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Semeurs d'espérance

De
143 pages
Semeurs d'espérance est le onzième tome des entretiens accordés par Yvonne Trubert au Livre d'Invitation à la vie. Ce tome présente deux autres étapes dans l'évolution de l'association. Les entretiens de la première partie traitent d'un pèlerinage au Pérou, de colloques, au cours desquels les scientifiques invités ont donné des conférences sur la Terre et sur l'Enfance, et de deux chapitres consacrés aux pays d'Amérique latine et d'Océanie. La seconde partie est constituée d'extraits des dernières interventions d'Yvonne Trubert.
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Semeurs d’espérance

Yvonne TRUBERT

Semeurs d’espérance
Chroniques d’une Invitation à la Vie

Tome 11

L’Harmattan

Direction éditoriale : Albertine Gentou
Enregistrées entre 1984 et 1995 pour le Livre d’Invitation à la Vie, journal de l’association éponyme, ces chroniques sont extraites d’entretiens réalisés par la Mission Écrire et quatre journalistes : Marie Mignon Gardet, Marie d’Hennezel-Whitechurch, Marie-Hélène et Albertine Gentou. Photographie de la couverture ©Coll. de l’auteur Photographie d’Yvonne Trubert ©Prisca Léonelli Bibliographie Invités à Vivre, Collectif, L’Harmattan, 2003 Paris. Internet sites www.yvonnetrubert.fr www.invitation-a-la-vie.org/ Cassettes de référence Conférence à Assas : « L’homme à la recherche de lui-même » (11/02/1984) Conférence à Assas « L’homme dans sa plénitude » (13/11/1984)

© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12871-2 EAN : 9782296128712

Préface
Je suis très émue d’écrire cette préface : tout ce qui concerne Yvonne Trubert est important pour moi, pour nous, pour tous. Il n’est pas question ici d’écrire sur elle. Elle ne le souhaitait pas mais, bien sûr nous pouvons parler de son enseignement. Je commencerai donc par là et je le ferai avec une grande joie car son enseignement, je le connais, je l’aime et le pratique depuis de longues années. Au commencement, il paraît simple, si simple que l’on n’y fait guère attention, habitués que nous sommes à la sophistication des écrits d’aujourd’hui. Mais il ne faut pas s’y tromper. Sa profondeur ne se dévoile qu’au fur et à mesure que nous le pratiquons. C’est un enseignement de vie alors on ne peut pas le mettre en cage. Même écrit, il est encore opératif. Il agit et peu à peu sa grandeur s’impose et voici que nous buvons à la source même de la vie, une vie ruisselante d’amour, toute brillante des feux de l’esprit. J’ai bu à cette source et tout est devenu clair. J’ai appris ce qu’était l’amour, l’origine et la fin de toute chose. Il est bien difficile de le pratiquer car il vient de Dieu et nous ne sommes pas encore à son image. Yvonne (c’est ainsi que je préfère l’appeler), Yvonne n’est plus là, sa vie s’est envolée ailleurs, mais le Chemin qu’elle a tracé est bien là, creusé au plus profond de ce que nous sommes et au plus profond de l’humanité aussi. Vous pourrez trouver dans ce livre les échos des colloques voulus par elle. Ils ont été des aventures prophétiques. J’y ai participé. Ils ont déclenché ceux que j’organise aujourd’hui, appliquant de mon mieux ce que j’y ai appris. Participant au choix des intervenants, j’ai admiré l’association improbable de personnalités venues de domaines aussi différents que la science, la santé, les 5

traditions et la spiritualité, qui se côtoyaient sur le podium dressé parmi les fleurs, au centre du camp formé de tentes nomades. C’étaient des tentes de Bédouins, pour bien signifier que nous sommes de passage sur cette terre. Le même respect et le même intérêt pour l’homme et sa survie étaient présents dans leurs interventions. C’était audacieux. Cela n’avait jamais été vu, sauf à Séville dans les temps anciens, ces temps bénis où vivaient en bonne intelligence les trois religions du Livre. Ces colloques ont impulsé l’écoute et l’acceptation de l’autre, pratiquées en ces temps-là. Une nostalgie nous prend car où en sommes-nous aujourd’hui, à l’heure des rockets et des attentats à la bombe entre frères ennemis ? Vous lirez comment Yvonne commente l’aventure. Je peux témoigner de sa vérité. Une sorte d’exaltation nous avait pris, car nous savions que c’était une aventure de vie et d’avenir. Je me souviens des rendez-vous sous la tente de prière, le soir à la tombée de la nuit, sous le souffle d’un vent plein de douceur venu du sud et des étoiles. Moments mystiques d’amour spirituel partagé entre tous. Je revois les Aborigènes. Etaient- ils dépaysés ? Si peu ! Ils avaient emmené leur pays avec eux. Leur dji djé ridoo est devenu un symbole vite adopté. Je me souviens…oui ! Tout revient : l’impressionnant Indien venu des terres d’Amérique du Nord. Il était sévère, austère mais généreux : il offrit, sans hésiter, de dormir par terre pour laisser sa belle tente aux étrangers venus de loin. Que de beaux souvenirs, il me reste. Si je ferme les yeux, c’est un peu le parfum d’un Paradis perdu où régnaient l’amitié et la beauté à profusion. Ce fut pour moi la naissance d’une vocation, celle d’allier les plus fines découvertes de la science, de la physique quantique, à ce qu’on appelle la spiritualité. J’ai vu, entendu, compris que cela marchait. Je citerai comme 6

