Religions : mélodies divines de la paix

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En ce début de 3e millénaire, en nous situant dans l'ère inaugurée avec le christianisme, nous assistons à la convergence des croyants portés par la foi et à la rencontre des êtres humains par la spiritualité. Les religions s'affirment comme des mélodies de la paix et comme des partitions de l'amour qui, jouées dans chaque confession, se retrouvent dans l'harmonie, la quiétude qui, créées, se répandent partout.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
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EAN13 : 9782296707498
Nombre de pages : 201
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Religions : mélodies divines de la paix

Adamou NDAM NJOYA

Religions : mélodies divines de la paix

L’HARMATTAN

© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12875-0 EAN : 9782296128750

AVANT-PROPOS L’idée d’écrire cet ouvrage a germé depuis longtemps face à ce que nous vivions et continuons depuis de vivre comme croyant avec des croyants et des non croyants se réclamant comme tels autour de nous ; et puis, instruits par ce que nous apprend l’histoire des religions et des vécus et expressions de la foi par les croyants des différentes confessions. Cela s’est, ainsi, imposé comme un défi, et une mission divine appelant à l’expression de notre expérience du vécu quotidien de la foi. Ceci parce que, dans le fond, tous les êtres humains se trouvent dans les mêmes situations où ils ont à vivre cela, de façon variable, au milieu des réalités culturelles, socio-économiques, politiques des plus diverses et en permanentes mutations. Telle est la réalité, et telle est la volonté de Dieu. Plus encore, les livres saints dans leurs originalités comme éclairages voulus par Dieu pour ses créatures, ont toujours été cet appel impératif qui fait que l’on n’hésite pas et que l’on se sente un devoir d’agir. Beaucoup de nos écrits et de nos interventions dans différentes conférences et rencontres religieuses ou inter religions ont toujours été en réponse à ce pressant appel. Cette dimension s’est affirmée à la suite des réflexions et du travail que nous avions entrepris à la demande de l’UNESCO pour l’élaboration d’un document: « Contributions des Religions du Monde à la Paix Mondiale » commandé dans le cadre du prix international Félix Houphouët-Boigny pour la paix. Au cours du travail, les réflexions se développant, partant des expériences vécues et sous l’éclairage de l’Eternel dont nous ne sommes que l’instrument, il est apparu clairement que les religions du monde sont, véritablement, à la fois et des partitions divines de l’amour et des mélodies divines de la paix.
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Chemin faisant, dans le vécu de notre foi de musulman et de croyant ouvert et attentif aussi bien, aux autres livres saints et confessions dont parle le Coran qu’aux lectures et pratiques que mènent, à partir des messages révélés, les musulmans et les autres croyants, nous nous sommes rendu compte que l’histoire de l’être humain qui aura été profondément marquée par la confiscation de Dieu est en train de prendre un grand tournant car, de nos jours, nous assistons à la fin de cette confiscation : - on s’interroge, on voit que l’autre est là, et que l’immensité de notre monde constitue un grand miracle divin dont on ne peut réduire les dimensions ni lui imposer sa voie ; - le phénomène qui se développe et vit en chaque personne se manifeste comme culture entre les membres d’une communauté religieuse devenant l’expression de la communauté comme entité nourrie aussi bien par les interprétations des textes sacrés que les exploitations des faits et gestes, des traditions laissées par celui par qui Dieu aura révélé la source de la foi, la religion ; - les textes sacrés ainsi que les traditions laissées par les messagers de Dieu, les fondateurs des religions, revisités et profondément vécus aujourd’hui dans leur essence originelle, interpellent les uns et les autres pour mettre fin à la confiscation de Dieu ; - personne ne peut plus se réclamer la propriété d’un Livre Saint désormais de plus en plus accessible et exploitable par toute créature humaine ; - au-delà de cette interpellation, interviennent plus fortement encore les pressions des réalités de la vie, les
