Bonheur et politiques publiques

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Pourquoi le bonheur est-il important ? Quelles sont les limites d'une société qui ne se préoccuperait que de bonheur ? Comment construire des politiques publiques sur les résultats de la psychologie du bonheur ? Comment lier développement durable et bonheur ? Comment introduire des politiques du bonheur dans les politiques internationales ? Voici une réflexion sur la manière d'infuser du bonheur dans les politiques publiques.
Publié le : mercredi 1 février 2012
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EAN13 : 9782296480957
Nombre de pages : 162
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Renaud GAUCHER
Bonheur et politiques publiques
Une approche scientifique et un bout de programme pour lélection présidentielle de 2012
L'Harmattan
  
          
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A ma nièce Lisa et aux autres enfants que ma sur aura peut-être,
Aux enfants que j'espère avoir,
A l'enfant que j'étais et qui ne comprenait pas pourquoi les adultes avaient créé un monde aussi bête.
INTRODUCTION LE TEMPS DU BONHEUR
Quand j'étais enfant, je lisais et relisais des livres d'histoire. Dans ces lectures, une chose me surprenait plus particulièrement. Contrairement à nos ancêtres, nous vivions dans un monde où l'abondance était possible et où la maladie reculait, alors je me demandais pourquoi ces progrès ne bénéficiaient-ils pas à tous, pourquoi le monde des adultes était-il si bête? Cette question a structuré une grande partie de ma vie et de mes choix jusqu'à au-jourd'hui. D'un point de vue historique, il convient davoir en mémoire qu'il y a trois cents ans à peine la vie était à un niveau de précarité inconnu aujourd'hui, même dans les pays les plus défavorisés. Un enfant sur quatre mourait dans sa première année et seul un enfant sur deux atteignait l'âge adulte. Les enfants de rois mouraient des mêmes maladies que les autres enfants. Quand un enfant atteignait l'âge adulte, il pouvait alors espérer vivre en moyenne autour de quarante ans. En ce qui concerne les femmes, une proportion im-portante mourait en couche. La mort avait une présence quoti-dienne, mais aussi des soudainetés. D'une année sur l'autre, du fait d'une épidémie ou d'une famine, le nombre de morts pouvaient jusqu'à quintupler, voire même décupler. La vieillesse était excep-tionnelle. A la précarité de la vie d'alors, il faut ajouter que l'idée selon laquelle la recherche et la science pourraient résoudre dans le futur des problèmes millénaires n'existait pas ou alors dans
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quelques esprits d'avant garde. Aucun progrès ne semblait possible lors de la vie terrestre. Ce monde était aussi un monde de pénurie quasi généralisée. La sous-alimentation était chronique. Il suffisait d'une mauvaise année pour que les récoltes soient trop faibles et que la disette, voire la famine, prenne. La crainte de mourir de faim était prégnante, entre-tenue par les souvenirs collectifs et individuels des disettes et fa-mines passées ainsi que par l'incertitude pesant sur la quantité des récoltes d'une année sur l'autre. Les aides d'une région à l'autre étaient compliquées du fait de la faible qualité des moyens d'in-formation et de transport. Ces aléas de l'alimentation s'inscrivaient dans une misère généralisée à l'ensemble des besoins des êtres humains. Les familles vivaient souvent dans une même pièce, peu ou pas chauffée lorsque le temps était froid. Le seul moyen de ne pas connaître la pénurie résidait dans le fait d'être du bon côté des inégalités. La Révolution industrielle puis les progrès fulgurants de la mé-decine, en particulier dans la deuxième moitié du 20ème siècle, ont ouvert sur un monde bien meilleur, un monde où l'on peut faire disparaître la famine et la disette, un monde où les enfants peuvent ne quasiment plus mourir et où la plupart des êtres humains peu-vent mourir de vieillesse, un monde aussi où chacun peut se dire que nous l'améliorons chaque jour qui passe. Les personnes qui vivaient il y a trois cents ans n'auraient jamais pu imaginer, si ce n'est dans un rêve, qu'un tel monde puisse être construit et que nous puissions vivre mieux que ne vivaient leurs rois. Le seul problème est que pour beaucoup d'êtres humains, aujourd'hui, ce monde n'est pas réel, il est juste potentiel. Ils savent qu'il existe mais ils ne peu-vent y accéder. Même pour ceux qui en font partie, de nombreux problèmes subsistent, par exemple les faits de violence ou la peur de déchoir du monde d'abondance. Habituellement, ce sont des approches normatives qui sont mises en avant afin d'essayer de régler ces problèmes. Ces ap-proches ont en fait quelque chose d'autoritaire. Certaines personnes, des scientifiques, des hommes et femmes politiques, des philo-sophes, décident pour les autres ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Ici, c'est une autre approche, une approche subjective, qui est utili-sée, plus précisément une approche par le bonheur.
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