Essai sur la religion

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Reconstruire le système religieux d'Auguste Comte en en montrant l'unité, telle est l'ambition de cet essai de Walter Dussauze (1875-1908), qui y expose la "religion de l'Humanité", rappelant que la recherche d'un pouvoir spirituel renforcé était une préoccupation de Comte depuis sa jeunesse.

Publié le : dimanche 1 avril 2007
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EAN13 : 9782296168312
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ESSAI SUR LA RELIGION
D'APRÈS
AUGUSTE COMTE

Commentaires philosophiques Collection dirigée par Angèle Kremer Marietti et Fouad Nohra
Permettre au lecteur de redécouvrir des auteurs connus, appartenant à ladite "histoire de la philosophie", à travers leur lecture méthodique, telle est la finalité des ouvrages de la présente collection. Cette dernière demeure ouverte dans le temps et l'espace, et intègre aussi bien les nouvelles lectures des "classiques" par trop connus que la présentation de nouveaux venus dans le répertoire des philosophes à reconnaître. Les ouvrages seront à la disposition d'étudiants, d'enseignants et de lecteurs de tout genre intéressés par les grands thèmes de la philosophie. Déjà parus Monique CHARLES, Kierkegaard. Atmosphère d'angoisse et de passion, 2007. Monique CHARLES, Lettres d'amour au philosophe de ma vie, 2006. Angèle KREMER MARIETTI, Jean-Paul Sartre et le désir d'être, 2005. Michail MAIATSKY, Platon penseur du visuel, 2005. Rafika BEN MRAD, La Mimésis créatrice dans la Poétique et la Rhétorique d'Aristote, 2004. Gisèle SOUCHON, Nietzsche: généalogie de l'individu, 2003. Gunilla HAAC (dir.), Hommage à Oscar Haac, mélanges historiques, philosophiques et littéraires, 2003. Angèle KREMER MARlETT!, Carnets philosophiques, 2002. Angèle KREMER MARlETTI, Karl Jaspers, 2002. Jean-Marie VERNIER (introduction, traduction et notes par), Saint Thomas d'Aquin, questions disputées de l'âme, 2001. Auguste COMTE, Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société, 2001. Michel BOURDEAU, Locus Logicus. L'ontologie catégoriale dans la philosophie contemporaine, 2000. Guy-François DELAPORTE, Lecture du commentaire de Thomas d'Aquin sur le Traité de l'âme d'Aristote, 1999.

John Stuart MILL, Auguste Comte et le positivisme, 1999.

Walter Dussauze

ESSAI SUR LA RELIGION
D'APRÈS AUGUSTE COMTE

Préface par Angèle Kremer-Marietti

L'HARMATTAN

<QL'HARMATTAN,

2007
j

5-7, rue de l'École-Polytechnique

75005 Paris

http://www.Iibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02846-3 EAN:9782296028463

PRÉFACE

Voici le livre clair et cohérent sur la religion de l'Humanité, rédigé par Walter Dussauze (1875-1908), qui parut en 1902, à Paris, Librairie Fischbacher. Les références de l'auteur vont essentiellement aux ouvrages qui composent la seconde partie de l'œuvre d'Auguste Comte, le Système de Politique positive, le Catéchisme positiviste et la Synthèse subjective. L'édition consultée par lui est celle de la Société Positiviste, 10, rue Monsieur-le-Prince, Paris Vlème.