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effets de la réduction des dimensions de note univers terrestre du fait de l’explosion des technologies entraînant d’énormes facilités en matière de communication et d’échange entre les êtres humains, d’une région à l’autre ; - il y a, de plus en plus, des éléments de comparaison renforcés par l’ouverture de l’esprit et le progrès dans la vie et l’expression de l’intelligence ; ce qui inscrit dans le relatif toute chose ; - les menaces qui pèsent sur notre environnement du fait de l’industrialisation qui, de façon aveugle, s’est développée sans que l’on réfléchisse aux conséquences des déchets et des gaz toxiques polluant et empoisonnant l’atmosphère, la rendant invivable ; - le fossé entre les riches et les pauvres, entre le nord et le sud et puis les crises multiformes latentes sourdes qui, touchant les régions qui se croyaient à l’abri, font éclater au grand jour le vrai problème qui est celui des valeurs en général, des valeurs humaines et de l’éthique devant fonder, éclairer la vie et les activités aussi bien des êtres humains que de toutes les institutions, qu’elles soient publiques ou privées ; et les religions sont par excellence ces sources des valeurs. Tout cela, jouant et se conjuguant, nous entraîne dans l’ère de la fin de la confiscation de Dieu par les religions et par les êtres humains se singularisant dans des communautés fermées. Avec cette ère, les êtres humains vont de plus en plus connaître la vie et l’épanouissement de notre commune humanité dans notre unique environnement telle que chantée et exaltée par les religions du monde, les textes sacrés et les traditions laissées par ceux que Dieu a bien voulu établir comme messagers-fondateurs. Ce sont ces textes saints et ces
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traditions qui, éclairant, élèvent et guident pour vivre pleinement sa foi en Dieu loin des différentes confiscations aux expressions les plus diverses, suivant les cultures développées par les êtres humains à travers les âges et les différentes régions de notre planète terre. Cet ouvrage, sans prétention aucune, s’est imposé à nous comme un devoir de croyant qui vit et travaille aussi bien au niveau local, national, qu’international avec les autres croyants de diverses confessions et aussi ceux qui sont indifférents à telle ou telle religion gardant dans le secret de leur cœur ou exprimant ouvertement leur relation directe ou non avec le Créateur, l’Etre Suprême, avec Dieu. L’instrument de Dieu.

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LIMINAIRE L’OUVERTURE SUR LA TRAME DES REALITES POUR LA POURSUITE DES REFLEXIONS ET DES ACTIONS METTANT FIN A LA CONFISCATION DE DIEU Notre monde d’aujourd’hui s’impose comme celui de la convergence par la foi et de la rencontre et partage par la spiritualité. Cette foi et cette spiritualité éclairent plus encore ce qui, entre autres caractéristiques, marque profondément l’être humain dans sa vie et ses activités et, en conséquence, toutes les institutions qu’il crée : la générosité et l’égoïsme. L’ego semble l’avoir emporté sur la vie et l’expression des créatures humaines sous tous les cieux et dans toutes les communautés par les conséquences désastreuses dont les guerres ont été les meilleures des illustrations. Les religions ne vont point être épargnées et dans bien des faits historiques, elles auront constitué les creusets du développement des effets de l’ego dont les guerres des religions à l’intérieur d’une même Religion ou entre des religions différentes ; et tout cela loin de la nature et de l’essence même des religions qui est de Dieu, qui est divine. Les religions du monde constituent des domaines des plus riches et des plus cruciaux et déterminants pour notre humanité offrant ce qui est fondamental pour l’équilibre et l’harmonie dans la vie des êtres humains, que l’on se situe dans le temps ou dans l’espace. Cette richesse est d’autant plus grande que les questions spirituelles tirant les leçons du passé et des réalités mouvantes sont à l’ordre du jour. Aussi, connaissons-nous au sein des religions, des bouillonnements conduisant à des adaptations ou à la création des formules d’approches aussi bien par les responsables religieux que par les croyants. En effet,
