Invités à vivre

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L'épopée de l'association Invitation à la vie, c'est l'histoire d'une femme, Yvonne Trubert, sa fondatrice, et de quelques milliers d'êtres humains qui la suivent depuis vingt ans pour vivre l'enseignement du Christ dans l'espoir de donner un sens nouveau à leur existence. Ainsi, au travers d'une pensée fondée sur le précepte de l'amour et du récit de certains vécus, le lecteur découvre ce qui fait la singularité d'Invitation à la vie, ce mouvement implanté sur cinq continents et dont le seul but est de permettre à l'être humain de retrouver toute sa dignité.
Publié le : dimanche 1 juin 2003
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EAN13 : 9782296784284
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Invités à vivre

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Collectif

Invités à vivre

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Direction littéraire : Albertine Gentou

Hormis quelques prénoms changés pour préserver l’intimité de certains, tous les faits rapportés dans cet ouvrage sont authentiques

©L’Harmattan, 2003 ISBN : 2-7475-4698-5 www.editions-harmattan.fr

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Préface

Voici deux mille ans, le Christ révolutionnait le monde avec ses lois d’amour : « - Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces. » « - Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » « - Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Sur la terre d’angoisse qui fut celle du Christ, opprimée depuis des siècles sous le joug de dominations diverses – la dernière en date étant celle de l’empire romain – ces appels singuliers à l’amour retentissent comme un chant insolite. Avec des accents uniques dont il a, seul, le secret, Jésus insiste pourtant. Il annonce en des paraboles inoubliables à ce peuple accablé de désespoir, le prochain règne de son Père qui, dans la lumière, établira le royaume de Dieu. Ses guérisons miraculeuses, ses exorcismes, la prière d’amour qu’il enseigne à ses apôtres – le Notre Père – achèvent d’ébranler les masses et tout particulièrement les humbles, les déshérités, les laissés pour compte dont il se sent le plus proche. Pour lui-même, Jésus ne revendique aucun titre si ce n’est celui de faire la volonté de son Père céleste. Il n’est pas venu « abolir la loi, mais l’accomplir ». Et rien ni personne ne saurait l’en détourner. Déjà, ses adeptes reconnaissent en lui le Messie tant attendu et tout récemment annoncé par Jean le baptiste. Une telle audace frappée du sceau du sacrilège devait conduire Jésus à la mort. Une vulgaire mort de droit commun réservée aux plus grands malfaiteurs dont il partagera le sort entre deux de ces derniers sur la croix. 11

Mais son extraordinaire message d’universalisme et de liberté fissurait inéluctablement, bien que de façon non encore visible, le vieil édifice des valeurs ancestrales de tradition immémoriale. Un nouvel ordonnancement naissait au service d’une grande mutation qui allait bouleverser le monde, transcender les clivages, remettre en cause les appartenances. Deux mille ans après, qu’en est-il de l’enseignement du Christ ? Notre monde en a-t-il retenu les préceptes d’amour ? Est-il devenu différent ? Certes, la parole de Jésus s’est répandue sur tous les continents, a traversé les mers, investi les populations. L’Eglise – les Eglises – ont transmis cette nouvelle conscience universelle, ce message d’espérance et de vie orientant et sublimant le destin de l’homme. Mais que de guerres, que d’atrocités depuis lors, perpétrées au nom de Dieu ! Que de controverses, que de schismes ont profané la vision sacrée de paix et d’amour du Christ ! Notre XXIème siècle, assoupi dans un matérialisme triomphant, n’a pas échappé à la perspective d’inquiétantes turbulences. Mais au-delà des cassures, des manques ou des culpabilités stériles, le recours possible à un monde meilleur demeure immuable. Ses principes constituent l’unique source vive pour l’édification d’un autre univers, un univers apaisé, fondé sur la toutepuissance de l’amour, révélatrice d’un monde nouveau issu de la réconciliation de l’homme avec l’homme son frère, et capable de confiance, de paix à construire, d’espérance à vivre. L’ouvrage collectif qui nous est présenté ici sous la direction d’Albertine Gentou met en lumière les efforts d’une femme, Yvonne Trubert, qui depuis plus de vingt ans, œuvre pour inciter les humains venant d’horizons les plus divers à retrouver en eux-mêmes ce souffle de vie, cette énergie d’amour, cette joie de vivre qui donne un 12

