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L'ère de l'économie des plantations en Côte d'Ivoire

De
132 pages
Depuis les années 60, "la prospérité de la Côte d'Ivoire repose sur l'agriculture"; nombreux sont ceux qui ne voient que le café et le cacao, alors qu'il y a eu des cultures comme le coton, l'ananas, la banane, la canne à sucre, l'hévéa, le palmier à huile, avec la politique de diversification des cultures des pouvoirs publics de l'époque. C'est pourquoi cette période a été qualifiée "d'ère de l'économie des plantations". Comment celle-ci s'est mise en place ? Et comment a-t-elle évolué ?
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Louis E. SettieL’ère de l’économie des plantations en Côte d’Ivoire
1900-1983
L’ère de l’économie
Depuis les années 60, « la prospérité de la Côte d’Ivoire repose sur
l’agriculture » ; mais nombreux sont ceux qui ne voient que le café et le
cacao. Certes, à un moment donné de son évolution, ce pays a bâti son des plantations en Côte d’Ivoire
économie en grande partie sur ces deux cultures. Toutefois elles n’ont
pas été les seules à fournir à la Côte d’Ivoire les ressources fnancières 1900-1983
nécessaires à son développement.
Il y a eu des cultures comme le coton, l’ananas, la banane (poyo),
la canne à sucre, l’hévéa, le palmier à huile, etc. C’est à partir de 1960
et particulièrement dès 1963, avec la politique de diversifcation des
cultures des pouvoirs publics de l’époque, que les plantations des
cultures de rente ont pris réellement de l’importance.
En 1983, la grande sècheresse qu’a connue le pays, n’a pas altéré les
ardeurs des Ivoiriens. Ces plantations ont été et restent encore l’une
des principales sources de revenus de l’Etat bien que les autres secteurs
aient accru leurs parts dans le PIB.
Ces périodes ont donc été caractérisées par l’économie de plantations.
Celle-ci a constitué la principale source de revenus pour de nombreux
Ivoiriens, soit directement soit comme sources de revenus annexe.
Les plantations ont apporté beaucoup à la Côte d’Ivoire depuis 1900
jusqu’en 1983 et même au-delà ; c’est pourquoi il est aisé de qualifer
cette période d’ « ère de l’économie de plantations ». Comment
celleci s’est mise en place ? Et comment a-t-elle évolué ? C’est ce que cet
ouvrage cherche à montrer.
Louis E. SETTIE, historien-économiste, Maître de
Conférences, est enseignant - chercheur à l’Université Félix
Houphouët-Boigny de Cocody. Il est également auteur de
plusieurs travaux sur l’histoire des faits économiques de la
Côte d’Ivoire.
Illustrations de couverture : Louis E. SETTIE.
ISBN : 978-2-343-04072-1
14 e
L’ère de l’économie des plantations en Côte d’Ivoire
Louis E. Settie
1900-1983




L'ère de l'économie des plantations
en Côte d'Ivoire
1900-1983

Louis E. SETTIE








L'ERE DE L'ECONOMIE DES PLANTATIONS
EN COTE D'IVOIRE
1900-1983















L’Harmattan



































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04072-1
EAN : 9782343040721
INTRODUCTION

La Côte d’Ivoire, indépendante depuis le 7 août 1960, a
connu un essor économique et un développement qui ont
surpris tout le monde ; même les experts les plus avertis.
Rien ne présageait cette évolution compte tenu de
l’héritage coloniale, de sa capacité et de ses potentialités
économiques, financières et humaines. Pourtant, entre
1960 et 1980, la croissance, dans ce pays, a été en
moyenne de 7%. Le progrès a été rapide ; de même que la
transformation de la société, du niveau de vie, de
l’éducation, de la formation, de l’habitat dans l’ensemble.
A partir de 1960-1970, puis de 1980 jusqu’en 1983, des
signes palpables et visuels de sa transformation sont
apparus dans tous les domaines et tous les secteurs. A
propos de la Côte d’Ivoire de cette époque, nombreux ont
été ceux qui parlaient « du miracle ivoirien »
Cette prouesse, économique et financière, a été réalisée
grâce à l’agriculture basée sur les produits d’exportation
en général et sur le café et le cacao en particulier dans le
cadre de ce que l’on a appelé « l’économie de
plantations ».
Comment cette économie de plantations, créée par les
entreprises européennes, les colons pour leurs besoins et
ceux de la métropole au début de la colonisation, s’est-elle
imposée à la Côte d’ivoire pour en être un des principaux
facteurs de croissance et de développement de ce pays ?
Afin de mieux comprendre le processus de l’économie
de plantations et voir comment elle a transformé et
caractérisé la Côte d’Ivoire, notre étude présentera d’abord
le passage de l’économie de subsistance à l’économie de
plantations : 1900-1923 ; puis la prédominance du café et
du cacao : 1923-1960 et en fin la période de la
diversification caractérisé par la prédominance du café et
du cacao : 1960-1983.
7
Chapitre I
L’ECONOMIE PREEXISTANTE
1900-1908

La Côte d’Ivoire précoloniale, comme la plupart des
territoires de cette époque, avait une économie de
subsistance basée sur la cueillette. Celle-ci allait subir une
mutation, au contact des Français dès les premières
années, lorsqu’ils ont introduit la culture de certaines
plantes arbustives. Auparavant, c’était les activités de
subsistance.

A. L’ECONOMIE DE SUBSISTANCE
Avant la colonisation, les populations du territoire
pratiquaient l’économie de subsistance qui leur permettait
de satisfaire l’essentiel de leurs besoins. Elle était
constituée d’un ensemble d’activités qu’elles menaient et
qui, malgré les diverses difficultés et les limites,
procuraient aux différentes communautés ce dont elles
avaient besoin. Quel était ce type d’activités ?

