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De la science ésotérique des druides aux sciences modernes

De
324 pages
Cet essai propose une synthèse et une analyse d'une ancienne spiritualité méconnue de l'histoire des religions : le druidisme. Les grands traits de la culture celtique sont d'abord présentés pour ensuite exposer les principales conceptions druidiques dont nous avons connaissance. L'auteur examine alors les croyances celtiques sous la lumière des sciences modernes afin de les réinterpréter selon des théories actuelles qui ont tendance à confirmer des idées issues de savoirs traditionnels.
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cu au îl des siècles, de l’Antiquité jusqu’à nos jours.
la première partie de cet essai. La deuxième partie est
diques sous la lumière des sciences modernes. Com ment appréhender aujourd’hui l’Autre Monde des
des théories scientiIques plus modernes.
©Motifs celtiques adaptés de pièces archéologiques (fourreau d’épée et oenochoé). Source : Brunaux J.-L. (2005),
ISBN : 978-2-8061-0285-0
9HSMIKG*bacifa+
Mathieu Halford
De la science ésotérique des druides aux sciences modernes
Regard contemporain sur la spiritualité des Celtes
De la science ésotérique des druides aux sciences modernes
D/2017/4910/9
©Academia – L’Harmattan s.a.Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
ISBN : 978-2-8061-0285-0
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
Mathieu Halford
De la science ésotérique des druides aux sciences modernes Regard contemporain sur la spiritualité des Celtes
« Ce qu’un être humain peut expérimenter de plus beau et de plus profond, c’est le sens du mystère. C’est le principe qui sous-tend la religion et toute entreprise artistique et scientiique sérieuse. Celui qui n’a pas expérimenté cela, s’il n’est pas mort, est au moins aveugle. Saisir que, derrière chaque expérience de la vie, il y a quelque chose qui échappe à notre entendement, dont la beauté et le sublime ne nous atteignent qu’indirectement, c’est ça la religiosité. Dans ce sens, je suis religieux. Pour moi, il sufit de s’émer-veiller devant ces secrets et de tenter, humblement, de saisir par l’esprit ne serait-ce qu’une image de la structure grandiose de tout ce qui est ».
Mon Credo, par Albert Einstein [1879-1955] Texte adressé en 1932 à la Ligue des Droits de l’Homme
Introduction
Introduction
L’étude de la philosophie des druides nous mène à un questionnement plus large : « Quel est le rôle des sagesses indigènes dans la construction du savoir ? ».
Question soulevée par Jean-Louis Brunaux1 Archéologue et chercheur au CNRS
En quoi les anciennes spiritualités sont-elles essentielles ?Peut-être parce qu’elles sont le socle de la plupart des identités culturelles et des connais-sances traditionnelles. Des philosophes grecs aux prêtres de l’Égypte antique, des moines bouddhistes aux brahmanes de l’Inde védique, des guérisseurs de l’Amazonie aux chamanes de Sibérie, les sages des anciennes traditions sont dépositaires d’un savoir et d’une éthique sur lesquels se sont construites les diverses cultures humaines. Mais peut-être aussi les spiritualités sont-elles essentielles parce qu’elles abordent des énigmes existentielles qui ont depuis toujours fasciné les hommes.Homo sapiens, l’homme « sage », est avant tout un être conscient et pensant qui, de tout temps, se pose des questions mé-taphysiques. Quel est le sens de la vie ? Quelle est la nature véritable des êtres et des choses ? Est-elle matérielle ou spirituelle ? Y a-t-il une vie après la mort ? Quelle est l’origine de l’univers ? Depuis que l’homme est à même de raisonner, il s’interroge sur lui-même et le monde qui se manifeste à lui. Ces réexions sont des idées innées, ancrées au plus profond de notre intellect. Elles n’ont pas d’âge et resurgissent à travers les millénaires. Les diverses cos-mologies et théogonies, « comme tant d’autres idées et croyances religieuses représentent, partout dans