sens à l’existence et contribue à la rédemption intérieure de chacun. A l’encontre de tout système de pensée positive, les propos d’Yvonne Trubert n’ont d’autre objectif déclaré que de libérer l’homme des multiples carcans qu’il s’est façonnés et qui obscurcissent son quotidien de mille manières. Le but que se fixe Yvonne Trubert est ancré sur un retour aux sources de l’Evangile et tout particulièrement sur la prière qui conduit à une autre réalité, une autre façon de vivre dans la réconciliation des hommes entre eux précisément. Aucun paradis illusoire n’est proposé. Le bonheur ne peut être atteint sans une lutte individuelle contre tout ce qui fait obstacle à la présence de Dieu en soi, c’est-àdire à la lumière et à la beauté intérieures qui irradient la vie de l’homme. L’accueil, l’écoute et le partage à la portée de tous et de chacun sont définis comme les pivots de cet enseignement facteur de liberté et de plénitude. Toutes les facettes des difficultés rencontrées dans l’existence quotidienne sont explicitées dans différents aphorismes ou extraits d’interviews transcrits dans cet ouvrage. Ceux-ci renvoient bien évidemment aux limites de chacun pour appréhender une démarche qui tourne le dos à la médiocrité et dont la vérité ne tient qu’à la justesse avec laquelle on s’accorde à l’expérience d’une évolution personnelle. Ceux qui, à la seule lueur de leur foi, ont accepté de témoigner de leur démarche à Invitation à la vie expriment avec ardeur l’extraordinaire message d’universalisme et de liberté intérieure qu’ils ont découvert. Pour eux, ce cheminement ardu du dépassement de soi représente un espoir, celui de communier avec les valeurs éternelles de l’homme. Tous se disent animés du désir d’outrepasser une certaine matérialité pour tenter avec d’autres d’établir un mode de 13

vie où les valeurs de solidarité, de franchissement des égoïsmes, du renoncement à soi, deviennent le fondement même de la construction d’un avenir porteur d’un sens donné à la vie. Tous reconnaissent avoir affermi leur foi dans cette démarche et introduit dans leur existence une dimension importante traçant une voie qui permet de progresser dans la rencontre avec Dieu. A partir d’un présent embrumé, confiné dans un monde fait de souffrance moins physique que métaphysique, et qui gronde, un pont vers l’indicible est jeté dans une vision alternative lucide et profonde. Il ouvre grandes les portes d’une reconquête de l’âme pour regarder l’humanité avec ampleur sans occulter les difficultés réelles du chemin de tout homme d’exigence vers sa transformation. Il n’est pas rien de s’abandonner entièrement à l’amour de Dieu ! Les supports avérés d’un combat spirituel ne sont pas inutiles pour entendre l’appel du Christ. Les affamés de Dieu trouvent dans cet espace privilégié une nourriture en union avec Jésus et son royaume où circule l’amour comme une brise légère. Mais l’amour ne fait-il pas peur de nos jours ? Oset-on encore parler de l’amour ? Ces pages nous y invitent avec la joie de l’être. Marie Mignon-Gardet.

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Avant-Propos

Nombre de nos contemporains, mécontents de leur sort, se lamentent à l’heure des informations audiovisuelles et évaluent les maux de la civilisation, la pollution, l’effet de serre de la planète, les catastrophes naturelles, le cancer, le sida, les scandales financiers, et chacun de souligner que la situation est loin de s’arranger. Désormais l’humanité se divise en deux espèces : ceux qui se résignent et subissent l’adversité, et les autres, ceux qui cherchent une solution et rejoignent les rangs des quêteurs d’absolu. Au fur et à mesure que le quotidien devient une lutte permanente, que l’un tremble pour ses enfants, la prolifération de la drogue ou du racket à l’école, qu’une seconde s’angoisse pour ses rides et sa jeunesse qui s’étiole, qu’un autre encore pleure sur le désamour de sa femme partie avec son meilleur ami et qu’un dernier déprime d’avoir perdu sa fortune à la Bourse, les indécis et les moqueurs soudain terrassés par la peur changent d’avis, s’intéressent à des démarches en tous genres et finissent par avouer qu’ils sont eux aussi en recherche pour donner un nouveau sens à leur vie. Manger, dormir, faire l’amour, travailler, penser finances ne suffisent plus pour exister. Alors certains discourent sur Dieu, les religions, les stages de remise en forme, les mouvements caritatifs, les regroupements de personnes de bonne volonté. D’autres encore parlent d’Invitation à la vie. Une secte ? Une nouvelle église ? Non, juste une association, créée en 1983 à l’instigation 15

