Le corps et ses mots

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Cet ouvrage est une réédition du livre d'Ambroise Paré "Bref recueil de l'organisation anatomique avec l'art d'assembler les os et l'art de l'accouchement" accompagnée d'une translation et d'abondants commentaires. Publié en 1550. Il s'agit de la première description du corp humain pensée et écrite en langue francaise sans recours à l'image. A. Paré réalise une synthèse des théories de son époque (inspiré de Galien) et de sa pratique personnelle. L'analyse de la méthode de Paré est suivie d'une étude philosophique et technique qui associe le lecteur à ses observations et réflexions*.
Publié le : mardi 1 juillet 2003
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EAN13 : 9782296323490
Nombre de pages : 406
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Le corps
& ses m_ots

Collection Ouverture philosophique dirigée par Dominique Chateau et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou. .. polisseurs de verres de lunettes astronomiques.

Dernières parutions.
Mahamadé SA V ADOGO, Philosophie et histoire, 2003.

Roland ERNODLD, Quatre approches de la magie, 2003. Philippe MENGDE, Deleuze et la question de la démocratie, 2003. Michel ZISMAN, Voyages, Aux confins de la démocratie, (Un mathématicien chez les politiques), 2003. Xavier VERLEY, Carnap, le symbolique et la philosophie, 2003. Monu M. UWODL La philosophie et l'africanité, 2003. Jean- Yves CAL VEZ, Essai de dialectique, 2003. Françoise DA VIET TAYLOR (sous la dire de ), Entre la quête de l'absolu et le principe de réalité. Mélanges en l'honneur de Jean-Marie Paul,2003. Gianfranco STROPPINI, L'amour dans les livres I-IV de l'Enéide de

Virgile, 2003.

Le corps
&

ses mots
~

Présentation de la
Brief(Je collection de l'administration anatomzque
D'AMBnOISE PARÉ

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avec tral1slation

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PAB CHBISTIAN SALOMON

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CONCEPTION

GRAPHIQUE

LIGHT ~

MOTIF

+33

(0)380758686
thierry.vohl@online.fr

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L'Harmattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-4501-6

~

Repères

chronologiques
~

.

\ 1\1 B n 0 ISE

P'\

n I~

1452

Naissance deL I~0 N A H D DE VINe
M E

I

.

1467 Naissanced'E HAS
1470

à Rotterdalll.
Ü HE H

Début de l'ullprimerie.
L fi E H TO

1471 Naissance d'A
1473 1478 1494

.

Naissance de COP E H NIe. Naissance de .J A C QUE S S Début des guerres d'Italie. y L V IUS.

Naissancede H A
1496 1498

fi ELA

IS.

Naissance de CLÉ MENT Mort de C H A H LES avènement de Lou

Ivl A HOT .

V 1 LL,

1500 1504 1509 1513

Naissance de C H A H LES Naissance de C HA H LES Publication

I S X LJ . () U I NT. ÉT IE N NE.

de Féloge de la folie d'E HAS NIE .

Siège de Dijon par les Suisses. N D H É V É S ALE.

1514 Naissanced'f\
1515 Avènement

Paix entre la France et l'Angleterre. de FHA N ç 0 I S I
QUI
EH.

1516 C I-IA H LES
T I-I 0
NI A S

NT roi d'Espagne.

NI 0

HE,

Utopia.

1516 NIA c I-II A VEL,

Le prince.

..

1517

f\ d' M fi H 0 ISE PA H É près de Laval, au bord de la Mayenne. Naissance

1517

L

lJ TI-I

E H

affiche les 95 thèses à l'origine de la réforme
de Wittenberg. D E V I N CI.
E lJ S 'I' A C I-I I

à la porte 1519
1520

de l'église

Mort

de L ÉON

A H.D

Naissance

de BAHT
N SA

H 0 L 0 M E 0
H D

.

1524

Naissance de H. 0
début

,
de Challlbord.

de la construction

du château

1532 Pantagruel de H.A fi ELA IS. 1533 Naissancede lVl NT A I G NE. 0 1534 Ga'Jtlfantua R A fi ELA IS. de
1535 Exécution de TH 0 MAS lVI0 RE.

6

LEe

0 H P S

l~

SES

1\1 0 T S

..

1536 PA HÉ devient maître barbier chirurgien.

1536

Mort

d'E

HA SM E. de guerre entre la France et [ N1 É D CIS

Déclaration le Saint-Empire

rOl11ain gen11anique.
LEX AND H EDE

1537 Assassinat d'f\

par L 0
1538 1539 1540

HEN

ZAC CIO.

Dictionnaire Ordonnance La manière

latina gallicum de HOB E H T E T [ E N NE. de Villers-Cotterêts. de bien traduire
0 LET.

dJune langue à une aultre

d'E TIE

N N ED

..

1541 Mariage de PAHÉ.

1541 1542 1542 1543

De anatomis

administrationibus

de GAL I E N

édité par É . DOL ET. De dissectione partibus corporis humani
N NE, CAN APPE .

de C H

A H LES

É

TIE

Iàbles anatomiques

du corps humain

de L. V ASS É E

traduit du latin par CAN A P P E . De corporis humani fabrica d'A. V É S De revolutionibus
ALE

paraît à Bâle.

orbium celestium de COP E n NIe.

..

1545 Méthode de traicter lesplayes faites par hacquebutes d'A. PAn É , (conseillé par S y LVIUS), PA n É vit à Paris et à Meudon, paroisse deH ABE LA IS.

1547

Mort

de FRA

N ç 0 I sIE

1\.

tir

1547 avènement d'1-1E

N Il I

11 qui prend P A

Il É

à son service.

1548 Le quart Livre de RAB ELA IS.

7

.\ M fi H 0

ISE

P ,\ H É

1549 D lJ

BEL

LAY : de la Langue Française.

Défense

et illustration

--

1550 La briefve collection d' f\.

PAR

É

.

1550

Odes de H 0 N SA RD.

--

1552 PAR É chirurgien ordinaire d'l-l EN R I Il.

1553 Mort H. A il ELA IS. de 1555 Mort J A C Q lJ E S S y de
1559 Fin des guelTes d'Italie. Mort d'H E N Il I Il

L V I lJ S .

après W1e plaie du crâne en tournoi.

1559 Avènel11entde F Il

A N

ç0

I S

J t âgéde 15 ans,

épouxde NIA HIE
1560

ST
HA

lJ ART.

Mort de FRA N ç 0 I S Il

d'W1e l11astoïdite.

Avènement de C
CA THE R I NED

H LES

1X à l'âgede 10 ans,

E Nt É DIe I S régente.

--

1561 Anatomie

universelle du corps humain de PAR É .

1562

Début des guelTes de religions.

--

1564 Dix livres de chirurgie avec le magasin des instruments nécessaire à icelle) de P A Il É .

1572 1573

Massacre de la Saint -Barthélel11y. Paix de CAT HEn I NED
HAn LES

E ~/1]~DIe I S avec les protestants. à l'âge de 23 ans.

1574 Mort de C

l X «phrysigue» d'après PAn I~,

avènel11ent d'l-l E N Il I III

R.eprise des guelTes de religion.

B

LE

COI\PS

'-\:

SES

!\lOTS

..

1574

Publication

des œuvres complètes

de PAn I~
0 N SAn D

avec, en préface, deux poèmes

de H

.

1578 Naissance de 1-1 A
1589

n v E

y

.

Mort de CAT HER I NED assassinat d'H E N R I 111,

E Ivl É DIe IS,

avènement d'1-1 E N R I 1 V à 36 ans.

..

1590

Mort d'A NIB ROI S E PA RÉ.

1598

1-1 E N R I

1V

, Édit de Nantes (13 avril).
anatomica de motu cordis et sanguinis in

1628

\V ILL I A NI H A R V E Y, découverte du l11écanisl11ede la circulation du sang: Exercitatio animalibus.

*

*

*

~

Préface
~
I

Les références de Paré

~

.\ M B H

()

ISE

P ,\ H É

bliées en 1550 par A. Paré. C'est le prernier livre d'anatolrue, déré comme lill ami. Sa forme, spontanée, compléter complètes.