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l’éloignement des fidèles de certains lieux de culte et la prolifération des associations ainsi que de différentes sortes d’organisations ou encore des institutions communément appelées sectes par ceux qui sont au dehors, s’expliquent par le manque de satisfaction des fidèles qui désertent les cadres classiques dont, certains, pour survivre, doivent, ou sont même obligés de s’adapter, de se réformer face aux mutations sociales pour répondre à la mentalité et aux réalités du temps. Les institutions à caractère spirituel ou intervenant dans les questions de la spiritualité, quelles que soient leurs appellations, de plus en plus nombreuses et, ayant leur vitalité et leur activisme pour armes, bien que ne regroupant pas souvent un grand nombre de personnes et ayant un rôle apparemment limité, participent à la manifestation de la rupture avec la confiscation de Dieu. Les animateurs et les adeptes de ces institutions ont été ou sont les fidèles des grandes religions qui nous intéressent au premier chef et qui constituent dans leurs fondements et la pureté de leur essence, ces partitions et ces mélodies divines de l’amour et de la paix. Elles ont un grand rôle à jouer pour l’expression puissante et profonde de notre commune humanité, et la paix dans notre monde qui a ses racines dans notre cœur, dans notre esprit auxquels s’adressent les religions quelles qu’elles soient. C’est du cœur, de l’esprit que naissent, se cultivent, se développent l’amour et la paix et pour ensuite, avec la lumière qu’ils véhiculent, se répandre. Pour nous inscrire dans la logique de la dynamique du temps, il fallait, s’agissant des grandes religions classiques, se resituer au niveau des livres saints car le véritable problème est celui de leur lecture ou relecture ; cela non seulement sur le plan théorique mais aussi sur le plan pratique. En effet, nous avons eu l’avantage d’être de
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ceux qui ont été associés aux grands mouvements rompant avec l’enfermement au sein des traditions religieuses données pour développer des réflexions et des actions pour la contribution des religions à la paix mondiale. Il y a là un élément fondamental ; car ce n’est pas un observateur extérieur développant une approche purement théorique, mais un acteur et penseur en même temps, qui aura été depuis plus de trois décennies au cœur de l’action. C’est ainsi, en nous, le croyant, le penseur et l’acteur en même temps qui, directement associés, agissent, réfléchissent avec toutes les dimensions de sensibilité et de rationalité qui peuvent émerger en chaque personne. Ce qui est intéressant, c’est que nous nous situons dans une période et un contexte où les relations de coopération interreligieuse ont pris un grand tournant ; ce qui permet d’avoir des riches éléments pour mieux mettre en exergue des réalisations et les voies pour des actions importantes qui doivent être déployées en même temps que l’on fait ressortir les premiers résultats atteints en ce qui concerne les religions touchant directement l’être humain et la société dans ce qui fait leur essence parce que apparaissant dans toute leur splendeur comme partitions et mélodies divines pour l’amour et la paix. De par l’expérience, se dégage une constante qui veut qu’il faut toujours revenir aux fondements des religions, à la Parole de Dieu, aux Ecritures Saintes ; car, à travers les âges, suivant les réalités, les hommes ont eu à les interpréter, souvent en vase-clos et pour des objectifs des plus divers qu’ils voulaient atteindre. Telle est la première observation à laquelle nous avons abouti pour mieux situer les niveaux d’action. Le monde d’aujourd’hui, du fait de l’intelligence humaine, puis des découvertes scientifiques et des réalisations techniques qui en découlent, est plus que
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jamais ouvert grâce à l’information et à la communication, en général, qui réduisent les distances entre les créatures humaines, faisant des merveilles avec les contacts, les échanges qui sont de plus en plus nombreux et instantanés. Ceci étant, en même temps, nous réalisons les limites humaines et percevons l’immensité infinie de DIEU à travers et l’infiniment petit et l’infiniment grand ainsi que le mystère insondable du Créateur, de Dieu ; tout ceci constitue un puissant appel à l’humilité dans la fierté d’être la créature humaine. En même temps, l’esprit et la raison se montrent dans toute leur puissance comme des domaines à pénétrer comme l’avaient mis en exergue les philosophes des Lumières au XVIIIème siècle. L’être humain a, en lui, le divin, toutes les vertus divines et cela, voulu par Dieu en le créant à son image ou en lui insufflant son souffle pour en faire son calife c’est-à-dire son représentant sur la terre : la Torah, l’Evangile, le Coran sont riches d’enseignements pour tout cela. Aussi, face à cette situation, se pose avec acuité la question de la conscience qui est caractéristique de l’être humain, l’amenant à se placer dans la situation des relations directes, d’abord entre l’individu et son créateur, ensuite entre la création, toute créature et le créateur et enfin entre la créature humaine et le créateur. Ceci conduisant au niveau de la foi que chaque personne comme croyante vit intérieurement, individuellement, l’exprimant sans contrainte parce que se construisant une confiance, une lumière intérieure propres qui la guident dans les actes qu’elle pose, les actions, les réflexions qu’elle extériorise, participant ainsi à l’expression de la société dans un sens ou l’autre. Ainsi, chaque créature humaine croyante a en elle les germes de résistance et de lutte contre toutes les formes de confiscation développées par les religions. Le Protestantisme, à titre indicatif, est né de la lecture différente de la Bible et d’ l’application
