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Cohabitation interculturelle au Bénin

De
166 pages
L'altérité et l'ipséité, thèmes brûlants au coeur du débat du vivre-ensemble, s'expriment tantôt en termes de rivalités, tantôt en catégories d'enrichissement réciproque. La cohabitation interculturelle revêt au Bénin une certaine spécificité. Comment gérer aujourd'hui ces deux types de relations, rivalité et amitié, afin qu'elles soient facteurs d'une paix durable et d'une cohésion nationale avérées où chacun assume pleinement sa différence tout en s'ouvrant à l'acceptation de l'autre ?
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Ciohab int C a Gaston Ogui Cossi
L’altérité et l’ipséité, thèmes brûlants au cœur du débat du
vivre-ensemble, s’expriment tantôt en termes de rivalité, tantôt Cohaitation
en catégories d’enrichissement réciproque.
Commune dans ses ambiguïtés à toutes les cultures, la
cohabitation interculturelle, indissociable de la paix, revêt, au inter Culturelle au énin
Bénin, une certaine spécifcité. Fraternelle, amicale et tissée
de plaisanterie et de jeux des alliances entre les Baatonu et Poids des préjugés ethniques et quête de la paix
les Yoruba, elle contraste avec celle existant entre ces deux
groupes culturels et le groupe fon. Toutefois, loin d’être
unidirectionnelles, rivalité et amitié caractérisent tout autant
les relations interculturelles qu’intraculturelles.
Comment gérer aujourd’hui ces deux types de relations an
qu’elles soient facteurs d’une paix durable et d’une cohésion
nationale avérée où chacun assume pleinement sa différence
tout en s’ouvrant à l’acceptation de l’autre ? C’est l’objet de
cette étude.
Gaston Ogui Cossi est prêtre diocésain.
Docteur en théologie systématique, il est
également détenteur d’un Master en Gestion
des Confits et Paix. Il est co-auteur, avec Francis
Barbey, de l’ouvrage : Pensées théologiques et
communicationnelles. Comment l’Afrique
peutelle défendre son identité dans le jeu universel ?
Paris, L’Harmattan, 2012. Il est professeur-chercheur et responsable
du département de théologie systématique à l’Université Catholique
de l’Afrique de l’Ouest/Unité Universitaire d’Abidjan.
ISBN : 978-2-343-03609-0
16,50 €
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Ciohab inte Ctu a
Gaston Ogui Cossi
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Cohabitation interculturelle au Bénin
Afrique : politiques publiques, sécurité, défense
Collection dirigée par Dominique BANGOURA
Cette collection a pour objet de publier des analyses qui portent sur
l’ensemble des politiques publiques en Afrique : politiques
démocratiques, sociales, sécuritaires, diplomatiques et de défense ayant
vocation à assurer la paix civile, la paix entre les Etats et le
développement. Elle donne un éclairage nouveau sur les acteurs internes,
régionaux et internationaux intervenant dans ces domaines, sur les
rivalités en jeu, les intérêts contradictoires et les menaces, sur les crises
politiques et les conflits armés. Enfin, elle identifie les importants défis à
relever et les alternatives possibles.

Déjà parus

Alfred BABO, L’« étranger » en Côte d’Ivoire, Crises et controverses autour
d’une catégorie sociale, 2013.
Ibrahima BAH, Les transitions politiques en Guinée de son indépendance à
2010, 2013.
SOSSA Dorothé Cossi (dir.), Nouvelles démocraties et socialisation politique,
2012.
KUMABA MBUTA Wutibaal, L’ONU et la diplomatie des conflits. Le cas de
la République démocratique du Congo, 2012. Gaston Ogui Cossi