exemple une phrase d’Yvonne, sublime, mystérieuse et complexe qui décrit, en fait, ce que cette science nous dévoile de la réalité ultime de l’Univers : « Les sciences physiques prédominent sur l’invisible. Elles nous devancent car elles ont compris l’extraordinaire train d’ondes, de vie, de vibrations de ce qui constitue la connotation de la Vie : le souffle. » Le Souffle divin ! Dieu inscrit au cœur d’une matière sans matière, aussi étrange que cela puisse paraître. Une matière vibrante, donc chantante… Les sciences physiques nous devancent, Yvonne l’a souvent affirmé. Elles sont proches de découvrir Dieu, un Dieu si aimant qu’Il a créé un univers à Son image. Un deuxième colloque a suivi sur un thème tout aussi important : l’enfant. Je pourrais citer tant de passages, voici mon choix : l’enfant doit apprendre, à l’âge de la maternelle, les nuages, les vents, les planètes, les étoiles ; un peu plus tard, les oiseaux, les plantes, les animaux – ici je ne résiste pas à souligner que rares sont les adultes aujourd’hui qui les connaissent. Puis, le travail ne doit pas être un devoir mais une joie. On constate là, avec évidence, le ratage de notre société actuelle. Dans les autres extraits qui composent ce livre, Yvonne nous pousse à nous transformer : chaque sentiment, pensée, action doit avoir sa source en Dieu. Elle nous y exhorte sans cesse, dans chaque pays où elle se trouve. Ce ne sont plus, comme autrefois, des éléments de connaissance mais un cri, adressé non seulement à nous, ses amis, mais à l’humanité tout entière : « Réveillezvous ! » Le livre se termine avec ces deux mots qui résument tout, « en vivant et en aimant ». Ce sera là son ultime message. Anne de Constantin 7

Avant-propos
Notes de l’éditeur

Yvonne Trubert, fondatrice de l’association Invitation à la Vie, a vu le jour en Bretagne en 1932. Épouse de Pierre Trubert et mère de quatre enfants, elle a toujours eu à cœur de soulager les autres et ce, en plus de ses activités familiales et professionnelles. « Il est difficile de situer le début de la mission d’Yvonne Trubert, écrit Régis Dericquebourg1. Aussi loin qu’elle peut remonter dans sa mémoire, elle se souvient d’avoir été attentive à la souffrance : la sienne, celle de l’enfant asthmatique, celle des autres enfants mis en quarantaine parce que contagieux et qu’elle allait voir quand même, celle des femmes qui lui confiaient leurs problèmes lorsqu’elle exerçait son métier de commerçante. « Le bouche à oreille fonctionne et de nombreuses personnes viennent chercher auprès d’elle des paroles de sagesse et de consolation. Les problèmes de santé arrivent en tête des plaintes. Yvonne Trubert se rend compte qu’elle soulage les malades et elle a l’impression d’avoir une mission à accomplir… » Yvonne souhaite être aidée dans cette mission. Le 29 janvier 1982, elle invite à une réunion dix-sept personnes parmi celles qu’elle a reçues et qui acceptent alors de la soutenir. Elle leur enseigne la manière d’aider ceux qui ont besoin de réconfort, leur parle de spiritualité

Croire et guérir de Régis Dericquebourg, maître de conférences à l’université de Lille III, Dervy, 2001 Paris.