Quelle a été au départ l'intention de Walter Dussauze ? Il l'explicite lui-même: reconstruire le système religieux d'Auguste Comte en en montrant le lien, l'unité et surtout le rapport au système comtien. L'auteur réagit ainsi à une opinion généralement peu avertie sur cette religion, ainsi qu'aux interprétations qui furent celles des commentateurs et même souvent celles des disciples de Comte, tel Émile Littré (1801-1881). En effet, de tout le système de Comte, la religion était encore ce qui passait le moins bien dans les consciences. Comme l'éminent pasteur de Brighton, Frederick William Robertson (1816-1853), que cite Dussauze et qui reconnaissait en Comte «l'un des plus profonds penseurs de l'Europe », John Stuart Mill (18061873) avait reconnu dans sa première lettre à Comte: « celui des grands esprits de notre temps que je regarde avec le plus d'estime et d'admiration ». Sans être véritablement « un disciple dévoué », John Stuart Mill échangea avec Comte, de 1841 à 1847, une importante correspondance!; mais, n'admettant jamais toutes les thèses de
1 Les 89 lettres de l'échange ont d'abord été publiées par F. Lévy-Bruhl sous le titre Correspondance de John Stuart Mill et d'Auguste Comte, Paris: Félix Alcan, 1899. On les retrouve dans la Correspondance générale et Confessions, 8 volumes, La Haye: Mouton, et Paris: Éditions de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et Vrin, 1975-1990; voir les volumes 2-4 (1975-1981) éd. par Paulo E. de Berrêdo Carneiro et Pierre Arnaud. Plus récemment: Translated from the French and edited by Oscar A. Haac The Correspondence of John Stuart Mill and Auguste Comte, With a foreword by Oscar A. Haac and an introduction by Angèle KremerMarietti : "Comte and Mill. The Philosophical Encounter", Transaction Publishers, New Brunswick (U.S.A.) and London (U.K.), 1995.

Comte, il pensait que le Système de politique positive n'était qu'une déviation du positivisme2. Quant au culte, qu'il analysa soigneusement en 1865 dans l'ouvrage qu'il consacra au positivisme3, Mill accusait la « rigueur minutieuse », la «manie de la réglementation» dont Comte accommodait les exercices pieux, entre autres, ceux de la prière. Mais ce qui choquait le plus Mill, comme il l'exprima dans son livre, c'était précisément l'intention fondamentale de Comte, le désir d'unité et de système, qu'il comprenait comme une obsession, un « désir désordonné d' 'unité et de 'systématisation' »4. Or, tel était bien l'intention finale de la religion de l'Humanité, lier en une unité accomplie l'homme individuel et social tout entier. Aussi Mill poursuivait-il:
«Il considère évidemment cette idée, que toute perfection consiste dans l'unité, comme une maxime que nul homme, ayant l'esprit sain, ne peut songer à révoquer en doute. Il ne semble pas qu'il lui soit jamais venu à l'esprit qu'on pût présenter des objections ab initio, et demander pourquoi cette universelle systématisation, systématisation, systématisation? »5

Un médecin, le Dr. J. H. Bridges, qui publiera en 1875-1877 la traduction anglaise du Système de politique positive, réagit en 1866 au livre de 1. S. Mill6 en niant qu'il y eût une quelconque contradiction entre le premier Comte et le second. La recherche d'un pouvoir spirituel renforcé était pour Bridges une préoccupation de Comte dès sa jeunesse; on la retrouve normalement dans sa maturité. Le reproche majeur adressé à Mill par Bridges est que ses lecteurs risquaient de ne pas aller plus avant dans leur étude de Comte: et cela,

2 Correspondance générale et Confessions, vol. 8, Paris: Éditions de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et Vrin, 1990, éd. par Paulo E. de Berrêdo Carneiro et Angèle Kremer-Marietti, « Lettre du 10 juillet 1857 à Léon Landmann », p.522. 3 John Stuart Mill, Auguste Comte and Positivism, Londres, Westminster Review, 1865; seconde édition 1866. 4 Cf. John Stuart Mill, Auguste Comte et le positivisme, Traduit de l'anglais par le docteur Georges Clémenceau ; Texte revu et présenté par Michel Bourdeau, Paris, L'Harmattan, 1999, p.149. 5 Op. cit., p.l50. 6 The Unity of Comte 's Life and Doctrine. A Reply to Srictures on Comte 's Later Writings Adressed to 1. S. Mill, Esq., M. P., by J. H. Bridges, translator ofComte's View of Positivism, London: N. Trübner & Co, 1866. 6

