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Ecologie et évolution du monde vivant (Volume 3)

De
750 pages
Comment résoudre les problèmes écologiques mondiaux ? Quels changements de nos mentalités et quelles innovations techniques seront nécessaires ? Ce volume retrace l'arrivée discrète de l'Homme dans la biosphère, amorcée depuis deux millions d'années, et son emprise écologique du Paléolithique à nos jours. Il se termine par l'analyse des problèmes écologiques actuels, qui sont surtout le fruit de notre société de surconsommation.
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ÉCOLOGIE ET ÉVOLUTION
DU MONDE VIVANT
Volume 3




















Biologie, Ecologie, Agronomie
Collection dirigée par Richard Moreau
professeur honoraire à l’Université de Paris XII,
et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille

Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des
connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études
approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions
nouvelles ou cruciales pour l’avenir des milieux naturels et de l’homme, et des
monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de
la Vie.


Déjà parus


Michel GODRON, Écologie et évolution du monde vivant, vol.2. L’échelle crée
le phénomène, 2012.
Michel GODRON, Écologie et évolution du monde vivant, vol.1. La vie est une
transmission d’information, 2012.
Marcel B. BOUCHÉ, Pour un renouveau dans l'environnement, 2012.
Dominique MARIAU, L’univers fascinant des insectes. Nos amis, nos ennemis,
2012.
Gérard BERTOLINI, Montre-moi tes déchets… 2011.
Alain GIRET, Histoire de la biodiversité, 2011.
Michel STEVENS, Revenons sur Terre, Comment échapper à l’enlisement des
négociations sur le changement climatique, 2011.
Bernard BOURGET, Les Défis de l’Europe verte, 2011.
André MARCHAND, De l’agriculture d’antan à celle d’aujourd’hui. Les
changements engendrés par les lois Pisani, 2011. CHAND, Filière viande. Propositions pour conjuguer une
agriculture rentable et une nourriture saine, 2011.
Guy JACQUES, Virer de bord. Plaidoyer pour l'homme et la planète, 2011.
Maurice BONNEAU, La forêt de Guyane française, 2010.
Michel GAUDICHON, L'homme au miroir de la science, 2010.
Jacques RISSE, L’élevage français. Évolutions et perspectives, 2010.
Louis TSAGUE ; La Pollution due au transport urbain et aéroportuaire.
Caractéristiques et méthodes de réduction, 2009.
e Marie-Françoise MAREIN, L’agriculture dans la Grèce du IV siècle avant J.C,
2009.

Michel Godron








ÉCOLOGIE ET ÉVOLUTION
DU MONDE VIVANT
Volume 3

Les problèmes écologiques actuels






























































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55872-4
EAN : 9782296558724

L'écologie étudie les interactions entre les communautés d'êtres vivants
et leur environnement. Ces communautés comprennent les microorganismes,
les plantes, les animaux et l'humanité. L'ensemble des relations à étudier est
donc extrêmement complexe et le fil d’Ariane qui sous-tend le plan du
présent ouvrage est que l'ensemble des phénomènes écologiques est une
chaîne de transformations de l'énergie donnée par le Soleil et absorbée par
les plantes, en étant couplée à des transmissions d'information. Cette chaîne
de transformations s'est amorcée dès l'origine de la vie, et elle aboutit au
XXIe siècle à une situation écologique critique mais non désespérée.
Les deux premiers chapitres ont répondu à deux questions "
??? ??? ?" et "Comment l’ ??? ??? a-t-elle produit la biodiversité
actuelle ?". Ensuite, le troisième et le quatrième chapitre ont examiné le
de la – qui est la porte d'entrée de l'énergie
présente dans l'ensemble des êtres vivants – en relation avec l'atmosphère et
avec les sols.
Le chapitre 5 a montré comment la végétation s'est structurée à la
surface du globe sur toute la gamme des depuis celle
des continents et des zones écologiques jusqu'à celle de la station et des
éléments de paysage.
Le chapitre 6 survola le rôle des dans la biosphère.
Les chapitres 7 et 8 (le présent volume) regarderont l'entrée de
dans la biosphère et dans le jeu des équilibres écologiques
pendant le dernier million d'années. Ils finiront par l'examen de la ?????
et montreront comment il semble possible d'en sortir "par le haut".

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?=????
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? = ??? ?Les personnes qui m'ont aidé sont nombreuses et je tiens à remercier
particulièrement Louis Amandier, Jacques Barel, Sabine Billet, Anne-Marie
Breuil, Anna Caiozzo, Philippe Daget, Anne-Marie Duffour de la Vernède,
Catherine Godron, François Godron, Jacques Godron, Guillaume Godron,
Marine Godron, Paul Godron, Pierre-Henri Gouyon, Philippe Langlois, Joël
Mathez, Jean-Marie Roucher, Frédérique Saint-Georges, Alain Verneau.
Les compétences ainsi rassemblées sont nombreuses et diverses :
Ingénieur civil des Eaux et Forêts, 2 Doctorats ès sciences, Licence de
philosophie, 2 Agrégés de sciences naturelles, 2 Docteurs en médecine,
Diplôme d'infirmière, Institut d'études politiques de Paris, ENA, ESCParis,
2 ESSEC, École supérieure de commerce de Montpellier, DESS Institut
d'études politiques de Paris, Expert comptable, École supérieure de
commerce Tours, 2 Ingénieurs agronomes, Ingénieur des mines, Master en
droit de l'urbanisme, Master en économie de Dauphine.
6
1


1
Ecce homo
? & 19,6
Chaque jour, les actions de l'humanité se combinent avec le
fonctionnement des autres êtres vivants dans un équilibre écologique et
économique qui est devenu extrêmement fragile au début de notre XXIe
siècle.
Pour sortir par le haut de cette crise de croissance, il est nécessaire de
remonter jusqu'à son origine et de parcourir les étapes de l'action de
l'Homme sur la biosphère :

- l'Homme a fait son entrée dans le monde avec autant de discrétion
que les premiers Mammifères ; il s'est ensuite inséré très
progressivement dans la biosphère en prenant une certaine
autonomie vis-à-vis des contraintes de son environnement (§ 71*) ;
- l'Homme s'est ensuite progressivement différencié des animaux et il
a commencé à bouleverser l'environnement au Paléolithique, dès
– 400.000, beaucoup plus tôt qu'on ne l'imagine habituellement
(§ 72*) ;
- vers – 6.000, la révolution néolithique a été une innovation qui
a permis une augmentation considérable de la population humaine
(§ 73*) ; l’Homme est alors devenu le facteur dominant de
l’évolution de la biosphère, par les défrichements et par la
multiplication des plantes cultivées et des animaux domestiques ;
- la civilisation industrielle a prélevé des quantités croissantes de
charbon, de pétrole, de minerais et d'eau (§ 74* à 76*) ; elle est
actuellement entrée dans une crise dont nous ne sortirons qu'en
innovant aussi intelligemment que nos ancêtres néolithiques
(voir le chapitre 8*).