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conséquente par rapport à ce qui avait cours jusqu’à l’avènement de Luther, puis de Calvin. Telle est la deuxième observation qui est une proposition d’ouverture et pour les réflexions, et pour les actions à conduire. Il s’agit, au bout du compte, de vivre la foi, sa foi et de voir l’autre vivre la foi, sa foi pour que se dégagent et s’affirment les bases saines et permanentes de la rencontre et du partage conduisant à l’éclosion continue des germes positifs fondant la vie de la société ainsi que l’éclairage et la dynamique de ses membres ; ce qui conduit à l’éclosion et à l’expression de la conscience religieuse, de l’éthique religieuse pour fonder et animer la vie et les activités aussi bien des personnes physiques que des institutions contribuant à l’expression de la société dans toute sa personnalité, dans toute son identité qui se doivent d’être positives, pour le bien, l’amour, comme le veulent toutes les religions du monde. Telle est l’autre observation qui est aussi une direction d’action qui se dégage. La question de fond est d’arriver à ce qui ne se fait pas parce que n’apparaissant pas dans le lot du commun, à savoir cette interrogation permanente pour voir l’impact de la foi et de sa conscience religieuse sur sa propre vie, sur la vie politique, sur les activités économiques, sociales et culturelles. Le problème est de mettre fin à l’association superficielle de la foi et de la vie, pour ainsi arriver à la dynamique où toutes les activités, toutes les entreprises humaines, doivent être ces prolongements de la prière, de la méditation, c’est-à-dire de la rencontre dans l’intensité infinie avec le créateur, de la communion avec l’Etre Suprême, - celui-là qui est amour, paix, lumière - tout au
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moins de l’harmonie unique qui naît dans la voie que l’on emprunte pour l’ascension vers Dieu, avec Dieu. L’être humain, quelle que soit sa croyance, doit être préparé en profondeur et de façon continue à cela. Le temps de communion avec Dieu dans la prière doit se poursuivre avec l’adoration concrète que doivent être désormais les activités, les actes du croyant. Par là va s’épanouir la dimension positive de l’être humain et se consolider la base de la foi qui le rend positif en permanence, avec sa grande expression dans la démocratie et la liberté qui, dons de Dieu, doivent être des conquêtes permanentes. C’est bien ce que nous trouvons dans les paroles de Dieu et dans les livres saints et les pratiques laissées par les prophètes. Les abus notés jadis de la part des responsables religieux et politiques et les intolérances vécues aujourd’hui, ne sont-ils pas liés au non-respect de la lumière que nous offrent les livres saints et tout ce qui, des voies insondables du créateur, est offert à l’être humain ? Cependant, il y a lieu de constater que des mutations profondes sont en train de s’opérer et retenir que l’espoir s’annonce quant à la rencontre au niveau de l’essence humaine qui est une nécessité impérative ; oui, il y a lieu de se retrouver par l’essence. C’est cette rencontre qui doit être encouragée entre les croyants de différentes confessions, entre les leaders spirituels et politiques, entre les êtres humains d’origines différentes pour faire éclore une nouvelle éthique, pour une plus grande humanisation des relations entre les créatures humaines, et au sein de la société de toute la communauté humaine. La nouvelle éthique est vécue comme source du devoir et du droit, et puis éclairage et dynamique du devoir et du droit parce que s’imposant comme façon d’être, de faire excluant les conceptions égoïstes des valeurs alimentées par les
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égoïsmes qui, caractéristiques de l’être humain, l’emportent souvent sur cette autre caractéristique de l’être humain qu’est la générosité. Les religions voulues par Dieu ne sont-elles pas les mélodies divines appelant et présidant à la rencontre, au triomphe de la générosité, c’est-à-dire à l’harmonie, à l’amour et à la paix ?