au détriment de la pensée comtienne authentique. Outré par l'aversion de Mill pour la systémation, Bridges défend le projet d'unité, auquel Comte se réfère souvent, qu'il s'agisse de l'unité objective, inacceptable, ou de l'unité subjective: celle-ci, pour Bridges suivant Comte, combine le maximum d'énergie avec le minimum de dommages ou de conflits. À rechercher est donc cette dernière unité, tout comme la santé et l'harmonie, l'esprit étant le ministre du cœur, non son esclave. La vérité est qu'Auguste Comte trouva un accueil enthousiaste chez de nombreux médecins français et étrangers, mais aussi dans l'intelligentsia britannique de l'époque. Et si Dussauze évoque celui qu'on appela « Robertson de Brighton », le fondateur de l'Institut des travailleurs de Brighton, un théologien britannique de grande réputation au point qu'on réédite aujourd'hui encore les sermons qu'il a prononcés à Trinity Chapel7, c'est dire que la pensée religieuse de Comte était loin d'être taxée de nullité dans les milieux anglicans et surtout chez les unitariens (Harriet Martineau, G.J. Holyoake, John Stuart Mill) avec la doctrine desquels elle présentait quelques affinités. En tout cas, contrairement à ce qu'on a pu laisser croire, une fois ses suggestions réexaminées sans passion, cette religion pouvait venir argumenter et enrichir en les complétant les études théologiques et par conséquent alimenter l'intérêt des théologiens eux-mêmes; telle était du moins la position de Dussauze. De plus, deux ans avant la publication de l'essai de Dussauze, la même Librairie Fischbacher de Paris avait publié la traduction de l'ouvrage de S. A. Brooke (1832-1916), F. W Robertson, sa vie et ses lettres (1900)8. En tout cas, de son côté, l'auteur britannique Arnold Bennett (1867-1931), constituant une « bibliothèque anglaise» idéale, n'hésitait pas à mettre dans la même liste le livre de John Stuart Mill, Auguste Comte and Positivism et les sermons de Frederick William Robertson, On Religion and Life (Everyman's library, 1906). Les principales idées comtiennes, relevées et mises en cohérence par Walter Dussauze, ont été parfaitement analysées et agencées par lui.
F. W. Robertson's Sermons: On Christian Doctrine V3 (Paperback), Kessinger Publishing, LLC, May 5, 2006. 8 Traduction à partir de l'édition originale: Life and letters of Frederick W. Robertson, ed. by S.A. Brooke, Fields, Osgood, & co., 1865. 7
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Elles parviennent à rendre de la philosophie religieuse de Comte une image authentique et complète, en ce sens qu'elles mettent en valeur l'unité même de l'ensemble du positivisme comtien, entre la philosophie des sciences, d'une part, constituée par le Cours de philosophie positive, et d'autre part ce que celle-ci, revue, commentée et développée par la suite, apporte de novation à l'accomplissement final de l'œuvre du philosophe dans la religion de l'Humanité. Dussauze a compris la démarche de Comte qui, par l'ensemble de son système, a su, par excellence, appréhender sinon la nature du moins le fonctionnement de l'esprit humain. On voit comment, partie sur la base de fictions mythologiques qui lui permettaient d'abord de saisir le monde, intérieur et extérieur, la pensée humaine s'est métamorphosée pour finalement émerger en tant que pensée scientifique. Or, Auguste Comte fait reposer sur l'évolution globale de la pensée dans son histoire la religion positiviste qui, tout en rétablissant certaines fictions élargies à l'échelle du monde redécouvert, les a comprises conformément à l'enseignement tiré des sciences du monde et de l'homme en société. On voit bien comment la religion vient couronner le système comtien, mais encore la pensée humaine telle que Comte la voit resplendir dans une véritable apothéose de l' Humanité. La principale difficulté que suscitait la découverte du monde venait précisément de ce que l'homme y appliquait, plus ou moins selon les époques, fictions et suggestions personnelles altérant la fidélité de ses recherches. Une fois que ces dernières se sont progressivement dégagées des brouillards se dissipant, l'ordre qui sous-tend l'univers s'est laissé peu à peu contempler. Ainsi, pour s'exercer valablement, l'action humaine doit-elle accepter de respecter l'ordre des choses intérieures et extérieures, à la fois, d'une part la réalité de l'esprit dans son fonctionnement et dans son histoire, d'autre part la réalité du monde qu'il tente d'appréhender. Et l'activité vient consolider le lien organique qui unit l'homme et le monde. La religion relative et démontrée que Comte expose permet la relation accomplie de l'homme et de son milieu et ne forme qu'une extension de cette loi biologique qui subordonne l'organisme au milieu. Les lois physiques ne peuvent finalement se découvrir à l'homme qu'une fois que les lois de l'esprit ont «brouillé les cartes» en suivant la fiction qu'il a commencé à leur appliquer. Même ce qui 8

