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L'ingénierie procréatique et l'émergence d'une génération bâtarde des droits de l'homme

De
200 pages
La génération émergente des droits de l'homme, notamment celle qui est induite par la dynamique biomédicale, n'est fondée ni sur la raison ni sur le droit naturel : elle est donc bâtarde. Il en est ainsi du droit de manipuler génétiquement un embryon humain revendiqué par les partisans de l'ingénierie de la procréatique. Contre ce " biojuridisme nihiliste ", une thérapie éthique de choc s'impose.
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Adré Lore TsALA MbAni
et L’émergence d’une génération bâtarde
des droits de L’homme
L’ingénierie procréatique
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Lingénierie procréatique
et lémergence dune génération bâtarde
des droits de lhomme
 
 
 
 
  
André Liboire TSALA MBANI        
Lingénierie procréatique
et lémergence dune génération bâtarde
 
des droits de lhomme   
  
                    
 
                              
 
© LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00049-7 EAN : 9782343000497  
 
 
À ma fille Tsala Ngono Grâce D. Virginie,
INTRODUCTION
Les prémices ou les tout premiers balbutiements des droits de lhomme sont indubitablement à rechercher dans la pensée grecque antique. Ces droits de lhomme originaires avaient une posture de légitimation du pouvoir politique au travers de la lumière naturelle ou la raison. Ainsi, la légitimité dune autorité politique était conditionnée par son arrimage au telos , cest-à-dire à la finalité des droits de lhomme. Tout le projet philosophique de Socrate est à inscrire dans cette logique, à savoir exhorter les Athéniens à soumettre leurs opinions morales et politiques au tribunal de la raison. Une opinion ( doxa ) ne pourra être érigée en savoir ( epistemè ) scientifique et authentique que lorsquelle aura résisté à lépreuve critique de la dialectique. Lattitude socratique semble donc inaugurer une nouvelle ère, celle du combat contre l« argument dautorité », cest-à-dire un pouvoir politique dont le seul objectif est de se maintenir en place sans assujettir ses ambitions aux canons de la raison. Or, pour Socrate, un pouvoir politique légitime devrait justifier rationnellement ses prétentions, lesquelles doivent aller dans le sens du bonheur ou de laccomplissement de lhumain 1 . Lune des modalités de cet accomplissement est la liberté. Les Grecs définissent celle-ci comme labsence de toute domination dun individu par un autre communément appelé despote, dune part, mais aussi comme la participation à la délibération et à laction politique, dautre part. Aucune allusion nest faite, dans le cadre de ce droit de lhomme, comme ce sera le cas à lépoque moderne, à un bonheur privé quengendrerait la liberté et que lon opposerait à une sphère publique tenue délibérément à bonne distance à leffet de sen                                                  1  Platon,  Apologie de Socrate , trad. Victor Cousin (1822), revue et modernisée par Sylvaine Guyot (2004), Paris, Librio, 2004.
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protéger. « Alors que la liberté moderne consiste à vaquer librement aux occupations privées qui constituent lenjeu du bonheur, à « occuper » lespace de liberté personnelle qui en forme le lieu, les Grecs ne conçoivent de « bonne vie » (objet de la philosophie morale) que dans la participation aux affaires de la Cité. Le bonheur est « public », lÉtat constitue le lieu dautoréalisation de lindividu 2 ». On le voit, la liberté chez les Anciens est exclusive de lextrême interventionnisme qui prévalait dans la démocratie grecque. Elle promeut la participation des citoyens à la gestion de la chose publique. Cette démocratie participative induite par le droit à la liberté constitue un formidable levier du bonheur, synonyme dépanouissement individuel. Toutefois, la liberté vue sous le prisme des ancêtres grecs de la philosophie, nest pas une donnée universelle, elle est élitiste, puisquelle est un droit ou une prérogative dévolue à une minorité dindividus et sexerce dans leurs activités collectives, cest-à-dire les activités qui engagent le destin de la Cité. Mais, il faut le souligner, en dépit de lélitisme du droit à la liberté chez les Anciens, celui-ci a un fondement rationnel au même titre que les trois générations classiques des droits de lhomme constitutives de la Modernité. Lémergence des droits de lhomme sous leur forme actuelle coïncide avec le XVIII e  siècle, lépoque des Lumières, qui sétait illustrée par son acharnement contre labsolutisme ou le pouvoir arbitraire, lequel installait des individus appelés sujets dans une insécurité permanente. Doù la revendication majeure de la sécurité juridique portée par les dix-huitièmistes, à leffet dassurer « les protections minimales permettant à lindividu de vivre une vie digne de ce nom, à labri des empiétements de larbitraire étatique (ou
                                                 2 Guy Haarscher, Philosophie des droits de lhomme , Bruxelles, Editions de lUniversité de Bruxelles, 1989, p. 49.
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autre) 3 ». Ainsi, les droits de lhomme établissent une sorte d« espace « sacré », infrangible, ils constituent autour de lindividu une sphère privée et inviolable ; bref ils définissent une limitation [] des pouvoirs de lÉtat, à laquelle correspondent ce que lon appelle les « libertés fondamentales » de lindividu 4 ». Cette définition correspond à la première génération des droits de lhomme. Les libertés fondamentales auxquelles sont assimilés les droits de lhomme de la première génération voient le jour dans un contexte marqué par lapparition et la montée des bourgeoisies européennes, la lutte de celles-ci contre les structures, des institutions, des mentalités d« Ancien Régime » qui rendaient leur développement hypothétique. Voilà pourquoi les grandes Déclarations de droits de la fin du XVIII e  siècle portent lestampille de cet environnement idéologique. Les droits de lhomme de la première génération constituent en effet une structure axiologique foncièrement individualiste dont le rôle est de garantir, comme nous lavons dit tantôt, une marge de sécurité juridique des citoyens vis-à-vis du pouvoir politique ou autre. On parle alors de liberté daller et de venir, du respect de la personnalité (respect du domicile, secret de la correspondance), de la liberté de conscience et dexpression 5 , etc. Ces libertés sont qualifiées de fondamentales parce quaucune perspective dépanouissement de lhomme ne peut être envisagée sans elles, celles-ci lui sont donc quasi consubstantielles. Dès lors, lon comprend pourquoi les droits de lhomme de la première génération auxquels sont assorties les libertés fondamentales furent proclamés dans les toutes premières Déclarations de droits.
                                                 3  Ibid ., p.9. 4  Ibid.  5  Cette classification sommaire sinspire de celle de C.-A. Colliard, Libertés Publiques , Paris, Dalloz, 3 e éd. 1968, p. 199-681.
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