Histoire de l'Eglise catholique du Congo

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Créée il y a 125 ans, l'Eglise catholique du Congo doit aujourd'hui "rassembler la mémoire de sa foi" et de sa propre tradition, pour avancer et se redécouvrir dans son universalité. A partir des grandes figures de l'Eglise catholique du Congo, l'auteur recompose le passé, celui de l'ensemencement souvent laborieux, parfois maladroit mais toujours généreux et courageux.
Publié le : dimanche 1 août 2010
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EAN13 : 9782296264731
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HISTOIRE DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE
DU CONGOÀTRAVERS SES GRANDES FIGURESCôme KINATA
HISTOIREDEL’ÉGLISECATHOLIQUE
DU CONGOÀTRAVERS SES GRANDES FIGURES
1938–1993AlamémoiredeSonExcellenceMonseigneurErnestNKOMBO
grandhommed’Eglise,grandhommepolitique,
trèsavisémaisincompris.
«Tune tueraspas, tune voleraspas, tunementiraspas »Du même auteur
Les ethnochefferiesdans le Bas-Congo français: collaborationet
résistance,1896-1960,L’Harmattan, 2001.
La formationdu clergé indigène au Congo français1875-1960,
L’Harmattan, 2004.
Le prosélytismechrétienau Congo français: Missionnaires catholiques et
protestants,L’Harmattan, 2008.
Le CardinalEmile BIAYENDA, L’hommeetson œuvre.
PréfacedeMgr Louis PORTELLAMBUYU, Président de la Conférence
épiscopaleduCongo,ArchidiocèsedeBrazzaville, 2008.
Son Excellence MgrGeorges Firmin SINGHA
Mwènè Pèlè 1924-1993
PréfacedeMgrErnestNKOMBO,Makitec-Paari, 2008.Figure1:LeCongodanslemonde1887
Loandjili1973
Figure2:LesmissionscatholiquesduCongoen1983
etleurdated’installation
10Introductiongénérale
Lesgrandes religions tellesquelechristianismeont concouruàétablir
desliensentrelespeuplesetlescontinents.Lemotd’ordredonnéparJésusà
1ses disciples était:«Allez enseigner toutes lesnations et baptisez-les ».
Cela signifiaitquesesdisciples recevaientd’emblée unemission universelle.
Peu importaient lescontinentsoùvivaient ces nations,lacouleurdeleur
peau,lalangueoula civilisationqu’ellesconnaissaientjusque-là.Ayantreçu
de sonfondateurcecommandement,lechristianismeest donc par nature une
religionmissionnaire età visée universelle. Le progrès de son extension a
suivilesétapesdel’expansionoccidentale.
En 1482,lenavigateurportugais Diego Câodécouvrit l’embouchure du
Congo. Ilytrouva, constitué, un vasteroyaume comprisdans des frontières
naturelles: au nord, le fleuveCongo,àl’est,leKwango, au sud,leDandé, à
l’ouest,l’océanAtlantique.LeroirésidaitàMbanzaKongoàenviron150km
de la côte. Lesrelations entreleKongo et le Portugal s’établirent d’égalà
égal. Ellesfurent marquéespar ledevoir d’évangélisationquidécoulait du
privilège dupadroado c'est-à-dire l’engagement des souverains catholiques
duPortugaldeconstruireéglises,monastèresetautresfondationspieuses.
erApartir du règne d’Afonso1 (1506-1543), lessouverains Kongo
cessèrent de demanderdenouveaux missionnairesafin de consolider le
christianisme, ou de réagir avec vigueuràl’encontred’une Eglise faiblement
établie, mais pesant néanmoins surla vie politiqueet économiquedu pays.
La foicatholiquen’a trouvé,àaucunmoment,les moyens quiauraient été
nécessairesà une modification radicale des croyances et descomportements.
Elle s’est imposée de l’extérieuret de manièreautoritaire.Cetteautoritéétait
d’autant plus vulnérable queles missions, trop peu nombreuses, s’en
remettaientauxnotablespourassurerladéfenseduchristianisme.
