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La femme selon la vision islamique en Afrique noire

De
144 pages
L'ouvrage retrace l'image de la femme avant l'Islam, la nature du sexe féminin, et évoque le rôle de la femme au foyer et dans le milieu socio-professionnel en Afrique aujourd'hui. Des femmes saintes ont marqué leur époque dans la société sénégalaise. Elles supportaient les travaux domestiques, fabriquaient du couscous, excellaient dans la lecture et l'écriture du livre céleste.
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Le femme selon la vision islamique en Afrique noire

 

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13122-4 EAN : 9782296131224

 

Marième Habib DIAGNE

Le femme selon la vision islamique en Afrique noire

L’Harmattan
 

Je dédie ce livre à Sokhna Ma mouna Mbacké Bintou Khadimou Rassoul, la servante du Coran dont la vie se confondait avec la Nuit du Destin. Nous prions que sa mission éternelle soit exaucée par Dieu le Tout Puissant par la baraka de Khadimou Rassoul.

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux Louange à Allah, le Seigneur de l’univers. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Maître du jour de la rétribution C’est Toi (Seul) que nous adorons, et Toi (Seul) dont nous implorons secours. Guide-nous dans le droit chemin, Le chemin de ceux que tu as comblés de faveurs, Non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.1

1 Traduction des presses du complexe du roi Fahd, Sourate « L’Ouverture », verset 1–7, Médine, 1990, p. 1

« Et quand à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, bientôt Nous les ferons entrer aux jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. Ils y demeureront éternellement. Il y aura là pour eux des épouses purifiées. Et Nous les ferons entrer sous un ombrage épais2. » « Et quiconque, homme ou femme fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant… les voilà ceux qui entreront au paradis ; et on ne leur fera aucune injustice, fût ce d’un creux de noyau de datte3. »

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TPCF. Op. cit., Sourate « Les Femmes », verset 56. TPCF. Op. cit., Sourate « Les Femmes », verset 124.

Remerciements Je remercie le Tout Puissant, sans la grâce Duquel cet ouvrage n’aurait pas existé. Qu’Allah le Tout Puissant accorde une longue vie à Serigne Cheikh Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, khalife général des mourides. Je remercie toute la famille de feue Sokhna Ma mouna Mbacké en particulier son khalife, Cheikh Mouhamed Makhfouz Mbacké, chef religieux à Darou Wahab. Je prie pour qu’Allah le Tout Puissant accorde une longue vie à Serigne Bassirou Mbacké Anta Niang, l’imam de la grande mosquée de Darou Mouhty. Je remercie également monsieur Samba Dieng, professeur à l’université Cheikh Anta Diop dont l’appui et le soutien fraternels m’ont permis d’insuffler à ma tâche l’attention qu’elle requiert. Je remercie toute la descendance de mon grand-père feu Cadi Djibril Diagne, et celle de ma grande mère feue Sokhna Seynabou Ousmane Niang Macodé Ndiawar Mar. Je prie pour que le Seigneur les accueille dans leurs demeures éternelles. Je prie pour qu’Allah le Tout Miséricordieux réserve une place dans son Paradis à mon défunt père et ma marraine feue Adja Nafissatou Diagne de Santhiaba-Médina. Ils ont toujours prié en faveur du succès de ce travail, ils m’ont soutenue dans mon parcours terrestre et ils ont toujours apprécié mon vécu quotidien. Je prie pour que Dieu le Tout Puissant accueille dans son Paradis mon défunt père El hadj Abdoul Aziz Diagne qui a choisi le titre de l’ouvrage tout en m’encourageant de continuer sur cette voie noble. Ma mère, incarnée par sa conviction intime de son attachement à Dieu s’est bien associée dans ce travail tout en magnifiant sa sympathie pour la réussite de cet humble chemin malgré un programme chargé.

Sokhna Arame Kébé Ndoye, directrice de l’agence de voyages Darou Wahab Tours qui a tenu à m’aider dans mes entreprises.