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et les encourage à prier le Notre Père, le Je vous salue Marie. Six mois plus tard, ensemble, ils disent le chapelet. En mars 1983, le cercle agrandi de ses amis (une soixantaine) dépose les statuts d’une association appelée Invitation à la Vie ou IVI ; celle-ci sera reconnue d’intérêt général en 2007. L’article 3 des statuts déclare : « Dans un but humanitaire et d’intérêt général, l’association s’efforcera d’œuvrer pour le développement spirituel et harmonieux de l’être humain, ainsi que d’enseigner tous moyens et toutes méthodes destinés à favoriser l’épanouissement de l’être, l’accomplissement bénéfique de la vie et sa plénitude, dans le strict respect des libertés. » Parmi ces dix-sept premières personnes, quelques-unes vont témoigner plus tard dans Invités à Vivre2, un livre qui a pour but de présenter l’association au public. De même sur Internet, le site3 définit la démarche d’Invitation à la Vie, simple, universelle, pleine de bon sens et destinée aux hommes et femmes de tout âge, de toute culture et de toute profession. L’association s’adresse, en effet, À ceux qui ont la foi, qui l’ont perdue ou qui ne l’ont jamais eue ; À ceux qui sont en recherche spirituelle mais aussi à ceux qui ont envie de donner, dans un élan naturel de compassion et d’amour pour les autres ; À ceux qui traversent des difficultés matérielles, existentielles ou affectives. Parmi les activités proposées par Invitation à la Vie, le pèlerinage tient une place essentielle.
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Invités à vivre, collectif, L’Harmattan, 2003, Paris. http://www.invitation-a-la-vie.org/

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De tout temps, l’être humain a eu besoin de se ressourcer en parcourant la terre, pour retrouver un lien avec le sacré, qu’il a oublié mais qu’il porte en lui. Le pèlerinage représente une occasion privilégiée de se couper de son quotidien pendant plusieurs jours et d’aller à la rencontre d’autres êtres, d’autres peuples, de coutumes et de terres souvent méconnues. Pèleriner permet également d’ouvrir sa conscience à la beauté et la diversité de la création sous toutes ses formes : les chefs-d’œuvre de l’art sacré mais, également, ceux de la faune et de la flore. Être pèlerin offre la chance de s’émerveiller et de s’enrichir des différences. La démarche du pèlerin est une démarche de prière. Prier en nombre pour la paix dans le cœur de l’homme, la paix dans les familles, la paix entre les peuples, la paix avec le passé et l’histoire, la paix entre l’homme et la nature… Prier pour cette paix particulière dont les lieux parcourus ont besoin. Depuis 1984, Invitation à la Vie (IVI) a invité ceux qui le désirent à participer à des pèlerinages4 en France, en Europe, sur le continent américain (du Canada au Chili), sur les terres de Russie, d’Afrique (Niger, Éthiopie), d’Asie (Thaïlande et Inde) et d’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande, Vanuatu). Voici les principales destinations visitées : Chartres. Lisieux. Saint-Jacques-de-Compostelle. Le Mont-Saint-Michel. Carnac. L’Italie du nord. La Grèce. Reims. La Terre sainte. L’Égypte. Pontmain. La Turquie. L’Écosse. Vézelay. L’Irlande. Le Mexique. De Bourges à Pellevoisin. La Pologne. L’Auvergne. La Yougoslavie. Les Cornouailles. Le Portugal. La Suisse. La Bourgogne. La Colombie. Rouen. La Belgique. La Hollande. Le Périgord. L’Italie. Le Canada. L’Espagne. La Sainte4

http://www.ivi-pelerinage.com/

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Baume. Le Ténéré. De Bayonne à Lourdes. Paris. Le Brésil. La Russie. De Carnac à Séville. Israël. Annecy. Santander. L’Allemagne. L’île Maurice. La Réunion. Le Danemark. La Thaïlande. La Nouvelle-Zélande. L’Australie. L’Argentine. L’Équateur. Le Vanuatu. Le Cameroun. Le Pérou. L’Angleterre. Madagascar. L’Autriche. La Scandinavie. L’Inde. La Roumanie. La Bulgarie. Les États-Unis. Le Benelux. Le Chili, l’île de Pâques. La Lituanie, la Lettonie, l’Estonie… Parallèlement aux pèlerinages, les membres d’Invitation à la Vie se déplacent en petit nombre pour des itinérances : il s’agit alors d’aller visiter, dans d’autres régions ou pays, des groupes d’Invitation à la Vie afin de prier ensemble et d’échanger sur les projets de l’association. Ces échanges sont toujours la source d’un enrichissement et d’une nouvelle dynamique. À la suite de ces pèlerinages ou itinérances, les participants peuvent confier leur témoignage (écrit ou photographique) au Livre d’Invitation à la Vie mais aussi à l’équipe du site Internet qui les met en ligne dans les rubriques Carnets de Voyage ou Témoignages. Ainsi, l’histoire de l’association Invitation à la Vie se compose-t-elle aussi de celle de chacun de ses adhérents. Elle s’écrit aussi au rythme des déplacements d’Yvonne Trubert. Dès février 1983, celle-ci est, en effet, partie au Mexique, puis en Colombie et au Brésil, au début de 1984, pour visiter les personnes motivées par le désir de marcher aujourd’hui dans les pas du Christ. Au commencement, seuls trois ou quatre proches l’accompagnaient. Puis de voyage en voyage, leur nombre a augmenté. Et les destinations se sont diversifiées. L’organisation a pris un autre essor. Mais, qu’il s’agisse de mission ou d’itinérance, les membres de l’association effectuent un bénévolat au service des autres. 12

