Fêtes et raisons

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Deux frères aux destins parallèles, tous deux enseignants et artistes, profondément catholiques, ont imaginé dans leurs vieux jours de rassembler des pages religieuses écrites au fil des ans, indépendamment l'un de l'autre mais où se communiquent intimement jubilation et réflexion. D'où le titre Fêtes et Raisons. Le besoin de réunir dans une même foi poésie et intelligence est un héritage de leur père, théologien et poète, auquel ils rendent un commun hommage.
Publié le : lundi 1 mars 2010
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EAN13 : 9782296695740
Nombre de pages : 115
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FÊTES ET RAISONS

Philibert et Dominique SECRETAN

FÊTES ET RAISONS
PAGES RELIGIEUSES

De Philibert Secretan Aux éditions L’Harmattan Introduction à la pensée de Xavier Zubiri (1898-1983), 2002. Le pouvoir et le salut, 2002. Chemins de pensée. A l’ombre de la théologie, 2004. Et tout sera renouvelé. Quatre sermons sur l’Occident suivi de « Luther en ses ultimes conséquences », d’Erich Przywara, traduit de l’allemand par Philibert Secretan, 2005. Essai sur le sens de la philosophie de la religion, 2006. Etudes autour de Xavier Zubiri. Dieu, les religions, le bien et le mal, 2008.

© L’HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11383-1 EAN: 9782296113831

PRÉFACE Dans ces « pages religieuses », deux frères tâchent de rendre raison de leur foi et de leur attachement à l’Eglise, et se plaisent à honorer la mémoire de leur père, André Secretan. Au cours des années, au gré des circonstances, indépendamment l’un de l’autre, ils ont pensé, écrit, prié. Mais sans le vouloir ils créaient ce qui se présente aujourd’hui comme une « suite », un enchaînement de morceaux à la fois choisis et chevillés : comme un retable composé de tableaux peints à deux pinceaux. Au sommet des convergences se place sans doute un « Notre Père » dont nous présentons face à face la version de l’un et de l’autre frère, et un poème allemand de Dominique, qui fut traduit de concert – d’une même peine - sous le titre « Notre part ». Autant sur « Fêtes et Raisons», qui ne demande pas plus de commentaires, sinon celui qui s’impose à dire que le côté fêtes invite autant le poète que la part du philosophe justifie de parler de raisons. Encore faut-il souligner qu’en arrière de ce travail achevé dans l’âge et la maturité se dresse la figure de leur père, poète mort en 1940 mais toujours vivant dans leur mémoire profonde. Alors que le laboureur pouvait dire, d’antan, à ses fils : « …c’est le fond qui manque le moins », les deux frères peuvent dire aujourd’hui, à la suite de leur père : « C’est le verbe qui manque le moins »… jusqu’à le bien servir dans sa splendeur de Verbe. C’est ainsi qu’ils ont reçu un poème que leur père écrivit en 1933, et qu’ils placent aujourd’hui en tête 7

de ces pages. Et ce n’est pas d’aventure qu’un ange se tient à l’entrée : Celui qui ferma le paradis d’Adam - douleur ! est aussi celui ouvre le Paradis du Christ – joie !
L’ANGE esquisse de Dieu la Face immortelle de son doigt révèle les Traits précieux. L’accord de son geste ordonne et prescrit le cycle précis du décour céleste. Mais parmi les jeux de l’aube éternelle s’il prisme d’une aile ouverte ses feux, tu le vois sourire et, d’un mot secret, il parfait son très lumineux empire.

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Ange artiste qui d’un doigt habile esquisse et donne forme. Or, artistes les deux frères le sont, en toute modestie et sans vrai métier : l’un dessine et peint, l’autre sculpte. Ange géomètre qui prend place au centre du cycle, et qu’ils imitent, sérieux et souriants, l’un et l’autre fuyant les choses de la « superficie » tout en obéissant à la courbe qui délimite l’infini. L’infini leur est trop difficile ou trop vague ; les mots doivent le cerner… Oh ! parmi les « jeux de l’aube » il y a ceux que l’ange leur apprit : le jeu des mots, le prisme des modes et des temps, l’éclat d’une formule et le sourire d’un vers… Ainsi se reconnaissent-ils l’un l’autre : à chacun son « mot secret » et son « très lumineux empire ». D.E.S & Ph. S.

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INTROÏT François de Sales », daté de décembre 1660, Bossuet dit dans ce style parfait que nous ne pouvons imiter, mais que nous ne saurions oublier : « Beaucoup veulent monter dans les chaires pour y charmer les esprits par l'éclat de leur pensée délicate ; mais peu s'étudient comme il faut à se rendre capables d'échauffer les cœurs par des sentiments de piété. Beaucoup s'empressent avec ardeur de paraître dans les grandes places pour luire sur le chandelier ; peu s'appliquent sérieusement à jeter dans les âmes ce feu céleste que Jésus a apporté sur la terre. » Ce n'est pas qu'aujourd'hui le soin de plaire soit plus vif qu'à l'époque où l'on palpitait aux envols de l'aigle de Meaux ; ni que nos prédicateurs cherchent à ternir l'éclat de leurs rivaux médiatiques. L'exhortation qui nous est faite de cultiver les sentiments de piété, de « jeter dans les âmes ce feu céleste que Jésus a apporté sur la terre », n'a plus aujourd'hui sa raison dans quelque excès de l'art oratoire. Au contraire, devant le manque de soin apporté à la prédication on se demande souvent : Qu'en est-il du « feu céleste », qu'évoque ardemment Bossuet, à jeter dans les âmes de ceux à qui s’adresse l’homélie ? Qu’en est-il, plus modestement, de la parole et du sens à propager dans un monde saturé, fatigué, angoissé… ? C’est à l’écoute de cette question que nous avons retravaillé quelques textes, spontanément éclos, parfaits au cours des mois, ou préparés pour une prédication entre amis œcuméniquement unis au Christ. Ces textes suivent quelque 11

Au début du « Panégyrique du bienheureux

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