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Valeurs fonctionnalisées et relations interculturelles

De
154 pages
Qui sont les hommes véritablement, et comment la nécessité du vivre ensemble peut-elle se concevoir à l'aube du XXIe siècle afin de réduire si possible les conflits qui tirent, semble-t-il, leur origine dans les différences culturelles? Si les rapports entre les hommes deviennent de plus en plus insupportables en raison de l'intolérance et de la violence qu'ils génèrent, c'est collectivement que nous devons trouver les réponses aux problèmes qui se dressent sur le chemin de l'avènement du "règne des fins".
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ChristopheYAHOT
VALEURS FONCTIONNALISÉES ET RELATIONS INTERCULTURELLES Essai
Valeurs fonctionnalisées et relations interculturelles
Collection « Arc-en-ciel»
Argumentaire
Les deux dernières décennies ont vu se développer un grand nombre d’Universités et d’institutions de recherche dans de nombreux pays africains. Les intellectuels du continent éprouvent de plus en plus la volonté de partager leur expérience et leur vision du monde et des choses avec le reste du monde. La Collection « Arc-en-ciel », au-delà de son contenu didactique voudrait être surtout un instrument d’échange et de dialogue entre les peuples et cultures du monde. Faire vivre la diversité, tel est le but primordial de cette collection qui se présente comme une œuvre de construction commune, car c’est collectivement que nous devons trouver les réponses aux grands défis du XXIe siècle.
Les orientations principales de cette collection sont :
-Promouvoir les principes et valeurs de ladiversité. -Privilégier les travaux présentant une certaine originalitédans un domaine de recherche. -Offrir uneopportunitépublication des résultats de de recherche aux enseignants, doctorants et divers chercheurs. -Faire de cette collection unsupportà l’organisation de rencontres interdisciplinaires périodiques entre les chercheurs d’Afrique et d’ailleurs. -Se servir de cette collection comme d’un outil de promotion des chercheurs aux différents Comité Technique Spécialisé (CTS) du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES). Pr CHRISTOPHE Yahot
Christophe YAHOTVALEURS FONCTIONNALISEESET RELATIONS INTERCULTURELLESEssaiL’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10570-3 EAN : 9782343105703
À mes parents défunts Koisci Yahot Messoum N’Guessan Ahou MadeleineYahot Kobinan dit Magloire Yahot Aristide Yahot Konan Raphaël KOUASSI Anselme Jean-François
Les événements de ce début de XXIe siècle inquiètent même les plus optimistes.Paradoxalement, c’est au moment où leséchangespris une dimension ont planétaire, et que lesTechnologies de l’Information et de la Communication (TIC ) rapprochent, en temps réel, les humainsque l’intolérance et laviolence sous toutes ses formes gagnent du terrain. Les États, les communautés ethniques, les valeurs religieuses, les identités culturelles et idéologiques sombrent, de plus en plus, dans le 1 radicalisme . Mais que faut-il en penser ? Comment limiter l’intoléranceentre les hommes? Pour combattre l’intolérance, ilfaut d’abord la comprendre. Mais notre réflexion suivra, ici, le sens inverse de la démarche habituelle suivant laquelle «L’intolérable naît seulementau moment où les limites de la tolérance sont dépassées et quel’équilibre menace de se casser». Il s’agit plutôt, ici, de montrer en quoi l’intolérable surgit aucœurdes valeurs les plus même hautes définies par les sociétés humaines (valeurs culturelles, valeurs religieuses, valeurs juridiques, valeurs politiques, etc.), car les valeurs ne valent pas seulement pourelles-mêmes, mais toujourspar rapportquelque à chose, notamment relativement aux autres valeurs et intérêts divers. C’est pourquoi l’intolérance, elle-même, ne peut être traitée en dehors de son origine sociale. Pour comprendre l’intolérance, il faut donc interroger la production sociale dans toutes ses composantes, notamment le fait culturel. Au risque de prendrel’effet pour la cause, l’intolérance ne doit pas apparaître comme une aberration au sein de la culture, sous prétexte que celle-ci porte en elle des valeurs