En novembre 1986, par exemple, une vingtaine de missionnaires suivit Yvonne Trubert pour préparer les Mexicains au grand pèlerinage qui allait se faire dans leur pays. Une dizaine de jours plus tard, plusieurs centaines de pèlerins du monde entier rejoignaient ce premier groupe. Une autre année, on compta deux mille pèlerins de toutes nationalités venus marcher sous la bannière d’Invitation à la Vie au Mont-Saint-Michel. Le tome 9 de ces Chroniques a retracé la genèse et les pérégrinations de ces premiers temps. Le tome 10 en a poursuivi le récit, par ordre chronologique, toujours dans les années 1980. La multiplicité de ces déplacements à travers le monde rend bien compte de l’enthousiasme des pèlerins qui vivaient alors, si l’on peut dire, « l’âge d’or » d’Invitation à la Vie, une première époque, particulièrement riche en évènements, en compagnie d’Yvonne Trubert. Ce précédent ouvrage relate une mission avec Yvonne au Niger, en janvier 1987, les voyages en Pologne, en Yougoslavie, au Portugal, en France, en Colombie, aux portes de l’Asie, de nouveau au Niger, cette fois dans le désert du Ténéré, en Océanie et aussi à Paris en avril 1989. Entre janvier 1987 et avril 1989, en effet, on ne compte pas moins de 37 destinations, plus le tour de France réalisé par Yvonne en janvier 1988 – sans tenir compte des séminaires5 qui avaient lieu, parfois, deux fois par mois, en France ou à l’étranger au cours des missions d’Yvonne, justement. Autant dire qu’un vif dynamisme animait alors l’association… Le tome 10 se termine donc par le pèlerinage de Paris, pèlerinage qui eut lieu peu de temps avant qu’Yvonne ne tombe gravement malade et ce, pendant de longs mois.
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Pour le fonctionnement de l’association, lire les Annexes, page 129.

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Le tome 11, quant à lui, présente deux autres étapes dans l’évolution de l’association. Il commence par une interview sur le pèlerinage au Pérou, enregistrée au début de l’année 1991. Entre Paris et Quito, les amis d’Yvonne Trubert ont pèleriné seuls, sans elle. Cette situation a engendré une plus grande maturité dans le cœur de chacun. Yvonne Trubert, ayant alors retrouvé une meilleure santé, a impulsé des colloques où les scientifiques invités ont donné des conférences sur la Terre, pour le premier, et sur l’Enfance pour le deuxième, sans qu’elle y participe elle-même. Cependant ces colloques lui ont permis de s’exprimer au cours des entretiens reproduits ici, ainsi que de deux autres dédiés aux équipes d’Invitation à la Vie qui animent des pays lointains, situés en Amérique latine et en Océanie. Là encore, ils mettent l’accent sur la responsabilité de chacun à faire rayonner le message de l’association et, surtout, à transmettre, à travers l’enseignement reçu, l’amour universel que le Christ nous invite à vivre. Responsabilité et autonomie, telles sont les qualités nécessaires pour surmonter ces années-là. A l’euphorie des débuts ont succédé les épreuves – la maladie d’Yvonne, le décès de Pierre, son époux, la kabbale médiatique orchestrée contre l’association. Mais les difficultés, si elles n’anéantissent pas l’homme, le rendent aussi plus fort, comme c’est le cas, alors, pour ce mouvement spirituel. Certains sympathisants s’éloignent, d’autres persévèrent, la foi chevillée au corps, malgré les critiques. Les pèlerins continuent donc leur route, pendant un temps sans Yvonne, puis de nouveau avec elle. Mais Yvonne ne donne plus d’interviews au Livre d’Invitation à la Vie. Les séminaires se font plus rares. En France, il n’y en a plus qu’un seul dans l’année, organisé au mois de juin. Yvonne se montre toujours aussi aimante mais souhaite faire un pas en arrière pour que ses amis puissent 14