d’Yvonne Trubert, une femme d’origine bretonne, âgée à cette époque d’une cinquantaine d’années, une mère de quatre enfants, déjà grand-mère de quelques bambins et qui, en élevant sa progéniture, a exercé différents métiers et a tenu notamment une teinturerie, avant de se consacrer dès 1976 aux autres, à ses voisins d’abord, à ses relations, leur dispensant écoute et réconfort. En 1983 donc, aidée par des amis, Yvonne fonde cette association œcuménique. Vivant elle-même très fidèlement le message christique, elle propose l’enseignement du Christ, les préceptes des Evangiles, la pratique de la prière, de l’harmonisation des énergies et d’autres « outils » dont nous reparlerons dans les pages suivantes et ceci afin de permettre à l’être humain d’abandonner ses processus d’autodestruction et ses culpabilités, de s’ouvrir à un renouveau, de (re)découvrir le vrai sens de l’amour et de vivre libre, libéré dans une dimension divine. Position on ne peut plus déiste, soit ! Mais les arguments avancés sont en priorité un hymne de foi. Pour Yvonne Trubert, chacun en ce monde vit en dessous de son potentiel s’il ne se relie à Dieu. Depuis des siècles, l’homme se ruine par goût du pouvoir, ne rêve que de soumettre ses semblables et fomente des guerres pour se sentir exister. Séduit par la facilité, l’illusion du confort, il méprise son environnement, ne se respecte plus et œuvre subrepticement à son déclin en se coupant de l’énergie dont il est nourri. Selon Yvonne Trubert toujours, cet homme a besoin de se ré-approprier d’autres valeurs, de faire un travail sur lui-même pour lutter contre l’anxiété et les soucis du monde moderne afin de trouver paix intérieure et espoir. Dans la démarche proposée par cette femme, n’existe aucun miracle. Une adhésion à IVI n’est pas un 16

ticket pour le paradis ni une assurance contre le malheur. Les seuls résultats observés ou obtenus ne dépendent que de l’investissement de chacun. Pour un alcoolique ou un toxicomane par exemple, il ne suffit pas de s’affranchir d’une dépendance, encore faut-il faire les prises de conscience nécessaires, changer d’état d’esprit et adopter un mode de fonctionnement plus sain. Les transformations des membres d’Invitation à la vie, on l’aura compris, ne sont pas spectaculaires et requièrent persévérance, patience et humilité pour obtenir… quoi, finalement ?! Une plus grande ouverture d’esprit, un autre regard sur l’existence et la certitude que chaque être humain est habité par une énergie cosmique (une lumière appelée aussi amour ou Dieu) qui représente une force extraordinaire et le meilleur des moteurs. De fait, l’amour n’est pas un mot mais un acte, un geste vers l’autre. Il est donc important de se soucier d’autrui, et d’honorer la parole du Christ : « Aime ton prochain comme toi-même » en respectant ce temple vivant où Dieu s’ingénie de vivre. Mais comment faire pour atteindre ces buts ? Une solution : apprendre à coexister les uns avec les autres, se retrouver en groupe, se réunir pour prier, partager son vécu et s’aider mutuellement en témoignant et en s’harmonisant… On expliquera avec moult détails au fil de ce livre ce que représentent ces pratiques. Retenons pour l’instant que l’harmonisation des énergies est un échange entre l’harmonisateur, celui ou celle qui la prodigue et l’harmonisé(e) qui la reçoit et que cette relaxation dispensée dans la prière permet de « réveiller » ou de mieux sentir Dieu en soi. Ni guérisseur, ni magnétiseur, ni thérapeute, cet harmonisateur n’est qu’un canal émetteurrécepteur qui distribue les bienfaits énergétiques par son intercession dans le seul but d’apaiser l’autre. 17

Parfois, en effet, il suffit d’adresser un regard, de donner un peu d’attention, de dire une prière ou de tendre une main pour répondre à un appel de détresse. « Nul homme ne pourra s’élever seul » a dit le Christ. C’est sur cette vérité que s’est établie Invitation à la vie. Encore une fois, il s’agit de se sentir concerné par la définition du mot fraternité. Dieu signifie énergie, conscience universelle, amour. La lutte du bien et du mal se matérialise avant tout dans notre esprit lorsque se combattent un mental égotique et l’âme, étincelle cosmique, force divine, génératrice de positif. Inutile d’attendre de souffrir pour découvrir les vraies valeurs de l’existence et de s’ouvrir aux autres. Il n’est pas question ici dans ces pages de faire preuve de prosélytisme ou de décrire des recettes, chacun peut prier ou faire du bien autour de soi à sa manière. Pour faire découvrir Invitation à la vie, il paraissait donc primordial de recueillir pensées et témoignages sur cette expérience collective. De témoigner, juste de témoigner, d’une aventure humaine exaltante.