Le manquedecontinuitédans l’entreprise missionnaire fut aggravépar
lesfaiblesses ou l’incompréhension du clergé. Alorsquel’enseignement
touchaitune étroiteminorité, queleprojet de formationdeprêtreskongo
apparaissaittardivement (1660)et échouait,l’évangélisationn’enconservait
pas moinsson caractèrestatistique. Les baptêmes furent conférés en grand
nombre et lesrelations avecles fidèles s’établissaient généralement parle
1EvangileselonSaintMatthieu 28,19.truchement desinterprètes au cours des offices comme au moment des
confessions. Lesconditions matériellesd’existence de l’Eglise,par ailleurs,
ontengagéleclergédanslejeu derevendicationsfinancièresetdansle trafic
honteux de la traitenégrière. L’emprise politiqueportugaise,l’établissement
du christianismeet la traitenégrièrese trouvaient étroitement liés. Ils
constituaient ensemble la structure spécifiquedelapremièrecolonisation.
L’évangélisationn’eut qu’une actionsuperficielle, comparée par le pèreJan
VanWingàcelle d’une pluie tropicale qui«glisseàlasurface sans pénétrer
2bienavantdanslesol. »
eLe XIX siècleaamené la seconde évangélisationdel’Afrique. Malgré
le soin apportépar lespontificatsàdissocier l’évangélisationdela
colonisation, le christianismesouffrait encore aux yeux de beaucoupdegens
desalongueosmoseavecladominationeuropéenne.
AJulesGrévy,présidentdelaRépubliquefrançaise(1879-1887),quilui
posaitune questionàcesujet,leCardinal Lavigerie fit cetteréponse le 20
mai1882 :
«Dispersé sur tousles pointsdu monde habitéet jusqu’au fond des
contrées lesplusbarbares, le clergé des Missionsfrançaisesgardepartout à
la France unamourardent.Enla quittant,ilrenonceà tout ici-bas,au sol
natal,aux affections des siens,àla vie même,car il en fait,par avance le
sacrifice; mais il conservepieusement comme undernier et pluscher trésor,
avec le cultedeDieu,lecultedelapatrie. Chargé de perpétuer ses traditions
lespluspures, sa charité, sa foi, ses inspirations généreuses, il compteparmi
lesjours lesplusfortunés ceux où,enservant la religionet l’humanité, il
peutservirethonorerlenomdelaFrance».
L'Eglise catholiquedu Congo quia 125ans (en 2008),a besoinde
savoird'où elle vient,pourmieux entrevoir la directionqu'il luiconvient de
prendrepouréviter des erreurs. Le présent qui«s'inculture», c'est-à-dire
travailleà unenracinement plusféconddel'Evangile,nepeut le faire qu'en
relisanttouteson histoire.Pour avancer,l'Église du Congo doit«rassembler
la mémoire de sa foi» et de sa propre tradition, pourseredécouvrir dans son
universalité. C'estune nécessité. Le passé quenousallons recomposer,à
partir des grandesfiguresdel'Église catholiquedu Congo, est celuide
l'ensemencement souvent laborieux,parfois maladroit,mais toujours
généreuxetcourageux.
Après unessaiinfructueuxdesspiritainsenAngola,lesPèresDuparquet
et Carrie de la Congrégationdu Saint-Esprit débarquèrent surlacôte
congolaise de l’Atlantiqueen1873 et fondèrent la mission de Landana, au
Congo portugais. Ilsrelancèrent seulementune œuvre abandonnée. Ils
2VanWing(J.): Etudes bakong o,p. 76.
12tirèrent lesleçonsdel’échec de la première évangélisationpendant laquelle
lesmissionnairesavaient baptisé« tropfacilement de nombreux volontaires,
3sans avoirles moyens de lesinstruire et de lesformeràla vie chrétienne».
Aces populations,quiavaient renouéavec leurs pratiques antérieuresà
l’évangélisation, il faudrait réapprendrel’Evangile.PourlaFrance,ladéfaite
de 1870aeu,entre autresconséquences, celle d’inciter certaines catégories
de Françaisàs’intéresseràl’Afrique, dans unesprit de revanche ou pour y
chercher de nouveaux champs d’activité. LorsdelaConférencedeBerlin
(1885),leChancelierBismarck ne cacha pasàl’AmbassadeurdeFrance,M.
DeCourcel,sasatisfactionde voirlaFranceoublierladéfaitedeSedanense
tournantversl’Afrique. Officiers espéranty glanerdes galonset des
décorations,scientifiques fascinés par les tâches blanches surles cartes du
continent,hommesd’affaires en quêtedematières premières pourleurs
industries et de consommateurs pourleurs produitsmanufacturés engagèrent
laFrancedansdesactionsmultiformesenAfrique.