Cohabitation interculturelle au Bénin


Poids des préjugés ethniques et quête de la paix













































© L'HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03609-0
EAN : 9782343036090 PREFACE
Il n’est un secret pour personne que la plupart de nos
sociétés souffrent de conflits latents ou ouverts dont l’une
des causes fondamentales est le refus du dialogue entre les
cultures, je dirais le refus de la différence. Ces maux nous
imposent parfois la déconstruction de nos schèmes de
pensée et d’agir et la remise en cause de la concorde
sociale. Le regard que nous portons sur l’autre, l’étranger
et sa culture n’est pas toujours positif. Dès lors,
transformer ce regard est, pour nous
enseignantschercheurs, un défi dans la mesure où nous sommes
appelés à contribuer à l’amélioration des conditions d’un
« vivre ensemble » malgré les différences.
L’Abbé Gaston Ogui Cossi, un enseignant-chercheur,
est l’un de ceux et celles qui veulent relever ce défi.
D’entrée de jeu, l’auteur dépeint les rapports sociaux et
culturels souvent infestés de préjugés, de rivalités et de
tensions. La vie sociale est ainsi faite. On peut bien dire
que les différences identitaires et culturelles sont
enrichissantes mais elles restent tout de même sources de
conflits.
Aussi, l’Abbé Ogui demande-t-il d’élever le débat sur
les conflits au niveau « réflexif », (comme si on ne le
faisait pas assez) en vue de relativiser le poids des
préjugés et des stéréotypes sur les rapports sociaux.
Peuton vraiment relativiser le poids des préjugés quand on sait
que ces préjugés ethniques occupent une place importante
dans les discours politiques africains ? Je crois, comme
l’Abbé Ogui, que les préjugés font partie de nos réalités
sociales et culturelles. Ils méritent une attention
particulière et doivent être gérés avec dextérité.
L’auteur se propose de trouver des mécanismes de
gestion des conflits en vue de construire une société où
« justice et vérité s’embrassent » et discipline et ordre font
bon ménage. Un projet ambitieux ! Au fond, l’ambition de
7
l’Abbé Ogui est de construire une « société
interculturelle », lieu de communion à l’universel national,
où chacun est respecté dans sa particularité. Ce projet
ambitieux est le fruit d’une observation empirique de la
cohabitation interculturelle entre Yoruba et Baatonu d’un
côté et Fon de l’autre. Aux rivalités interculturelles, aux
préjugés ethniques inhérents à cette cohabitation, l’Abbé
Ogui oppose et propose une amitié interculturelle.
Du point de vue méthodologique, l’auteur fait recours à
l’interdisciplinarité et met l’accent sur une sorte de
« composition du lieu », c’est-à-dire une méthodologie
axée essentiellement sur l’expérience socioculturelle de
ces trois groupes ethniques, expérience tissée de velléités
confligènes et des tensions historiques. Cette démarche
empirique jointe à l’enquête sur le terrain, a permis
d’aboutir à une conclusion selon laquelle les préjugés ou
mieux les rivalités interculturelles ne doivent pas nous
empêcher d’inventer un nouvel ordre social caractérisé par
les valeurs qui humanisent et respectent la dignité de la
personne humaine. Dans cette perspective, vouloir la paix,
c’est s’interdire de nier les différences culturelles et c’est
accepter que les groupes ethniques se reconnaissent
comme entités irréductibles, comme communautés de vie
et d’aspirations.
Au bout de cette démarche pluridisciplinaire, l’Abbé
Ogui démontre que la « différence culturelle n’est pas en
soi un obstacle à la cohabitation pacifique des cultures ;
elle a simplement besoin d’être gérée avec vérité, respect
et justice ». Elle vise la concorde qui selon Raimon
Panikkar : « n’est ni l’unité ni la pluralité. Elle est le
dynamisme du Multiple vers l’Un sans cesser d’être
différent et sans devenir un, et sans atteindre une synthèse
plus élevée ». Si la différence n’est pas un obstacle à la
cohabitation culturelle, comment briser les stéréotypes et
les haines interethniques ?
8
L’Abbé Ogui décide de recourir au passé, aux valeurs
culturelles « qui ont façonné nos peuples et nos cultures
pour servir de levier, on dirait de « pierres angulaires »
dans la construction d’un nouvel ordre social où le respect
de la différence identitaire est la règle d’or. L’Abbé
identifie un mécanisme traditionnel et culturel de gestion
des conflits, une alliance interethnique que le Père Holas
appelait une « fraternité mystique ». Celle-ci existe déjà
entre les Yoruba et les Baatonu comme une « stratégie de
protection, d’entraide et de paix ».
En situant l’alliance interethnique sur le plan
symbolique, elle devient une fraternité
supramatrimoniale, supra-ethnique. L’objectif ici est de montrer
que là où les canons, les discours politiques prononcés
avec faste ne peuvent apporter la paix, la sagesse africaine,
le respect de la parole donnée, le dialogue et la solidarité
fraternelle issue de la reconnaissance de l’humanité
commune instaurent la paix.
Toutefois, ces alliances interethniques ne méritent-elles
pas une redynamisation et une réactualisation dans le
contexte contemporain ? L’alliance interethnique
n’estelle pas source d’exclusion ? Car dans l’alliance, il y a les
alliés (la communauté des mêmes) et les non alliés….
Pour surmonter le caractère exclusif de l’alliance
interethnique, l’Abbé Ogui nous propose d’en extraire le
positif susceptible d’universalisation. Parmi les éléments
positifs de l’alliance interethnique on note le respect de
l’autre, le respect de la fidélité (elle est aujourd’hui une
denrée rare dans nos sociétés contemporaines), la
confiance inébranlable, l’assistance. Tous ces éléments
positifs sont concentrés dans un proverbe africain : « Un
frère ne doit pas se trouver à l’ombre alors que son frère
gémit au soleil ». Tels sont les éléments nécessaires à la
construction d’une société interculturelle caractérisée par
9
la « fraternité universelle » et dont le rôle est de
promouvoir les valeurs qui humanisent.
Deux notions clés émergent dans ce livre : l’ipséité (le
même, identité) et l’altérité (l’autre, l’étranger). Elles
renvoient d’emblée à la problématique de la différence
identitaire ou culturelle voire d’un vivre ensemble malgré
les différences. L’analyse de ces deux notions permettrait
de démontrer à suffisance que l’individu est un être
relationnel et c’est dans cette relation que l’autre, le
différent, l’étranger devient source de menace ou
d’enrichissement.
Cette réflexion doit être poursuivie et elle permettra de
soutenir l’une des conclusions de ce travail selon laquelle
« l’identité, le même, ne doit pas être la clôture des
relations sociales mais l’ouverture à l’autre, à l’étranger ».
C’est par cette ouverture, cette socialité, que la différence
peut devenir un espace d’épanouissement et de fécondité.
Voilà ce que je retiens de ce travail et merci encore au
Père Gaston Ogui de m’avoir associé à cette réflexion.
Hyacinthe LOUA, sj