N

o u s P H.É SEN TON S la« Briefve collection de l)administration anatomique », suivie de «laManière d)extraire les enfants» pupensé et écrit en

français; son projet est d'établir lIDe cormll1u1Ïcation directe avec le lecteur consipeu travaillée, montre lU1e facette pour au langage, ce qui ne sera plus de la langue française qui est toujours savoureuse. Thbsence d'illustration le texte donne toute son importance Eutilisation d'une translation le cas dix ans plus tard dans son «Anatomie garder les fluctuations orthographiques à la compréhension LET dissection du texte. choisi par A. par Canappe. PAn É se réfère au traité de », réédité par Après avoir situé cet ouvrage la critique apportée par les traLe texte de Paré est de Paré est anapour les mots

Universelle », puis dans ses œuvres en regard du texte original permet de de l'époque sans nuire

et grammaticales

I T R E de l'ouvrage de Galien «De

anatomicis

administrationibus

E. Dolet en 1541, puis traduit dans son contexte historique, vaux de Malgaigne diquerons les conventions

nous résumerons

et de Chauvelot

en suivant le plan du texte. Puis nous inoù le vocabulaire

utilisées pour cette réédition.

suivi d'un chapitre « le corps et ses mots» 1ysé et tnis en perspective usuels complète cette étude.

avec le langage actuel, lU1glossaire

lJintroduction de la Briefve collection
PAn É

, barbier chirurgien,

accoucheur

( . . . en dehors des chal11ps de ba-

tailles), se place comme un observateur essentielle. Sa référence théorique, GAL tomie. I E N (130-201)

qui a la vue COl11111e référence pratique de Galien. sur des

sous réserve qu'elle soit en accord avec les

faits constatés lors de son expérience, est le système d'interprétation Il se rend ensuite à Alexandrie où il y apprend

est né à Pergame il y débute ses études d'anala dissection et des textes d'.l-I l~ n 0 PHI L I~ et

singes et où il profite de la bibliothèque

d'E 1\A SIS T H.ATE en particulier. TIrevient à Pergame en 157, il est nommé médecin des gladiateurs jusqu'en 162. TI décrit le mécanisl11e de la respiration, les nerfs récurrents pensée. Il écrit: Ilutilité il expose lIDe anatotnie myologie: intercostaux, tendon et il cherche à établir que le cerveau est le siège de la des parties régionale du corps humain, avec des observations ouvrage dans lequel précises surtout en du

l11UScles du larynx, peaucier en systématisant

du cou, muscles du rachis, l11uscles les nerfs: sept paires de ner£~ crâniens

d'Achille, muscle poplité. Il reprend les descriptions

cerveau d'Rérophile

12

LE

COUPS

&

SES

MOTS

et trente paires de nerfs rachidiens. nerfs mous sensitifs. SES

TI distingue

les nerfs durs moteurs

et les

0 U V It AGE S écrits en grec puis traduit en latin sont la référence pendant tout le Moyen Âge. Jean Canappe physiologiques traduit en français œuvres de Galien; en traduisant accessibles aux barbiers: (chaud, froid, sec humide), la théorie humorale (le le livre de Vassée, il donne en de Galien et les rend ainsi

des universités les principales directement
-

plus une synthèse des conceptions

Les théories que Galien attribue à Hippocrate: la théorie des quatre qualités élémentaires sang, le phlegme ou pituite, la bile noire ou mélancolie, la bile jaune),

-

Les théories de Galien: le principe des démonstrations médicales qui
doivent être évidentes aux sens ou à l'intellect. Les quatre facultés naturelles des organes: attractive, rétentive, digestive et expulsive. globale du corps humain, insparties du corps humain qu'il ré-

PA H É présente

d'abord

une conception les différentes

pirée de Galien. TI distingue 1.. ESP gaments, ART lES

partit en parties similaires et parties organiques. SIM l L A l H ES, que nous appellerions maintenant les tissus, sont énumérées: les tendons, les humeurs, la peau, les muscles, les vaisseaux, les nerfs, les li-

les cartilages, les os. TI met à part la graisse, la moelle,

les gaz, les poils, les ongles qu'il considère comme des aliments 0 H GAN l QUE S ou melllbres organiques (que nous

ou des excréments. ]~ ESP ART lES appellerions par fonction). organes)

sont décrits selon leur vertu, (ce que nous désignerions sont le cœur, le foie, le cerveau; il

Les trois organes principaux

Y ajoute les testicules (le mot testicule signifie pour Paré testicule ou ovaire). TIcite la main comme un exemple d'organe.

Le corps du recueil
PAR É présente ensuite le corps humain en se référant aux anatomistes TIutilise le même plan que Mondinus, que Berengaria et

en suivant l'ordre de la dissection: Pabdomen, le thorax, la tête puis les membres. Da Carpi, et, plus près des os. de lui, Vassée. TIcite à plusieurs reprises Thierry de Hery comme collaborateur pour les dissections et Étienne de la Rivière pour la préparation

N[ 0

N DIN

0

DI

J~ u Z Z I (1275-1326) est parfoisappelé

Mondini, Mtmdini, Mondinus ou Mtmdinus. Il enseigne à Bologne et forme des élèves comme Bertuccio qui enseigna Guy de Chaulliac. Il réalise la prelnière dissection publique en 1315 et écrit en 1316 : De omnibus humani corporis interioribus membris anathomia. Les dissections se déroulent sur

13

_ \

1\1 B n OIS

E

P, \ n I~

quatre jours en C0111l11ençant l'abdomen qui renferme les organes les plus par fragiles: le premier jour, l'appareil digestif (membra nutritiva); le deuxième jour l'appareil respiratoire (membra spiritualia) et l'appareil circulatoire; le troisième jour le ventre supérieur ou crâne (membra animata) et le quatrième jour les muscles et les membres (extremitas). Le professeur lisait, le barbier disséquait et le démonstrateur (ostensor) montrait les organes disséqués avec une baguette: il étudie les parois de l'abdomen avec les applications pour les opérations de hernie et de la taille. Il décrit les viscères abdominaux et thoraciques. TItermine sa dissection par l'ouverture du crâne et l'étude de l'encéphale. Il écrit lill ouvrage d'anatomie Ilanathomia rédigé en 1316 et imprimé en 1478 d'après leMalaki d'Ablùcasis et le Canon d'Avicenne. BERENGARIO DA CARPI (1470-1530)publiedeux ouvrages d'anatomie: Commentaria super anatomia Mundini (1521) et Isagogae (1522). Il différencie les vaisseaux lymphatiques des veines, décrit l'appendice iléo-coecale, le thymus, le rein en fer à cheval. Il introduit le terme vas deferenset étudie le rôle des valvules cardiaques. TImet à l'honneur l'iconographie anatomique en cherchant à l110ntrerle relief par ce que Léonard de Vinci appellera le clair-obscur.

Les anatomistes à l'époque de Paré

L V IUS J AC QUE S (1478-1555) enseigne l'anatol11ieà Paris à la faculté de Chirurgie de la rue de la Bucherie. TIse réclame de Galien, mais il se démarque de lui du point de vue de la méthode: l'enseignement de l'anatomie se fait par la démonstration cadavérique commenté par le maître qui lit les ouvrages de référence qui sont le plus souvent des commentaires de Galien. Il publie des ouvrages anatomiques en latin en refusant toute illustration de peur de déformer la réalité, ce qui l'opposera à son élève Vésale.

Sy

TH 1ER R Y D E :H E R Y (1505-1585) Chirurgien français COIIDU le nom de Theodoricus, né à Paris en 1505, 1110rt n 1585 d'après sous e Paré. Il est attaché à François 1erpour l'expédition d'Italie, comme chinlrgien de l'armée. Après la bataille de Pavie en 1525, il étudie la syphilis à Rome, à l'hôpital Saint Jacques, et il apprend les frictions mercurielles mises au point par Berengario da Carpi. De retour à Paris il acquiert une renOl11mée grâce à sa méthode de traitement de la syphilis. Il a l'occasion de disséquer avec Paré, et c'est peut-être lui qui transmet les techniques et les

14

LEe

0 n

p

s

'-':

SES

i\1 0 T S

observations de Berengario da Carpi. Il publie: Méthode maladie vénérienne, Paris 1552.

curative de la


Louvain,

SA LE

A N D RÉ

(1514-1564), né à Bruxelles,étudiant à
de Sylvius de 1533 à 1536 avec TIinterrompt son séjour brude guerre il en-

vient suivre à Paris l'enseignement

entre autres: Michel Servet et Charles Étienne. Gennanique » qui l'oblige à rejoindre à l'Université Louvain.

talement à cause de la déclaration de guerre entre la France et le « Saint En1pire Il est chirurgien C01l11ne Paré, mais dans le camp adverse. Entre plusieurs seigne l'anatomie expéditions

de Padoue, où il travaille avec les élèves de l'ate-

lier du Titien ce qui aboutit en 1543 à la publication de son ouvrage remarquablementillustré«De humani corporisabrica » à Bâle,que Paré f
utilisera dans son Anatomie universelle, onze ans plus tard. N N E publie en 1539 un ouvrage avec son

C I-I A
tium

R LES

É TIE

prosecteur d'anatomie: retarde la publication corporis humani nibus a Stephano

Étienne de la Rivière. Un procès entre les deux hommes qui n'a lieu qu'en 1541 sous le titre: De dissectione parlibrites una cum figuris chirurgico compositis. et incisionum declaratioà la de ce La Rivière appartient

Rivieros

confrérie de Saint Côme. Thnnée après, Canappe publie une traduction travail que Paré cite à la fin de son livre.

J E A N CAN A P P E fut lecteur public de chirurgie à Lyon, il fait ses cours de chirurgie en langue française et publie des traductions des ouvrages de médecine et de chirurgie écrits en latin, en particulier l'ouvrage de Vassée. Il publie à Lyon, en 1538 : Le guidon pour les barbiers et les chirurgiens. Puis il devint lnédecin ordinaire de François let'en 1542.
V ASS
É E

L

0

y

S

est lill élève de Sylvius.

En 1540,

il fait paraître

à Paris un ouvrage intitulé In anatomen corporis humani tabulae quatuor. Ce livre est mentionné par Portal (Paris, 1770) dans son Histoire de IJanatomie et de la chirurgie, Vassée Loys devient Louis Le Vasseur de Châlonssur-Marne, disciple de Sylvius. TIs'agit d'un ouvrage contenant d'explications traduction tomiques théoriques des tables suivies inspirées de Galien. Jean Canappe en 1542 publie la soit de IJhomme ou de la ftmme) premièrement en fran-

de cet ouvrage chez Étienne Dolet à Lyon sous le titre: Tables anadu corps humain Jean Loys Musée) et depuis traduites

composées en latin par Maistre coy par Maistre compare Canappe.