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+RP H DY D PDMXVFXO H UpJ HPH LUHQW XDQG LO JLW
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DJLWGXGpYHORS PH GXUDEOH
7
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DGFHOOQPVPLpWGWHHjHHIsWOqs1HD


111]1 L'arbre généalogique de l'Homme n'est pas suffisamment clair (malgré
la grande richesse des découvertes récentes, ou peut-être, au contraire, en
raison même de cette richesse) pour que les liens entre l'hominisation et les
conditions de vie puissent être connus en toute sécurité. C’est pourquoi nous
commencerons par rappeler les faits établis, en laissant le problème de
l'hominisation pour le paragraphe 72*.
La nomenclature adoptée par les anthropologues pour la classification
des lignées qui encadrent celle de l'Homme est fluctuante et le schéma
suivant est provisoire :
Ordre des Primates
Super-famille : Hominoïdes ou Anthropoïdes
Famille : Hylobatidés (Gibbon, etc.)
Famille : Pongidés (Orang-outang, etc.) dont la sous-
famille des Paninés comprend les
Chimpanzés et les Gorilles)
Famille : Hominidés qui comprend la sous-famille des
Homininés ou Hominiens (= Australopithèques
et Hommes)
Les premiers Hominoïdes ont précédé l'arrivée de l'Homme et ils
comprennent en particulier :
- les Pliopithèques, dont un exemplaire a été trouvé en France,
à Sansan, dans le Gers, et un autre à Contres (Loir-et-Cher) ; ce
sont les ancêtres présumés des Hylobatidés qui réunissent les
Gibbons, qui sont déjà bipèdes, et les Siamangs d’Asie ,
- les Dryopithèques, qui descendent peut-être du Proconsul, que
L. de Bonis (1999) estime être un des ancêtres des Hominoïdes : il
le voit vivre en quadrupède arboricole peu spécialisé, mangeant
des feuilles des arbres de forêts tropicales, vers – 19 Ma.
Pour tout le paragraphe 71*, les notions, les datations et les attributions
ont fortement évolué depuis quelques dizaines d’années. Pour limiter les
imprécisions, nous avons choisi de faire référence prioritairement aux
auteurs qui proposent des correspondances avec les travaux antérieurs, mais
le résultat est encore insatisfaisant et des révisions régulières restent
nécessaires.

8

11111W113]111 ]WW 111 D1
W111??1????????1???????1]WW? .11\V1? ???????1????? ??
Les Hominoïdes appartiennent à l'ordre des ?? ?? , qui comprend
aussi les Lémuriens, les Tarsiens et les Simiens et, bien entendu les Singes et
l'Homme. Les premiers Primates (qui font partie du groupe des Mammifères
dotés d'une main capable de serrer une branche ou de cueillir un fruit,
comme l'Écureuil) sont apparus au début du Tertiaire, vers – 60 Ma (millions
d'années). Ils ressemblaient à des Musaraignes capables de se dresser sur
leur postérieur et aux premiers Lémuriens (qui se sont ensuite très largement
diversifiés) ; ils possédaient 5 doigts et 36 dents. Altiatlasius, découvert dans
des sédiments du Maroc serait l’un des plus anciens. Carpolestes simpsoni,
qui vivait dans les forêts du Wyoming il y a 56 Ma, est un Plésiadapiforme
qui possède une main préhensile.
Entre – 65 Ma et – 40 Ma, la "nappe" des ?? ??? s'est étendue
de l'Europe à l'Amérique du Sud, à une époque où l'Europe et l'Amérique
étaient encore jointes. Elle a donné naissance aux ???? (singes
d’Amérique dotés d’une queue préhensile) et aux ?????? ? (à queue
non préhensile ou sans queue, en Europe et en Asie, puis en Afrique).
A l’Éocène, entre – 55 Ma et – 35 Ma, des Prosimiens (Adapidés,
Lémuriens, Omomyidés, Tarsiers) vivaient en Chine du Sud, en Birmanie et
en Thaïlande, sur les bords de la Téthys. (1822) a découvert dans
le gypse de Montmartre (– 50 Ma) un Adapis parisiensis, singe arboricole
à longue queue qui a été ensuite classé dans les Prosimiens.
En 1992, le petit Primate fossile Algeripithecus a été découvert dans le
Sahara algérien. Vieux de 50 millions d’années, pesant à peine 75 g et connu
des paléontologues grâce à des restes de deux molaires, ce Primate a été
considéré pendant quelque temps comme le plus ancien Anthropoïde du
continent africain. Azibius , un autre Primate africain, est connu depuis plus
longtemps.
Sur le site de Glib Zegdou au nord-ouest de l’Algérie, une équipe
française de Montpellier et des chercheurs algériens ont exhumé du matériel
crânien et dentaire d’Algeripithecus et d'Azibius. Ils ont trouvé par exemple
des mandibules presque complètes. Ces restes possèdent un certain nombre
de caractéristiques typiques du groupe des Lémuriformes, notamment une
adaptation à la vie nocturne et la présence suggérée d’un "peigne dentaire"
à l’avant de la mâchoire inférieure. Les Lémuriformes constituent un groupe
de Primates, représenté aujourd’hui par les Lémuriens de Madagascar, les
Galagos d’Afrique centrale et les Loris d’Asie du Sud. Les paléontologues
ont conclu qu’Algeripithecus appartenait non pas à la famille des
9
???????????????
?1??

?
?1
11 11 11Anthropoïdes mais qu’il était très probablement l’un des plus anciens
représentants en Afrique des Lémuriformes, tout comme son proche parent
Azibius.
Ces recherches paléontologiques dévoilent une diversité insoupçonnée
et une très grande ancienneté des premiers Lémuriformes en Afrique
M ? (1984) ont étudié la main d'un Adapis de
l’Éocène supérieur du Quercy (vers – 40 Ma) ; ce Prosimien, qui pesait
environ 2 kg, vivait dans les arbres ; il marchait – et même courait –
à quatre pattes, sur les branches. Ce mode de déplacement semble avoir été
assez répandu dans plusieurs groupes originels.
L’un des Prosimiens le mieux connu est le Purgatorius (– 35 Ma, in
, 1999) découvert à Purgatory Hill dans le Montana.
X111??1????????1?????1]WW?
Ils ont pris part à l'évolution de la biosphère entre – 40 Ma et – 7 Ma.
et ont trouvé au cours de fouilles
réalisées de 2006 à 2009 dans le désert libyen de Dur At-Talah, 22 dents
minuscules de petits Anthropoïdes africains, vieilles de plus de 38 millions
d'années. Leur poids était vraisemblablement compris entre 150 grammes et
470 grammes, et ils ressemblaient à des Ouistitis, avec des mains préhensiles
et une longue queue qui les aidait à se déplacer d'arbre en arbre. La
comparaison avec des fossiles de Thaïlande et de Birmanie vieux de
55 millions d'années fait penser que leurs ancêtres seraient trois groupes de
Primates très probablement venus d'Asie vers – 45 Ma en même temps que
des Rongeurs.
Ces fossiles renforcent l’hypothèse de l’origine asiatique des
Anthropoïdes. Ils seraient sans doute les ancêtres de Toumaï, le plus vieil
Hominidé connu (– 7 millions d'années, un mètre de haut et 35 kg) trouvé au
Tchad par le premier de ces auteurs. Ces paléontologues reconnaissent que
l'environnement a joué un rôle considérable dans l'évolution de cette lignée :
"On est là au début de l'histoire qui, à force de diversification, d'adaptation,
de spécialisation dans des milieux particuliers, conduit à Toumaï et aux
grands Singes comme les Babouins."
En Égypte, plus d’une dizaine de Primates anthropoïdes fossiles datant
de 38 à 30 millions d’années ont été trouvés.
Un petit Singe de l'Éocène (– 35 Ma) a été découvert en Birmanie, en
2009, par et nommé Ganlea megacanina. Sa grande
canine et son aptitude à casser les noix, révélée par le type d'usure de ses
dents, font penser qu'il serait l'un des premiers Hominoïdes, déjà différent
des Lémuriens et des Loris regroupés dans les Stresirrhiniens.
10
??