1. Les activités de l’économie de subsistance.
L’économie de subsistance, basée essentiellement sur
l’agriculture, les cueillettes et pratiquée par la population
préoccupée par sa survie, avait surtout pour finalité la
consommation, la satisfaction des besoins des familles et
des groupes. Cette économie, axée sur la production de
vivriers, était menée souvent à petite échelle par de petits
groupes. Elle a connu plusieurs appellations : « économie
traditionnelle », « économie domestique », « agriculture
d’autosubsistance », « agriculture d’autoconsommation »
avec ses techniques.

9
a)- Méthodes et techniques agricoles
Le travail de la terre exigeait la maitrise d’une certaine
technique .La technique agricole pratiquée dans la plupart
des régions de la Côte d’Ivoire a toujours été l’agriculture
itinérante sur brûlis et elle est encore utilisée de nos jours.
Le feu est mis à la parcelle après le défrichement et
l’abattage des arbres. Celui-ci permet d’effectuer les
premiers entretiens et contribue ainsi à réduire et le temps
et la force de travail du paysan.
Il en est de même en zone de savane sauf qu’ici le
travail semble être aisé. L’abattage des arbres est quasi –
inexistant, car il y a très peu d’arbres et de faible diamètre.

L’outillage utilisé dans ce type d’économie reste la
machette, la daba ou la houe et la hache. Ces outils sont
1fabriqués par des forgerons locaux . La hache est utilisée
pour l’abattage des arbres et la machette pour le sarclage.
Quant à la houe, elle intervient pour les buttes et
également pour le sarclage.
La zone de savane est réputée être le domaine des
cultures céréalières et de quelques tubercules. Quant à la
zone de forêt, c’est le domaine des tubercules avec
quelques céréales. Les condiments sont répandus dans
toutes les régions de la Côte d’Ivoire.

Dian Boni a fait une répartition de ces cultures en zones
forestières sur la base alimentaire des groupes ethniques
qui y vivent. Ainsi, il affirme : « …pour les ethnies vivant
au sud du Bandama dont la base alimentaire est le riz une
association était riz+maïs+condiment+taro+banane. Pour
celle situées à l’est du Bandama dont la civilisation est
l’igname et la banane, l’association était
igname+banane+maïs+condiments et taro en première

1
Dian Boni, l’économie de plantation en Côte d’Ivoire forestière,
p.96.
10
année et en deuxième année, il ne restait que banane et
2taro su la parcelle » . Dans cette classification, il faut
ajouter le manioc et l’igname qui sont présents dans toute
la zone forestière.

Toutes ces cultures sont semées dans la même parcelle
c’est-à-dire en association. Cette association est observée
dans toutes les régions du territoire. Au nord, nous avons
une association de maïs, mil, sorgho et riz. Tandis qu’au
3centre nous avons comme culture dominante l’igname .
Cependant, la présence de certaines cultures montre, à
l’exception du sorgho et du mil qui se développent mieux
en région sèche, et du taro et de la banane plantain en zone
humide, dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire, lors
que le milieu écologique n’est pas trop l’obstacle, c’est
plutôt les habitudes alimentaires qui causent cette
4répartition ; et le travail dans ces milieux nécessite une
certaine originalité
b)-L’organisation du travail
L’économie de subsistance dans sa réalisation requiert
une organisation du travail. Comme nous l’avions évoqué
plus haut, il y a des tâches qui sont réservées aux hommes
5et celles réservées aux femmes . Le travail devient ainsi
individuel quand même il reste l’affaire de la famille. Il y
a également le travail collectif qui est effectué par tous les
membres du lignage ou du village. Telle est brièvement
présentée, l’organisation du travail dans l’économie de
subsistance.

2 Dian Boni, Op.Cit, p.96.
3
Encyclopédie Générale de la Côte d’Ivoire, tome2 : l’Etat et
l’économie ; NEA Abidjan 1978 ; p.534.
4
Ibidem
5 Infra p.6.
11
2)- La portée et les limites de l’économie de
subsistance
L’économie de subsistance assure au paysan ou au
groupe une autosuffisance alimentaire. Mais elle ne lui
permet pas d’assurer tous les besoins de la collectivité ou
du groupe.
a)- La portée de l’économie de subsistance
L’objectif principal assigné à l’économie de
subsistance est de satisfaire les besoins surtout les besoins
alimentaires du groupe. Pour cela, les superficies cultivées
ne sont pas de grandes dimensions, elles correspondent
nettement à ce qu’il faut pour satisfaire ses besoins. Les
dimensions des parcelles traduisent également la force de
l’individu ou du groupe. Ainsi, l’on peut dire que ou le groupe ne fournit pas assez d’efforts pour
la réalisation de grandes plantations mais conserve une
partie de ceux-ci pour à d’autres occupations telles que la
pêche, la chasse, les cueillettes…
En plus de tout ceci, la faible densité de la population
favorise la création de petites parcelles de champ et
permet la disponibilité de grandes surfaces cultivables ;
car dans l’agriculture traditionnelle le paysan tire presque
tout de la nature. Et pour pouvoir préserver celle-ci, il a
recours au système de jachère qui consiste à laisser la
parcelle sans culture après une ou deux années
d’exploitation.
Celle-ci lui permet de fertiliser cette parcelle pour être
utilisée à nouveau au bout de six voir dix ans selon les
6cas ; ceci, du fait de non usage de fertilisants chimiques .
En outre, cette agriculture n’est pas à l’abri de toute
catastrophe naturelle ou humaine.



6 Dian Boni, Op.cit p.96.
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