Le plan de ce livre est très voisin de celui chez Paré et chez Vassée: l'objectif de

utilisé par Paré. Certains passages de Paré sont inspirés de ce travail, R. Chauvelot le passage sur le diaphragme

15

.\ M B H 0

ISE

P ,\ H É

Paré est de simplifier le texte de Vassée. TIl'utilise surtout pour les interprétations de Galien. TI ne cite Loys Vassée qu'à propos de sa description ganes génitaux de la femme. Les observations Paré contredit criptions est du fonctionnement de Paré diffèrent souvent du livre de Vassée. les conceptions de Galien reprises par Vassée pour ce qui concernant les commlmications il décrit W1e cloison inde l'utérus et des gonades. Paré ne reprend pas les descardiaques et l'os du cœur: des or-

de Vassée et de Charles Estienne qu'il appelle diaphragme.

entre les deux ventricules terventriculaire

Paré ne reprend pas les considérations la fonction et la fonction sensitive à la partie antérieure.

de Galien sur le cerveau. En effet, du cerveau, et plus Aujourd'hui, ceci n'apparaît

Galien admet que la fonction l110trice est à la partie postérieure fondé puisque la fonction

motrice est localisée dans le lobe frontal, en avant,

sensitive, dans le lobe pariétal, en arrière.

* * *

~
II La manière de Paré

~

.\ M B n 0 ISE

P ,\ n It

vons entrer inouïe)

A
tomique.

M B n 0 ISE

PA 1\ É est lU1explorateur, D E FOE

C0111lTIee capitaine Misson, l Misson car, chance

pirate dont D.

livre le lTIanuscrit de sa vie: « Nous pouen français où il expose lui-même de suivre Paré dans ana-

avec précision
» I

dans la vie du capitaine

nous disposons dJun manuscrit

le détail de ses actions.
Nous disposons,

nous aussi, d'un tel texte permettant est l'occasion de découvrir

sa conquête du corps. Il s'intitule Briefve collection de lJadministration Sa publication son auteur. lliuvrage les concessions

tout à la fois lill texte et du corps humain. Dans ce court ouCe texte, en es-

est peu connu, peu lu, quant à Paré, il n'a pas encore fait universelle de Paré sont indissociables.

consenties dans sonAnatomie

La langue et la personnalité vrage, le style exprime

le naturel de sa démarche

d'explorateur.

français, que Paré n'a pas eu le temps de corriger, constitue un témoignage sans avoir pu surveiller l'impression fioriture, exprimant rhétorique pleinement

sentiel (Paré avertit le lecteur au début qu'il a dÙ partir au camp de Boulogne de son livre). C'est une version brute, sans le sens du travail de Paré. Il s'agit pour IlÙ de le montre. foi~, lill corps est:

rendre concret le corps humain, de le connaître tel qu'il est, et non comme lille précieuse de la Renaissance, Se plonger «un parler dans ce texte, c'est découvrir, pour la première quJà la bouche »? Paré et les illustres, Paré et Ce qui nous penTIettra de

humain pensé en français, avec une langue qui, comme l'écrit Montaigne tel sur le papier

Après avoir situé ce texte de Paré dans son époque et dans sa propre évolution, nous proposons lU1e mise en perspective: d'exploration. ses lecteurs, puis Paré et sa technique lTIettre en IlUTIière l'homme

de Paré, la nature et la vie.

L'e/rploraleur
été commentés,

et sorllerrlps
par NI A L G r\ l G N E

Le contexte dans lequel PAn É a écrit cet ouvrage, et son contenu, ont
de manière plus ou moins bienveillante

et de ou par CH A U VEL 0 T . Au-delà des influences de VA S SÉE CAN A P P E 4, c'est bien de Paré dont il s'agit5 .lliriginalité de sa démarche
détonne dans une première scientifique moitié de siècle où l'académisme et, s'il le faut iconoclaste. fait loi. Paré se veut résolument et la spontanéité Ce qui donne la verve

3

de ce livre. PA 1\]~ veut aller à l'essentiel et se faire comprendre.

C'est le seul objectif d'un ouvrage sachant interpeller son lecteur dans lU1style
1. Les notes figurent page 33.

18

LEe

0 R PSI.\:

SES

M

()

T S

direct pour mieux démontrer: «Et pour bien montrer cesfaits) ilfaut commencer par enlever les muscles précédents par la portion antérieure du ventre) à deux ou trois doigts de la ligne blanche. Et notes aussi que la ligne blanche forme une séparation pour les muscles longitudinaux) lJun de lJautre.» 6.
La franchise et la jeunesse se dégagent consacré comme le« chirurgien l'apprenti de l'Hôtel-Dieu ture, accumulant les expériences a parcounlles de ce texte. Paré n'y est encore pas 7. Pour en arriver là, le champs de bataille. Il a pris la stasérieux, cuhOl11me de la uni-

de 4 Rois de France»

et les voyages, de celui qui sera nommé

Père de la chirurgie portrait

française. Nul n'oublie de louer ses qualités: de son temps, l'image de l'honnête sied mieux au rédacteur de la Brie.fve collection.

rieux du savoir, modeste, d'une conscience Renaissance.

appliqué, fidèle en amitié. .. Se trouve ainsi dressé le de l~natomie

Cette description

verselle qu'à l'aventurier

Ce dernier trait, nous le retrouvons COl11l11e es rois, enchaînant d explorant et divulguant lui proposent,

chez ce médecin soignant les hUll1bles militaires et, malgré ces guerres, des techniques chirurgicales. barbier,

les campagnes

les bases scientifiques

Toujours à l'affût, il s'intéresse aussi aux remèdes que médecins et apothicaires de rencontre comme son compagnon traitement Thierry de Hel] qui ramène de Rome un nouveau Eimage d'Épinal est pesante. Paré y a contribué contre la syphilis. historiques d'une univeril passera la reconnaissance rapportées ici. à lire le grec, le personnelle. louent sans après

de Paré comme

pour d'autres personnages

en recherchant

sité très critiquée dans ce premier texte. Réconcilié avec l'institution, ensuite sous silence certaines des observations Einstruction limitée pendant sa jeunesse, son incapacité

latin et les langues savantes, l'ont conduit à se forger une méthode TIl'expose dans la Brie.fve collection son effort dans la rédaction hésitation, maladresses, nous préférons adroits n'en sont pas moins jubilatoires de ses premiers textes et, notamment, nous y voyons un homme et novateurs.

en des ten11es qlÙ pour être parfois malSes biographes

de ses œuvres et notent la facture 1110inSélaborée de la BriefVe collection. Pourtant, qui sc met à sa table de travailcc texte. Paré s'y l110ntre tel qu'il est et malgré ses

celle de dissection - et écrit. EÏntérêt n'est pas seulel11ent anecdotique. Beaucoup y ont vu un homme de terrain, gauche, hésitant, tentant de jouer dans la cour des grands. C'est un barbier chirurgien crire dans une tradition sant lill traité d'anatolme être lui-même Cette exploration autonome, reconnu qlÙ veut divulguer lill savoir et s'inssans savante. Pour cela, loin de singer, il innove en proponon couplé à lill livre de chinlfgie, par l'université; fait de lui un homme et cela dans sa langue. de la Renaissance

lill anatomiste

si personnelle

19

_

\ M B n 0 ISE

P ,\ n It

singulier; loin des intellectuels de l'époque, mais soucieux de transcrire la connaissance du corps et d'apporter sa pierre à l'édifice du savoir. La grande affaire de son étude est de dévoiler le corps tel qu'il est. Bien que respectueux de la tradition hippocratique et galénique, adaptée par Vassée et Canappe, Paré veut apporter sa contribution. Son incapacité à recourir de manière exhaustive aux textes canoniques le pousse à faire confiance à ses capacités d'analyse. C'est donc instruit des grandes lignes de l'anatomie, qu'il se lance dans une investigation originale. Résolument, il tourne le dos à un enseignement dogmatique, à lme répétition respectueuse et stérile des anciens. Ce mérite fut reconnu à Vésale, surtout pour l'expression iconographique qu'il a donné du corps humain, Paré cherche une expression verbale moins spectaculaire, moins lu-uversellecar liée à sa langue, mais intéressante par la méthode. Il se met dans la peau de l'explorateur et entame ainsi la rédaction de ses observations. Le récit de ses expériences de dissection est celui d'une conquête. Celle d'un espace trop souvent rempli de fantasmes, comme cela a pu être le cas avec le recours trop systématique à l'analogie animale 8. Ce texte est l'exposé, sans concession, presque brutal, de la dissection. Nous pénétrons dans le corps guidé par Paré. futhétisme n'est pas sa préoccupation, il commente sans s'encombrer de précautions oratoires. Pourtant, malgré sa technicité et ses lourdeurs, la langue n'est jamais sèche. Elle se veut juste l'exposé fidèle de la réalité. Cela n'empêche pas Paré de justifier ses intentions .
Nous remarquons son positionnement. que les premières pages de son texte sont consacrées à TItente de s'inscrire dans la tradition historique et savante de sa démarche.

et s'adresse au lecteur pour signifier la pertinence

Les illustres PAR É commence par donner une image générale du corps hlUTIain: c'est pour lm tell1pS les travées de l'Hôtel-Dieu et un microcosme. Abandonnant dans une tradition philosophique. sont convoqués

les remparts des villes assiégées où il exerce si souvent son art, il veut s'inscrire Nous voyons là un auteur soucieux de fourPlaton. Qu'en a retenu Paré ~ il a lui-ll1êmc nir une certaine aura à son texte. De manière vague, les anciens philosophes et plus particulièrement Le corps est un microcOSll1e car, si Dieu a créé le monde, immortelle».