?A l'Oligocène (entre – 35 Ma et – 25 Ma), des fossiles de Proto-
Catarrhiniens dotés de 32 dents (Singes de l'Ancien monde) proches des
ancêtres des Singes actuels et de l'Homme (Propliopithèques) ont été
trouvés, en particulier au Pakistan, dans le sultanat d’Oman, au Fayoum
(Égypte). Le plus ancien Singe connu est peut-être Oligophrénies (ou
Aegyptopithecus ?) qui apparaît dans l'Oligocène inférieur du Fayoum
(Égypte), à partir de – 33 Ma., avec Apidium et d’autres Parapithèques. L'une
des innovations de cette époque est que les yeux se rapprochent du nez, en
permettant d'évaluer les distances en vision "stéréoscopique".
Au Miocène supérieur, vers – 25 millions d'années, il existait en
Afrique, en Asie et sans doute en Europe, des Singes Catarrhiniens
nettement différents des singes d'Amérique, les Platyrrhiniens. Ils
comprenaient le groupe des Cercopithèques, ancêtres des petits Singes tels
que le Macaque et le Babouin.
Au début du Miocène moyen (– 19 Ma) au Kenya, vivait le Proconsul,
singe sans queue, qui a disparu vers – 14 Ma et qui serait sans doute
apparenté aux ancêtres directs de l'Homme.
Le premier fossile qui ait suffisamment de points communs avec
l'Homme pour être classé sans hésitation dans la super-famille des
Hominoïdes est un ancêtre des Gibbons, et il serait aussi l'un de nos oncles.
Le Gibbon est apparu en Asie vers – 18 Ma ; c'est un monogame fidèle,
ce qui ne l'a pas empêché de donner douze espèces, qui possèdent une large
gamme de cris. L'Orang-outang serait plus récent (– 14 Ma).
De nombreux autres fossiles simiens ont été trouvés en Europe et en
Asie occidentale, dans un grand polygone dont les sommets sont l'Espagne,
la Grèce, la Turquie, la Hongrie, l'Inde et le Pakistan. Ils pesaient 20-25 kg,
et ils ont été nommés localement Sivapithèque (– 14 Ma), Bodvapithèque,
Ankarapithèque, Gigantopithèque (qui vivait en Chine jusqu'à – 500.000
ans), Lufengpithèque (– 15 Ma), Rangwapithèque, etc. Ce groupe de singes
s'était déjà différencié de l'Orang-outang (et du Gibbon ?), mais la plupart de
ces lignées se sont éteintes il y a 10 à 12 millions d'années, peut être en
raison d'un changement climatique.
Les Ramapithèques vivaient en Asie, sans doute en terrain découvert ;
ils ont longtemps été connus seulement par des fragments de mandibules et
des dents, qui leur permettaient de broyer leur nourriture, et d'être ainsi plus
omnivores que leurs prédécesseurs ; certaines de ces dents apparaissaient
assez tard, ce qui laisse penser que les petits restaient plus longtemps avec
leur mère.
Pour toutes ces raisons, il était plus glorieux de les placer à l'origine de
l'Homme qu'à celle des Singes. Mais des découvertes récentes d'os des pattes
11 conduisent à penser que les caractères "humains" des premiers fossiles de
Ramapithèques seraient dus au fait qu’il s’agissait de femelles au squelette
plus fin que celui des mâles. Finalement, on considère maintenant que les
Ramapithèques ne diffèrent guère des Sivapithèques. Les dents d'un fossile
de Ramapithèque ont permis de tester les réactions antigéniques de
Mammifères actuels à des protéines du fossile, qui s'est ainsi révélé proche
de l'Orang-outang.
Les Oréopithèques ont été trouvés en Italie, en Bessarabie et au Kenya
(–15 Ma à –10 Ma). Oreopithecus bambolii, fossilisé dans des lignites de
Toscane (– 9 Ma) mesurait entre 1,10 m et 1,20 m, et pesait 40 kg, avec une
3
capacité crânienne de 400 cm. Il est aussi difficile à classer que le
Kenyapithèque, qui pourrait être vieux de 15 Ma.
Ouranopithecus macedoniensis a été trouvé récemment près de
Thessalonique, dans le Miocène supérieur (environ –13 millions d'années
pour ? , 1999). Le paysage était alors une savane plus ou moins
boisée, peuplée de Chevaux à trois doigts (Hipparion), de Girafes et
d'Antilopes. Il est proche des ancêtres des Australopithèques, des Gorilles et
des Chimpanzés.
Pierolapithecus catalaunicus, vieux de 12 ou 13 millions d’années
a laissé en Catalogne 83 ossements qui présentent des caractères "primitifs"
mais aussi des caractères "modernes" comme l’implantation dorsale des
omoplates et un poignet bien articulé. Il pesait environ 35 kg, vivait dans un
climat tropical et consommait essentiellement des fruits.
Les Dryopithèques étaient nombreux en Asie depuis – 13 Ma, et
certains d’entre eux vivaient dans les arbres en Europe. Ils ont peut-être
utilisé des pierres (ou des massues ?) pour chasser ( , 1983). Ils
auraient migré en Afrique vers – 10 Ma. Malheureusement pour eux, ils sont
plus proches des Orang-outangs que des Chimpanzés et ils ont été négligés
par la plupart des paléontologues qui se polarisaient sur l'Afrique.
Il est généralement admis que toutes ces espèces étaient arboricoles
et consommaient des feuilles et des fruits des arbres. La blague estudiantine
selon laquelle « l’Homme descend du Singe et le Singe descend de l’arbre »
n’est donc pas totalement dénuée de vérité.
]WW?Y111?1?????1???
L'un des premiers fossiles africains apparenté à l'Homme est peut-être
Kamoyapithecus (Lothidok, au Kenya, – 25 Ma).
12
???
???1????1???1
?????1
? et affirment que l'ancêtre
de l'Homme vivait en Asie entre – 20 millions d'années et – 10 millions
d'années et qu'il est allé conquérir l'Afrique vers – 10 millions d'années. On
connaît mal ce qui s'est passé en Asie pendant les 6 ou 7 millions d'années
qui ont suivi et c'est seulement vers – 2,5 Ma que l'on est certain qu'Homo
habilis (§ 713*) était présent en Asie du Sud et en Europe du Sud.
]WW?YW111 1??????1? ?1.1 ^1???????? 1??????? 1
La principale différence entre les Singes et les Australopithèques est
que ces derniers sont progressivement devenus bipèdes.
(1999 et nombreuses autres publications) pense que, vers –
8 Ma, les montagnes du Rwanda et du Burundi s'élevèrent et devinrent une
barrière pour les nuages venant de l'ouest ; les vallées devinrent plus sèches,
par effet de fœhn (§ 14*) et la forêt s'y transforma en savane (pour ?
, 1999, ces phénomènes se sont amorcés dès – 12 Ma). Pour se
déplacer dans la savane, certains Singes (Afropithecus et Kenyapithecus,
pour ? ) commencèrent à marcher sur deux pieds.
? a longtemps pensé que cette crise climatique a provoqué la
séparation des Singes (Paninés) et de la lignée des Australopithèques
(Homininés ou Hominiens, sous-famille appartenant aux Hominidés et aux
Hominoïdes). Il fait remarquer que, à partir de – 8 Ma, on ne trouve plus de
fossiles de Singes dans la partie orientale, alors que 2.000 restes
d’Australopithèques y ont été découverts. Mais reconnaît
honnêtement que la découverte de Sahelanthropus tchadensis et celle
d'Orrorin tugenensis, des Hominidés qui existaient déjà avant la crise
climatique, affaiblit singulièrement son hypothèse.
En juillet 2001, a dirigé une équipe franco-tchadienne
(Nature, 418, 11 07 02) où ? et ont
trouvé, dans des sédiments datés de – 7,04 millions d’années (datation
confirmée à l'aide du béryllium 1, = Miocène supérieur), un crâne auquel
a été donné le nom de Sahelanthropus tchadensis (ou , qui signifie
"espoir de vie" dans le dialecte local, espoir lointain puisque 200.000
générations nous séparent de lui). Certains paléontologues pensent que ce
crâne assez petit appartiendrait à une femelle ce qui lui confère des caractère
"humains" et plaira aux féministes (le squelette des femelles de Gorille est
plus fin que celui des mâles, et il ressemble plus à celui de l’Homme).
Toumaï pesait environ 45 kilos et mesurait environ 1,25 m. Le paysage
ressemblait à celui du delta actuel de l'Okavango, dans le Kalahari central