A Monseigneur Lucien M. Agboka,
de qui je tiens la passion pour l’interculturalité
comme facteur de la paix, je dédie ce mémoire.
11
REMERCIEMENTS
Amorce d’une réflexion inchoative, les pages qui
suivent sont déjà redevables à tant d’hommes et de
femmes, d’ici et d’ailleurs, sans lesquels elles n’auraient
pas pu voir le jour. Une liste de ces personnes, aussi
exhaustive soit-elle, ne pourrait être qu’incomplète. Que le
silence de mon cœur reconnaissant traduise donc aux uns
et aux autres mes sentiments de profonde gratitude.
Je m’en voudrais, toutefois, de taire certains noms dont
l’implication à ce modeste travail est sans commune
mesure.
Filiales reconnaissances à mes géniteurs qui m’ont
transmis la vie et l’entretiennent chacun à sa manière.
L’un depuis l’éternité soutient chacun de mes pas
chancelants dans le temps où l’autre, aux prises à mille
tribulations, continue de m’enseigner que le succès est au
bout de l’effort et de l’endurance.
Que son excellence Monseigneur Antoine Ganyé
trouve ici l’expression de ma gratitude pour sa délicatesse
paternelle et pour sa confiance en ma pauvre personne.
Gratitude infinie au Père Hyacinthe Loua pour avoir
accepté de préfacer ce livre en dépit de ses multiples
occupations. Ma reconnaissance envers lui ne peut être
concrète que dans un engagement commun à œuvrer pour
l’avènement d’une société plus juste et plus pacifique.
Un sincère merci à tous les éminents professeurs qui
m’ont communiqué leur science et leur savoir-faire
pendant ma formation au CERAP.
A mes confrères de l’UCAO-UUA et à l’administration
du CERAP, je réitère mes sincères remerciements.
Puisse, dans ces landes à peine défrichées, germer de
riches et profondes réflexions pour l’avènement d’une
société interculturelle édifiée sur des valeurs susceptibles
d’humaniser un peu plus notre monde.
13
SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE ........................................... 19
PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE, ANALYSE,
HERMENEUTIQUE .............................................................. 23
CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE ................................... 27
CHAPITRE 2 : TRAITEMENT ET ANALYSE ..................... 49
CHAPITRE 3 : HERMENEUTIQUE DES RESULTATS ...... 63
DEUXIEME PARTIE : ALLIANCE ET GESTION DES
CONFLITS .............................................................................. 71
CHAPITRE 1: L’ALLIANCE COMME COMMUNAUTE
SYMBOLIQUE .................................................................... 77
CHAPITRE 2:LAPLACEDE L’AUTRE DANS
L’ALLIANCE ...................................................................... 85
CHAPITRE 3 : LES LIMITES DE L’ALLIANCE DANS LA
GESTION DES CONFLITS ................................................. 95
TROISIEME PARTIE : CONSTRUCTION D’UNE
SOCIETE INTERCULT URELLE ..................................... 103
CHAPITRE 1 : EXTENSION DE LA COMMUNAUTE
SYMBOLIQUE .................................................................. 107
CHAPITRE 2 : PROMOTION DES VALEURS
D’HUMANITE................................................................... 113
CHAPITRE 3 : EDUCATION COMME INITIATION A
L’HUMANITE ................................................................... 121
CONCLUSION GENERALE .............................................. 129
15