construit ce petit monde. Le corps devient ainsi le « domicile et logis de Pâme ridée retenue par Paré est bien que lc corps est lU1Cconstrucpour comprendre sa démarche. TIne s'agit pas pour tion. Ceci est fondamental

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Paré d'entamer une analyse détaillée des textes platoniciens ou d'autres. Il se contente de noter une idée simple, forte qui étaye sa démarche d'expéru11entateur et d'homme de terrain. Ceci s'explique par le fait qu'il est guidé par l'œil. Il n'est pas lU1intellectuel nourri des pages du Timée de Platon qui se livrerait à des exégèses sur Aristote ou autre école d'Alexandrie. Non, il est l'apprenti barbier qui regarde ses maîtres opérer, il s'instruit de ce regard qu'il saura porter tout au long de sa vie sur le corps. fuil, instrument de connaissance par excellence, qui per111et tout à chacun de voir l'œuvre de Dieu. Il nous invite à l'utiliser pour ce à microcosme, cette architecture divine qu'est le corps. Déjà, il note que ce corps est composé de substances propres. lidée d'un classement, de la reconnaissance d'un réseau de liens s'élabore et suggère Le bref recueil de IJorganisation anatomique. C'est bien en ce sens qu'il faut lire ce passage où Dieu et Platon ne sont que des architectes commcxles au service de la grande affaire de Paré: l'anatomie. Ce point réglé, Paré, reprenant la démarche de Galien, convoque lesgrands hommes. Défilent tour à tour: Alexandre le Grand, Marc Antoine et les rois d'Égypte, sans oublier les consuls rOmall1SSergius et Boethus ! Peut -être Paré en fait-illill peu trop r Mais ce défilé imposant se justifie pour lui dans sa quête de reconnaissance de l'anatomie. ~idée de rédiger un ouvrage d'anatomie, et qui plus est en français, n'est pas Uillocente 9. Paré veut donner ses titres de noblesse à W1ediscipline qui trouve certes sa place dans les traités de chirurgie, mais qui mérite la plu~grande attention. D'où cet appel un peu pompeux. Si tant de gens illustressont convaincus des vertus et des grandeurs de l'anatomie, il n'en sera que plus facile de persuader les lecteurs moins connus et pourtant beaucoup mieux fréquentés.

Les lecteurs
Dans ce texte, Paré s'adresse à ses confrères barbiers-chirurgiens 10, à ses « amis». Qui de mieux placé que lui pour comprendre leurs difficultés r La première est sans nul doute, l'accès au savoir. Les langues savantes, le grec et le latin, sont inconnues des barbiers-chirurgiens. Paré avec franchise cite son propre exemple et en profite pour remercier Jean Canappe qui, par ses traductions et notamment celle de Galien, donne la possibilité de s'instruire.
En fait malgré toute sa déférence, Paré ne veut pas se contenter simple rapporteur, un intermédiaire entre 111aître Canappe veut ajouter sa propre expérience. d'être W1 Il et ses « amis».

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PAn

É

C'est tout d'abord celle de celui qui a appris à se défier des membres tion, le livre n'y est plus un vecteur de connaissance, l'image de Descartes, chirurgiens, désormais dénonçant la supercherie mais lill instnlillent

de la de À

faculté de Paris corsetés dans leur savoir livresque. Paré n'y voit que ratiocinapouvoir. TIraille ceux qui seront plus tard dépeints sous les traits Diafoirus. de l'enseignell1ent

scolastique,

Paré se moque de ceux qui se payent de l110t~ et laissent le soin à des barbiersmieux armés, de venir en aide aux malades. Les «fonsources de savoir, trouvent ne guérit enfin pour Paré lill mais les retaines grecques et latines»,

emploi où l'orgueil s'efface devant l'efficacité. TIn'oublie pas ainsi de rappeler ce conseil de Galien: mèdes dûment chirurgien « la langue pas les hommes: utilisés». son travail. TIrappelle ses travaux de et« le spectacle public barbier-chirurgien du Roi». dans de

I?expérience de Paré, c'est également les écoles de la faculté Paris et lieutenant Nous pouvons avec Thierry général

militaire, son passage à l'Hôtel-dieu du premier

de H eryJ maître

barbier-chirurgien

ici remarquer

rique qui est l'originalité s'échanger

deux choses. Il Y a déjà son approche empide Paré. Il y a aussi cette volonté d'agir au grand jour.

Ce qu'il dit, il le montre ou l'a montré. Le savoir doit s'exposer et ne doit pas dans le secret d'une confrérie. Paré, par l'écriture de ce texte place

pleinement
enselgnement

.

l'anatomie
II

dans une perspective

scientifique

car il insiste sur son et l'ouverture. Ici,

.
insiste sur la participation Paré compte sur ses lec-

Cette volonté pédagogique

il n'est pas question d'un savoir fermé et dogmatique. maîtres et que lui-même comprendre, chirurgien découvre aurait pu commettre. où l'observation

teurs pour rectifier les éventuelles erreurs qu'ils n'auraient pas décelées chez ses Ainsi se précise sa méthode joue un rôle clé. Voir, c'est

et comme il le précise dans son texte, il y a différentes manières le latin et les livres, le barbiersa curiosité à voir, qui ainsi n'hétout qui apprend doit surtout compter sur sa capacité à bien observer;

de voir. Si les gens bien nés ont le précepteur, et sa débrouillardise.

C'est l'holl1me de la dissection,

là où le médecin a déjà sa vision abstraite et l110délisée du corps. Ce plus que sa gloire personnelle,

qui est essentiel, èest la connaissance autant que ses doutes.

site-t-il pas à exposer sa l11éthode autant que ses réslùtatl), ses certitudes

TIY a un enjeu scientifique et thérapeutique dans la connaissance de l'anatomie, il l'a déjà dit, il le redit et le démontre dans le déroulement de sa des-

cription.

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1\1 0 T S

11analogie Paré commence par ouvrier: se distingue homme objet clairement par comparer le chirurgien à un ouvrier, il faut comprendre qui réalise un ouvrage. lliuvrier et le chirurgien ont un Paré l'ouvrage à l'ouvrier et le corps au chirurgien.

identifié:

du médecin qui a du dédain pour la masse corporelle et ne saisit il s'agit ici de connaître positivement, d'où la nécessité

qU'tU1 objet théorique. place l'anatomie il se démarque

comme pour toute science de définir son objet. Ainsi Paré, par cette démarche, comme connaissance clé. Cette analogie avec l'ouvrier paraît Encore tIDe fois, de rhétoute naturelle à Paré. Ils ont tous les deux des instruments. torique. Le chirurgien intervient, investit concrètement ainsi qu'à l'image du menuisier, table de dissection) Cette conception le chirurgien

des médecins qui glosent sur le corps, qui l'enveloppent

un objet concret. C'est

a sa table de travail (il évoque la Le minimum que l'on

et une manière de disposer l'objet, le corps sur cette table. laborieuse du travail est déterminante. comme du menuisier, c'est qu'il connaisse son ouc'est des résultats que nous attendons et ici en l'ocdes et la préviswn

doit attendre du chirurgien, vrage. Loin de l'intention, currence:

« [. . .] veiller sur la santé [. . .]pour le traitement

maladies».
La définition PAR É propose une définition de l'anatomie; plus précisément, il en cerne les grands principes. Elle est déjà la« division exacte» du corps. Paré ne part pas d'un modèle a priori du corps.llirdre suivi est celui de la dissection, à l'inverse de Sylvius ou de Vésale. Le corps séparé en trois ventres (inférieur, l110yen

et supérieur) est pour ainsi dire démonté pièce par pièce, comme fait l'ouvrier de son objet, et ce bien avant que Descartes pense le démontage du « corpsmachine» .
Après la« diviswn organique », il y a la« détermination ». il s'agit de savoir de quoi nous parlons, de rendre raison des organes (Paré emploie le tenne de membre ou partie organique un classement pour organe). il définit des critères qui lui perdes parties du corps d'après les critères suile nombre, l11ettent d'opérer la situation,

vants : La substance,

la quantité ou taille, la fon11e, la composition, l'action, l'utilité.

les rapports,

LAS U B S TAN C E est le prelruer critère détenrunant. Paré en donne un premier exemple qui paraît mystérieux au début de son texte. il explique la vraie peau ou denna en ces termes: «sa substance est spermatique. De cefait) en cas de perte dJune partie de cette peau) elle ne peut régénérer telle quJelle était. Mais) à la place) sefonne une substance appelée cicatrice ».

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E

P A HI::

Nous nous souvenons de la veltu dOl111itivede l'opilU11en lisant ces phra')es. Mais ici, du moins, il faut plutôt voir le résultat de la méthode générique signification d'observation de Paré. Il a vu le spenne séché, il voit la cicatrice. Le spenne devient le mot d'lU1e catégorie de substance. La suite du livre est plus claire sur la du mot substance: «Fartère pulmonaire est grosse) dure afin ». La substance est en effet essentielrapidement recevoir les images des elle eut été su-

quJelle ne se dilate pas facilement... molle et humide aussi bien pour mieux

lement affaire de dlU"eté ou de mollesse: «la substance du cerveau a été faite choses sensibles que pour résister à une aridité jette selon la succession du temps. .. ». EhlU11idité, la sécheresse, l'atidité viennent s'ajouter au dUl; mou, liquide, finalement la substat1ce spelmatique prend ici tout son sens. A I L l.J E est le deuxième cride meSlU"e. à laquelle

LA
Eévaluation

tère déterminant.

