate, ou la parole vraie.......................................... 111 Séduire, dominer et parfois désespérer autrui et soi-même ................... 127 J’aimerais tant être efficace ................................................................... 129 Pour pas un sou de plus ........................................................................ 131 Le « for intérieur » ou préconscient : une instance régulatrice méconnue .............................................................................................. 135 Le psychanalyste dans la Cité ............................................................... 139 Un peu au-dessus du vieux divan .......................................................... 149 Le point d’orgue .................................................................................... 157 L’originalité vertueuse de la psychanalyse ............................................ 159 Être scientifique ou pas ? ....................................................................... 167 Un bel avenir pour la psychanalyse vers un futur en crise ?.................. 177 Tout compte fait : un nouveau regard sur le territoire de l’homme ....... 183 Ces morts avec lesquels nous avons cessé de bavarder ......................... 191 Management et coaching face aux sept péchés capitaux ....................... 195 Cing minutes avant l’apocalypse ........................................................... 205
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Fétichisme, dépression et sagesse.......................................................... 215 Hériter et transmettre ............................................................................. 219 Une clinique sans maître et sans école ?................................................ 223 Un sujet régénéré ? ................................................................................ 233 Juste, la dimension humaine ou la juste dimension humaine ................ 239 Tango, par Valérie Weidmann............................................................... 247 Sono cosi................................................................................................259Femmes égarées sur la route, par Anne-Laure Galtier .......................... 261 Servir qui ? Servir comment ? Servir pourquoi ? .................................. 265 Manifeste ............................................................................................... 269 Sans queue ni tête ? ............................................................................... 271 Post-scriptumavec Anne-Lise Diet....................................................... 279
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PRÉFACE
Anne-Lise Diet, psychologue, psychanalyste. Analyste de groupe et d’institution (Transition Paris). Ancienne Assistante à l’UFR de Psychologie de Rouen. Membre associée de Transition (Paris) Membre associée de l ’Association Européenne N. Abraham et M. Torok (Paris).
À ce moment où j’écris la Préface du livre de Georges Botet Pradeilles, nous sommes entrés dans la nuit. Quelque chose s’est passé dans les rues de Paris, d’une violence inouïe, qui met un terme à notre insouciance, à notre légèreté, à la certitude que la civilisation va de soi, que ses valeurs ne pouvaient être érodées par un consumérisme insolent et comme sans limites, que nous n’avions plus à la défendre par des choix profonds, intangibles, non négociables. Nous voici sidérés de découvrir qu’il n’en est rien. Que des hommes de l’âge de nos enfants, perdus, endoctrinés, drogués peuvent en quelques semaines devenir nos bourreaux et bourreaux de leur propre civilisation...
Quoi de neuf nous demande l’auteur? Socrate, nous dit-il, provocant.
Du fond de nos mémoires, remonte la figure du philosophe, dont nous écrivions en grec, son «γνώșȚıέαυIJοn», lorsque, jeunes lycéens, nous accordions une certaine fierté à notre appartenance à la filière des Humanités, portant nos Gaffiot et nos lourds Bailly sous le bras, les jours de composition. Nos Humanités... Comme ce mot semble démodé en ces temps scientifiques, plus encore informatiques. Nous nous penchions le soir sur nos devoirs, jamais sur des écrans, nous apprenions par cœur des vers en alexandrins, que nous déclamions avec conviction. Encore aujourd’hui, me reviennent, ceux de Bérénice à Titus :
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous Seigneur, que tant de mers me séparent de vous? Que le jour recommence et que le jour finisse Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?...
À l’adolescence, ces vers déchirants, entre cet homme et cette femme, nous enseignaient à la fois les mots troublants de l’amour et de la violence du devoir d’État. Ils semaient en nous le goût des mots, la beauté de la langue, et le rythme intime d’une phrase au service de la pensée, dans un encordage subtil avec le corps et ses pulsions. Nous apprenions au cœur même de la langue et de la culture, les tourments des adultes, les valeurs civilisatrices, et trouvions
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