&XUUHQ %LR

13
RI(YROXW5QsFD5sPLDQGO\IUL3ULJDWHWQRLRXWR$
?????


?

?
]eed du Botswana : rivières et lacs plus ou moins temporaires, marécages,
savanes, îlots forestiers.
Des ossements d’Éléphants, de Girafes, de Sangliers et d’animaux
aquatiques ou amphibies (Libycosaurus, lointain cousin de l'Hippopotame)
ont été trouvés sur le même site, qui était donc alors une savane boisée,
succédant peut-être à une forêt dense (à cette époque, l’Afrique s’assèche
pendant qu’une première calotte glaciaire s’installe sur la zone polaire). La
bipédie devenait alors un avantage sélectif, mais la savanisation de la
végétation n’est pas une cause suffisante pour expliquer la bipédie, puisque
les Babouins actuels restent quadrumanes alors qu’ils vivent bien en savane.
Ce crâne possède un trou occipital placé vers l’avant, qui fait présumer que
son possesseur était bipède ; une tendance au développement du cerveau
frontal y est perceptible, alors que le cerveau des Singes se développe plutôt
vers l’arrière. en déduit un arbre généalogique où les
branches se détachent dans l'ordre suivant : Chimpanzé (– 8 Ma), Toumaï et
Orrorin (– 7 Ma), Australopithèques (– 5 Ma).
En 2000, et avaient découvert, à
Tugen (Kenya), des mâchoires, des dents, trois fémurs et une phalange
appartenant à 6 individus qui présentent des caractères pré-humains nets
(bipédie ajoutée à une vie arboricole, dents petites avec une forte couverture
d’émail qui permet de penser qu’il était omnivore). Leur hauteur atteindrait
1,40 mètre. Ils vivaient dans une savane un peu boisée et ils ont été nommés
Millenium ancestor puis Orrorin tugenensis. Les laves basaltiques
englobantes sont datées de – 6 millions d’années, date qui n’est pas
incompatible avec une séparation du rameau des ancêtres de l’Homme et de
ceux des Australopithèques qui serait voisine de – 10 Ma. Elle propose un
arbre généalogique où les lignées simiennes et les lignées où l'Homme s'est
individualisé auraient divergé vers – 12 Ma.
Ardipithecus ramidus kadabba, découvert en 2001 par D
, est un ensemble d'ossements vieux de 5,4 Ma. Il serait cousin
d’Ardipithecus ramidus ( , 1999 ; 1 1 ,
2000) trouvé par à Aramis, en Éthiopie, daté de – 4,4 Ma et dont
la hauteur serait inférieure à un mètre et dont les dents sont couvertes d’une
mince couche d’émail, qui indique plutôt une nourriture à base de fruits. Il
serrait antérieur aux Australopithèques.
Le site de l’Omo (= Hadar ?), à la frontière de l'Éthiopie, du Kenya et
du Soudan, offre une série continue de couches allant de – 4 Ma à – 1 Ma
( , 1999). La subsidence du fond de la vallée (c'est-à-dire son
enfoncement progressif) a permis une accumulation de sédiments épais d'un
millier de mètres. Ce bloc de sédiments a ensuite basculé, et apparaît
maintenant, grâce à une faille, sur sa tranche, comme les feuilles d'un livre.
14
?11
?

? ? ?



Ces commodités ont provoqué une "ruée vers l'os" qui a fait négliger le reste
du monde et a sans doute conduit – grâce à ce heureux hasard géologique –
à la thèse de l'origine africaine de l'Homme (?
, 1988). Cet auteur
compare la situation à celle de l’ivrogne qui a perdu son portefeuille dans
une rue et qui le cherche seulement sous les lampadaires parce que c'est là
qu'il y a de la lumière. Pendant cette période, l’assèchement du climat est
très perceptible en Afrique et, en Europe, le climat se refroidit à partir de
– 3,5 Ma (glaciation de Donau).
]WW?YX111 ??1 ??????? ????????? 1
La séparation du rameau des ancêtres de l’Homme et de ceux des
Australopithèques est placée vers – 10 Ma par ? (in ,
1999).
Les fossiles trouvés en Afrique orientale à Lukeino (vers – 6,5 Ma),
à Lothagan (vers – 5,5 Ma), à Kanapoi et à Laetoli (vers – 4 Ma) sont peut-
être des Australopithèques. Les 54 traces de pas observées à Laetoli
montrent que leur auteur était et se tenait assez droit.
, de l'université de Berkeley, a trouvé en 2006 un fragment
de mâchoire et quelques dents datées de – 4,1 Ma, qui auraient appartenu
à Australopithecus anamensis qui pourrait être un ancêtre de Lucy. Le plus
ancien des Australopithèques indiscutables est sans doute Little Foot
(– 3.600.000 ans, soit – 3,6 Ma), trouvé par dans la grotte de
a nommé Australopithecus bahrelgazaliSterkfontein. En 1995,
un fossile daté de 3,58 Ma, dont le surnom est Abel. Les Australopithèques
les plus primitifs sont souvent rattachés à l'espèce A. anamensis.
Des Australopithèques vivaient en Afrique australe (Makapansgat et
Sterkfontein, vers – 3 Ma et – 2,5 Ma ; Taung, découvert en 1925).
Un des Australopithèques les plus fameux est le demi-squelette de
Lucy (52 ossements) trouvé à Hadar (Éthiopie) par l'International Afar
research expedition, fondée par , D et
La découverte a été publiée par ? D dans les
Comptes-rendus de l'Académie des sciences en 1975 et par ?
? en 1978 (Kirtlandia, 28 : 1-14). Ces ossements,
vieux de 3,2 Ma, appartenaient à une femme de vingt ans (mère de
famille ?), qui mesurait 1,10 mètre de haut, et possédait un crâne d'environ
3500 cm ). La forme de son très large bassin permet de penser qu'elle
accouchait selon le processus complexe de l'espèce humaine (double rotation
du fœtus). Sa mâchoire et ses dents lui permettaient de consommer les
aliments que fournit la savane, qui sont plus coriaces que les fruits et les
jeunes pousses qu'offre la forêt dense. Sa démarche était assez "chaloupée"
15
??
?
?

?