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RELIGIONS DU MONDE : CES MELODIES DIVINES DE LA PAIX ET DE L’AMOUR
INTRODUCTION

Par la place centrale qu’elles ont de tout temps occupée dans la conscience et la vie humaines et, de ce fait, dans la dynamique de toute société et des relations entre les sociétés, les religions, c’est-à-dire l’ensemble des croyances et des pratiques ayant pour objet les rapports de l’homme (être humain) avec la divinité ou le sacré, constituent de nos jours l’une des bases incontestables pour les mutations irréversibles dans les mentalités, dans les esprits pour asseoir la paix mondiale ; en effet, les religions touchent l’esprit, appellent à l’élévation spirituelle, c’est-à-dire à l’amélioration de l’être humain au niveau du système où se forment, se développent les germes de toutes les activités humaines ; et, comme cela est dit dans le Préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO, « la guerre prenant naissance dans l’Esprit des hommes, c’est dans l’Esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la Paix ». Si les religions ont failli au cours des âges et n’ont pas réussi à empêcher les guerres et les conflits, cela veut-il dire qu’elles ne le pourront jamais ? Le problème de nos jours est désormais celui de la nouvelle lecture des religions, de ce qui les fonde et surtout, celui de la rencontre des religions et de leur lecture par les croyants de différentes confessions. Ces croyants, dans leurs religions, leurs croyances, ont ce même objectif : l’aspiration à s’élever vers la divinité, vers le sacré, vers ce qui est de ce fait harmonie, amour, paix. « Le problème capital de la fin du siècle sera le problème religieux » et nous ajoutons ceci à ce qu’écrit André Malraux (1) : le
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troisième millénaire sera spirituel, et donc marqué par la conquête effrénée du jardin d’Eden par les descendants d’Adam et Eve. Les êtres humains n’ont-ils pas connu une succession de chutes où, Dieu, par amour, les relève en envoyant ses prophètes et en suscitant des humanistes, des sages pour les éclairer, pour leur inspirer des chants d’amour ? Nous sommes à la fin du 2ème millénaire annonçant le début du 3ème millénaire ; s’il y a là une évidence, un acquis dans l’esprit des créatures humaines, ce même esprit, passant de la simple constatation pour réfléchir un peu et s’engager dans la voie de la connaissance scientifique, réalise que cette référence au millénaire correspond au point de départ d’une religion avec la naissance du christianisme qui prend toute sa dimension universaliste lorsque Jean-Baptiste, ayant baptisé JésusChrist de l’eau – ce dernier baptisant du Saint-Esprit – entreprend les prédications (2). Depuis, les chrétiens sont évalués à plus d’un milliard et se trouvent parmi les acteurs de la paix ou de l’absence de paix. Parce que Jésus par amour est crucifié, les chrétiens sont ceux-là qui acceptent la vie dans et pour le triomphe de l’amour. Le même esprit, se situant dans le cadre de ces deux millénaires, se rend compte que, en l’an 620, à 40 ans, le prophète de l’islam, Muhammad (paix et salut sur lui) reçoit le message coranique et commence la prédication qui durera 22 ans ; pour cette religion, nous sommes à l’an 1413 et il y a approximativement 1 milliard de musulmans. Avant le christianisme et l’islam, il y a le judaïsme qui, bien que n’ayant pas des centaines de millions d’adeptes a marqué et continue de marquer profondément les phénomènes de perception et d’action pour la paix ou non dans notre monde. Depuis, d’autres religions et croyances se sont développées : les bahais, les sikhs, ces derniers qui, malgré leur petit nombre,