le monde ancien, un héritage transmis depuis la préhistoire », explique ce grand historien des religions que fut Mircea Eliade (1976). Toutes les philosophies et toutes les spiritualités du monde sont, au gré des peuples et des croyances, autant de voies empruntées par l’humanité pour tenter de répondre à ces interrogations. C’est ainsi qu’Homo sapiensest devenuHomo religiosus, selon l’appellation consacrée, c’est-à-dire un homme religieux ayant le sentiment que son existence est connectée à un principe supérieur, à « quelque chose » de plus grand, de plus profond, de plus sacré, qui relie tous les êtres et toutes les choses à un ensemble sans nom. Pour qui s’intéresse à ses propres racines, ces savoirs traditionnels sont un patrimoine d’une valeur inestimable, un héritage qui peut nous éclairer sur ces questions existentielles qui se posent toujours et encore… En Europe, la culture celtique s’est pleinement développée au cours du premier millénaire avant notre ère. Elle appartient à ces anciennes traditions
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Brunaux (2006),Les druides, des philosophes chez les barbares, Éditions Seuil, Paris, 381 p.
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indigènes ayant développé un courant de pensée élaboré, enseigné jadis par les druides. Elle présente la particularité de constituer, après l’âge de pierre caractéristique de la période néolithique, l’un de nos plus anciens héritages connus, avant que les inuences romaines, chrétiennes puis germaniques ne marquent profondément l’histoire et les mœurs de notre société occidentale. En quelque sorte, la civilisation celtique est à l’Europe centro-occidentale ce que la civilisation maya (ou olmèque, si l’on veut remonter plus loin dans les cultures précolombiennes) est à l’Amérique centrale, avant que cette der-nière ne soit colonisée et christianisée. Les croyances celtiques nous font ainsi découvrir les bases d’une philosophie archaïque (dans le sens ancestral du terme), préchrétienne, native de l’Ancien Monde, riche de tout un corpus de connaissances portant sur diverses thématiques telles que les sciences de la nature, l’astronomie, la divination, la médecine, la magie, l’éthique et bien d’autres encore. La classe des druides était dépositaire de ce savoir. À la fois sages, prêtres, philosophes, voyants, instructeurs, médecins, ces personnages aux multiples facettes transmettaient l’enseignement spirituel des Celtes.
Nous avons failli perdre entièrement ce patrimoine car, issu d’une tra-dition essentiellement orale, aucun ouvrage, aucune archive n’a jamais été rédigée par un authentique Celte à l’apogée de sa civilisation. Aucune doc-trine druidique n’a directement été transmise de bouche de druide à oreille de druide depuis l’âge du fer jusqu’à nos jours. Mais fort heureusement, cer-tains éléments ont pu être sauvegardés, grâce aux différentes sources que constituent les descriptions des auteurs gréco-latins contemporains des Celtes, l’analyse des textes mythologiques des Celtes insulaires retranscrits par les moines copistes et, bien sûr, les apports des philologues, archéologues et historiens des religions compilés dans d’innombrables ouvrages dévelop-e e pés principalement entre les XIX et XXI siècles. Par ailleurs, la tradition a bénécié d’une relative et fragile continuité (entrecoupée de périodes plus obscures où elle semble avoir sombré dans l’oubli) de sorte que l’héritage a pu être en partie reconstitué. Si bien qu’aujourd’hui, l’état de l’art sur les Celtes et leur « religion « (s’il nous est permis d’utiliser ce terme) comportent une vaste littérature. Les connaissances actuelles ont même permis de dresser les principaux traits de leurs croyances. On ne compte plus aujourd’hui les références bibliographiques traitant des druides ou des croyances celtiques. Malheureusement il faut bien reconnaître que la qualité et la pertinence de ces ouvrages sont tout aussi variables.