???? ??
?et incertaine, et elle grimpait encore facilement dans les arbres, comme l’a
montré ? en étudiant les os de ses bras.
Elle a été nommée Lucy parce que, au moment de sa découverte,
? ? et leurs collègues ont arrosé l'événement en écoutant
une chanson des Beatles "Lucy in the sky with diamonds" ; elle appartient au
type le plus primitif, Australopithecus afarensis.
Les fossiles trouvés par à Lomekwi, sur la rive
occidentale du lac Turkana présentent des caractères proches de ceux
d'Australopithecus afarensis, mais aussi une face très plate qui ressemble
à celle d'Homo rudolfensis (–1,8 à – 2,5 Ma, qui ne devrait sans doute pas
être placé dans le genre Homo). Ils ont été nommés Kenyanthropus platyops.
On a couramment distingué deux groupes parmi les Australo-
pithèques :
1) Le groupe "gracilis" était petit (1 à 1,25 m), léger (20-30 kg) ; sa
3capacité crânienne atteignait 450 cm ; sa mâchoire était peu proéminente, et
elle traduit une tendance vers un régime alimentaire omnivore ; le crâne
commence à dessiner un front. Il marchait sur deux pieds mais n’était pas
taillé pour la course. Il était présent en Afrique du Sud entre – 3 et – 1,2 Ma
( ? , 1995), et a quelquefois été nommé Australopithecus africa-
nus.
2) Le groupe "robustus", au front très réduit, est plus récent ; il possède
des mâchoires fortes adaptées à la mastication de graines dures, de tiges
3ligneuses et de fruits ; sa capacité crânienne était voisine de 500 cm , proche
de celle des Gorilles actuels qui pèsent 140 kg en moyenne, alors que celle
3du Chimpanzé (qui pèse 40 kg) est de 400 cm , comme celle de l'Orang-
outang qui pèse 70 kg ; il atteint une taille de 1,50 m et un poids de 50 kg ; il
s'est éteint vers – 1 Ma ; il semble avoir été très convoité par les Léopards.
Le groupe "robustus" est jugé proche du genre Paranthropus :
Paranthropus aethiopicus serait l’un des plus anciens témoins de ce groupe
dans le nord du Kenya ( ?? 2000). ???
(2001) lui attribue 1,6 Ma ; il serait apparenté à Paranthropus boisei, qui
habitait toute l’Afrique de l’Est jusque vers – 1,4 Ma, alors que
Paranthropus robustus (et peut-être Paranthropus crassidens) vivaient en
Afrique du Sud à la même époque. Ce rameau serait apparu à la même
époque que les premiers Homo et aurait survécu jusque vers – 1 Ma.
L’analyse des proportions d’isotopes du carbone dans l’émail des dents
fossiles permet de reconstituer le type de nourriture absorbé. ???
(2001) estime ainsi que les Australo-pithèques consommaient autant de
végétaux forestiers que d’herbes des savanes.
16

??


? ?


Plus de mille fossiles d'Hominidés et d'Hominiens ont été trouvés en
Afrique australe et en Éthiopie. ? (1999) rappelle que les Leakey ont
trouvé en 1959 et 1960, à Olduvai (Tanzanie) des outils aménagés, un
Australopithèque "boisei", et une mandibule attribuable à un Homo. Depuis
cette époque, tous les fossiles qui ne sont pas nettement des
Australopithèques sont rangés dans la case "fourre-tout" d’Homo habilis
(§ 713*), où pourraient être placés Praeanthropus, Homo rudolfensis, etc. Le
fragment d’humérus de Kanapoi (Kenya) a ainsi été nommé
Australopithecus africanus, puis A. anamensis, synonyme de Praeanthropus
africanus (nom attribué aux ossements de Laetoli) puis Australopithecus
afarensis (qui regroupe une espèce arboricole et une espèce bipède).
Pour achever de troubler les esprits, certains fossiles de Kanapoi
dateraient de – 4 Ma et ? (auteur de Wisdom of the bones), disciple
de ? a avoué que son maître avait remodelé un crâne qui ne lui
paraissait pas conforme à ses théories !
Le fossile d’Australopithecus bahrelghazali (entre – 3,5 et – 3 Ma),
trouvé au Tchad par ? , prouve que les Australopithèques ne
vivaient pas seulement en Afrique orientale. Il confirme la boutade de l’abbé
, qui disait que "si l’Homme a un berceau, c’est certainement un
berceau à roulettes". Là encore, il faut comprendre que "l'arbre
généalogique de l'Évolution" est une image réductrice de la réalité et que
l'image correcte est plutôt celle d'un buisson d'où émergent des lignées
spécialisées (§ 712*).
Le 18 décembre 1997, une équipe franco-sud-africaine a découvert les
fossiles de deux enfants et d'une cinquantaine d'adultes à Drimolen, à 50 km
de Pretoria. Ils vivaient il y a 2 millions d'années, mais l'un d'eux est un
Australopithèque (ou Paranthrope) robustus, et l'autre a été classé dans le
groupe de Homo habilis (§ 713*).
Les Australopithèques ne sont sans doute pas nos ancêtres ; ils étaient
plutôt orientés déjà vers une impasse et seraient seulement les cousins de nos
ancêtres. Il n’est pas étonnant que l’on trouve, à cette lointaine époque, plus
de fossiles d’Australopithèques que de fossiles d’Homo, puisque le genre
Homo a été, à son origine, une petite population innovante qui est restée
discrète aussi longtemps que son originalité n’a pas eu l’occasion de
s’affirmer.
?
(2005) présente une chronologie assez simple :
7 Ma Toumaï (Sahelanthropus tchadensis)
6 Ma Orrorin tugenensis
5,6 Ma Ardipithecus ramidus kadaba
17




4 Ma Australopithecus anamensis
3,5 Ma Kenyanthropus platyops
3,5 Ma Australopithecus afarensis
3 Ma Australopithecus africanus
2,7 Ma Australopis aethiopicus
2,6 Ma Australopithecus garhi
2,3 Ma Homo habilis
2,3 Ma Australopithecus boisei
2,1 Ma alopis robustus
2 Ma Homo erectus