1 L’Afrique, à elle seule, représente un échantillon assez représentatif de ce chaos des temps actuels. L’Europe, elle, semble encore avoir du mal à donner un sens clair et précis aux événements : terrorisme politique, conflit de civilisation ? 7
nobles telles les valeurs morales, spirituelles, philosophiques, politiques, etc., et faire comme si intolérance et culture étaient deux concepts antinomiques. Bien au contraire, dans son essence même, toute culture, en tant que système de valeursd’une société donnée, porte en elle les germes de l’acceptation (intégration, charité, solidarité, etc.) ou du rejet. Cela explique pourquoi les valeurs culturelles les plus hautes peuvent aussi, en même temps, représenter les armes les plus dangereuses pour combattre l’Autre, c’est-à-dire l’«étranger», ou celui dont l’esprit-étrange, est enraciné dans un système de valeurs autre. Aussi faut-il se demander : les valeurs sont-elles neutres ? Peuvent-elles l’être?Les valeurs sont-elles respectées pour elles-mêmes ou pour ce à quoi elles peuvent/doivent servir ? Partant de l’hypothèse que les valeurs ne soient pas des «idées abstraites», mais des RÉALITÉS qui déterminent la conscience oul’esprit,il apparaît, alors,que l’homme vit, à la fois, POUR les valeurs et PAR les valeurs. Vivre pour les valeurs signifie que ces valeurs représentent ce à partir de quoi nous articulons nos pensées et nos actions, au sens où les valeurs en question sont comme des fins en soi. Mais vivre par les valeurs veut dire aussi que celles-ci constituent pour nous de véritables instruments qui peuvent se révéler utiles ou dangereux dans leur fonctionnalité. Tolérance et intolérance ne relèvent donc pas de deux ordres différents. Ces deux ordres ne sont que les effets d’une même cause-le système de valeurs culturelles- qui constamment suscite des rapports pervers basés chaque fois sur des compromis très précaires. Toutefois, la mise en rapport de ces deux notions de tolérance et d’intolérancerévèle très vite quece n’est pas la tolérance, mais plutôtl’intolérance qui, chronologiquement et génériquement, est la réalité première. La tolérance serait alors la solution tardive qui
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surviendrait après que l’intolérance primitive ait franchi certaines limites. Or,tolérer, ce n’est ni accepter, ni rejeter. Cette «solution»,ou si l’on veut cet «arrangement», semble donc se tenir assez loin de toute volonté de rapprochement véritable! Par ailleurs, la problématique des relations interculturelles étant très complexe, la démarche ici sera de s’ouvrir le plus largement possible aux idées.S’ouvriraux idées, c’est partir d’un éclectisme qui intègre les idées et théories des philosophes, les doctrines religieuses, les croyances de l’opinion, l’expérience de la vie,etc. Il faut donc tenir compte du point de vue de tous les humains : sociétés, mœurs, cultures.Mais la démarche sera aussi celle del’ouverture del’idée, c’est-à-direl’adaptation voulue de certaines idées et théories à notre réflexion sur la culture. Certes, Platon, Aristote, Leibniz, Cassirer, Lipovetsky, Castoriadis, etc. n’avaient pas pour objet de réflexion la culture, encore moins les conflits culturels, et leurs réflexions obéissaient à d’autres problèmes très particuliers. Toutefois, les philosophes forgent des concepts et des théories qui, en tant que principes, sont toujours d’actualité et peuvent être utiles pour penser d’autres problèmes.ces penseurs proches et Convoquer lointains, c’est bien admettre que le temps n’a pas de prise sur leurs pensées. C’est admettre aussi que leurs pensées restent vivantes et que parfois une idée a plus de force et de pertinencelongtemps après quand l’histoire a permis de lui donner une réalité objective. 9