Q lJ A N '1' 1 TI~ ou LAT Après une investigation

où le toucher joue lU1 rôle déter-

minant, c'est ici lU1e approche visuelle qui dédaigne l'instrument

retient ce qui est court ou long, petit ou gros. À propos du larynx

il écrit: «le deuxième cartilage est plus petit que le premieJ) et plus grand que le troisième... ». Ce qui ne l'empêche pas de donner lU1certain nombre de précisions comme il le fait en parlant de la jambe et plus particulièrement du tibia et du péroné: égaux en longueur pelle grand « Toutefois) il faut ici comprendre que ces os sont celui quJon apmais non en largeur. CJest pourquoi taille».

focille devrait plutôt

être appelé gros focille et le petit devrait Même si les mesures ne sont pas préde

être appelé grêle) de moindre d'lU1e anatomie

cises, cette catégolie, la quantité ou taille pat-bcipe pleinement à l'établissen1ent plus juste en corrigeant des préjugés ou des impelfections

langage.
l~ A F () !lM E est le troisièlne critère déterminant. Ici le problème aucune image. des images paret

est particulièrement

intéressant puisse que ce livre ne comporte

Paré doit se contenter

des mot') pour illustrer et donner fonne aux pal-beS du

corps. Il n'hésite pas alors à recolU"ir à l'at1alogie, en donnant

lantes. Il a recours à différentes sources: tout d'abord l'alphabet lui-même, c'est au cœur des mots, dat1s la lettre qu'il trouve certaines de ses illustrations at1alogies: «de même monaire qui naissent trois valvules au niveau en dedans et se terminent de Forifice de Fartère pulen dehors) selon la forme À propos du crâne, À ».

de C ». Thlphabet grec est également mis à contribution. taux et elle est nommée Il faut remarquer lambdoïde

il écrit: « [. . .] la suture postérieure réunit IJosoccipital avec les ospariécar elle ressemble à la lettre grecque que Paré utilise l'image de la lettre C pour la forn1e des

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valvules de l'artère pulmonaire, alors que les anatomistes utilisent la lettre sigma ou sigmolde écrite s actuellement alors qu'elle était écrite c auparavant. ranalogie de Paré a le mérite de la clarté. Nous trouvons des images anllTIalières: «La forme du poumon représente [Jongle dJun pied de bœuf ». Des références à la flore sont observées pour la colonne vertébrale: «La cownne vertébrale ou épine dorsale est ainsi nommée parce quJelle a plusieurs apophyses ou formations ainsi quJon voit sur un églantier piquant avec desformations dont certaines montent en haut et dJautres descendent en bas ». Nous rencontrons également les objets les plus divers. La description du larynx est ainsi faite: «Le premier cartilage est éminent et apparent à [Jextérieu1; il représente un bouclier ou un écusson deguerre». Après le militaire, voici le musicien quand il s'agit de l'uvule ou luette: « On peut comparer cette partie à [Jarchet ou plectre de violespour IJaffirmissement de la voix) lui donnant de Famplitude) de la puissance et de [Jélégance ». Paré ne se prive pas non plus des analogies avec la mécanique. Ainsi, à propos de la division de l'aorte: «Le nerf récurrent droit autour de Fartère axillaire) de même quJune corde sJenroule autour dJune poulie) comme je [Jai exposé dans le livre des plaies faites par les arquebuses et les brûlures faites par la poudre à canon». -L A COM P 0 SIT ION est le quatrième critère déterminant. Elle pennet de préciser la définition de la substance comme dans cet exemple: «Le cœur est formé dJune substance plus compacte) plus dure que nulle autre partie charnue) il est composé de toutes espècesdefibres et ainsi il est plus fort et plus robuste pour faire ses mouvements naturels qui sont la diastole et la systole) cJest-à-dire la dilatation et la contraction ». E NOM B R E est le cinquième critère déterminant. Il suffit ici de dénombrer, ce qui n'est pourtant par la tâche la plus évidente: «Dans la jambe il y a treize muscles ou quatorze pour le mouvement du pied) dont sept sont à la partie antérieure. Ces muscles peuvent être réduits à trois et à la partie postérieure) ils sont sept ou huit. Je dis sept ou huit car on en trouve véritablement autant: toutefois) certains anatomistes nJen donnent que six».
L.J

I~A SITUATION est le sixième critère déterminant. Cela penTIet à Paré de localiser un organe, une partie du corps, surtout celles qui ne sont pas évidentes à l'œil: «En outre) il ne faut pas omettre ni oublier un cartilage situé au milieu du nez qui divise les deux narines». Cette

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P ,\ 1\ É

topographie comprend également les facultés: «La faculté de penser est située au milieu de Fimaginatwn et de la mémoire ajin que ce quJelle reçoive de IJimagination comme par une main puisse donner à la mémoire de IJautre » Dans cette dernière citation apparaît une autre modalité du classement: les rapports. La l11ise à plat du corps, son démontage, ne doit pas faire oublier que le corps est vivant et présente de multiples connexions: «À ce stade jJoserai en jinir avec ceux qui disent quJil ny a quJune seule membrane sur tout le corps. Mais ces membranes prennent des noms ou des appellatwns diverses selon les endroits. Par elles toutes les parties sont en connexion) ce qui est évident chez ceux qui souffrent dJune douleur localisée. Par exemple une douleur à IJextrémité du gros orteil augmente lorsquJon éternue. Cela sJexplique par la connexion décrite ». Nous reviendrons plus amplel11ent sur ce point plus loin.
]~ ETE le septième NI P É R A IVIE N T critère. Dans la continuité ou T E IVIP ]~ RAT «Le lJ RE est

de la recherche du sec et de l'hlu11ide, cœur est la partie la plus

Paré recense les parties chaudes carte thermique
«

du corps:

chaude de tout le corps». Paré découvre ainsi des variations qui dessinent lU1e changeante. Il explique ainsi la propriété de l'imagination: à la fa-

Sa propriété est de rapidement ou tardivement recevoir selon la tempédu cerveau) les espèces et notices des choses et les préparer

rature

culté et à la vertu réflexive».

L' ACT ION est le huitième critère. Il s'agit de montrer le fonctionnement, les mouvements des parties du corps: «Le mouvement circulaire sefait par la continuité des muscles de la partie mobile qui exercent leur actwn rapidement Fun après Fautre ».

L ' UTI LIT É est le dernier critèredu recueilanatomique et il se comprend facilementavecces exemples:En ce qui concernele cœur: « Or
quant à IJimage et Futilité de ces valvules) cJestde sJétendre et sJéleve1jet par ce moyen de boucher Forijice des vaisseaux où ellessont ». Paré explique de même pour les cavités des ventricules du cerveau: «Son utilité est pour IJélaboratwn de Fair et des odeurs inspirées par les narines pour la réfection de Fesprit animal comme celui des poumons au niveau du cœur».
r.anatomie

ainsi définie, Paré peut alors se livrer à son exploration du corps.
il faut donner à voir. Le corps est prêt à être livré alLX la voilà: Cette exploration

fuil

guide la démarche,

instruments.

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LE

COHPS

I.\:

SES

MOTS

La technique d'e.Tploratiorl
Déjà, comme tout bon ouvrier, il doit préparer le travail. La dissection, spectacle public, nécessite une rnise en scène. Ici, Paré est plus intimiste, lnême si les illustres et ses chers amis lecteurs semblent constituer le public devant qui il faut disposer le corps. Le rideau se lève, le chin1fgien-barbier est prêt à officier: «Pour bien faire la dite dissection) ilfaut placer le corps à IJenverssur une table supportée par un pivot de manière à pouvoir tourner dans tous les sens ».
Regardons la connaissance. instruments guilles sur le côté et nous voyons les outils indispensables «Aussi il faut à la quête de Le mieux des aiêtre muni TIne faut rien oublier, ne pas être pris au dépourvu. rasoirs) couteaux)

est de faire une liste, PAR É le fait avec minutie: appropriés:

ciseaux) écarteu1j araignée)

droites et courbes) scie) maillet) fil et ficelle) linges) étoupes) éponges) en place, Paré donne l'ordre du départ: «Et commentrois doigts au-dessus du bord saillant de la xiphoide)

sondes creuses) ou sondes cannelées». Tout est désonnais cer à diviser la peau jusquJau

pubis selon une ligne droite ». de l'apprenti barbier-chirurgien, il décrit des angles de découpe, il aussi ces derniers muscles) il faut TIprend soin alors Le corps ne se livre pas de nombrer devrait ces muscles chercher

Paré décrit ensuite à chaque occasion les gestes essentiels pour la dissection. À l'intention se garder multiplie les mises en garde: «En enlevant de bien montrer

de couper les veines et les artères mammaires» quelles sont les difficultés rencontrées.

aisélnent à l'observation. entre anatomistes. Ainsi

Ainsi à propos des muscles du larynx: «Note que ces celui qui voudrait les connaître)

muscles sont très difficiles à montre1j dJoù la difficulté une grosse bête comme un bœuf ou IJéquivalent dissections: montrer

». Eobsession

de Paré est de et

parvenir par tous les moyens à ses fins ; il livre des astuces éprouvées lors de ses «Et note que de peur quJon ait des difficultés pour trouver mettre
J

ces valvules) il faut

des petits bâtons ou autre chose dans les

orifices des vaisseaux jusqu aux cavités ventriculaires du cœur et marquer
chaque vaisseau». Le savoir-faire de Paré est développé tisfaire les désirs des apprentis lnort des dogmes page après page avec le souci de sales «novices» de l'expérience dit-il luicapable de car à Thierry chirurgiens-barbiers,

lnêlne. C'est ainsi qu'il envisage le progrès de l'art médical et chirL1fgical. La passe bien par la reconnaissance justifier ses titres: «Tellement de Hery quJon les voit transparents en disséquant)

ils nJont pas plus dJépaisseur quJun ongle. Ce que nous avons montré et moi) lors de la dissection dJune ftmme IJécole de Médecine de Paris en IJan mille cinq cent quarante

que nous disséquâmes

sept. Et pour-

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P ,\ H É

tant il est bien licite et utile pour le chirurgien de connaître soigneusement Fépaisseur et la finesse des os du crâne IorsquJilfaut trépaner ».

