Moins de CO2 pour pas trop cher

De
Publié par

La France peut devenir presque autonome en énergie et diviser par trois ses émissions de CO2. Pour cela, elle peut fonder sa transition énergétique sur deux ressources : les énergies renouvelables (biomasse, chaleur du sol et du soleil, hydraulique) et l'énergie nucléaire. Un impôt CO2 d'un type nouveau et un mode de financement original diminueront l'incertitude née de l'imprévisibilité du prix du pétrole et nous inciteront tous à faire des investissements utiles et peu onéreux.
Publié le : mardi 1 janvier 2013
Lecture(s) : 3
EAN13 : 9782296514959
Nombre de pages : 178
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Henri Prévot
Moins de CO2pour pas trop cher
Propositions pour une politique de l’énergie
Intelligence stratégique et géostratégique
Moins de CO2pour pas trop cher
Intelligence stratégique et géostratégie Collection dirigée par Viviane du Castel
La collection « Intelligence stratégique et géostratégie » vise à mieux comprendre les évolutions du monde découlant de la nouvelle donne géopolitique en construction. Le recours à l’intelligence stratégique et à la géostratégie sont des incontournables du décryptage du monde.
Les éditions L’Harmattan ont souhaité éclairer les lecteurs sur les changements géostratégiques en créant cette collection « Intelligence stratégique et géostratégie ». Celle-ci se donne pour objectif de présenter des analyses et des mises en relation d’événements internationaux, ainsi que des projections de la géographie et des composantes intrinsèques des Etats, face à un contexte spécifique, dans une perspective stratégique.
Thierry Jacques LAURENT,Camus et de Gaulle, 2012. Jacques DA-ROCHA,Gao, je t’aime, 2012. Paul OHANA,Mon Père au cœur du Judaïsme marocain, 2012. Henri PROCHOR,vers une paixIsraël-Palestine : historique. Le scénario d’une sortie de crise au Proche-Orient, 2012. Isabelle TISSERAND,La prise en charge du choc en situation de crise, 2012. Patrick de FONTBRESSIN,France-Dépassement, L’heure de la citoyenneté volontaire, 2011. Fabienne COSTADAU,La mer de Barents, Un nouvel enjeu géostratégique, 2011. Jean BIGOT,Où va le Kenya ? Un grand d’Afrique entre tensions et développement, 2011.
Henri PRÉVOT
Moins de CO2pour pas trop cher Propositions pour une politique de l’énergie
Du même auteur Avec le nucléaire – Un choix réfléchi et responsable(Seuil, 2012) Trop de pétrole ! – Energie fossile et réchauffement climatique(Seuil, 2007) La France, économie sécurité – Economie mondialisée, sécurité nationale, Union européenne(Hachette, 1994) L’économie de la forêt – Mieux exploiter un patrimoine(Edisud, 1993) . Un site Internet: www.hprevot.fr Ce site traite de l’énergie et de la lutte contre les émissions de CO2. On y trouve en particulier des feuilles de calcul permettant à tout utilisateur d’introduire ses propres hypothèses sur les quantités et les coûts de production, de consommation et d’économie d’énergie.
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99759-2 EAN8229 : 97 6997592
Introduction Le gouvernement a décidé d’engager un débat national sur l’énergie. Ce débat est bienvenu alors que le prix du pétrole est particulièrement haut et que la situation financière de la France est précaire. Prévu pour durer plusieurs mois, il fournira au gouvernement et aux députés la matière d’une loi d’orientation sur l’énergie.
Il y a cinq ans, les réunions du Grenelle de l’environnement ont eu le mérite de mettre autour des mêmes tables des personnes et des organisations qui, jusque-là, ne se comprenaient pas. L’objectif premier de ces réunions était de parvenir à des conclusions plus ou moins acceptées par tous sans prétendre parvenir à un ensemble de propositions cohérentes, tendues vers un but commun. Tout au contraire, pour éviter les « sujets qui fâchent », il avait été décidé de ne pas parler de production d’électricité nucléaire. En sont issus des orientations, des objectifs et parfois des réglementations par secteur, par type de production ou par mode de consommation dont on a souvent du mal à déceler les justifications – sinon qu’ils étaient portés par tel ou tel groupe d’intérêt.
Que faire alors de ces multiples objectifs partiels : pourcentage d’incorporation de biocarburant, capacité de production des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, pourcentage d’électricité renouvelable, pourcentage d’énergie renouvelable, diminution de la consommation d’énergie ?
Traditionnellement la politique de l’énergie a pour objet de faire en sorte que les consommateurs disposent d’une énergiesûreet bon marché. Un troisième objectif la guide désormais : l’énergie doit également être respectueuse de l’environnement. Il y a là, encore, beaucoup à faire pour réduire les émissions de gaz carbonique, le CO2.