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Avant-propos L’histoire moderne a considérablement méprisé la femme qui constitue cependant la moitié de l’humanité et a été détrônée de son rang véritable. Or, cet être humilié, dont la personnalité a été avilie, a besoin de revenir à sa position première. Certains la trouvaient « impure ». Responsable de l’expulsion d’Adam du Paradis, elle méritait donc de s’éloigner du royaume de Dieu. La femme ne jouissait pas de ses droits élémentaires et de son statut dans la plupart des sociétés. Une société où celle-ci avait été humiliée, au point que la naissance d’une fille plongeait les parents dans de douloureuses réflexions. L’homme, ne pouvant admettre la personnalité de la femme, l’enterrait ou la brûlait vive sous prétexte que l’éducation des filles entraînait des charges appauvrissantes. La naissance d’une fille constituait un stade dangereux dans la vie du peuple de la péninsule arabique. Cette inquiétude était due, au fait que la présence des femmes dans les guerres et les affrontements était un grand ennui pour les tribus qui se déplaçaient sans cesse et pour les hommes du désert. De plus, l’esclavage dont celle-ci faisait l’objet humiliait sa famille. Bref, la culture et l’état des croyances étaient tels que la naissance d’une fille était une honte pour les parents. Le Coran présente de nombreux passages à ce sujet, et beaucoup de sourates condamnent durement cette pratique : « Ceux-là perdent assurément qui immolent leurs enfants par stupidité et ignorance, et qui interdisent sur la foi des tabous mensongers, ce que Dieu leur a donné pour nourriture ! Ceux-là s’égarent et ne suivent pas le droit chemin4 ». Le coran a aussi fustigé ces pratiques citées en ces termes : « Si l’on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son front se rembrunit et il s’afflige profondément. Il se
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TPCF. Op. cit., Sourate « Les Troupeaux », verset 140.

cache aux siens à cause de la désastreuse nouvelle…5. Le coran ajoute ce qui suit de cette malheureuse naissance et du destin de cet être infortuné… que leurs jugements sont déraisonnables6 ». Dans une autre sourate, le Coran exprime la même idée, mais d’une manière différente :
« Ne tuez point vos enfants par crainte de misère. Nous leur donnerons de quoi vivre ainsi qu’à vous-même. Les tuer serait un péché énorme. Fuyez le péché de la chair. C’est une turpitude, une voie périlleuse. Dieu considère l’homme comme un assassin, s’il tue son enfant7. »

Ceci montre que le problème était alors si grave que le Coran en faisait connaître le danger et sonnait l’alarme. À chaque fois que le Messager de Dieu (PSL) a déclaré ailleurs que la meilleure naissance pour une famille est celle d’une fille, ajoutant que Dieu sauvera du feu de l’Enfer ceux qui ont une fille chaste, pudique. En ce temps-là, les filles ne jouissaient pas d’une situation sociable enviable à cause des soucis qu’elles causaient à leurs parents. C'est pourquoi le Prophète Mouhamed (SAWS) a beaucoup insisté auprès des familles pour changer cette situation déplorable. L’origine de cette conception rétrograde se trouve dans l’impiété et date de l’époque où les hommes vivaient dans l’ignorance et les femmes manquaient de personnalité et de droits. Ils se trompaient, ceux qui s’attristaient, s’énervaient et se sentaient sur des charbons ardents quand ils avaient une fille et non un garçon.
TPCF. Op. cit., Sourate « Les Abeilles », versets 60-61. TPCF. Op. cit., Sourate « Les Abeilles », verset 59. 7 TPCF. Op. cit., Sourate « Le Voyage nocturne », verset 31-32. 10
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Cette conception de la malédiction qui pesait sur les filles n’est en aucune façon logique. Au début de l’Islam, de grands efforts furent déployés pour faire disparaître ces séquelles. La femme était vendue pour payer les dettes de son père, elle était sacrifiée aux dieux et aux esprits pour consolider des situations sociopolitiques. Elle était répudiée sans pitié, ou obligée de se prostituer pour enrichir son maître, elle était maintenue de force dans les liens conjugaux, afin de l’empêcher de se remarier. Le Prophète Mouhamed (SAWS) déclare que la norme des valeurs se trouve dans le bon comportement envers sa femme. Si le Messager de Dieu s’est exprimé de la sorte, c’est pour mieux mettre l’accent sur la personnalité de la femme. Le Prophète Mouhamed (SAWS) a déclaré que l’Ange Djibril lui a beaucoup recommandé, dans chacune de ses visites, de telle sorte qu’il pensait qu’on ne pouvait renvoyer aucune épouse, à moins qu’elle n’eût prévariqué et commis un adultère. Il recommandait le respect, la tendresse et l’affection envers les créatures féminines et insistait pour qu’elles soient honorées. Concernant l’affection que l’on doit montrer envers les épouses, le Prophète Mouhamed (SAWS) a vivement recommandé aux hommes de chérir leurs épouses à l’occasion de son dernier pèlerinage d’adieu à La Mecque. Le saint homme a voulu dire que la situation d’inégalité qui existait entre les êtres humains devait prendre fin. Ces recommandations et ce comportement exemplaire furent la cause de la personnalité féminine dans la société arabe au cours de la mission du Prophète Mouhamed (SAWS).
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L’islam, religion sublime, a élevé la personnalité féminine et l’a honorée dans la sourate quatre portant son nom les Femmes. Relisons-en le premier verset :
« Hommes craignez votre Seigneur qui vous a créés à partir d’un seul être et a crée de celui-ci son épouse et Qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang ; certes Allah vous observe parfaitement8. »