Ce schéma ne doit pas faire croire qu'il existe une filiation continue
entre ces espèces et (2003) donne une image plus réaliste en
plaçant les fossiles africains dans un diagramme combinant le temps et
l’espace :
Eurasie A l’ouest du Rift Autour du Rift Au sud du Rift
20 à 18 Ma Proconsul
17 à 12 Ma Kenyapithecus
11 Ma Ouranopithecus
9 Ma Sambucupithecus
7 Ma Toumaï
Sahelanthropus tchadensis
6 Ma Orrorin tugenensis
4 Ma --------- Australopithèques --------
2,7 Ma Paranthropus
2,5 Ma Homo habilis Homo habilis Homo habilis
1,8 Ma o ergaster Homo ergaster Homo ergaster
1,7 Ma Homo georgicus
Il ajoute que les mécanismes de l’hominisation ne pourront être
compris que par la combinaison des regards de tous les spécialistes, et que,
actuellement, les biologistes molécularistes lui semblent être trop myopes,
alors que les paléontologues sont presbytes !
La distance moléculaire entre l'Homme et les grands Singes actuels fait
penser que la divergence entre ces lignées a commencé vers – 6 millions
d'années.
]WX 111 1 1111
Les schémas précédents ne disent pas si Toumai et Orrorin doivent être
considérés comme ancêtres de l'Homme et ne sont pas des arbres
généalogiques.
En effet, pour interpréter tous les fossiles précités, les arbres
généalogiques sont des schémas trompeurs, car l’apparition d’une nouvelle
espèce ne résulte qu’exceptionnellement d’une divergence brutale. La
18
1
?plupart du temps, les populations interfécondes qui constituent une espèce se
mélangent dans un vaste "chaudron" (ou dans un magma bouillonnant) où
règne une grande diversité génétique ; une espèce nouvelle commence
à apparaître quand une partie du magma s’isole du reste et se constitue un
patrimoine génétique qui s’éloigne de plus en plus de celui du reste du
chaudron. Le plus souvent, l’isolement est géographique, mais il peut être
écologique ou comportemental et il donne alors des espèces "sympatriques".
La dérive génique, l’effet fondateur et l'existence de gènes neutres (§ 25*)
contribuent à différencier le nouveau patrimoine génétique. L’espèce
nouvelle n’est constituée que le jour où l’interfécondité avec le reste du
chaudron est rompue.
Ce que l’on présente comme un nouveau "rameau" n’est pas
l’équivalent d’une branche issue du tronc rectiligne d’un arbre qui monte
vers le ciel ; c’est plutôt l’un des multiples rejets qui sortent de la souche
d’une talle de Ronce stolonifère et qui constituent un buisson touffu et
confus. Les rares fossiles qui subsistent sont des fragments de ce buisson et
il est vain de vouloir les placer dans un arbre dichotomique. Le schéma
proposé par
exprime bien cette vision de lignées
buissonnantes émergeant d'un vaste magma confus, qui est plus juste que les
schémas dichotomiques des arbres obtenus par les cladogrammes et les
phylogrammes (§ 28*).
W111??11??????1]WX?
De nombreux outils trouvés en Afrique orientale (en particulier dans la
formation de Hadar) ont un âge voisin de – 2,5 Ma. Un atelier de taille de
pierre daté de – 2,34 Ma à Lokalalei (Nachukui, Kenya) a été décrit par
? qui signalent qu’Australopithecus garhi
découpait la viande vers la même époque en Éthiopie. On attribuait autrefois
l’usage des outils à Homo habilis par un raisonnement circulaire : l’Homme
se caractérise par l’usage d’outils, donc l’usage d’outils implique la présence
de l’Homme.
pense que "Si le genre Homo au sens strict émerge avec
Homo ergaster, alors les plus anciens outils en pierre taillée précèdent notre
genre d'au moins un demi-million d'années." Le problème reste donc bien
compliqué...
X111??1
?????????1??]WX?
L'influence des premiers Hominoïdes (grands Singes et
Australopithèques) sur leur environnement n'était pas négligeable, en
particulier parce qu'ils consomment beaucoup de fruits, ce qui modifie les
processus de dissémination des graines et les séquences de végétation. Les
19
???1????1?1
?????????

]eee ?Primates de la forêt équatoriale du Pérou représentent 40 % des Frugivores,
et un poids total d'environ 650 kg/km² ( ? , 1983), ce qui équivaut
à 10 habitants par km²), densité supérieure à celle des cantons ruraux
dépeuplés d'Europe occidentale.
]WY 111 1
1 X?[
Le début du Paléolithique inférieur est classiquement marqué par
l'arrivée d'Homo habilis qui figurait déjà dans les tableaux précédents pour
amorcer la transition entre les Australopithèques et les Hommes.
W111??1????????1]WY?
La transition entre les Australopithèques et les premiers Hommes est
floue et le problème de l'hominisation sera discuté spécifiquement dans le
paragraphe 72.
A partir de – 2 Ma (ou – 3 Ma selon ? , 1995) apparaissent
3des Hominiens proches de l'Homme (leur crâne atteint 700 cm , et même
3850 cm pour le crâne 3733 daté d'environ –1,5 Ma) ; ils sont omnivores, et
leur pouce devient "opposable" aux quatre autres doigts de la main. La
structure anatomique de leur larynx permettait vraisembla-blement un
échange de sons assez richement modulés pour être un embryon de langage.
L’augmentation de taille de leur cerveau correspond peut-être à un
enrichissement de leurs relations sociales. Leur pied était déjà bien différent
des mains postérieures des Singes, mais il restait assez court (pointure
voisine de 25).
Les très nombreux fossiles d'animaux trouvés en Afrique orientale en -
même temps que des restes d'Hominiens permettent de penser que la savane
boisée d'Acacias y est devenue, au cours du Pliocène, une savane basse
claire, plus sèche. Simultanément, les Hominidés auraient ajouté aux fruits
de la forêt qui leur servaient de nourriture, les produits de leur chasse. Ce
régime alimentaire plus riche peut être considéré comme un "progrès".
Les fossiles d’Homo découverts en Afrique de l’Est et du Sud forment
un ensemble assez disparate ( 11 , 2000). Ils ont
été attribués en particulier à Homo habilis et à Homo rudolfensis, puis
à Homo ergaster (voir le paragraphe suivant).
Des fossiles attribuables à Homo habilis, vieux d'environ – 2 millions
d'années, ont été découverts en Chine (Longgupo) en même temps que des
outils. L'Homme de Dmanissi (Géorgie du Caucase, – 1,9 à – 1,6 Ma)
présente des traits archaïques qui le rapprochent d'Homo habilis ( ?
, 1995). Il est, à l'heure actuelle, l'un des premiers fossiles témoins de
la présence de l'Homme en Europe.
20
111
111?1.?W.