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Introduction
Tout ce qu’il faut savoir pour une meilleure lecture de ce récit

A propos de ce livre Par définition une biographie ou une enquête aussi sérieuses soient-elles ne peuvent se révéler totalement exhaustives, simplement par le fait que dans l’étude d’un personnage ou d’une communauté, rien n’est figé et que tout évolue sans cesse comme l’essence même de la vie. Dans ce travail, il n’est pas question de prouver quoi que ce soit mais de présenter l’association Invitation à la vie au-delà des apparences et de décrire son fonctionnement vécu de l’intérieur à travers les aphorismes d’Yvonne Trubert représentatifs de son enseignement, le parcours d’une vingtaine de personnes et le décryptage de certains mots-clés. Qu’est-ce qu’Invitation à la vie ? Invitation à la vie est une association créée pour œuvrer au développement spirituel de l’être humain et apporter un soutien à ceux qui le désirent dans l’accomplissement harmonieux de leur vie. L’association donne des moyens et une organisation à chacun de ses membres pour l’aider à atteindre le but qu’il s’est fixé : prendre conscience des potentialités de son âme et les faire fructifier en suivant l’enseignement du Christ au quotidien.

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Invitation à la vie, plus communément appelée IVI, a été fondée par Yvonne Trubert en 1983. La gestion quotidienne de l’association est confiée à un conseil d’administration, selon la loi de 1901. Elle est actuellement présente dans plus de cinquante pays. Invitation à la vie propose un travail sur soi quotidien et exigeant pour modifier les comportements (peurs, jalousies, rancunes, désespoirs…) qui font souffrir chacun et font souffrir les autres. Les principes fondateurs d’Invitation à la vie aspirent à la simplicité, sans aucune forme d’ésotérisme ni de démarche intellectuelle sélective. Ce que nous croyons D’essence divine, à la fois matière et esprit, atome et énergie, l’homme est beaucoup plus qu’il ne paraît et qu’il ne le croit lui-même. Sa partie invisible, intérieure, son âme, est souvent laissée pour compte dans notre civilisation essentiellement matérialiste. Mais cette âme de l’homme immense et puissante recèle des potentialités infinies auxquelles nous ne savons plus comment accéder. Ignorant cette autre réalité de l’énergie divine invisible qui l’habite, l’être humain reste soumis aux limites qu’il se donne et à ses peurs qui l’empêchent d’être libre et de devenir pleinement lui-même. Pourtant chacun est unique, chacun a des talents particuliers qui constituent le cœur de sa personne et la fondation sur laquelle construire sa vie et sa relation avec les autres. Devenir réellement soi-même et s’apporter au monde : telle est la mission de l’homme sur terre. En accédant à la connaissance et au respect de soi et des autres, chaque être humain participe à la construction d’un monde meilleur.

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Comme l’écrit le journaliste Gérard Moatti1 : « La solidarité ne se confond pas avec la fraternité, et la solution de nos problèmes ne passe pas par les institutions. Il faut cesser de considérer la société comme une collection d’"individus" et réhabiliter la notion de "personne" qui implique responsabilité et ouverture aux autres. » De fait, à Invitation à la vie, nous pensons que transformer la perception de l’"individu" en "personne" passe nécessairement par le développement de la dimension spirituelle de l’homme. Nous travaillons donc à nous libérer des souffrances qui entravent nos potentialités et empêchent notre âme d’agir en nous. Ce travail de libération est personnel et expérimental mais seul, l’individu ne peut parvenir à rien car ces souffrances, peurs ou culpabilités sont difficiles à repérer, à accepter et encore plus à maîtriser. L’aide des autres est indispensable pour progresser : les membres d’IVI adhèrent à des groupes de prière dans lesquels la pratique de l’écoute respectueuse, silencieuse et attentive des autres permet de confronter les expériences et partager les solutions. Ce travail en commun est éclairant pour débusquer ce qui nous fait souffrir par des prises de conscience personnelles dans le contexte précis des événements de la vie quotidienne et ainsi tenter d’effacer les automatismes dont nous sommes victimes. Comment nous fonctionnons Lorsqu’une personne découvre IVI, elle est reçue au préalable par un représentant de la mission dite Ouvrir afin d’assister à une réunion d’information. Elle y apprend entre autres que les activités sont réparties en sept missions : celle précédemment nommée, puis les missions
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Les Echos, jeudi 17 octobre 2002