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constituent une force dans l’Inde qui, à près de 90 % de son presque milliard d’habitants, est hindoue. Avec l’Hindouisme, l’esprit qui se situe à la fin du 20e siècle, allant au-delà du début de l’ère chrétienne, on réalise que 3 500 ans plus tôt, sur les rives du Gange, les Aryens, déferlant, vont imposer aux populations locales leurs traditions et les conceptions de l’organisation de la société en castes (3) qui, constituant une profonde réalité de nos jours et une forme de croyance, tient compte des mutations liées à l’ouverture du monde, à l’interdépendance des peuples ; cette grande religion est cristallisée dans les Védas qui sont le produit des enseignements, des réflexions ou de l’inspiration des sages, de la communauté, tout ce qui, de ces faits, la diffère du judaïsme, du christianisme, de l’islam tout comme du bouddhisme ; ce dernier va naître dans le milieu où règne l’hindouisme à partir des enseignements d’un prince né en 550 avant Jésus-Christ qui, après l’illumination comme nous verrons plus tard, se révèle Bouddha l’éveillé, l’illuminé ; ses enseignements sont reproduits dans le Lotus Sutra qui est ainsi le Livre Saint du bouddhisme. Si les hindouistes sont environ 800 millions d’âmes, il y a près de 350 millions de bouddhistes; à cela il faut ajouter le jaïnisme (4) qui naîtra à peu près à la même période que le bouddhisme mais qui est étroitement lié à l’hindouisme dont il a conservé beaucoup de pratiques. Si toutes ces religions ont essaimé à travers le monde, se développant en dehors de leurs foyers de naissance, il y a lieu de relever la survivance de nombreuses pratiques et croyances religieuses qui ont survécu à ces grandes religions et qui, pour certains peuples dans certaines régions du monde, remontant à des âges des plus lointains, demeurent encore dans toute leur force, que ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Océanie, en Australie. A tout cela, il faut ajouter les maîtres spirituels
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qui développeront des formes d’humanisme qui auront, suivant les cas, des résonances profondes ou non dans la vie des peuples ; en Chine, c’est Confucius (5) et l’humanisme chinois qui vise à faire régner l’ordre dans l’Etat en formant les hommes à la pratique de la vertu. Sous un autre angle, mais poussant à l’élévation de l’être humain, se dresse le taoïsme qui est cette religion populaire de la Chine (6) : pour Lao Tseu et Tchouang Tseu, il faut libérer l'être humain du monde dans lequel il vit pour le faire accéder au monde vrai du Tao c'est-à-dire l'existence par excellence avec laquelle il doit communier dans une expérience mythique. Cette croyance marque la civilisation de l’un des peuples les plus connus du monde. Naissant de ces religions, sous forme de sectes ou de façon sui-generis à partir des révélations que reçoivent les fondateurs, de nombreux courants religieux vont se développer, marquant profondément la vie quotidienne des hommes et des femmes à travers le monde entier. C’est dire que, dans le fond, il n’y a pas un seul individu qui ne soit d’une façon ou d’une autre touché par des croyances et des pratiques ayant pour objet ses rapports avec la divinité, le sacré, l’Etre Suprême . Les religions et les croyances sont ainsi partagées par tous les habitants de notre planète qui, dans leurs relations au cours des âges, vont être ces artisans premiers, soit de la paix, soit des tensions, des conflits, soit de l’amour, soit de la haine ; ces tensions, ces conflits, ces haines qui, se développant, ont abouti à des conflagrations comme les deux dernières guerres mondiales où hommes et femmes de toutes les religions et croyances ont été impliqués, ou encore comme c’était le cas au cours de la guerre localisée du Golfe née des relations entre deux pays musulmans et qui a revêtu une dimension mondiale de par les parties engagées et le rôle joué par l’Organisation des nations
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