? ?1

11 11

X111??11???????????]WY?
L'une des différences les plus importantes entre les Australopithèques
et Homo habilis serait une double fusion de chromosomes, qui aurait réduit
leur nombre de 48 à 46 ( , 1983). Un croisement entre deux
individus porteurs de ce type de fusion donne plusieurs types de résultats :
sur les 16 types de descendants, également probables, qui sont alors produits,
12 sont vraisemblablement non viables, et les 4 qui sont viables possèdent
respectivement 48, 47, 47 et 46 chromosomes. L'apparition d'une lignée
nouvelle d'homozygotes dotés de 46 chromosomes peut donc avoir
6 chances sur 100 de se produire dans une communautés d'Hominidés assez
consanguine.
]WY?Y111??1?????? 1
La synthèse de ? (1983) résume les principales découvertes
d'outillages primitifs. Les plus anciens (– 2,8 à – 2,4 Ma) sont peut-être les
81 pièces de la vallée de l'Hadar, au nord de l'Éthiopie, trouvées par
? . Un outillage, qui a été dénommé "Shungurien", a été trouvé dans
la vallée de l'Omo, près du lac Turkana (Kenya) ; il comprend des os brisés
et un outil taillé, situés dans une couche datée de – 2,2 Ma, et de nombreux
éclats de quartz datés de – 2 Ma.
En Chine, les outils de Longgupo seraient vieux de 2 Ma.
A l'est du lac Turkana, à Koobi Fora, le même type d'industrie est daté
de – 1,8 Ma, et il est accompagné d'ossements d'Homo ; dans ce site, des
ossements d'Homo habilis coexistent avec ceux d'Australopithèques jusqu'à
– 1,3 Ma ( , 1983).
A cette époque, des "ateliers" de façonnage de pierres commencèrent
à fonctionner ; un savoir-faire s'y transmettait. Simultanément, les hommes
devinrent majoritairement droitiers ; serait-ce parce que des connections
neuronales préférentielles s'établirent dans l'hémisphère cérébral qui dirige la
main droite et organise le langage ? ( ? , 1987). Les pierres taillées ne
servaient pas seulement à découper la viande, et elles étaient fort utiles pour
déterrer les racines et tubercules.
Entre – 1,8 Ma et – 1,6 Ma, l' Olduvayen (Tanzanie) comprend
essentiellement des galets aménagés (c'est-à-dire un peu façonnés mais non
régulièrement taillés), comme ceux qui ont été trouvés également à Melka
Kunturé, en Éthiopie, des os brisés de Ruminants et de Suidés proches du
Sanglier. Pour un bon nombre d'auteurs, les Australopithèques utilisaient
déjà des outils de pierre aussi rudimentaires que ceux des premiers Homo
habilis. Pour d'autres, tels que 1 1 (2000), les
formes archaïques (– 2 Ma) d’Homo erectus sont dénommées Homo
21
11
? ?
?
?
?11??????????????1ergaster par les auteurs qui lui attribuent le façonnage des bifaces. Mais ? ??
(2001, page 52) préfère donner ce nom à un descendant direct
d’Homo habilis qui serait très différent des Homo antérieurs et déjà
corporellement très proche de nous.
D’autres auteurs imaginent qu’ils vont clarifier la situation en nommant
Archanthropiens l’ensemble de ces ancêtres rebelles à nos classifications.
Puisque les exemples d’usage d’outils par des Singes sont de plus en plus
nombreux, la solution la plus prudente est de dire que les premiers fabricants
d’outils sont des Hominidés (= Australopithèques + Homo).
Homo habilis est entré en Europe par le Caucase ( ? , 2007)
ce qui implique la présence d'Homo habilis en Asie. Il est ensuite allé vers
l'ouest, jusqu'à l'Océan atlantique
Parmi les premières traces d'activité humaine trouvées en France,
signalons les galets aménagés d'Etouaires (Puy-de-Dôme) datés du
Villafranchien inférieur (– 2,3 Ma), ceux de La Rochelambert et de Blassac
(Haute-Loire, – 1,9 Ma ?), ceux de Sinzelles (– 1,3 Ma). Ceux qui ont été
observés par ? (1974), à Chilhac, près de Brioude, voisinaient avec
des fossiles de Cervidés (Cervus philisis), d'Equus stenonensis et d'Elephas
meridionalis. Ils seraient vieux de 1,8 millions d'années (Pléistocène) et
contemporains d'Olduvai. Ils seraient nettement antérieurs à la glaciation de
Günz (fin du Villafranchien), qui commence entre – 1,2 Ma et – 1 Ma.
Des galets analogues ont été trouvés au Vallonet (Roquebrune-Cap
Martin), datés d'environ – 950.000 ans (début de l'épisode paléo-magnétique
de Jaramillo).
]WY?Z111
??????1?? ???1??1???1 1
??? (2001) pense que, pour Homo habilis : « les outils en
pierre ont été une des clefs qui ont ouvert un autre système de nourriture …
la viande et les graisses animales ont pris un rôle très important dans le
régime alimentaire des Hominidés.» Il n’exclut pas l’hypothèse du
cannibalisme et il fait remarquer que les violences intertribales existent déjà
chez les Chimpanzés observés in situ par (p. 75).
Les fouilles d'Olduvai et de Melka-Kunturé ont livré, dans des niveaux
datés respectivement de – 1,8 Ma et de – 1,5 Ma, des structures possibles
d'habitat, sous la forme de cercles de blocs de basalte pesant quelques kilos,
de 4 à 5 mètres de diamètre. A Olduvai (Tanzanie), un Éléphant et un
Dinotherium auraient été dépecés par des Hommes vers – 1,9 Ma.

*+GS UHPLHUV KRP HV XURS pHQV 2 DFRE
22
LDUP
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HUQ?HLRWLSHsH
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HV UDSRWRJ SK ;;,9




Sur le site de Barogali (Djibouti), les outils sont des percuteurs et des
polyèdres, capables de trancher la peau d'un Éléphant de Reck (aux environs
de –1,2 Ma).
? (1983) souligne que les Hominiens de cette époque
accumulaient des outils et les restes des animaux qu'ils avaient tués en des
sites quasi permanents situés sur la berge d'un lac ou d'un cours d'eau. Ce
mode d'occupation du territoire est très différent de celui que pratiquent les
grands Singes forestiers, qui nomadisent jour après jour à l'intérieur de leur
territoire.
[111????????1???]WY? 1???????
En première approximation, nous pouvons admettre que l'action des
premiers Hominiens sur les milieux qu'ils occupaient était du même type que
celle des Primates qui les précédaient (§ 712*). C’est seulement l’usage des
feux de débroussaillage (vers – 400.000) qui marque le début des
transformations "anthropiques" de notre planète.
]WZ 111 1 11 1 11 W?^ ?1
Les Australopithèques avaient déjà acquis la bipédie et la station droite
(qui justifierait de leur attribuer le qualificatif erectus) et il est dommage que
le nom d'Homo erectus ait été donné seulement à des fossiles plus évolués,
en oubliant qu'une bonne définition doit caractériser l'objet choisi et
seulement celui-ci.

???1????????1
Autrefois, Homo erectus était considéré comme radicalement différent
d'Homo habilis ; aujourd'hui, en particulier avec la création d'Homo ergaster,
les distinctions anciennes deviennent floues.
??? (2001) pense que les derniers Homo habilis (et les
premiers Homo erectus) mériteraient d’être réunis dans un Homo ergaster
qui serait apparu en Eurasie vers – 2 Ma ( ? et al., p.358).
Des paléontologues français et italiens ont découvert en 2011, dans la
dépression érythréenne de l'Afar, des fragments de crâne vieux d'un million
d'années, qu'ils ont attribué à Homo ergaster. Ils étaient accompagnés d'un
outillage acheuléen. Il a été envisagé que cette population ait pu franchir la
mer Rouge.
W111??1????????1]WZ?
Les fossiles les plus connus sont ceux de Modjokerto (Java) à – 1,8 Ma
(= millions d'années), Géorgie (Dmanisi, – 1,8 Ma), Koobi Fora (Kenya,
23
11
.
?


???????1– 1,6 Ma), Melka Kunturé (Éthiopie, vers – 1,5 Ma) de Nyabusosi
(Ouganda), de Nariokotome (Kenya), de Ternifine (un Atlanthrope vieux de
700.000 ans, à Tighennif, en Algérie, au sud d'Oran), de la Caune de l'Arago
à Tautavel (– 450.000), de Bodo (– 400.000 ans, en Éthiopie), de Rabat-Salé
(Maroc, vers – 400.000), de la Narmade (en Inde, – 200.000 ans).
Les fossiles de Mauer (en Allemagne, près de Heidelberg vers
– 630.000 ou – 600.000 ou même – 500.000) sont de plus en plus souvent
considérés comme pré-néandertaliens (§ 715*).
Homo erectus est donc indiscutablement présent en dehors de
l’Afrique : (in , 2001) pense que l’Homo erectus
de Modjokerto (Java) est vieux de 1,8 Ma et ? (1995) pense que
l'âge des Pithécanthropes de Java doit être largement réévalué pour arriver
à – 1,8 ou bien – 1,6 Ma. Leur crâne a une capacité voisine de 800 à 1.000
3cm et ils sont dotés d’un bourrelet sus-orbitaire caractéristique de cette
espèce.
Homo erectus n’est pas venu directement d’Afrique à Java par la voie
des mers et il est certain qu’il a vécu sur le continent eurasiatique, à
l'exception des régions les plus septentrionales : le Sinanthrope trouvé en
1936 par ?? dans le grotte de
Zhoukoudian, près de Beijing, est aussi un Homo erectus. D’autres restes
humains (et des milliers d’outils) y ont été trouvés plus récemment, et les
anthropologues chinois ont remarqué qu’il possède des caractères typiques
des Chinois actuels (incisives creuses, pommettes plates et larges), mais il
serait imprudent d’en déduire qu’il serait leur ancêtre.
Certains spécialistes pensent qu'Homo erectus s'était déjà différencié
d'Homo habilis avant de conquérir l'Eurasie. En effet, la relative rareté des
fossiles en Asie occidentale et en Europe n'est pas une raison suffisante pour
affirmer que Homo erectus est né en Afrique orientale ou australe : il est tout
simplement possible que les conditions de conservation (ou de découverte)
de fossiles du Quaternaire aient été plus favorables en Afrique qu'en Eurasie.
Les migrations de Primates entre l'Asie et l'Afrique sont très anciennes
puisque les fossiles découverts en Libye par et