Les missionnairessejoignirent à eux.Déjà installés surles côtes, ils
cherchaient le moyen de pénétreràl’intérieurdu continent.L’existenced’un
importanttrafic d’esclaves, dontune partie était dirigée vers lespaysarabes,
justifiait,àleurs yeux, uneinterventiondespaysoccidentaux.Unecampagne
4antiesclavagistepourraitsedoublerd’uneactionévangélisatrice .
En effet,enFrance,A.deMunde l’Académie française écrivait dansla
préfacedel’ouvrage Lesdeux CongoduBaronJehandeWitte:
«L’histoire du mondeaétérempliepar l’apostolat chrétienet,sous tous
lescieux,parmi toutes lesraces, c’est Lui, Luiseul, quia portéla véritable
civilisation, celle quine vit passeulement du raffinement littéraire et de la
recherche scientifique, quedela beautéartistiqueet de larichesse
décorative,maisqui, pénétrée de l’amourdivin,offreàl’homme,avec la
connaissance de son origine et de sa fin, le moyen de s’élever versle
4bisbonheurparlafoi,parl’espéranceetparlacharité. »
ePourcetteaction, c'est-à-dire la 2 évangélisationdu Congo, les
missionnairesadoptèrentune nouvelle méthode:créationdelamission,
apprentissage des langues,imprimerie,écoles, catéchismes, séminaires, etc.
Desprêtres très dévouéssemirent àécrire dans leslangues indigènes
catéchismes et autreslivresdepiété. Au Loango, dèsleurinstallation, les
missionnairesmirenttoutcelaenplaceetlePèreMarichelles’ydévoua:
«Dès ses débuts, le P. Marichelle fut chargéenplusdes écoles de la
paroisse de Loango, fonctionquiexigeait de luidelongues courseset des
3MayeuldeDreuille: La Bouenza1892-1992,p.14
4Benoist(Joseph-Rogerde): Colonisation et évangélisation,p. 2.
4bisReprisparMgrAugouarddanssonouvrage, Correspondances,Evreux,p.496.
13voyages.Sa santérésistaità toutes lesfatigues,malgré quatre accès de fièvre
bilieuse hématuriquequ’il avait subis. Il trouvait en outre le temps de tirer
partidesaconnaissance de la langue vili, en publiant en cettelangue, en
1898, une traductiondes Devoirs du chrétie net,en1900, unCatéchisme vili
de 112 pages. Toutesa vie,ils’appliquaàses travaux de linguistique. Son
Dictionnaire vili-français parut en 1902; sa Méthode pratiquepourl’étude
du dialecte vili,en1907,avec une seconde éditionen1913.En1912,ilavait
déjàdonné unDictionnaire français-vili,et,à différentes dates,ilfit paraître
des ouvrages de classe ou de piété: Leçons de l’enfance (1911),les
Evangiles des dimanches et fêtes(1924), des Mois de Marie,du Sacré-Cœur,
de saint Josep h. Les Missionscatholiques,en1910,insérèrentune longue
étude de lui,«Tablettes d’unCongolais»,surlagéographieet l’histoire du
Congo.Ason talentdesavantetd’écrivain,s’ajoutaitune trèsgrandefacilité
deparole.En 1901,il fitdes conférencesàlaSociétédeGéographie,àParis,
5àLyon,àLaon,àSoissons:partoutilobtintleplusbeausuccès.»
AusujetduvicariatdeBrazzaville,onpeutlire :
«Laméthode de Brazzaville forme, nonseulement des chrétiens, mais
une élitedemaîtres,des catéchistes, quiseront pourles missionnairesles
plusprécieux auxiliaires.Enattendant le clergé indigène,ils suppléent le
prêtre, et luipréparent la besogne. Les missionnairesoccupent les stations
principales; lescatéchistes sontàla tête des stationssecondaires. Un terrain
leurest donné:ils construisent,avec l’aidedes catéchumènes, une petite
école-chapelle, une case de passagepourles tournées du Père, une case pour
lesenfantsquileursont confiés etune case poureux-mêmes.Pour vivre,ils
recevrontun traitement infime, quelques vingt francs par mois et ils
cultiveront leurs plantations,maniocs, bananes, patates, haricotset autres
légumesindigènes.