Voir
fuil et les instruments les plus inattendus, comme les petits bâtons, desest fondamental. Paré sinent le corps, le révèlent tel qu'il est. Il apparaît suivant l'ordre de la dissection, peu à peu. Il ne faut pas se hâter, savoir attendre a le souci de sa méthode, cré à la veine cave: «La (veines rénales) comme il le dit clairement seconde division dans le passage consaveines émulgentes

va aux lombes et aux tuniques

des reins. La troisième va aux reins) elles sont nommées ou qui traient. lieu et ordre de dissection». Le texte est ainsi émaillé de renvois qui structurent le temps de l'explication. teur aussi sûrement qu'il faut résoudre d'un écheveau cente vers les profondeurs corporel PAR É donne qu'un guide accompagnant

Les autres divisions seront exposées en leur le plan et définissent son lec-

bien une leçon. Il conduit

un voyageur. C'est tme desfaite d'énigmes du no-

invisibles, une odyssée étonnante complexe

en leur temps. De la peau jusqu'à l'os, c'est la découverte qui ne saurait tolérer l'impatience intellectuelle de Vésale, qui choisissant

vice. Et ce n'est pas encore l'assurance l'ordre inverse modélise, Précisons cela. La dissection

fixe le corps. Paré se présente C0111111e défricheur. un

établit une carte, elle permet de cOlmaître lU1 espace, 111ais

Paré veut en comprendre la dynamique, mettre à jour les connexions entre organes, en fait l'organisation du vivant. Cette préoccupation de physiologiste est permanente; Paré bute alors sur les limites de l'observation, de ses capacités techniques. Il trouve la parade. Étonnante, inattendue, de la part de ce chantre de la pratique. Parlant des vaisseaux spermatiques, il reconnaît son échec, alors ce que l'on ne voit pas avec les yeux, il faut le voir avec l'esprit! : « Mutefois) on ne trouve pas de méat au sens de la vue) ni par attouchement avec quelque instrument tant fin soit-il où sort cette matière spermatique. Mais il faut spéculer et observer avec Fesprit) cJest comme par exemple on voit sortir le lait de Fextrémité des mamelles chez les femmes ou les bêtes brutes en plusieurs et divers endroits. l:Jourtant on ne peut apercevoir de trou) si ce nJest que IorsquJon voit sortir le lait hors des mamelles ». llibservation de l'esprit se tourne ici vers l'analogie. Paré cherche à garantir la valeur de son hypothèse à partir d\me autre expérience, bien visible elle. Pourtant, de spéculations en suppositions, nous finissons par croire et non par comprendre. Du reste, Paré a le mérite de la franchise puisqu'il le re-

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COHPS

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SES

MOTS

connaît dans son analyse des humeurs de l'œil: «Et nul ne peut montrer une telle humidité par la dissection anatomique) cJestpourquoi il faut le croire par IJesprit ». Ne voulant pas cependant donner l'impression d'écrire une fable, Paré ajoute immédiatement: «Et pour cela examine lorsque IJhomme meurt) on voit clairement que cette humidité se dissipe et se

consume»

.

Cette utilisation du cadavre ne manque pas d'intérêt. ~anatol11iste investit un corps mort, mais Paré se plaît à observer l'œuvre de la nature postl11ortem. Ce que la nature a fait, elle le défait. llibservation préconisée par Paré est aussi une comparaison attentive du corps vivant et mort. Ce va et vient permanent entre vie et mort, cette recherche aboutit à la saisie d'un

corps mort qui met en scène la vie ou par excès- celase passe ainsi du vivant - ou par défaut: il n'y a plus ceci ou cela, et pourtant cela existait. Sa curiosité de physiologiste se heurte aux phénomènes les plus subtiles du vivant. Honnête, il renonce parfois à conclure: «Par ces vaisseaux selon certains sJétablit une communication entre Futérus et les seins. Cependant on ne peut pas se rendre compte visuellement de ces connexions. Je les ai cherchées chez des ftmmes enceintes de neuf; huit et sept mois mortes récemment ». Les entrelacs de la vie et de la mort sont parfaitement illustrés dans cette dissection. ~Odyssée de Paré mène aux frontières les plus secrètes du vivant. La spéculation de l'esprit a ses limites, pourtant, comme nous allons le voir, Paré ne manque pas d'imagination.

L'hornrne de Paré
Le naturalisme
Incontestablel11ent ce qui caractérise l'homme de Paré, c'est l'idée de réseau, autrement dit, la reconnaissance des fonctions organiques au sein de ce réseau. C'est la quête permanente des phénol11ènes qui manifestent la vie et son l11aintien. C'est pourquoi, il cherche, sinon à observer, du l110insà comprendre les connexions et les rapports qui se tissent dans le corps. Cc dernier est le lieu des communications et des interactions. Nous l'avons vu auparavant avec les supposées connexions des seins et de l'utérus, et encore le rapport entre les éternuements et les orteils. Cette carte du corps s'inspire essentiellement de la nature. Après avoir dès le départ qualifié le corps de microcosme, il insiste sur cc corps œuvre

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1 SEP

A n f~

de la nature, voulu comme tel. Cela revient comme un leitmotiv tout au long du texte: «Pour cette raison la nature a voulu »,« Et note à cet endroit que la nature par une grande providence a voulu faire», « la raison pour laquelle la nature a fait». Nous pouvons multiplier les exemples, mais le plus intéressant est de contempler, comme Paré nous y invite, l'œuvre de la nature. Nous voyons alors des racines, des troncs et des rameaux. Ce mcxièle arborescent trouve son meilleur exemple dans l'exposé de la veine cave: «De la partie convexe du foie) sort la veine cave) ayant semé desfibres comme despetites racines sur cette partie convexe. Et cesfibres ont leurs extrémités conjointes aux extrémités des veines semées par la veine porte. Dans la cavité du foie) la veine cave se divise en deux troncs) [Jun va aux parties supérieures) ce dont

nousparlerons en sonlieu J' [Jautreva aux parties inférieures)dJoùsortent
deux rameaux qui vont aux muscles de la colonne vertébrale». Pourtant Paré n'oublie pas son analogie avec l'ouvrier. Et s'il n'hésite pas à voir des poulies dans le corps, il va encore plus loin en écrivant à propos du cœur: « Ce sont des mécanismes de la nature dignes de grande contemplation ».
Là encore, l'architecte physiologiste Comment est la nature et les mécanismes participent, en bon qu'il est, au maintien se manifeste- t -elle r de la vie. Quelle est cette vie pour Paré r

La vie
Nous ne pouvons pas réduire le corps, vu par Paré, à un simple réseau de communication mécanique. La vie n'a pas encore déserté le Corps-l11achine. TI y a du chaud, du froid, de l'hru11Ïde et du see. Tout cela se cOl11bine, se transforme. Paré décrit une fantastique de cuisson, d'ébullition.. colie) ces humeurs plusieurs substances Eexplication formé cuisine intérieure. TIparle de combustion, et la mélan. C'est tout d'abord dans le registre de l'analogie que comme le vin nouveau) dans un tonneau)

Paré se place: « (. . .) cJest à savoir le sang) la bile) le phlegme sont faites se font par ébullition».

se fait plus littéralement

lorsqu'il déclare: «Et le sang enil est cuit) digéré) transDans l'espace apaisé à la recherche de

voyé aux mamelles

est blanchi par ces dernières)

en lait ». Cette vie est en acte, presque exubérante. baroque.

du cadavre, Paré retrouve les lieux de l'expression du vivant. C'est avant l'heure, une représentation Cela souffle, aspire, toujours l'équilibre qui est synonyme de vie harmonieuse. C'est lU1e mécanique organique, une entité habitée de mlùtiples l11ouvement~ : « (. . .) dans la tunique

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du palais)

à IJextrémité

duquel

il y a deux trous dJun côté et de IJautre) tout autant que les manques, voilà à est

par lesquels le cerveau pur;ge les choses superflues». Éviter les trop pleins, les surcharges, quoi se livre la machinerie de Paré. C'est le corps symbole d'une époque, de son participe de cette juste recherche, de la quête connaît que «car c)est une chose infaillible

indll~trie guerrière comme de son culte des passions. Cette idée d'équilibre centrale dans ce livre. Thnatomie d'un intel11lédiaire, d'une moyenne qui exclut les excès. Le microcosme les mêmes tensions que le macrocosme: la nature de façon coutumière

met entre deux contraires un intermédiaire.