Un autre objectif est très présent dans les discours, la loi et les règlements : faire des économiesd’énergie. Comment situer cet objectif à côté de la sécurité d’approvisionnement en énergie, de la réduction des émissions de CO2 et de la maîtrise des
7
dépenses ? Le sujet est sensible. Pour le traiter, appuyons-nous donc sur des faits. Il n’existepas de limite physique aux quantités d’énergie accessible: sans même évoquer l’énergie nucléaire, il suffit pour s’en convaincre de penser à l’énergie venant du vent, du sol et du soleil. En revanche, si l’on en croit les scientifiques, il existeune limite physique aux émissions de CO2 acceptablescar, au-delà d’un certain seuil, l’évolution du climat risque d’être catastrophique. C'est dire qu’il existe une limite physique à la consommation de pétrole, de gaz ou de charbon. Pour être sûr d’éviter un réchauffement aux conséquences néfastes, d’ici 2050 il faudrait que les émissions de CO2dues à l’activité humaine soient divisées par deux. Si l’humanité y parvient, elle ne manquera pas avant très longtemps de 1 ressources en pétrole, gaz et charbon . Pourtant, il se pourrait que nous nous trouvions un jour confrontés à de très sérieuses difficultés d’approvisionnement alors même que les ressources seront encore abondantes : ce n’est pas la pénurie d’énergie fossile qui nous menace mais l’obligation qui nous sera faite, d’une façon ou d’une autre, de ne plus en consommer. L’objectif de sécurité d’approvisionnement en énergie et celui de réduire les émissions françaises de CO2 sont donc deux objectifs qui se recouvrent parfaitement.
Les trois objectifs traditionnels d’une politique de l’énergie (sécurité, environnement et coût) peuvent donc se formuler ainsi :réduire au moindre coût la consommation d’énergie fossile,c’est-à-dire de gaz, de charbon et de produits pétroliers.
Que devient donc l’objectif de diminution de la consommation d’énergie ? Il n’est pas rare que, pour diminuer la consommation d’énergie fossile, le moyen le plus efficace passe par uneaugmentationla consommation d’énergie. de L’économie d’énergie doit donc être vue comme un moyen non pas comme le but recherché. Le constater ne veut pas dire que l’on est « contre » les économies d’énergie mais permet de se
1  Une analyse que j’ai présentée dansTrop de pétrole ! – Energie fossile et réchauffement climatique– Seuil, 2007. 8
rendre compte que prendre le moyen pour le but peut être la cause de dépenses inutiles se chiffrant en milliards d’euros par an.
Si la France décide (ou est contrainte) de limiter ses émissions de CO2, l’existence de cette limite donne à toute diminution des émissions de CO2valeur que l’on appelle « valeur du CO une 2évité » ou, pour simplifier, « valeur du CO2». Celle-ci n’a rien à voir avec le coût des dommages causés par les émissions de CO2; au contraire, elle dépend directement et fortement du prix du pétrole et des autres énergies fossiles. Elle ne peut donc pas guider la politique publique. Il existe un autre indicateur, indépendant du prix du pétrole, pour classer en fonction de leur coût les décisions qui permettent de diminuer les émissions de CO2. Cet indicateur permet de définir un critère pour distinguer ce qui est utile de ce qui est inutilement coûteux.
La limite des émissions françaises de CO2étant fixée, il faudra arbitrer entre consommation et économie d’énergie, et entre les différentes formes de production et de consommation d’énergie. Le résultat dépendra de la capacité nucléaire. Le coût des décisions à prendre pour respecter la limite d’émission de CO2(ou de consommation d’énergie fossile) en dépend aussi. Pour débattre de la politique de l’énergie, plusieurs hypothèses seront donc étudiées selon que la capacité nucléaire sera stabilisée, diminuée ou augmentée. Qui pourrait refuser en effet que soit étudiée une hypothèsed’augmentation de la capacité nucléaire ?
Si la capacité nucléaire augmentait, l’usage de l’électricité coûterait moins cher à l’industrie et aux ménages que si elle était stabilisée ou réduite ; il serait possible de produire davantage de biocarburant à partir de la même quantité de biomasse ; la consommation de carburant pétrolier pourrait être divisée par quatre sans diminuer la mobilité sur route ou en avion, etc. Avec moins de nucléaire, l’électricité étant beaucoup plus chère, il faudrait pousser beaucoup plus loin l’isolation thermique des bâtiments, n’utiliser l’électricité qu’avec des installations coûteuses et diminuer beaucoup la mobilité sur route ou en avion, ce qui supposerait un profond changement de
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.