Ilsapprendrontàleurs élèves lesprièreset le chant des cantiques.Ils
expliqueront le catéchismeet,peuàpeu,ils habitueront lesenfantsàlire le
français.
Lesjours de fête, on les verraàla têted’une longuecaravanesediriger
vers la stationprincipale pourassister, avec leurs ouailles, aux cérémonies
religieuses. Ilslaisseront auprèsdu Père, pour terminer lessix derniersmois
de leurprobation, ceux quisepréparent àrecevoir lespremiers
6sacrements»
Dans la première mission de ce vicariat,lePèreGaston SCHAUBavait
faitun travail titanesque:
5Bulletin Général, t. 34, p. 348: notice biographique du P. Marichelle, rapportée par J.
Ernoult: Les Spiritains au Congo,p.56.
6Boucher (Mgr A.): Au français, les missions catholiques, Paris, Pierre Téqui, 1928,
p. 70.
14«UNGRANDAVANTAGEPOURLINZOLO,c’estden’avoirqu’une
langue, le lari. C’est le P. SCHAUB quiparle.Six stationslapratiquent:
Kibouendé, Kindamba, Mindouli, Voka, Linzolo etune moitié de
Brazzaville.Langueriche pour unidiomebantou:prèsde5.000 motsau
dictionnaire.Onyarécoltéplusde 600 proverbes; il en est de vulgaireset
d’insignifiants,d’autresn’ontdesensquepourlesindigènesetnepeuventse
traduire, mais d’autressont ingénieux et frappantsdans leur tourramassé.
Ecoutez.En voici unquiconsisteendeux mots: Kisadikidie=Travailleur,
mangeur; celui-làaledroit de manger quia fait son travail. En voici un
autre:Lukayalu dianguriankombo, ni luna lu diamwana nkombo=La
feuillequemangelachèvre, c’est encore celle-là quemangerason
chevreau; les traditions sont faites pourêtre suivies.–Et des livres? Le lari
a-t-il des livres?–Oui, Dieu merci. Ilyad’abordleCatéchismelaridu P.
Jaffré. Puis ily a, du même auteur, le Manuel lari-français,àl’usagedes
indigènes. Moi-même,j’aienpréparation une ViedeNotre
SeigneurJésusChrist, unDictionnaire, uneGrammaire. Ici, le gestedesdoigtsquicomptent
7despièces:l’éternelleimpécuniosité» .
Jusqu'en1938, Brazzaville ne comptait qu'une seule mission catholique.
C'était la cathédraleconstruitepar MgrProsper AUGOUARD. MgrPaul
BIECHYet ses conseillers décidèrent de décentraliser. Le prêtre résiderait
au cœurdesachrétienté. En effet,avant la guerre (1939-1945),lepersonnel
est encore nombreuxàlamissiondu Sacré-Cœur(appelée plussouvent la
cathédrale):les pères desservaient,à partir de là,les différentsquartiers de
Brazzaville.LePèreNicolas MOYSAN s'occupait du secteurdePotoPoto.
Cela luia permisdepublierlecatéchismelingalaen1943 puis, tirant la
leçon de cettepremièrepublication, il écrivit la brochure Pourapprendrele
Lingal aen 1946.Plusieurs autreslivresdepiétésuivront.Ceneseraque
beaucoupplus tardquelesouvragesenlangueslocalesserontdeplusenplus
souventl'œuvreduclergéetdeslaïcscongolais.
Jusqu'en1950,le vicariat apostoliquedeBrazzaville s'étendait sur tout
le Nord-Congo.LePèreJean Prat installéàBoundjide1902à1932,après
unpassageàLékéty de 1918à1922 fitunremarquable travaildelangue,
sousdiversesformes.Voicicequ'enditlePèreMichelLEGRAIN:
«LeP.Prat fut chargédes Batéké àBrazzaville: une excellente
préparationpourlasuitedesa viemissionnaire.Ilnefutpasdésorientéàson
débarquementàLékéty,aumomentdelafondationdecettemission,enpays
Tégué. Lorsdeson congé,en1904, il fit imprimer unessai de grammaire et
7Schaub (G.): le travail missionnaire chez les Balari, in «l’Eglise au Congo», Annales
spiritaines,juin-juillet1952
15dedictionnaireencettelangueTégué.AffectéàBoundji,àsonretour,ilétait
préparéàl'étude du Mbochi,qu'il sut parlerassezvite. Il se donna tout entier
àcettemission. Ily mittoutesonopiniâtretéet elle était grande!Ily mit
surtout sonesprit de foi, son esprit surnaturel. C'est ce quiluipermit de faire
faceauxépreuvesetd'espérerenversetcontre tout...