Pour cela entre le crâne qui est dur et le cerveau mou) elle a mis cette membrane entre les deux». Eintel11lédiaire est de manière générale ce qui établit un ordre harmonieux et facilite le fonctionnement nous avons précédemment qui a voulu toujours du corps: «Et une telle chose se produit écrit par une grande providence une moyenne». du corps soient bien comme de la nature)

entre deux choses dures mettre

Paré parle ici des cartilages. TIfaut que les mécanismes lubrifiées, tournent

huilés. Ainsi à propos des articulations, il parle des roues de chatTettes, qui mieux plus facilement. En ce qui concerne le corps: « (. . .) la naqu'il faut la préserver.

ture a pourvu
muvre
toujours

en envoyant cette humidité glaireuse aux jointures».
de la nature est précieuse, si bien construite,
par une touche de bon sens: « (.

Paré, pour mieux le montrer, fait preuve d'une approche parfois bien naive, l11ais
caractérisée

. .) le cervelet estplus so-

lide que nulle autre partie du cerveau afin que la vertu de mémorisation y soit plus sûrement et plus longuement: car en une chose solide Fimpression est mieux gardée l11él11oire: «La nature qu)en une molle a voulu ». suivante, toujours dans la partie à propos de la afin car elle le foie au postérieure Encore plus significatif est l'explication la situer

quJelle fut plus cachée dans la partie la plus secrète du cerveau) garde le trésor commun de toutes les choses ». llibservation celui de l'homme. du quotidien des hommes pousse Paré à comparer père de famille. La métaphore

sociale vient confirmer que le corps disséqué est existentielle de l'homme. de son texte. Cela va du plus saugrenu seraient inaptes aux négoces

Jamais Paré n'oublie la dimension

C'est sans doute la part la plus touchante ainsi l'utilité du sphincter: «Sinon

lors de son exposé sur le sphincter au plus intime avec la sexualité. TIcommente les hommes contraints et aux actions civiles s)ils étaient Bon sens certes confondant, viril) laboureur de toujours aller à la selle».

mais Paré est fidèle à une approche simple du et de la nature humaine ».

corps. Elle s'exprime encore dans la qualification du membre viril: «Le membre du champ de Fengendrement

31

,\ M n n () ISE

PAn

É

Ce « cultiveur

»

comme il écrit encore, image bien la vision générale du
de la médecine. Œxpérience de

corps chez Paré. Avec elle c'est une approche

la dissection restitue une médecine de l'observation telle que la définira Claude Bernard 12. Tous les éléments semblent rassembler dans ce texte: le corps est vu comme un microcosme, voir l'évolution galénique la connaissance de ce monde corporel suffit à préhippocratique et à la conservation de l'être de ses états. Paré, inspiré de cette tradition les lois qui président

se plaît à découvrir

vivant. C'est en ce sens que son observation fusse le plus mystérieux «Et spécialement auditifs: grande (...)

ne doit rien laisser dans l'ombre,

et le moins aisé à observer. Voyant les oreilles COlnme du pertuis nommé auditif: afin que ni tait; aux nerfs qui par la

des coquilles ou des limaçons, la méthcxle de Paré lui permet ainsi de déduire: au niveau ni les sons) ni les autres corps ne parviennent impétueusement l) ce qui est connu par expérience des canonniers le plus souvent) deviennent

violence de tartillerie)

sourds».

Nous avons bien un médecin el11pirique qui décrit, prévoit, mais ne saurait agir concrètement Pourtant, simplement sur les maux, tout juste les prévenir. parce qu'il n'est pas médeTIne s'agit pas le il apporte l'idée de l'intervention. le développement Paré est plus que cela. Précisément, d'accompagner son évolution.

cin, mais barbier-chirurgien, plus justement que la pathologie se moquer curseur Bernard, C'est pourquoi,

d'une maladie en prévoyant

TIy a bien l'idée de revenir à un état antérieur devant certains résultats des chirurgiens. de Paré, nous pouvons Certes, en faire lU1préClaude pas nier il place pour paraphraser Nous ne pouvons physiologiques,

a fait perdre. C'est aussi pour cela que Paré n'a pas oublié de s'inclinant malgré les hésitations

des médecins

d'une médecine à l'état empirique

expérimentale.

de celle-ci, mais le fait que le seizième siècle voit des phénomènes

cette dimension

est déjà lme chose remarquable.

que Paré avait compris l'importance toute sa recherche en anatomie justement tifique, véritablement vième siècle.

dans cette perspective.

Ce livre remet Paré plus seulement au dix-neu-

à sa place de défricheur et de précurseur

d'tme l11édecine plus scien-

eXpérimentale qui se développera

Et puis nous ne pouvons pas oublier les derniers mot') de ce texte. Ils font de l'homme dagogique de Paré lm homme qu'est le squelette l110derne scientifiquement parlant. La fin du de l'objet péLa composition texte conseille l'apprenti barbier-chirurgien dans la construction

articulé de la salle d'anatomie.

de cet outil du savoir résume à elle selùe la volonté scientifique de Paré. TIs'agit de faire bouillir les os, puis de les assembler lme fois séchés avec des broches de fer. C'est annoncé dans le titre de l'ouvrage. Le recueil anatomique « la manière de réunir les os ». La leçon finit par la description «Et pour garder cours où le savoir peut être divulgué: longtemps prévoit ton osde la salle de

32

LE

COHPS

&

SES

MOTS

téotome sec) il ne faut pas le mettre en un lieu sentant le moisi) ni humide) mais en un lieu sec) de peur que les os ne chauffent) noircissent et par conséquent pourrissent». N'oublions pas non plus que le titre est complété de la manière « dJextraire les enfants aussi bien morts que vivants du ventre de la mère». Nous ne pouvons pas ne pas rapprocher cela de la dernière phrase de ce livre: «La mort estfin et principe de vie ». Paré met face à face la vie et la mort, et les réconcilie. Loin de grandes digressions philosophiques sur l'êtrepour-Ia-mort comme le dirait le penseur moderne, Paré livre cette phrase sans précaution oratoire. Du reste vient-il de mettre en garde contre le pourrissement de l'ostéotome ! Cette phrase a des côtés éqigmatiques pour un lecteur moderne nourri des travaux de François Jacob 13.

«La mort est lafin (...) de la vie. » Observation bien triviale de Paré, l11aiS prend une autre valeur lorsqu'il considère qu'elle est également «le qui principe» de cette vie. Nous y voyons le résultat de son approche physiologiste. ~inerte ne peut pas être malade, ni mourir. Paré, fidèle à sa méthode d'observation, à son réalisme, peut alors voir dans la mort le principe de la vie, puisque sans mort il n'y a point de vie. Cela permet d'évincer une réflexion angoissée ou tragique de la mort. Elle fait partie du quotidien du barbier-chirurgien qui doit lutter contre les maux et reconnaître la toute puissance de la nature et de son créateur: «Je lepensay et Dieu leguérist. ». La fonnule de Paré est à l'image de l'homme de Paré révélé par ce texte: humain, tout simplement humain. . . ~
NOTES

~

1. DAN

I E L

D E FOE,

Libertalia

-

3. LOD

0 I C lTS VA S S S 0 EUS élève de Jacques Sylvius,

Une utopie pirate,

p 9, l'Esprit

Catalaunensis,

frappeur, Paris, 1998.

auteur de Loïdoici Vassaei Catalaunenris in anatomen corporis où est de

2. NI 0 N T A I G NE, Les Essais, Strowski - Gebelin - Villey, Édition «municipale », Bordeaux, dite 1906-1933.

humani

Tabulae quatuor,

résU111éeen quatre Tables l'anatomie Galien et d'autres - 1540.

33

.\ M B n

()

ISE

p, \ n t~

4. .TE :\ N C:\ NAP P E Contrairement à la farulté de Paris,

voir Histoire «Que

de l)anatomie

humaine,

sais-jer », PD.F., Paris 1997. de PA n I~ les

jalouse de son savoir, on trouve à Lyon en sa personne véritable bienfaiteur chirurgiens traductions un

10. On trouve à l'époque médecins

de la Parulté de Paris fondée de la confiérie de robe

pour les barbiers

en 1270, les chirurgiens de Saint-Côme

à qui il propose des en fiançais de textes à leur

ou chirurgiens

longue (connaissant

le latin) et enfin de robe courte

rédigés en latin et indispensables apprentissage.

les barbiers chirurgiens

(les anciens barbiers) qui depuis 1505 ont un examen devant les deux chirurgiens Les rapports corporations médecins regardant U 1\1A Î T nE, jurés et le médecin du roi. des différentes sont difficiles, entre des

5. Sur les influences de CAN :\ P P E , voir l'index en fin d'ouvrage au vocabulaire 6. A. technique. consacré

P A fi É ; toutes les citations de

Paré sont extraites de la Brievfe collection. 7. PAU LED Ambroise

imbus de leur pouvoir et avec Inorgue les chirurgiens se

se livrant à des actes vils, eux-lnêmes de 4 Rois détnarquant ignorant des barbiers chirurgiens

Paré. Chirut;gien

de France, Librairie Académique Perrin, Paris, Fondation Polignac, Paris, Gauthier 1986, Réédition 1990. Singer - Villass,

le latin. de la Inême manière de l'alchimie qui

Il. Nous pouvons opposer

le grimoire

réunit le maître et le disciple et le manuel de chimie où le professeur expose à des élèves.
12. C. BER NAn D

B. Nous pensons à GAL I E N et ses emprunts 9. M. à l'anatomie du singe.

S:\ K K A dans son ouvrage de l)anatomie humaine,

,

Histoire

Introduction expérimentale, Delagrave,

à l)étude de la médecine

précise que, hormis les traductions libres de chirurgie, d'anatomie peu de vrais traités Il y a

Paris 1865,

sont disponibles.