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Enseigner, Harmoniser, Ecouter, Relier, Découvrir et Ecrire, en charge de la rédaction du Livre d’IVI, journal de l’association. Si cette personne le souhaite, la mission Enseigner l’inscrit dans un nouveau groupe avec lequel elle va cheminer le temps de son engagement ou non à l’association. Une fois par semaine, chaque groupe se réunit pour prier, pour écouter une cassette sur un thème précis (le pardon, la persévérance…) et pour témoigner, l’un après l’autre, dans un silence recueilli afin que chacun dépose son vécu. La soirée se poursuit par un repas. Durant les premiers mois, le groupe est animé par des anciens de l’association. Arrive alors le « séminaire », week-end où Yvonne Trubert transmet aux nouveaux venus la gestuelle de l’harmonisation (voir page suivante). Devenu harmonisateur, chaque membre de l’association peut également offrir bénévolement ses services aux différents chargés de mission, partir en pèlerinage ou en « itinérance » afin de visiter les groupes en province ou à l’étranger, assurer des permanences dans les différents centres d’IVI. Il peut ainsi apporter son aide à des personnes adhérentes ou non-adhérentes qui, en cas de besoin, peuvent être apaisées ou soulagées. Précisons aussi qu’Invitation à la vie est une association constituée – excepté pour le secrétariat et la comptabilité – de bénévoles. Nos outils spirituels Pour créer l’harmonie entre l’entité divine de l’homme, son âme, et son entité humaine, son ego, chacun peut s’aider des « libérateurs d’énergie» que sont la prière, l’harmonisation et les vibrations. Ces « clés » créent des canaux de communication « à haut débit » avec une dimension supérieure, elles élargissent notre conscience et

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régénèrent notre âme. Elles sont des outils qui soutiennent et accélèrent la dynamique de transformation. Comme le corps, l’âme a besoin d’être nourrie : la prière est cette nourriture. On prie « Dieu » par le chapelet ou le rosaire quotidiennement. Nous récitons le rosaire, composé essentiellement du Notre Père et du Je vous salue Marie. Grâce à la répétition de ces prières, il est possible de faire taire les préoccupations du mental et trouver la paix en nous connectant avec notre âme, c’est-àdire la présence de Dieu en nous. Prier, c’est se mettre en communication directe avec Dieu. Prier, c’est faire appel et confiance en Dieu pour guider notre vie ; c’est aussi faire appel à l’amour divin pour soulager les souffrances physiques et morales. Obéissant à une gestuelle précise, l’harmonisation se concentre sur des zones particulières du corps correspondant à des centres énergétiques, appelés chakras, en rapport avec un certain nombre d’organes et de fonctions physiologiques. Dans son livre Croire et Guérir2, Régis Dericquebourg la définit ainsi : «…celle-ci est un massage léger du corps d’une personne (restant vêtue et recouverte d’une étoffe). » Pendant une séance d’une trentaine de minutes environ, la personne harmonisée est allongée et garde de préférence les yeux fermés. L’harmonisation ne peut être réalisée sans la prière. Le chapelet en l’occurrence est dit intérieurement et silencieusement par l’harmonisateur afin de respecter la personne harmonisée dans ses convictions personnelles. Il est bien stipulé dans les statuts d’IVI qu’en aucun cas, l’harmonisation, quand elle est pratiquée sur un malade, n’est destinée à remplacer les traitements
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Croire et Guérir de Régis Dericquebourg, Editions Dervy, 2001

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médicaux. L’harmonisation n’est pas un acte médical. « Elle se situe sur un plan complémentaire, comme il est expliqué sur le site Internet de l’association. Avant tout, elle soulage et console. Elle délivre de la peur et de l’angoisse. (…) Elle aide à remettre en circulation l’énergie vitale et redonne une impulsion de vie avec le désir de guérir. » De fait, elle permet à chacun de mieux vivre ses états émotionnels et en cas de maladie, d’accepter cette maladie et les traitements avec un état d’esprit différent et positif. En Russie, au Brésil, en Allemagne, en France, en Colombie, en Argentine, en Belgique, en Australie, des médecins harmonisent ou font harmoniser leurs patients en dehors de leurs consultations et cela, bien sûr si ces derniers en émettent le désir. Ces thérapeutes ont constaté qu’en plus de l’apport indéniable sur le bien-être du malade, l’harmonisation a permis de soulager des symptômes physiques comme la douleur dont on connaît la participation subjective. Les résultats sur des brûlures de premier et deuxième degrés sont intéressants car objectifs, systématiques et indiscutables : en observant les plaies des brûlés, on peut vérifier concrètement l’efficacité d’une harmonisation. Pratiquée sur une personne bien portante, l’harmonisation procure une détente du corps, des sensations de bien-être et d’apaisement dans un quotidien souvent soumis à un rythme effréné. Faisant appel au souffle et au son pour créer une ouverture sur une fréquence vibratoire qui touche à la fois les énergies telluriques et cosmiques, la vibration, troisième clé mise à la disposition des membres de l’association, est le moyen de relier l’être humain à l’univers. « Faire des vibrations » consiste à émettre des sons en chœur à la manière des chants de mantras et 24