Le P. Prat fitunénorme travailsurles langues locales, et celasans y
avoir étéparticulièrement préparé.Dès Lékéty,il utilisaitune petitemachine
manuelleàimprimer.Après sonretourdecongé, en 1910,ilenpossédait
une autre,plusimportante, quiluiservitàimprimer unpetit catéchismeen
Mbochi,puis le petit catéchismedeMgr Le Roy, une Histoire Sainte, un
gros livre de piétéenrichi de chantsfrançais, latinset mbochis. En plusde
cela, le pèreavait produitunénorme dictionnaire français-mbochi et
mbochi-français, et composé une grammaire, avec, en préface, unaperçu sur
lesmœurs des mbochis. Toutes ces traductions et ces impressionslui
demandèrentun travailconsidérable. Il fut heureusement aidé, pour
l'impression et la reliure,par les sœurs,dont il admirait le dévouement,et il
étaittouchant de l'entendre vanter leurpatience quand il retournait les
épreuvesàcorriger,jusqu'àcinqousixfois.»
Tousces livresfont encore autoritéaujourd'hui. En 1943,le vicaire
apostoliquedeBrazzaville,sous lesconseils du PèreNicolas MOYSAN,
pourfaciliter le placement desmissionnaireset organiser la vie pastorale,
avait décidéque toutes lesparoisses du NordCongo devaient employer une
langue unique: le Lingala.Les Mbochisserebellèrent «soucieux de
sauvegarder leurpatrimoine. Les espritss'agitèrent.Les forces de l'ordre du
paysprocédèrentàquelques arrestations.Les agitateurs furent déportés à
Kinkala. »
Le frère Marie-Joseph OLIEMBOsemitàgenoux devant l'évêque,Mgr
PaulBIECHY, le suppliant d'intervenir auprèsdes autorités administratives
pourobtenirleurlibération.
En 1955, au moment où les vicariatsapostoliques devenaient des
diocèses et où lesmissions étaient appelées paroisses,l’Eglise catholiqueen
Afriqueéquatoriale française avait fortement pris racine. L’annuaire des
Missionnaires catholiques d’Afrique,éditéeàDakar an 1959,nousrapporte
deschiffresimpressionnants:
58045 catholiques pour une populationde4876846 habitantssoit
environ9%. Ceschrétiensétaient encadrés par 355prêtresétrangers et 42
prêtres autochtones,1278enseignantsdiplôméset214 enseignants non
diplômés.
Toutes lespersonnalités dont nousauronsàparlerétaient déjàprêtres
(cas de MgrAugusteRoch NKOUNKOU,deMgr Théophile MBEMBA)ou
16étaient encore au séminaire (cas du Cardinal Emile BIAYENDA, de Mgr
GeorgesFirminSINGHA,del’AbbéLouisBADILA).
Nousavons retenu ces personnalités en raison de leurrôledans l’Eglise
catholiquedu Congo d’aujourd’hui: le Cardinal Emile BIAYENDA, parce
qu’assassiné par des hommespolitiques en raison de sa foicatholique, Mgr
Théophile MBEMBA,premier archevêqueautochtone de Brazzaville,Mgr
Georges Firmin SINGHA, pacificateur, rassembleur, martyrdel’obéissance,
MgrAugusteRoch NKOUNKOU,prélat de Sa SaintetéPaulVI, doyen des
prêtres indigènesduvicariat de Brazzaville, très célèbre par ses œuvres
mystiques,l’Abbé Louis BADILA,prêtre quia sutenir têteau pouvoir
marxisteparsaplumeacérée.
Pource travail,nousavonschoisideuxdates :
1938, annéedel’ordinationdes deux premiers prêtres indigènesdu
vicariatdeBrazzaville et1993,annéedelamortdeMgrSINGHA,cemartyr
del’obéissancedel’EglisecatholiqueduCongo.
17LIVRE 1
Monseigneur Théophile MBEMBA
(1917–1971)
Premierarchevêque noir et bâtisseur
de l’EgliselocaledeBrazzavillePhoto1:MgrThéophileMBEMBA

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