4e édition, p. 312,

bien: Cy est l)anatomie Mundin boullonoys:

de maistre mais cette DE

Paris1920.
73. ]i It
AN

ç0

I S

.rA con,

version fiançaise de wI 0 N DIN 0
L u Z Z I est éditée à Paris en 1532

Le jeu despossibles, Fayard, Paris, 1981.

-

*

*

*

~
III Analyse de la Briefte collection

~

tracé les incisions cutanées, ce qui lui sert de prétexte pour décrire la peau avec ses deux parties: musculaire. I1abdomen et l'artère épigastrique brane ou aponévrose atteintes. ou ventre inférieur et la ligne blanche, Il décrit le rôle des et ses le denne et l'épiderme; superficielle puis la graisse sous-cutanée. Il décrit ensuite l'aponévrose divisée en panicule charnu et aponévrose

I

La technique de dissection
Ll N D I QUE les conditions et installation. pratiques pour réaliser lIDe dissection: inspar le trument Puis il décrit la dissection en commençant

l L MON THE les huit muscles de la paroi abdominale qu'il noml11e artère mamillaire. d'enveloppe

l11uscles. Il remet en cause la théorie selon laquelle il n'y aurait qu\u1e l11el11autour du corps. Il décrit le péritoine comme nous le faisons actuellement. Il décrit l'épiploon ou omentU111. Il décrit les intestins et le l11ésenSeule la

tère, dans le sens de la digestion

lÏn1ite du rectum est différente des limites actuelles, puisque Paré l110ntre l'origine du rectum en avant du rein gauche. Ainsi, pour lui le rectum correspond à l'ensemble du colon descendant, du colon sigmoïde et du rectum. Paré décrit la veine porte dans le sens inverse du courant veineux, se distribuant dans le mésentère, le pancréas, l'estomac, le foie, la vésicule biliaire, et les testicules (gola rate, la veine cave, les reins, les vaisseaux spennatiques description actuelle. et le développel11ent du fœtus.

nades mâles et femelles), la vessie, la verge, l'utérus. C'est le sens inverse de la Il décrit ensuite la fécondation

Le thorax ou ventre moyen
l Leo MME NeE par la paroi du thorax en insistant et son innervation, nous l'appellerions comme surtout sur le.c;; muscles intercostaux Le contenu médiastinale et le diaphragme enfin la plèvre. par le médiasl'espace entre les Le péen par-

du thorax est ensuite analysé en commençant est décrit actuellement Les poumons

tin qu'il décrit comme une membrane, (le médiastin deux cavités pulmonaires).

actuellel11ent plèvre

sont décrits avec leurs lobes trois à Ensuite le.c;; vaissealLX du thorax
toute.c;; décrite.c;;

droite et deux à gauche et leur plèvre qu'il appelle tunique pleurétique. ricarde puis le cœur sont ensuite envisagés.
avec l'aorte et la veine cave. Le.c;; artère.c;; et les veine.c;; sont

tant du cœur vers la périphérie.

Le cou et la tête LEe 0 U avec les carotides, les jugulaires, le plexus cervical, la trachée, le larynx, l'œsophage.

36

LEe

0 n

p

s

&: SES

1\10 T S

Paré décrit ensuite la face avec la bouche, le palais, la luette, les dents, les lèvres, les muscles masticateurs, Puis sous le terme: mençant la boîte crânienne: quadrijumeaux, et le rete admirabilis. ou ventriculaire cules cérébraux tuation complètement les mâchoires, le nez, les oreilles. de le reste des parties de la tête il décrit le crâne en comet le cerveau, les ventricules, les tubercules

par le cuir chevelu, le péricrâne et les os du crâne. Puis le contenu les méninges

la glande pinéale, le cerveler, le vermis, les corps mamillaires TIexplique ensuite le fonctionnement du cerveau plaçant aux ventrisien arrière. Il reprend la théorie cellulaire

la sensibilité en avant et la motricité d'Hérophile

à la mode au Moyen Age attribuant ventricule,

des facultés: faculté de penser dans le troisième ventricule, dans le quatrième fantaisiste.

de la mémoire

ce qui s'est révélé

Puis il décrit les nerfs crâniens: Paré distingue manière analogue: La première paire ou première conjugation c'est-à-dire la deuxième aux nerfs oculomoteurs, de nerfs crâniens actuels. La troisième paire de nerfs crâniens ou troisième conjugation au nerf trijlUTIeau ou cinquième La quatrième La cinquième branche du nerf trijumeau paire de nerfs crâniens ou quatrième qui limerve le palais. conjugation actuelle. correspond aux IX, le nerf corresce sont les nerfs du conduit paire de nerfs crâniens ou cinquième VII et VIII dans la nomenclature correspond est lU1e paire de nerfs crâniens actuellement. conjugation correspond aux nerfs optiques, actuelle. correspond paire de nerfs crâniens de la nomenclature c'est-à-dire les troisième, quatrième 7 paires de nerfs crâniens cOlrune Galien et il les décrit de

La deuxième paire de nerfs crâniens ou deuxième conjugation

et sixièlTIe paires

pond au nerf facial et au nerf cocWéo-vestibulaire, auditif interne numéroté

La sixième paire de nerfs crâniens ou sixième conjugation nerfs du trou déchiré postérieur, pnelUTIogastrique

c'est-à-dire le nerf glosso-pharyngien,

ou vague et le nerf accessoire, soit les nerfs numérotés

X et XI.
La septième paire de nerfs crâniens ou septième conjugation aux nerfs grand hypoglosse supérieur qui actuellement Enfin Paré distingue tion prédominante Œtude est décrit avec le XI et le X. deux actions pour les ner£~ le sentiment (sensibilité) pour lui les nerfs sont tous mixtes, mais c'est l'acpar la dissection des yeux, des mll~cles mode l'œil. correspond laryngé ou XII auquel Paré associe le contingent

et le lTIOUVement (motricité),

qui est prise en compte.

de la tête se termine

teurs oculaires et de la structure

37

,\ 1\1B n 0 ISE

P.\ n É

La colonne vertébrale medule, sont présentées

et la moelle épinière, que Paré appelle la nuque ou comme les effecteurs du cerveau.

L'anatomie des membres
C ' EST L' 0 C CAS ION pour Paré de décrire l'anatomie générale des muscles et les principes d'étude de leur action. Puis il décrit les muscles par groupes musculaires: les muscles de l'épaule, les muscles qui déplacent la scainférieur avec les pula. Le membre supérieur est décrit sous le nom de bras avec les os, les l11uscles, les nerfs les artères et les veines. Puis il passe au membre l11USclesqui déplacent le fémur. Le membre de jambe avec le découpage inférieur est décrit sous le nom des os du pied.

régional, puis les os, les muscles, les nerfs les arce chapitre par lill sommaire

tères et les veines. Paré tennine

La description des os et des articulations
L A FI N de la dissection est une étude des os frais et des articulations, suivie d'une technique de conservation et de préparation des os secs.

d'extraire
PAR É Y D É c

La manière les enfants du ventre de la mère

nIT lestechniquesd'accouchementnormal et patho-

logique (qu'il appelle contre nature). TIenvisage l'extraction d'un enfant vivant chez une patiente morte et l'extration d'un enfant mort chez une patiente vivante. TItennine par les problèmes de rétention placentaire qui peuvent suivre l'accouchement.

* * *

~
IV Le texte de Paré

~

Le te/Ele de Paré

France, édition datée de 1550 et annotée de la main de PAn

P

O lJ n

É TAB LIn

CET

EX T E de la Brievfe

collection,
É

nous en de

avons utilisé l'unique

édition conservée à la Bibliothèque

Nationale

.

L.es abréviations et l' orthogTaphe
De nombreuses abréviations jalonnent le texte ce qui rend sa lecture difficile dans le texte original; par exemple:

- Sinus est écrit fin 9, thym 9 pour thymus; 9 en exposant est souvent utilisé pour us à la fin des mot'), nous retrouvons cette convention dans un texte de S y L V lU S paru en 1552. - Provenir est écrit spuenir lisé poru- pro. le v est souvent noté u : spvenir; le s est uti-

- Partie est écrit ptie, lep est utilisé pour par.
-

Le mot compression est parfois écrit capressw avec un tilde sur chaque
o pour remplacer le n ou le m. De même vetricule pour comme. . . pour ventricule, coe

-

Le mot vomissements est éaitvomibemes, left remplacess comme nous
trouvons actuellement dans la langue allemande. qtite pour pancréas, le à est mis pour an (f 10) de même que le u et le v ou que le s et lef, circunuolution pour circonvo-

- Quantité:

-Qui: q
-lJàcreas

Les i et lesj sont confondus, ce qui rend l'interprétation lution; ouurir llirthographe prostate, rurgien pour ouvrir (f Il)

parfois hésitante:

n'est pas fixée: à pour a, «crolon» poru- colon,prostade ou anatomie; cyrurgien

ou

deux orifices (f 14) anathomie paru- chirurgien,

ou chy-

graphes de PAn É toutes les fois que cela n'apparaissait
typographique rections qu'il avait faites de sa main.

cens pour sens... NallS avons conservé les orthopas être une erreur

(u à la place de n par exemple). Nous avons respecté les cor-

40

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