permet sur un plan énergétique de libérer l’homme de ses tensions intérieures et de le relier à la terre. Dans son livre Croire et Guérir, écrit encore Régis Dericquebourg : « Les vibrations "régénéreraient" les chakras de la terre qui ont le même besoin d’énergie et de vie que ceux de l’homme. Ils dynamiseraient la terre, la nourriraient et l’aideraient à se cicatriser. Il s’agit d’une forme d’harmonisation pour la terre. » Ce que ce travail quotidien permet à chacun de développer : ° avoir confiance en soi (c’est-à-dire Dieu en soi) et ainsi aller vers les autres sans peur d’être jugé ; ° dépasser l’apparence opposée par l’autre, reconnaître en lui son âme et sa dignité ; entendre celui qui ne parle pas, et parler à celui qui n’entend pas… ° retrouver le vrai sens de l’amour : une énergie qui relie tous les hommes sans distinction et pas seulement un sentiment qui relie deux êtres particuliers ; ° se sentir responsable de son existence et de ses actes, participer à la vie du monde et à sa transformation ; ° être libre : libre de ses peurs, de ses culpabilités, du poids de l’éducation ou de son affectif… ° redécouvrir la joie et la chance d’être vivant ; ° vivre pleinement l’instant présent, en s’allégeant du poids du passé et de la peur de l’avenir ; ° cultiver chaque jour l’espérance, qui est la certitude que Dieu nous aime, nous écoute et nous guérit de nos failles. Quelques mots clés pour comprendre Invitation à la vie Peut-être un mot clé domine-t-il tous les autres dans la démarche d’Invitation à la vie : la simplicité. Cette démarche n’est ni secrète ni sophistiquée, elle est la mise en application de valeurs issues des Evangiles, simples, immémoriales et accessibles à tous, mais qui ont parfois 25

perdu leur sens profond pour devenir une « morale », avec sa connotation d’obligation, et difficile à intégrer en nous et dans notre vie quotidienne. Se transformer, c’est parvenir à intérioriser les valeurs fondamentales que sont la foi, la charité, l’espérance, la patience, la persévérance, la tolérance… afin qu’elles soient à la source de nos pensées et de nos actes. Suivent ci-dessous quelques définitions, certaines d’hommes illustres (et leur auteur sera mentionné), les autres extraites de l’enseignement d’Yvonne Trubert (et elles seront présentées entre guillemets). Ame L’âme est la partie divine que Dieu a mise en chaque être humain qu’Il a créé « à son image », est-il écrit dans la Bible. Redécouvrir l’ampleur des potentialités de notre âme, les faire fructifier et se laisser guider par elle, car cette âme est la voix de Dieu en nous. Tel est selon nous, le sens de notre chemin sur la terre. Amour Dire que l’amour est un sentiment qui relie deux êtres qui se sont choisis est une conception de ce mot très réductrice. L’amour est la plus puissante des énergies, celle qui donne la vie : Dieu est amour, Il nous donne la vie. L’amour relie Dieu à chacun des êtres humains et tous les êtres humains entre eux, par l’intermédiaire de leurs âmes qui sont des étincelles divines. Aimer, c’est redonner vie à cette connexion des âmes trop souvent ensevelie sous les jalousies, les rapports de séduction, les rancunes, les relations de pouvoir, les jugements et autres attitudes qui détériorent nos relations avec les autres ; aimer « son prochain comme soi-même », c’est dépasser les notions de sympathie et d’antipathie afin de porter le regard du Christ, un regard d’amour et de compassion sur chaque 26

être humain. « Aimer l’autre, c’est savoir le comprendre, le respecter, savoir donner, écouter, partager, faire des choses simples pour les autres. » Dieu « Misère de l’homme sans Dieu » disait Pascal : loin de Dieu, l’homme est limité, souffrant, incapable de se ressourcer à l’énergie divine où il puise la vie. « On nous a appris à être si distants de Dieu, un Dieu quelque part jugeant nos actes et nos pensées, ayant un regard de Père parfois, mais surtout de juge intransigeant. » Nous essayons de vivre l’enseignement du Christ : Il nous apprend que Dieu est un Père débordant d’amour pour ses enfants, toujours prêt à leur pardonner, comme l’enfant prodigue a été pardonné et accueilli par son père après ses incartades. « Dieu n’a pas créé l’amour : il est Amour. » Ecoute Avant toute chose, le Christ conseillait à ses apôtres de consoler. La consolation, c’est l’écoute, c’est aller vers celui qui est seul. « Car écouter, c’est aimer et aimer, c’est donner la vie. » Voir dans les « Morceaux choisis », le chapitre consacré à cette mission Ecouter. Entretien Dans les centres d’Invitation à la vie ouverts aux membres de l’association et au public non adhérent, chacun peut recevoir des harmonisations ou des « entretiens ». Aidée par la prière de celui qui écoute, la personne qui a sollicité cette rencontre peut libérer sa conscience, dire ce qui lui tient à cœur et trouver le cas échéant un profond soulagement ou tout du moins un mieux-être, parce qu’elle aura confié sa souffrance à une personne compatissante. 27