désormais sera considéré comme une suite d'erreurs de la pensée aura eu rétrospectivement son utilité didactique dans l'histoire des progrès de l'esprit humain. La philosophie comtienne de l'esprit confirme la vérité selon laquelle notre développement a pour condition première notre soumission aux lois de la nature, intérieure et extérieure. Avant tout, pour Comte, la religion consacre l'état de pleine harmonie propre à l'existence humaine, individuelle ou collective, une fois coordonnés ses principaux éléments. Régler par les sentiments la société, rallier entre eux les individus, ce sont les deux effets salutaires de la religion, surtout, en période de crise sociale, lorsqu'on les souhaite vivement, dans la mesure où ils contribueraient à confirmer l'unité morale résultant essentiellement de la subordination des instincts égoïstes à la sociabilité et à l'altruisme. Le pouvoir spirituel ainsi reconstitué a pour finalité d'assurer autant l'unité d'enseignement que la convergence générale de l'opinion. En ne sacrifiant ni l'individu ni la collectivité, Comte pense que les conditions de la vie sociale étant maintenues et l'organisation sociale ayant surmonté ses éventuelles insuffisances, dans les deux cas l'individu a tout à gagner. C'est surtout le reproche que Comte adresse au polythéisme: de n'avoir pas été pensé au bénéfice des sentiments qui pouvaient fédérer entre eux les individus, comme le monothéisme le permettra. Toutefois, le monothéisme (et Comte pense surtout au christianisme), attaché au perfectionnement moral et à la représentation de la vie future, a négligé la vie sociale et l'existence collective. Le sentiment de sociabilité, qui s'exprime par la notion comtienne d'altruisme, ne peut véritablement opérer que dans une activité et une argumentation « conciliantes », selon le terme même de Comte: ce qui s'appelle aujourd'hui « l'argumentation coalescente »9. Celle-ci est une argumentation idéale qui implique la conjugaison de deux partis pris différents, grâce à l'exploration des points de vue opposés englobant aussi bien des attitudes, des croyances, des sentiments et des valeurs, qui sont ceux de partenaires en opposition, qui par cette argumentation peuvent discerner les éléments précis d'agrément et de désagrément entre eux. Une recherche mutuelle peut en ressortir avec des options dénuées de conflit.

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Michael A. Gilbert, Coalescent argumentation, in Argumentation, Vol. 9, N° 5, 1995, pp. 837-852. 9