Ces croyances, quelles sont-elles ? Quelles formes de spiritualité et de philosophie avaient développé les Celtes ? Pour le savoir, il est nécessaire de rassembler les quelques concepts dont nous disposons et, lorsque les don-nées sont manquantes, de comparer, avec toute la circonspection que cela exige, avec d’autres courants de pensée dont la similitude avec la tradition celtique est attestée. Il nous a également semblé intéressant – c’est l’apport original de notre travail – d’analyser ces concepts et ces croyances sous la lu-
Introduction
mière des sciences modernes, an de tirer un trait d’union entre le passé et le présent, entre une pensée traditionnelle et les connaissances actuelles. Cette approche cherche à comprendre, selon des critères plus rationnels propres à notre époque, la signication de certaines théories théologiques, spirites ou animistes des anciennes traditions. Elle nous montre que les conceptions des temps passés ne correspondent pas toujours au tissu de superstitions naïves que nos esprits cartésiens se plaisent à critiquer, mais qu’elles se fondent sou-vent sur des bases raisonnées qui reètent une facette méconnue, mais néan-moins objective du réel. Nous pouvons même afrmer, à propos des grandes questions évoquées plus haut, que la science actuelle a tendance à redécouvrir ce que les anciens soupçonnaient déjà.
Ce serait certainement une erreur de sous-estimer ou de rejeter aveuglé-ment les savoirs traditionnels (dont la spiritualité fait partie) car, à y réé-chir, la science et la religion ont un objectif commun : donner à l’homme un peu plus de sens à la vie. Tandis que la science se pose la question du« comment », la religion s’interroge davantage sur le « pourquoi ». Plus récem-ment, un astrophysicien de renom disait : «La science et la spiritualité sont deux fenêtres complémentaires qui permettent à l’homme d’appréhender le 2 réel»(Thuan, in Staune, 2007) . Nous partageons cette ouverture d’esprit, considérant que ces deux grands domaines du savoir sont, au fond, compa-tibles, partant du principe que la plupart des questions spirituelles peuvent être appréhendées avec la raison, même si elles relèvent de phénomènes énig-matiques dont nous n’avons pas toujours la clé et qui, en tout état de cause, dépassent notre condition humaine et matérielle. Cette approche de la spiri-tualité par le raisonnement est même une caractéristique de la philosophie eu-ropéenne, comme le fait remarquer le philosophe et logicien Bertrand Russel [1872-1970] dans sonHistoire de la philosophie occidentale:
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« La combinaison des mathématiques et de la théologie, qui a commencé avec Pythagore [et les druides ajoutons-nous], caractérise la philosophie re-ligieuse en Grèce, au Moyen Âge, et à notre époque jusqu’à Kant. Chez Platon, Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin, Descartes, Spinoza et Leibniz, il existe une union intime de la religion et du raisonnement, de l’aspiration morale et de l’admiration logique de ce qui est éternel, qui provient de Pythagore et distingue la théologie européenne de la spiritualité orientale » (Russel, in 3 Capra, 1985).
Trinh Xuan Thuan est astrophysicien et professeur à l’Université d’état de Virginie (États-Unis). En effet la philosophie orientale adopte une approche de la spiritualité qui sort du cadre de la logique pure et du raisonnement. La philosophie orientale est davantage axée sur la méditation, l’introspection subjective et la contemplation. Selon cette approche, le recours à la raison a des limites en matière de spiritualité, car la raison et la réexion intellectuelle ont tendance à négliger la compréhension intuitive des choses qui peut parfois surgir par une sorte de révélation intérieure, bien connue des mystiques orientaux. Les sages d’Orient considèrent que la connaissance véritable des choses, la « connaissance absolue », est au contraire une approche entièrement non intellectuelle de la réalité, une expérience surgissant dans un état de conscience non ordinaire qui peut être appelé état méditatif ou mystique (Capra, 1985). Nous soulignons ici les limites
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