montrent que des Primates ont transité d'Asie vers l'Afrique
vers – 39 Ma.
De plus,, certaines observations virologiques conduisent ?
(1976) à penser qu'Homo erectus a son origine en Asie. Cette
hypothèse est confortée par la découverte des os d’Homo georgicus, vieux
de 1.800.000 ans, trouvés par ?? ? et ses collègues géorgiens
(2002) près de Dmanissi : ils peuvent être rattachés à Homo habilis (ou
à Homo ergaster) et témoignent donc d’une émergence possible d’Homo
24
?

?


?


???erectus en Eurasie, puisque la Géorgie et le Caucase sont à la frontière de
l'Europe et de l'Asie.
En Europe, la présence d’Homo erectus est vraisemblable à Ceyssaguet
(Haute-Loire), ou à la Cullar de Baza (près de Grenade), vers – 1,2 Ma.
L'analyse des traces d'attaches de muscles sur son visage montre qu'il
pouvait moduler les variantes phonétiques du "e" et du "t" (Rech. et Tech.,
316, 1986) : il possédait un cerveau de 800 à 1.000 cm . Les ossements
trouvés à la grotte du Vallonnet (– 950.000 ans) et le fragment de molaire,
daté des environs de – 800.000 ans, trouvé à Prezletice, en Tchécoslovaquie,
se rattacheraient à cette lignée. Les traces de pas vieilles de 385 à 325.000
ans, trouvées dans le sud de l’Italie en 2003 sont longues de seulement
20 cm, ce qui pourrait correspondre à des hommes dont la taille était de
1,5 mètre.
Un petit groupe de chasseurs a installé son campement sur la plus haute
terrasse de la Creuse (à 90 mètres au-dessus de la rivière) il y a plus d’un
million d’années ( ?? ? ?? ? , 1989). Ils pavèrent le sol pour
s’isoler de la boue et calèrent les poteaux de leur cabane avec des pierres. Ils
taillaient grossièrement des galets de quartz et se nourrissaient des produits
de leur chasse qui ont donné des fossiles d’Éléphant, de Mastodonte et de
Rhinocéros. Des traces d’occupation humaine un peu plus récentes
(– 800.000 ans) ont aussi été trouvées sur la haute terrasse de la vallée du
Loir. Les fossiles de Vergranne (Jura, entre – 400.000 et – 600.000),
à Vertesszöllös (Hongrie, – 400.000 ans), à Swanscombe (Angleterre,
– 350.000) sont déjà proches d’Homo sapiens ou d’Homo antecessor
(cf. § 715*).
L'un des Homo erectus les mieux connus en France est celui de la
grotte de l'Arago, près de Tautavel (Pyrénées-Orientales) étudié par ?
et son équipe. Il est apparenté à certains Pithécanthropes, et sa
3capacité crânienne atteint 1.200 cm ; son os iliaque lui permet de se tenir
bien droit, et sa taille atteint 1,65 mètre ; son poids pouvait être voisin de
55 kg ; il n'a pas laissé trace de foyers. Il vivait entre – 500.000 et – 400.000
ans. 119 restes humains ont été trouvés dans la grotte, et le 119ème est une
mandibule d'une femme d'environ 30 ans, gracile. Elle est d'autant plus
intéressante que moins de 10 mandibules antérieures à – 400.000 ont été
trouvées en Europe.
Les habitants de la grotte utilisaient des outils de type acheuléen
soigneusement taillés, venant souvent de carrières lointaines, en particulier
celle de jaspe située à plus de 30 km de la grotte. Dans le même gisement,
des ossements de Chevaux, de Bisons, de Rhinocéros, de Rennes, de Bœufs
musqués et de Renards polaires, ainsi que 23 squelettes de Mouflon (Ovis
antiqua) ont été retrouvés, ce qui correspond à la glaciation de Mindel. Les
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?

os sont fragmentés comme si l'on avait voulu en aspirer la moelle. Il est
possible que des ossements humains aient été ainsi traités dans un
cannibalisme rituel.
Les Homo erectus d'Europe présentent certains caractères (absence de
fosse canine) qui conduisent ?? ? ?? ,( ) à penser
qu'ils seraient les ancêtres des Néandertaliens. De même,
? ^\\\ , rattachent les fossiles européens trouvés entre
– 600.000 et – 200.000 à Homo heidelbergensis qui serait l’ancêtre d’Homo
neanderthalensis.
Finalement, il est certain qu'Homo erectus était présent en Afrique, en
Europe du Sud et en Asie du Sud vers – 1,7 millions d'années.
a utilisé les séquençages de gènes de populations actuelles pour
reconstituer synchroniquement l'histoire complexe des migrations d'Homo
erectus :
- entre – 840.000 et – 420.000, une migration de l'Afrique vers l'Asie
du Sud avec peut-être un diverticule vers l'Europe du Sud, est
attestée par plusieurs gènes (hémoglobine β, MS 205 et MC1R) ;
les migrants étaient sans doute déjà des Homo georgicus ; rien
n'empêche que des migrations d'Afrique vers l'Asie aient eu lieu
à la même époque ;
- entre – 150.000 et – 80.000, idem ;
- vers – 50.000 ans, migration d'Asie vers l'Afrique, puis de l'Europe
du Sud vers l'Europe du Nord, et de l'Asie du Sud vers l'Asie du
Nord, puis des îles du Pacifique vers les Amériques ; ce dernier
ensemble de migrations aurait donc été effectué par des Homo
sapiens sapiens.
Pendant tous ces millénaires, des flux de gènes ont continué à exister
3entre toutes ces populations. La capacité crânienne serait passée de 800 cm
3à 1.400 cm en quelques millions d’années, avec une rapidité extraordinaire.
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Des outils primitifs vieux d'environ 1 Ma ont été trouvés dans la région
d’Orce, en Andalousie ( , 1999) et ils sont attribués à Homo
erectus.
Des galets aménagés ont été trouvés au Vallonet (Roquebrune-Cap
Martin, Alpes-Maritimes, vers – 950.000 ans, début de l'épisode paléo-
magnétique de Jaramillo) et à Soleilhac (Haute-Loire, environ – 900.000 ans,
avant la fin de la glaciation de , fin du Villafranchien qui commence
vers – 1.100.000 ans et se termine vers – 700.000 ans). Dans cette dernière
grotte subsistent des traces d'un habitat humain peu structuré comparable
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