Foi « La foi, c’est la confiance en Dieu » : la foi n’est pas un mot abstrait, un état de grâce tombé du ciel. Avoir la foi, c’est confier chaque instant de sa vie à Dieu, en étant sûr qu’Il nous conduit vers la voie la plus épanouissante, la plus enrichissante pour nous. « Vivre dans la confiance, c’est savoir qu’Il nous donne tout pour notre présent et pour l’avenir. » C’est confier à Dieu les souffrances trop lourdes à porter, en étant absolument sûr qu’Il nous allège et nous conduit vers la liberté. La foi est donc la sœur de l’espérance, comme le stipulent les « vertus théologales » de l’Eglise. Joie « Il faut casser votre propre prison pour accéder à la vie, à la liberté. Et vous ne pourrez accéder à la vie, à la liberté, que par la joie. » Ce qui signifie que malgré les difficultés et en toutes circonstances, nous devons rester confiants : « Etre dans la joie, c’est être responsable sans se prendre au sérieux. » Les trois clés : prière, harmonisation, vibrations. Avoir recours aux trois clés fondement de cette démarche, n’est pas une « potion magique » et ne dispense pas des efforts quotidiens pour abolir nos défauts. Elles sont des moyens pour accéder à la transformation. Lutte contre l’ignorance « Le premier péché du monde, c’est l’ignorance. C’est rester à l’écart des choses en croyant être bien dans sa peau alors que les autres se meurent à deux pas de chez nous. »

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Mental « Nous sommes illimités, c’est notre mental qui nous fait croire que nous sommes limités. » Mission Que ce soit en se mettant au service de l’association au plus près de son domicile ou plus spécifiquement lors d’un voyage itinérant pour visiter les groupes des provinces françaises et des autres nations, chaque membre adhérent, s’il le souhaite, peut offrir de son temps bénévolement afin d’aider les autres et participer ainsi à la vie associative. « Etre en mission, c’est être toujours à l’écoute de l’autre, dans le silence et l’humilité, et, ne l’oubliez jamais, dans la lumière. » (Livre d’IVI n° 34). Non-jugement Ne pas juger l’autre, respecter sa différence par rapport à notre chemin, nos convictions, nos habitudes est une valeur des plus fondamentales à IVI. Comment les guerres se fomentent-elles ? Elles commencent par les jugements, les discriminations, les cabales, les intolérances qui se propagent à grande vitesse. Chaque être est libre de ses choix et digne de respect. Pèlerinage « Etre pèlerin aujourd’hui semble bien désuet, lorsqu’on se rapporte aux premiers chrétiens, quittant tout, pour une aventure que seule leur foi motivait. Nous venons sur cette terre en tant que créature de Dieu, nous venons donc témoigner de notre filiation avec le Créateur, dans un laps de temps assez court. Notre pèlerinage commence donc à la naissance ; tout au long de ce périple, nous aurons à nous nourrir d’un partage de cœur à cœur, d’âme à âme, dans un lieu sanctifié, où nous pourrons 29

ainsi démontrer notre fidélité au Père, en donnant aussi à cette terre par notre présence, nos prières, nos chants, nos vibrations, la vie, telle que Dieu a voulu qu’elle soit au service des hommes. Marchez en osmose, dans le recueillement, pour tous ceux qui ont perdu la foi, pour tous ceux qui souffrent, pour tous ceux qui aimeraient être à notre place, pour tous les prisonniers du monde. » (Livre d’IVI n° 67). SOS Ecoute Ce service téléphonique qui propose écoute, entretien et soutien de prières, fonctionne les jours ouvrables de 21 à 24 heures, le samedi par tranches de 9 à 13 heures et de 17 à 24 heures et le dimanche de 13 à 24 heures non stop. « Que ce soit dans les « entretiens » ou à SOS écoute, c’est la même chose : écouter c’est véritablement être celui qui crée le lien entre Dieu et l’homme. » (Mission Ecouter. 18.1.95). Témoignage « Témoigner, c’est être le témoin de la vie du Christ en permanence à travers les hommes. Chaque homme en vie sur cette terre est une vibration, une âme incarnée pour que la gloire de Dieu soit reconnue. » (Livre d’IVI n° 65). Transformation La vie est mouvement, transformation et évolution permanentes, dans l’environnement comme à l’intérieur de l’homme. Les événements de la vie quotidienne nous obligent à nous transformer, à acquérir plus de sagesse, plus de détachement, plus de patience et toutes les vertus qui nous rapprochent de Dieu. L’homme est toujours en chemin et cette transformation a un but : lui apprendre à 30