Tel est pour Comte l'apanage de l'humanité. L'individu ne saurait se développer sans l'influence de ses semblables ni sans un état d'unité exceptionnelle, que seule la religion est susceptible de lui apporter. Celle-ci est un consensus normal exactement comparable à celui de la santé envers le corps. Loin de n'être que contemplation, la religion positiviste procède à un équilibre mental et social, aussi bien des sentiments que de l'activité: cette constatation étant valable autant pour l'individu que pour la société. La religion fait que le subjectif s'allie à l'objectif; et cela grâce à l'amour, véritable synthèse par luimême. La foi religieuse du positivisme s'appuie non sur la croyance mais sur la connaissance; toutefois, même dans la vie courante, l'expérience précède toujours la connaissance. Notre vie repose sur un acte de foi sans cesse renouvelé par l'expérience qui peut rendre irrésistible l'affirmation de la fixité de l'ordre extérieur. La connaissance dégage les lois qui sont des faits généraux, autrement dit des hypothèses confirmées par l'observation. Mais c'est parce que le monde est modifiable que le progrès est possible, autant le progrès des lois ellesmêmes que celui des liens entre les individus. L'hygiène mentale de tous commande que la raison en nous puisse consolider et développer le sentiment. Cependant, il y a aussi de l'immodifiable, par exemple dans l'ordre extérieur: l'âme y cherche, la base d'un perfectionnement intime manifestant l'impulsion de l'amour qui crée le vrai sentiment religieux ou la vénération. Ainsi, ce que Walter Dussauze relève d'essentiel dans la religion positiviste, c'est que l'unité théorique liée à la connaissance scientifique serait impossible sans l'unité morale, et c'est aussi ce qui place les lois morales au sommet de la hiérarchie scientifique. Comme l'éducation, sur laquelle Dussauze insiste peu, la religion rend indispensables les deux bases intellectuelle et morale. La construction religieuse dépend de l'ordre mental. En effet, les lois intellectuelles sont les seules intermédiaires entre le monde objectif et le monde subjectif. Â condition que l'esprit ne traite que les questions posées par le cœur pour la juste satisfaction des besoins humains, le positivisme met fin à l'opposition entre l'esprit et le cœur. L'unité humaine subordonnant l'intelligence et l'activité au sentiment est représentée par les femmes, en lesquelles Comte voit des intermédiaires entre l'Humanité et les hommes. Voulant resserrer le lien qui unit l'Homme au Monde ainsi que l'homme à l'homme, 10

Auguste Comte souligne le caractère solidaire de la vie humaine, face aux semblables et face aux conditions de l'univers connu. De l'Humanité (le Grand Être) au monde, puis du monde au destin, s'étend la vénération qui peut se manifester à travers l'art. Celui-ci finit par remplacer la réalité, une fois que le dogme (c'est-à-dire les sciences) a été compris par la raison. Cette extension à l'art est justifiée par la fétichité systématique qui est celle de Comte du point de vue religieux, puisque le sentiment peut s'étendre aux objets inanimés et donner naissance à l'art. Le fétichisme poétique relève de la même veine d'inspiration. Pour en venir au politique à côté du religieux qui, selon Comte, peut l'informer radicalement, on peut voir dans la sociocratie, dont Walter Dussauze ne traite pas, la version politique de la religion positiviste, en place de la démocratielO que Comte juge anarchique. La sociocratie naît d'après Comte de la mise en évidence de la nécessité de la science de la société dans I'histoire, c'est-à-dire de la sociologie dans ses deux aspects, statique et dynamique, ou, si l'on préfère, «synchronique» et « diachronique» ; mais elle naît aussi de la mise en évidence de la nécessité de la morale, septième science de la hiérarchie et véritable étude clinique des individus sous l'effet des relations sociales. La sociocratie résulte de l'observation et de la mise en fonction des forces du nombre, solidaires, venant s'ajouter à celles de la richesse et de la sagesse, inclinées vers la continuité, en pratiquant la conjugaison des verbes aimer, savoir, pourvoir se décomposant en vouloir et pouvoir. Angèle KREMER-MARIETTI

Cf. Angèle Kremer-Marietti, « Auguste Comte et la démocratie », in La democrazia tra libertà e tirannide della maggioranza nell'ottocento, Atti deI Convengno Turino 29-30 maggio 2003, Firenze, L. S. Olschi, Firenze, 2004. Angèle Kremer-Marietti, « Auguste Comte et l'éthique de l'avenir », in Revue Internationale de Philosophie 1998/1, pp. 157-177 ; aussi http://dogma.free.fr Voir Anonymous, "On the Relation Between Sociology and Ethics", The American Journal ofSociology, Vol. 10, No.5 (Mar., 1905), pp. 672-685. Il

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