Ce verset montre que tous les êtres humains sont égaux en droit et devoir dans la mission qu’Allah leur a confiée. Il reste graver dans les cœurs des musulmans et nous indique que les rapports entre les créatures humaines, d’une même origine et substance doivent se poser dans toutes les phases de leur vie en termes de complémentarité et non d’égalité. Nous avons rappelé ce que le Prophète Mouhamed (SAWS) a dit au sujet de la créature féminine pour que les hommes sachent comment se comporter envers les femmes, et pour que cette personnalité humaine ne souffre plus d’injustice, et pour que le choc psychologique qu’elle a subi cesse à jamais. Lorsque nous disons que la question des droits de la femme à la maison et dans la société doit être réexaminée ou réévaluée, nous entendons par là que nous devons être guidés par la nature et prendre en considération toutes les expériences heureuses ou malheureuses du passé, et spécialement celle du siècle courant. Dieu révéla le Livre comme une lumière, une torche étincelante dont les flambeaux ne sauraient s’éteindre, un foyer à l’éternelle incandescence, un océan dont la pensée
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TPCF. Op. cit., Sourate « Les Femmes », verset 1. 12

humaine n’atteint point la profondeur, un guide sûr, une clarté qui ne trompe jamais, augmente de valeur manifeste dont les bases ne s’écroulent point, un remède dont il ne faut craindre aucune réaction, une force dont les alliés ne connaîtront pas de défaite, une vérité dont les tenants ne seront jamais laissés sans appui. Il est la subsistance et le cœur de la foi, une source de la science, un jardin de l’équité, un ruissellement de ses cours d’eau, un foyer et un fondement de l’islam, un fleuve de la vérité et une vallée, un océan que nul ne peut assécher, une source inépuisable, une fontaine que ne peut diminuer aucun buveur, un refuge que retrouvent toujours les voyageurs, un repère qui n’échappe point aux regards de ceux qui prennent la route, une colline que ne peut grimper que ceux qui voudront l’atteindre sans pouvoir la dépasser. Dieu en a fait un désaltérant pour apaiser la soif des savants, un printemps pour les cœurs des jurisconsultes, un large chemin pour les vertueux, une lumière qui écarte toute obscurité, amarre à l’anse solide, une forteresse inexpugnable. Il est une source de considération pour qui s’y soumet et de paix pour qui y adhère, un guide sûr pour qui s’y confie, une justification pour qui s’y réfère, une preuve formelle pour qui s’y penche, un témoin pour qui s’en sert, une arme de triomphe pour qui en argue, un soutien pour qui l’élit, il élève pour ceux qui en appliquent les principes, il est merveilleux pour qui s’y repère, il est cuirasse pour qui l’endosse, une science pour qui le comprend, une affirmation pour qui entretient, un code pour qui juge. Le Saint Coran contient la lumière qui nous guidera, la nourriture qui nous soutiendra et le réconfort qui nous encouragera. Il est la charte du musulman. Par lui le Paradis
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est retrouvé, le ciel est ouvert et les portes de l’Enfer sont révélées. Il remplit notre mémoire, dirige nos cœurs. Il est une mine de richesse, un Paradis de gloire et une rivière de délices. Son souvenir subsistera éternellement, récompense les grands efforts. Celui qui se livre à cette vague mugissante et qui étincelle, au tréfonds de son cœur, la torche de la conscience islamique, ne se vouera qu’à sa foi pure, et à concrétiser son idéal. Donc le Coran a ravivé les droits de la femme. Il a franchi à l’époque de sa révélation, un grand pas vers l’amélioration de la condition des femmes et la restauration de leurs droits humains. Le Saint Coran fait renaître les droits de la femme en sa qualité d’être humain et de partenaire de l’homme. Donc, la femme musulmane fait preuve de savoir-vivre dans sa mission éternelle. L’ouvrage la femme selon la vision islamique offre une présentation simple et suscite la situation de la femme musulmane. Après une mûre réflexion sur la situation de la gent féminine contemporaine, je me suis efforcée d’être en général claire, en écrivant au niveau de l’intellectuel moyen. De même, j’ai essayé de faire en sorte que le lecteur moyen trouve dans certaines parties de cette contribution une nourriture assimilable et une démonstration convaincante. J’espère que cet ouvrage sera une réponse à ceux qui ne savent pas la valeur du sexe féminin. Il sera aussi un guide sûr pour ceux qui cherchent la vérité nuit et jour. Cet ouvrage vient tout simplement rendre hommage à la femme universelle, muse et créatrice.

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