aimer, atteindre un amour universel. « IVI, c’est tout d’abord apprendre à se dépouiller intérieurement, à connaître la nature de son ego, de ses failles, à gommer au fur et à mesure de nos efforts personnels le carcan qui nous gênait pour devenir des êtres libres, heureux de vivre. » Vaincre la peur « La peur est l’ennemi de Dieu » : avoir peur, c’est oublier que Dieu est présent en nous, dans notre âme. Nous sommes habités par Dieu, la plus puissante énergie du monde, et si nous faisons appel à Lui, nous n’avons rien à craindre : ni la mort, ni l’avenir, ni la maladie, ni nos ennemis… ni les angoisses irrationnelles qui parfois nous envahissent et sont des illusions en face de cette présence réelle et vivante : Dieu en nous. Vie Chaque manifestation de la vie, chaque étincelle de vie mérite le respect car elle est d’essence divine : la vie est un cadeau de Dieu dont nous avons oublié toute la valeur, la richesse. Nous la traînons souvent comme un boulet, nous en avons perdu le sens. « Le bonheur est détenu en peu de choses : croire en Celui qui nous a créés puisque c’est Lui qui gère notre vie et Le laisser totalement gérer notre vie. » Construire sa vie et son bonheur sur du roc, et non sur du sable, c’est vivre dans une relation d’amour constante avec Dieu, avoir la force d’aimer les autres parce qu’on a la certitude d’être aimé de Lui.

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Première partie : Les Témoins
Des responsables
I

Maurice
Physique à la De Gaulle, avec la moustache du jeune général, la démarche militaire en moins mais la prestance, l’élégance du patriarche identiques, Maurice représente un homme sur lequel on peut compter et s’appuyer. Son regard démontre la bonté. Ce n’est pas un acquis de l’âge mais une prédisposition naturelle. On éprouve d’ailleurs quelques difficultés à l’imaginer jeune. Sans doute a-t-il eu toujours cette dimension… Bien que Maurice marche difficilement, il possède l’envergure d’un sage qui conduit ses semblables à travers les déserts pour les amener aux confins de leur terre promise. Yvonne Trubert ne s’est donc pas trompée lorsqu’en 1983, elle lui a demandé de tenir le rôle de président dans l’association qu’elle se préparait à créer. Ce rôle, Maurice l’a rempli pour la plus grande satisfaction de tous pendant douze ans. Depuis la nomination d’autres responsables, il répond au titre de « Président d’honneur ». Mais avant d’aborder cet épisode de sa vie, du haut de ses presque deux mètres, avec la philosophie de ses soixanteseize ans, notre grand homme parle des épreuves qui l’ont amené sur le chemin de la foi. Né en 1926 dans d’une famille unie et tendre – comprenant une fille et trois garçons – Maurice, à la 32

troisième place, grandit dans la région normande sans se soucier des turbulences qui agitent les années trente. Pensionnaire à huit ans dans une institution religieuse, il bénéficie des leçons de vie de son confesseur, un prêtre très joyeux, dynamique. La privation, la sous-alimentation pendant sa croissance au collège durant les années de guerre, tandis que lui et les autres adolescents n’ont alors « royalement » à manger pour le déjeuner que dix grammes de viande par jour avec des rutabagas, appauvrit ses défenses immunitaires. Alors âgé de quatorze ans, il souffre d’une tuberculose osseuse, puis d’une tuberculose rénale. Cinq longues années de maladie suivent. En désespoir de cause, on propose à Maurice de partir pour la Suisse, de suivre un traitement au cours duquel il servira de cobaye pour tester la streptomycine, un nouveau médicament expérimenté aux Etats-Unis et difficile à se procurer. Le chirurgien de la clinique de maladies osseuses où doit séjourner le jeune homme fait venir ce produit d’outre-Atlantique par valise diplomatique. Le médecin s’est entendu avec le père de Maurice. - Ecoutez, lui a-t-il dit, il n’y a plus rien à faire, on peut tenter quelque chose, mais je dois vous prévenir des risques, il peut rester paralysé ou même mourir. N’écoutant que leur cœur et leur foi, les parents se concertent et acceptent de suite. « On a commencé le traitement, se souvient Maurice. Seulement cela exigeait de faire une piqûre toutes les trois heures, de jour comme de nuit. C’était éreintant. Dur. Sévère. En quatre mois de temps, j’ai subi neuf cent soixante piqûres de streptomycine. A cette époque, je le précise, ce médicament n’était pas purifié et j’en recevais deux grammes par jour. En neuf jours de temps, j’ai retrouvé le goût de manger et avec l’appétit, j’ai repris du poids, neuf kilos en une semaine.

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